Le constat est horifiant, le Doudou et moi sommes des Parents Indignes, pire que les Parents Terribles de Cocteau, un mélange de Ténardier, de Folcoche et de Fantine.
Pour la série Fantine-j'abandonne-mes-enfants-pour-gagner-ma-vie, nous avons la Doudette qui arrive le soir pour dîner, mets les pieds sous la table et a à peine le temps de demander comment s'est passée la journée que l'enfant s'endort dans son assiette, parce qu'il est tard et que c'est l'heure de faire dodo. Qui a dit qu'il fallait coucher les enfants à 20 heures ? Sans doute quelqu'un qui pouvait quitter le bureau avant 19h00, le chien !
A l'heure de la Grande Crise, quitter le bureau alors la côte Ouest est encore en pleine commutation (du verbe to commute => aller d'un endroit à un autre dans les bouchons en Californie), c'est suicidaire. C'est risqué de louper LE coup de fil super-hypra important, genre plan de sauvegarde l'emploi (aussi connu sous le vocable générique plan social), de 2500 personnes qui va vous occuper pendant un an et vous permettre de boucler les fins de mois. Oui, oui, oui, c'est cynique, pas politiquement correct et tout et tout mais qu'est-ce que vous croyez que ça fait, l'avocat "socialiste" en période de Grande Crise ?........ Z'avez bien réfléchi, envisagé toutes les possibilités ? ... Rien d'autre ?... ben oui, c'est pas le mieux de notre métier mais le licenciement collectif, ça en fait partie. Au moins, on s'arrange pour que le droit soit respecté. Ben oui, je culpabilise. Y a des dossiers plus rigolos.
Bref, notre marmaille subit le contrecoup de ce surcroît d'activité temporaire. Le genre de maxime à l'envers. C'est plus Quand le Bâtiment va, Tout va mais Quand le Travail s'en va, l'Avocat Turbine. Ma marmaille à moi doit se dire que quand Doudette travaille trop, Maman n'est pas beaucoup là. Ben oui, je culpabilise. Y des moments plus rigolos.
Ténardier, nous le sommes aussi. Au turbin, les mômes. Petit Poussin range sa chambre, Poussinette met la table. On s'habille tout seul, manquerait plus que Maman serve de portemanteau ! On se lave tout seul et on partage bain et savon (y pas de petites économiques). La petite soeur mets les anciens pantalons du grand frère. Le vélo, on a demandé au Père-Noël de passer le prendre chez les cousins. Mais oui, on culpabilise. Y a des jeux plus rigolos.
Le pire, c'est notre côté Folcoche. Faut nous voir les envoyer se calmer dans leur chambres lorsque les yeux plein de larme et de colère, ils nous expliquent, à grands renforts de coup de pied au sol, que non, non, non, ils ne mangeront pas leurs haricots verts. C'est super bon, les haricots, tous les enfants vous le diront ! Mais oui, on culpabilise mais c'est pour leur bien, il a dit, Rufo !
Mais le pompon du parent indigne, nous l'avons vécu hier soir à l'aéroport de Quimper.
Connaissez-vous l'aéroport de Quimper ? C'est le genre d'aéroport de Playmobil, qui ouvre une demi-heure avant le vol et ferme juste après. Un peu comme l'aéroport de la série Wings ? Vous ne connaissez pas Wings ?!? une série géniale de deux frères qui exploitent une petite compagnie aérienne. A l'aéroport de Cornouaille (c'est la même chose que l'A. de Quimper, en plus chic), c'est la même dame qui enregistre vos valises et contrôle votre pass pour monter dans l'avion. Ça vous donne une idée de l'effectif. Doit pas y avoir de comité d'entreprise à l'A. de Cornouailles.
Et heureusement...
Parce qu'en mauvais parents que nous sommes, nous sommes arrivés à l'aéroport hier soir avec nos enfants... mais sans pouvoir prouver qu'ils l'étaient (nos enfants).
Nous avions juste "oublié" leurs passeports à Paris.
Comment est-ce possible ?
Parce que nous sommes des parents nuls...
... et parce que, comme ils étaient partis en train avec Grand-Mère au début des vacances, nous n'avions pas pensé à donner les passeports à ladite Grand-Mère au moment du départ. Nous n'avons ensuite pas pensé à apporter lesdits passeports quand nous sommes allés les chercher vendredi dernier.
Honte à nous !
Pourtant les règles de voyage en famille sont claires et bien expliquées pour les connectés que nous sommes. On les connaissait, on les avait toutes lues, on savait les documents dont nous avions besoin.
Et bien, acte manqué ou pas, nous avons failli laisser nos enfants sur le tarmac !
Heureusement, la gentille dame qui enregistrait les valises et vérifiait ensuite nos cartes d'embarquement nous a laissé passer, attendrie sans doute pas les Maman-les-bras !!!! stridents de Poussinette et l'oeil inquiet du Petit Poussin qui a vraiment cru qu'on allait le laisser seul avec Grand-Père.
Voilà, c'est dit, nous sommes des parents indignes.
Qui dit mieux ?
PS. S'il vous faut une preuve supplémentaire de notre totale nullité en tant que parents, la cagoule de Poussinette est restée en Bretagne.... Ah !
Bah depuis quand il faut un passeport pour aller de Quimper a Paris d'abord? La Bretagne est indépendante et personne ne m'a rien dit? N'importe knawak!
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