dimanche 13 décembre 2009

Tamiflu

Avec un titre comme ça, par les temps qui courent, je devrais avoir de la visite.

De la visite virtuelle, s'entend. Parce que la visite in vivo, c'est pas vraiment le moment...

La grippe est entrée dans nos murs.

Enfin, la grippe, c'est un bien grand mot. Etat grippal, a dit le Monsieur de SOS Médecins, en prescrivant l'anti-viral qui sert de titre à ce message et en recommandant de maintenir un périmètre de sécurité de 2 mètres autour du pestiféré.

Non, JE n'ai pas la grippe A.

C'est le Doudou qui l'a chopée. Trois jours après que les enfants ont été vaccinés et qu'il a refusé de la faire. C'est ballot quand même...

Donc que je vous raconte.

Vendredi soir, le Doudou se plaint de commencer à se sentir mal. Vous noterez l'euphémisme. Quand on commence à se sentir mal, c'est qu'on ne se sent pas encore tout à fait mal. Un entre-deux inqualifiable et laissant place à toutes les interprétations. Le Doudou est un garçon, le Doudou agonise à chaque petit rhume. Pourquoi me serais-je inquiétée ? En plus, pas de fièvre ou presque pas. Or, les journaux télévisés sont formels : il faut de la fièvre pour avoir la Grippe A/H1N1 (the swine flu, comme disent nos amis britanniques qui ont toujours de jolis mots pour tout). Condition sine qua non. Donc, en l'absence de fièvre et dans la mesure où je suis passée par toutes les phases du rhume au cours des dix derniers jours (mal de gorge, aphone, toux, rhume, sinusite), je fais ce que je fais le mieux : j'ironise. Le second degré gentillet, c'est mon truc à moi. Je le tiens de mon paternel, qui ne cessait de houspiller ma mère, laquelle a le sens de l"humour d'une huître. D'où un léger décalage entre la saillie et son effet...

Samedi matin, toujours (presque) pas de fièvre mais le Doudou n'est vraiment pas en forme. Comment je le sais ? Fastoche ! En se réveillant, il ne met pas son iPhone en route, non, il me demande où sont les médicaments contre le mal de crâne. Si c'est pas un signe, ça... Comme nos enfants sont adorables, ils laissent le Doudou se reposer jusqu'au déjeuner.

Samedi après-midi, un peu plus en forme, le Doudou accepte de nous accompagner à la fête de Noël de la Firme, ma dernière fête de Noël. Il supporte le spectacle de magie, les conversations avec les collègues et, surtout, les enfants des collègues, sans broncher. Quand le faux Père-Noël arrive pour distribuer les cadeaux, le Doudou est tout fiévreux (sur la question de savoir s'il s'agissait d'un faux ou du vrai Père-Noël, il y a débat entre mes enfants, la Poussinette penchant pour une visite du vrai Père-Noël puisqu'il avait des cadeaux, le Petit Poussin affirmant que c'est un faux car le vrai Père-Noël n'a pas de lunettes).

Nous rentrons à la maison vers 18:30. On attend du monde pour dîner... et on ne peut pas annuler vu que nos amis ont traversé la France pour nous voir et que c'est LE dîner qu'on a prévu depuis 2 mois... J'ordonne quand même au Doudou de prendre la température.

38,8 degrés Celcius.

La tuile.

Le Doudou suggère d'attendre le lendemain pour voir que ça donne. J'ordonne (oui, j'ai donné beaucoup d'ordres hier mais sinon, ça procrastinise) d'appeler un médecin. L'argument choc pour convaincre le Doudou : on ne va pas l'appeler à 4 heures du mat' quand tu auras 40 de fièvre... Le terrorisme fonctionne.

Le médecin arrive en même temps que nos amis.
- C'est un état grippal, qu'il fait.
- Grippal A ou grippal on-soigne-par-le-mépris ?
- Ça, je ne peux pas vous dire, Madame.
Ben à quoi tu sers alors ?
- Ah. Et on fait quoi ?
- Les instructions sont de prescrire du Tamiflu systématiquement maintenant.
Hein ? quoi ? Comment ? La grippette ne serait finalement pas si anodine. Heureusement que les enfants sont vaccinés alors !
- Bon, ok.
- Il faut qu'il commence dès ce soir.

Me voilà donc repartie dans le froid de l'hiver, avec ma copine, à la recherche d'une pharmacie ouverte un samedi soir. Et là, je dis : merci Paris. Merci mon quartier. Car dans mon quartier, il y a trois pharmacies ouvertes 7/7 jusqu'à minuit. La même chose en province, je me serais arrachée les cheveux...

Le Doudou a ingurgité le Tamiflu et les coupe-fièvres. Ce matin, l'état est stationnaire (c'est comme ça qu'on dit pour Chanteur National, plus important que le réchauffement climatique, vu l'ordre de passage au journal radiodiffusé ce matin et le Doudou vaut bien Chanteur National). Toujours 38,8°C. Je ne suis cependant pas inquiète, le Doudou n'ayant pas l'air si mal en point qu'on veut bien le dire. Il toussotte un peu, est crevouille mais toute la famille est aux petits soins (tout en restant à bonne distance) et il apprécie assez d'être ainsi chouchouté.

De toutes façons, il voulait l'attraper la grippe H1N1, le Doudou, depuis qu'il a lu quelque part que le vaccin n'est efficace qu'un an alors que les anticorps générés par la vraie grippe protègent pendant 15 ans.

1 commentaires:

  1. Courage, courage!! Au malade, bien sûr( ben quand même !) et surtout à son gentil personnel soignant:
    les crobes c'est toujours plus méchant sur les garçons...pas d'explication, juste un constat..
    Bon week end quand même!
    Anne.

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