mercredi 14 janvier 2009

Des effets de la technique sur ma résolution

Bon alors, voilà, c'est point ma faute.

Je voulais la tenir, moi, ma résolution, écrire un message tous les deux ou trois jours. Seulement, là, j'ai la poisse. J'vous l'jure, M'sieur le juge, j'ai rien fait.

Ben oui, j'ai rien fait. Pas une ligne, pas un mot depuis près d'une semaine.

D'abord, il y a eu notre fournisseur d'accès internet, celui qui veut dire Libre dans une langue étrangère. Tu parles d'une liberté ! Nous avons vu tourner en boucle une série de tirets tout le week-end. Et pourtant le Monsieur de Libre était venu à la maison pour voir ce qui se passait. Hélas, ce n'est pas Superman le Monsieur de Libre. Il est venu trois fois et les tirets ont continuer de tourner en rectangle, lentement parfois, vite d'autres fois.

Aparté : le mot "il" au sens du présent message est un abus de langage parce que le Monsieur de Libre a une tête et une taille différente à chaque passage. C'est ce qu'on appelle le service personnalisé au client: le même uniforme mais pas la même tête, peut-être que les dirigeants de Libre croient vraiment qu'on n'y verra que tu feu, habitués que nous sommes à la normalisation de nos rapports virtuels. Un technicien Libre est interchangeable avec un autre, il se promène avec une petite fiche qui lui sert de pense-bête pour s'assurer que le précédent passage n'a pas été vain. Il faut cependant croire que rien ne vaut l'expérimentation personnelle...

Donc, le Monsieur de Libre a regardé partout, démonté la machine, farfouillé dans les prises, ouvert les placards du couloir, inspecté la cave de l'immeuble, planté des pinces à linge sur les fils électriques de la copropriété. Il n'a rien trouvé. Même pas la troisième fois.

Il en a donc déduit, en bon médecin des machines qu'il n'y avait rien à trouver. Si ça ne fonctionnait pas, ce n'était pas de sa faute.

Aparté: "sa faute" au sens du présent message renvoie à la faute que devrait assumer la société dont il est le préposé et qu'il représentait en trifouillant notre box.

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère... Le coupable, selon le Monsieur de Libre était le méchant concurrent qui faisait rien qu'à l'embêter, l'opérateur historique: FT. Deux lettres qu'il présenta au Doudou comme L'antéchrist du monde Geek, un genre de mastodonte purulent dont le Geek devait absolument se méfier. Cependant, le Monsieur de Libre nous a expliqué que lui avait les moyens de faire plier FT et de nous rendre notre précieux accès Internet.

Samedi, rien.

Dimanche, rien.

Lundi, rien.

Et le Petit Poussin qui enfonçait le clou, en appuyant bien là où cela faisait mal.
- Ça marche toujours pas, Free, papa.

Aparté: Oui, le Petit Poussin apprend l'anglais. Il sait dire I am a boy, Poussinette is a girl. Ça vous en bouche un coin, hein ?

Doudou était en manque. Heureusement, l'iPhone lui a permis de rester connecté suffisamment pour ne pas être pris de convulsions traumatiques. Moi, en revanche, j'étais refaite. L'absence de connexion entraînait automatiquement une impossibilité de mettre un message en ligne.

Au bureau ? Vous n'y pensez pas ! Je bosse, moi !

Mardi, la connexion est revenue comme par magie mais moi, j'étais complètement crevée. Oui, je vous l'ai déjà dit, j'ai besoin d'une quantité de sommeil impressionnante pour être gentille le matin. Et quiconque m'a déjà vue pas gentille le matin sait que ma dose de dodo est plus importante que n'importe quelle résolution du nouvel an.

Aujourd'hui, j'avais de grandes idées de messages super bien (vous les aurez un autre jour, ce n'est que partie remise) mais quand j'ai ouvert mon ordi, j'ai commencé par aller regarder mes messages pros. Erreur de débutante. Je me suis retrouvée en dix secondes au téléphone avec New-York à rassurer un jeune banquier sur son avenir.

Aparté : Le premier qui prétend que les banquiers n'ont pas d'avenir par les temps qui courent n'est qu'un cynique qui n'a aucun espoir dans l'humanité. Comment ça, c'est n'importe quoi ?

Bref, je me contente de ces brèves explications pour justifier mon silence des derniers jours. Les considérations spirituelles sur le monde qui part à vaux l'eau et l'impact des intempéries sur le trafic de la ligne numéro 1 du métropolitain sont reportées sine die.

Bonne nuit, les petiots, faites de beaux rêves.

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