Ceux qui me suivent sur Twitter en ont vécu une partie en direct mais y a plein d'évènements parasites qui méritent d'être narrés.
Outre les sempiternelles urgences de travail, car le représentant du personnel est souvent une grande énigme pour le DRH, lequel appel son Conseil au secours dès qu'on sort du train-train ordinaire, j'ai du gérer un certain nombre d'évènements parasites absolument pas prévus.
Jugez plutôt...
Je suis au téléphone avec Client Stressouille quand mon iPhone se met à vibrer. Le visage aimable de mon Doudou s'affiche. Comme il faut savoir gérer l'urgence, je rejette l'appel... du Doudou. Ben oui, quoi, quand y a urgence, le Doudou n'appelle pas, il Beejive. Je continue ma conversation avec Client Stressouille, qui avait une vraie urgence (l'urgence du client est toujours réelle, sinon, ce n'est pas un client). Le téléphone sur speaker, je scrute de l'oeil droit l'écran de mon PC où s'égrènent les messages emails.
Soudain, parmi dix messages de clients parfaits qui ont besoin d'une réponse pour hier, Doudou@doudou.net m'envoie un message. Quoi ? quoi ? quoi ? un appel plus un message, ça commence à sentir pas bon.
Quand enfin Client Stressouille est rassuré, je rappelle le Doudou, lequel sortait de chez le dentiste.
- Alors ?, je fais, un peu agacée.
Ben oui, on s'est déjà dit bonjour le matin, on ne pas recommencer à chaque fois qu'on se parle par engin électronique interposé.
- Va sans doute falloir mettre un implant, m'explique mon cher et tendre, la bouche pâteuse.
- Quoooooooi ??????
Comment ça, j'aurais plus être plus sympa ? compatir ? Vous savez combien cela coûte un implant dentaire ? Un SMIC brut selon les quelques recherches que j'ai pu faire, à moins d'être prêt à visiter un pays de l'est et ses officines. Et sachez, jeunes gens qui n'avez pas de souci dentaire, qu'il n'est pas nécessaire d'avoir passé l'âge de la retraite pour en avoir besoin. Le Doudou, il se lave les dents tous les jours, il ne mange pas (trop) de bonbons, il n'a même pas quarante ans... et voilà, la tuile. Madame la Mutuelle trouve que ça ne vaut pas la dépense. Bref, j'avais reçu de meilleures nouvelles.
Je retourne à mes clients chéris quand un second email me sort de ma torpeur.
Manou, la grand-mère des enfants, m'annonce que SuperNounou l'a appelée pour lui annoncer que la Poussinnette a les cheveux pleins de poux. Pourquoi la nounou a averti ma mère plutôt que moi est un mystère que je refuse de m'expliquer (ne tentez pas de me donner une raison valable, aucune ne va me faire plaisir, je le sens).
Des....... poux ????
C'est quoi ce truc ?
Les poux, serait-ce ces bestioles qui m'ont valu d'avoir la tête rasée à six ans et un traumatisme depuis que je me suis pointée avec la tronche de Sinead O'Connor (seconde période) à l'école ?
Mais comment est-ce possible ?
Je me jette sur Internet.
Un poux (et son petit), ça ressemble à ça:

Bon,c'est plus petit en vrai mais quand même, hein, ça ne fait pas envie.
Savoir que ma fille en a plein des comme ça, même minuscules, qui collent à ses magnifiques cheveux, j'en ai des frissons.
Sauf que je ne peux rien faire.
Je suis de l'autre côté de la ville, j'ai cent urgences professionnelles à gérer avant le soir et je ne me vois pas expliquer à mes collègues et à ceux auprès desquels je me suis engagées qu'il faut que je respecterai pas mes engagements parce que ma fille se gratte.
Ben oui, les poux ne sont pas une raison suffisante pour laisser les dossiers en plan et me précipiter à la maison. Un tel empressement est réservé aux blessures graves, type bâton enfoncé dans l'oeil par camarade de classe maladroit.
