jeudi 17 septembre 2009

Hadopi, le droit d'auteur et moi

Bon, vous avez tous dit ce que vous en pensez, alors pourquoi pas moi ?

Pour l'analyse purement juridique, je vous renvoie à l'article complet du Doudou, qui me semble (pour une fois ;-) ) adapté et mesuré.

Pour ma part, l'analyse ne sera pas juridique (je n'ai pas les capacités sur le sujet) mais épidermique... C'est que ça marche au frisson, une Doudette.

Il y a un temps que les moins de 20 ans...., j'étudiais la propriété intellectuelle. Ben oui, on fait tous des erreurs de jeunesse ! Le professeur principal (y a aussi des profs principaux à l'université) nous expliquait qu'il n'y avait pas besoin de texte spécifique pour Internet. Bon, c'était au milieu des années 1990, Internet balbutiait. Ceci explique peut-être cela. Toujours est-il qu'on nous expliquait que le droit d'auteur était protégé quelque soit le support et qu'il y avait des sanctions, y compris pénales, contre la contrefaçon et le non-respect des droits d'auteur. On nous expliquait également que l'auteur avait plusieurs droits sur son oeuvre:

- un droit moral sur son oeuvre (concept très européen), c'est à dire le droit de modifier son oeuvre, voire de la retirer s'il l'estime nécessaire;

- des droits patrimoniaux sur son oeuvre, c'est à dire le droit de décider à quelles conditions l'oeuvre peut être reproduite, exploitée ou adaptée.

Télécharger illégalement une oeuvre sur Internet, c'est mettre à mal tous ces droits en même temps. L'auteur n'a pas accepté que vous écoutiez son morceau, que vous lisiez son livre et pourtant vous le faites.

Il y a près de 15 ans, on ne s'étonnait pas qu'une personne qui télécharge illégalement puisse aller en prison. La sanction existait. C'était comme ça.

Et puis le temps a passé. On a trouvé qu'envoyer les gens en prison ou lui coller une amende pour avoir téléchargé 2 chansons illégalement n'était pas adapté.

Effectivement.

De là à dire qu'il ne faut pas sanctionner du tout les téléchargeurs, il y a un pas que certains n'hésitent pas à franchir.

On peut se dire, comme certains, qu'à l'heure du "tout gratuit", on a le "droit" d'avoir accès à ces oeuvres, que c'est trop cher, etc. On peut vouloir un monde idéal où tout est gratuit... et où seuls les concerts sont payants. On peut rêver d'une utopie... sauf que...

Sauf que, si j'écrivais un livre, j'aimerais en vendre des millions, vivre des produits de la vente, être sollicitée par la Warner qui achèterait les droits pour des centaines de milliers d'euros. Spielberg en ferait un chef d'oeuvre et, comme j'aurais super bien négocié un pourcentage sur les recettes qui ferait de moi une femme super riche. Je dirais Au Revoir Président à la Firme et je pourrai écrire un nouveau bouquin sans penser à la conf call du soir.

Seulement voilà, si mon livre était sur Internet et que tout le monde pouvait le lire gratuitement, si Spielberg n'avait pas besoin de mon accord pour l'adapter... je n'aurais peut-être pas envie d'écrire un second bouquin... et de toutes façons, je n'aurais pas le temps.

Laissez-moi rêver que, si je ne gagne pas au loto, un jour je vivrai de mon art !

Laissez-moi croire que si un long bout de mon livre putatif se trouve copié-collé sur un blog pas sympa et totalement dénaturé, je pourrais demander à ce qu'on l'en retire.

Voilà pourquoi je suis pour la protection du droit d'auteur. C'est pas vraiment juridique mais je sens que si on laisse tout le monde pouvoir copier et partager les oeuvres, on se retrouverait dans une situation où la création serait moins florissante.

Je vous laisse, y a Dany le Rouge à la télé. Qu'est-ce qu'il disait déjà ? Il est interdit d'interdire ?

3 commentaires:

  1. Bien dit! Moi aussi je voudrais bien que tu deviennes millionnaire avec ton prochain bouquin :))

    RépondreSupprimer
  2. B'jour,

    Il manque, selon moi, une partie du débat dans cet article. Le droit d'auteur, effectivement il faut le protéger car la création doit être préserver.

    Cependant, il y a eu de profonds changements dans nos modes de consommation ces dernières années et malheureusement certaines sociétés (majors pour ne pas les nommer) n'ont pas su prendre le virage et tentent toujours d'imposer LEUR modèle économique et s'appuie quasi uniquement sur iTunes pour vendre de la musique en ligne. Quand j'étais ado, j'achetais de 45/33 tours et aussi des CD car le prix était abordable et surtout mon argent de poche ne partait pas dans autre chose comme les jeunes d'aujourd'hui : abonnement tel pour ne citer que ça.

    L'exemple du livre est un bon exemple. Mais je vais en donner un autre en tant qu'utilisateur car la copie privée est entrain d'être remise en cause petit à petit. J'achète un CD audio que je réserve pour ma chaîne HIFI (pour ne pas abimer le support). Je veux le copier pour l'écouter sur mon baladeur : interdit. Je veux le copier sur mon PC pour l'écouter quand je bosse : interdit. Je veux le copier sur un CD ou sur une clé USB pour l'écouter sur mon auto-radio : interdit... Je voudrais pouvoir copier autant de fois que je veux pour mon besoin personnel le média que j'ai acheté.

    Ce type d'interdiction (sous couvert que la copie est numérique, donc théoriquement sans dégradation) je ne l'accepte pas car à la base j'ai bien acheté le support et payer le droit de l'écouter.

    Par ailleurs, à la différence du livre, aujourd'hui, il y a toute une série de taxes pour la copie privée sur les CD/DVD vierges, sur les disques durs, sur les cartes mémoires pour téléphones, appareils photos... On paie déjà bcp pour la copie privée.

    Et l'offre légale où est elle ? Il y en a, certes, mais si peu et de qualité si médiocre pour bcp et encore parfois avec des DRM et au final pour un prix excessif quand on le rapporte à un album.

    La réflexion est la même pour les vidéos. La solution est une vraie offre légale dans un prix raisonnable, avec un système qui autoriserait le respect de la copie privée.

    Sans *** véritable *** offre légale, la copie illégale (je n'aime pas le terme de piratage) perdurera.

    Cdt

    RépondreSupprimer