
Il est décédé en fin d'après-midi, vers 18:05, à l'entrée du métro Franklin-Roosevelt juste devant le Virgin Megastore.
L'entrée du métro était obstruée d'une foule de touristes et autres banlieusards venus faire leurs dernières courses de Noël sur les Champs-Elysées. Il y avait un monde de jour de grève... parce que en plus, le 23 décembre, c'est jour de grève. Les conducteurs de la ligne A du RER réclamant je ne sais trop quel avantage social supplémentaire avant de reprendre le travail. Et le paiement des jours de grève. C'est la toujours la première revendication, le paiement des jours de grèves. Du coup, outre les touristes et les gens en retard dans les courses de Noël, l'entrée du métro était également occupée par les voyageurs de la ligne A du RER qui se reportaient sur la ligne 1 du métro.
Moi, j'avais mon gant et l'iPhone dans une main et mon sac à main de fille dans l'autre. Et non, je ne suis pas touriste. Non, je ne faisais pas de courses. Je tentais juste de rentrer chez moi après une dure journée de travail. Parce que moi, je travaille, je ne suis pas en vacances. Or, mon bureau pour encore quelques semaines est situé dans une rue parallèle à la Plus Belle Avenue du Monde.
Et je prends le métro parce que je ne suis pas snob... et que je n'ai pas le permis. Se toutes façons, même si j'avais le permis, je ne prendrai pas la voiture avec la faune qui erre dans la capitale en cette période d'avant-noël. Et pas le scooter non plus. Mes copines, en scooter, manquent de se tuer à chaque coin de rue parce que les automobilistes de Noël ne sont pas habitués à conduire dans la Grande Ville et, les scooters, ils s'en tamponnent le coquillart. L'automobiliste qui vient en ville juste avant Noël n'a qu'une idée en tête : trouver tous les cadeaux qui lui manquent. Si un piéton ou un motard décède par un effet collatéral, ben, c'est pô grave, pourvu que le cadeau soit dans le coffre et la voiture en double file.
Donc, je sortais du bureau. Et comme tous les soirs, j'ai dégainé l'iPhone pour prévenir le Doudou que je rentrais à la maison. On s'appelle quand on quitte le bureau avec le Doudou. C'est notre moment à nous. On se dit des mots doux, du style c'est toi qui prend le pain ? ou T'es passé chez le retoucheur ? ou Je vais être en retard, ta mère peut relayer la nounou ? Nos mots d'amour sont quotidiens, ils n'en sont pas moins des mots tendres.
J'avais donc l'iPhone collé à l'oreille, la main tenant à la fois l'engin et le gant en laine que j'avais du ôter car l'écran tactile ne réagit pas à au tissu. Il ne comprend que ma peau.
Je m'apprète à descendre l'étroit escalier menant au métro quand soudain, une tornade s'engouffre à ma gauche. Un truc masculin hyper pressé avec des sacs DisneyStore et Zara plein les bras. Le truc saute et virevolte alors que ses possibilités d'accélération sont proches du 30 centimètres à l'heure, vu la densité de la population dans l'escalier. Le truc masculin mouline des bras, souffle, râle et tout à coup, d'une coup de coude bien placé, le truc masculin réussit à dessouder l'iPhone de la main qui le tient.
L'iPhone s'envole. On le voit dessiner un arc de cercle sans doute très seyant au ralenti (mais j'ai pas pu repasser la scène au ralenti vu qu'à la fin, l'iPhone meurt) puis s'écraser sur une première marche au bas des escaliers, rebondir, ricocher et finalement s'anéantir sur le sol en bas des escalier.
Le truc masculin a soupiré et a poursuivi sa route, non sans avoir jeté un regard méprisant sur mon objet agonisant. Pas un son n'est sorti de sa bouche. Ni pardon. Ni désolé. Ni oups. Ni grmpf. Non, rien de rien. Le gars ne regrettait rien.
A l'heure qu'il est, l'iPhone vit ses dernières heures. Son âme vient d'être sauvegardée sur le Mac. Demain, l'âme sera transférée dans un nouveau réceptacle.
D'ici là, RIP petit iPhone. On a eu de jolis moments, toi et moi...
En attendant que tu ressuscites, je m'en vais retrouver mon premier amour, l'ami BlackBerry quelque peu délaissé ces derniers mois...
Eh ben, c'est bien typique çà... Le con qui court et n'en a rien à foutre des gens qui l'entourent... Non, c'est vrai quoi : il est pressé LUI. Pis t'avais qu'à pas téléphoner à cet endroit, faut pas déconner non plus !
RépondreSupprimer'fin bon, c'est typiquement le genre de situation qui me donnerait envie de lui coller un coup de pied dans le fondement si le précieux n'était pas à l'agonie.
N'empêche, un premier iPhone, on en a qu'un et c'est très con de le perdre de la sorte.
Pour ceux qui trouvent que j'en fait trop, vous êtes priés de ne pas faire de commentaire : je suis fraîchement accro à la pomme et je ne suis pas totalement objectif ! :D
Ca se répare une vitre d'iPhone, regarde le mien après la chute http://www.pink-seo.com/blog/un-iphone-casse-puis-repare-58
RépondreSupprimer;)
Merci, Olivier, de si bien me comprendre, je me sens moins seule dans ce monde de brutes...
RépondreSupprimerMarie, ton expérience est rafraichissante et confirme au moins une chose : mieux vaut ne pas faire appel à Apple pour réparer ses propres objets.
Eh ben, en voilà une jolie histoire, comme on en a besoin quand au lendemain de Noël on a le moral qui est le mien: plat comme mes soufflés ( désolée )
RépondreSupprimerje suis bien d'accord avec Olivier; un premier iPhone, c'est une histoire particulière, un lien naissant, grandissant. On apprend à se connaitre, Comme le dit doudette, chaque saison apporte sa Pierre à l'édifice : les gants!
Et l'appel en pleine vaisselle....
Plein de douces pensées pour l'objet attachant qui te quitte.
Nous sommes la génération des "premiers":
premiers portables, ordi,black.....et iPhone!
Que de bons moments!
Bonne fin d'année !
Ah mais quel enfoiré ce type, il se barre comme ça, zéro scrupule. Les touristes parisiens et les oisifs du métro, je les maudis aussi !
RépondreSupprimerI think It's not dead It's hurt. you should show apple store. simple. if can't don't worry. you take new iphone 4 it's have more specialty. iPhone Application Development
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