Le poux, selon mes copines de bureau (et néanmoins maman), c'est une phase obligatoire de la vie scolaire. L'enfant de maternelle a des poux, de la même façon qu'il apprend à écrire son nom en lettres d'imprimerie ou qu'il annone 1.2.3.4.5.6.7.8.9.10 dès Noël.
Le Petit Poussin et ses cheveux courts étaient passés entre les gouttes.
Me voici donc avec ma première grave crise sanitaire.
Les forums internet que je consulte m'informent que les poux sont des petites bêtes tenaces et résistantes à l'eau, qu'elles peuvent jeûner pendant 36 heures, qu'elles aiment autant les cheveux des enfants que ceux des parents.... et qu'elles adorent se lover au creux de notre oreiller pour nous sauter dessus pendant la nuit. Sauf qu'elles ne sautent pas, elles rampent, chafouines. Internet m'apprend également qu'il n'y a aucun produit vraiment efficace et que le plus simple est encore de les affamer. Après avoir apuré la chevelure, enfermer les vêtements dans un endroit clos et passer l'intégralité de la demeure au karcher. Non, pas le karcher de Sarkozy, le sien ne contenait que de l'eau. Les laboratoires pharmaceutiques ont quant à eux des produits hors de prix qui permettent d'asperger tissus et surfaces et qu'on promet totalement efficaces.
Je les badigeonnerais bien de Roundup mais je crains les effets secondaire sur ma progéniture.
J'envoie donc la nounou à la pharmacie nous acheter les produits en question et traiter en priorité celle par qui le mal entre dans la maison.
SuperNounou s'exécute.
Je rappelle une première fois pour lui dire de changer les draps.
Une seconde fois pour lui rappeler que les serviettes doivent également être isolées.
Une troisième fois pour qu'elle n'oublie pas les brosses à cheveux.
Je pense que je n'ai jamais autant téléphoné à SuperNounou au cours de quatre dernières années. En général, quand je suis au travail, je délègue et lui fais une confiance absolue. C'est le seul moyen de ne pas truffer ma maison de webcams...
Je lance un appel au peuple sur Twitter et obtiens des conseils avisés sur les moyens de lutter contre l'envahisseur parmi lesquels:
- les produits pharma susnommés;
- la lavande;
- le vinaigre blanc.
Je décide de cumuler les armes et rappelle la nounou pour qu'elle achète le vinaigre blanc.
Bien sur, ma productivité professionnelle est proche du néant. Mes timesheets sont en berne, c'est la Bérézina.
A 18:30, après que j'ai élaboré le scénario catastrophe où je retrouvais la Poussinette infestée de poux et la maison recouverte de lentes, je me précipite hors de mon bureau et saute dans le métro.
Arrivée dans ma rue, je passe régler mes dettes à la pharmacie, en ressort assommée (et ruinée) et cours sauver ma famille. WonderMaman est en route.
Quand j'arrive, SuperNounou m'explique qu'elle a effectué le traitement prescrit, que la Poussinette et le Petit Poussin (on ne sait jamais) ont eu la chevelure enduite d'une substance pâteuse toute la journée puis ont eu droit à plusieurs shampoings et sont désormais exempts de poux et de lentes.
En bonne inspectrice des travaux finis, je contrains ma descendance à passer à l'inspection : RIEN, plus un poux.
SuperNounou avait "super" bien géré et je n'avais plus rien à faire que de m'occuper de moi-même. Je me suis donc tartinée les cheveux de cette pâte immonde et ai dormi la tête enrubannée dans un foulard graisseux. J'ai obligé le Doudou à suivre mon exemple et c'est tel deux Babouchkas que nous avons passé la nuit.
A ce jour, soit quatre jours après les évènements, il semble que l'humain a vaincu la bête.
Je refuse cependant de crier victoire.
Elle est peut-être quelque part, tapie sous un tapis, attendant le moment propice pour sauter sur le premier poil venu...
Rien que ça ?
RépondreSupprimerconcernant les poux, oui, c'est passage obligatoire (même si pas chez moi encore... ça va venir ! )
sinon pour les dents, je te conseille les soins en université dentaire, bien moins chers, mais avec quelques délais tout de même à ce que j'ai vu voir.
> Faculté dentaire de Garencière à Paris VI