Chers amis qui me lisez, vous le savez : être une femme parfaite demande du travail !
Aujourd'hui, après une petite virée à Lorient, et alors que je suis en VACANCES, j'ai travaillé près de deux heures. Demain, qui sera un autre jour, ressemblera au jour du jour, vu que j'ai déjà du pain sur la planche... Le Black n'y suffisant plus, c'est sur l'ordi que j'ai revu un doc long comme le bras, dont la revue soit-disant super urgente (et m'ayant privée des quelques rayons de soleil de la journée) aurait vraisemblablement pu attendre... vu que, à l'heure où je publie ce message, la personne chargée de le diffuser au client n'en a encore rien fait.
Car la nouvelle du jour, outre que j'ai du trîmer comme une galérienne (oui, je sais, j'exagère mais les enfants ayant eu droit à Asterix aux Jeux Olympiques hier, j'ai la métaphore antique), c'est que le soleil a daigné pointé le bout - timide - de ses rayons et qu'on espère une journée encore plus clémente demain.
Bon, j'étais assise en tailleur sur le canapé, l'ordi sur les genoux et la poussinette faisait la sieste les pieds sur mes bras. On a vu pire conditions de travail... Quoique je vous mets au défie de taper sur un clavier avec un petit pied qui appuie sur votre avant-bras par pressions répétées de la cheville ou du mollet.
Le problème, c'est que je ne peux pas trop me plaindre de travailler. C'est moi qui l'ai proposé. Y a ce dossier méga-compliqué qu'il aurait été encore plus compliqué de refiler... encore que je n'ai pas vraiment essayé.
C'est là où je peux parler du paradoxe des vacances.
D'un côté, la maman, l'épouse, la femme libérée (tu sais, c'est pas si facile...) est toute contente d'être en semi-liberté pendant 3 semaines. De l'autre, y a ce métier qui intéresse, les jeunes qui disent trop travailler, les patrons qui jouent les Caliméros quand ils ne trouvent pas un numéro de téléphone. Ça me donne bonne conscience de continuer à bosser sur quelques machins intéressants.
En plus, j'voudrais bien lâcher complètement prise mais ce serait admettre que c'est possible. Or, si c'est possible, c'est qu'on peut faire sans moi. Et si on peut faire sans moi, c'est que je ne suis pas importante. Et si je ne suis pas importante, ben, on peut se passer de moi. Et si on peut se passer de moi, ne va-t-on pas me demander de partir à mon retour ? Marabout-de ficelle-de cheval...
Oui, je sais c'est idiot. On peut être utile sans être indispensable et ce n'est pas parce que je laisserais aux autres le soin de gérer mes dossiers pendant 21 jours que tout à coup les dossiers vont disparaître. 21 jours, c'est la durée d'une plaquette de pilules, mesdames, et nous savons toutes que c'est super long (vu que nous avons 21 occasions de l'oublier) mais en même temps tellement court, vu la fréquence avec lesquelles nos petites affaires reviennent. Amies de la poésie, passez votre chemin, ce message ne s'adressent qu'aux dames qui comprendront l'allusion. Les messieurs seront choqués, voire dégoûtés et je perdrais mes derniers lecteurs attentifs. Du suicide littéraire !
Bon, revenons à notre paradoxe des vacances. Pendant toute l'année, on maugrée qu'on ne voit pas assez sa famille... et quand enfin, le moment arrive, on est content de mettre les enfants au lit et d'attraper un bon bouquin. On a envie de plage et de mer 11 mois sur 12 et quand le moment vient, l'eau est froide, le sable s'insinue partout dans les vêtements et on a les pieds qui collent quand on remet ses chaussures. En plus, le maillot de l'année dernière a mal passé l"hiver et il faut le rafistoler. La qualité Eres n'est plus ce qu'elle était.
Les vacances, avant de partir, ce sont plein de nouvelles aventures, un programme de GO expérimenté, le matin Kayak, l'après-midi chasse au trésor, tour des rochers à marée basse, puis - plus fort ! - à marée haute, pêche au crevettes, musée de la pêche, initiation à la natation pour les plus jeunes, à la voile pour les plus grands... et voilà que les vacances arrivent et on se retrouve à lézarder avec le pavé de l'été négligemment ouvert à la page 3 sur les genoux, pendant que les enfants insistent pour qu'on gonfle la piscine dans le jardin, ce pour quoi on obtempère sans trop râler vu que le gonfleur est électrique.
Bref, toute l'année, on rêve de vacances. Et quand les vacances viennent, sait-on vraiment en profiter ?
Tu choisis mal tes clients. Prends en qui eux aussi prennent des vacances !
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