dimanche 29 mars 2009

Sur des skis

Devenir parents donne parfois lieu à des situations de déjà-vu surprenantes.

Prenez mes enfants.

Mettez les sur des skis...

Et soudain, vous voilà propulsés au milieu des années 70. Des années 1970. En 76 ou 77.


Nous sommes à Champagny-en-Vanoise.

J'ai 4 ou 5 ans. Je porte une combinaison violette à fleurs oranges.

Aparté : j'ai vu la photo, ce n'est donc pas qu'un souvenir réinventé et ce n'est pas de ma faute si mes parents suivaient la mode de l'époque. Je me demande ce que la poussinette pensera de la combinaison vert pomme qu'elle vient de porter pendant une semaine...


Je suis sur le télésiège qui monte aux pistes avec mon père.

Nous regardons les arbres. J'admire les traces qu'ont laissé les inconscients qui osent le hors-pistes. j'apprends ce qu'est une rime (on a les jeux qu'on peut sur le télésiège, mon père et moi).

Puis je découvre le chasse-neige, rabattre les skis parallèle. J'ai un mal fou avec le tire-fesses.

Les borseliers. Dix pylônes maudits avant d'arriver en haut. C'est le chemin de croix, les borseliers. Il faut tenir le plus de pylônes possibles, ne pas lâcher la perche. La neige est trop froide. Mon père va trop vite. Je m'assoie. Je ne veux plus avancer. Je pleure. Mon père remonte en escalier. Ses grandes jambes dans son fuseau rouge moulant (non, je n'ai pas de photo, ce blog n'admet d'ailleurs pas les accoutrements ridicules ou dégradants). Il râle. Il me dit d'avancer. Qu'il ne peut pas me porter jusqu'en bas. Que je dois me lever. Je ne bouge pas d'un pouce. Je hurle. Je lui dit qu'il est méchant, qu'il ne comprend rien à rien. Je finis par me dresser mais je n'en pense pas moins. Je descends la piste jusqu'à l'hôtel et je rumine que c'est la dernière fois que je monte sur des skis.


Plus de 30 ans plus tard. Le Petit Poussin et le Doudou devant l'Altispace de Valmorel. Petit Poussin ne veut pas monter. Petit Poussin fait sa mauvaise tête. Petit Poussin ne veut pas aller en haut de la Grande Montagne. Petit Poussin n'est pas rassuré à l'idée de s'asseoir sur ce qui n'est finalement qu'un télésiège un peu amélioré. Il veut retourner aux , c'est mieux la piste des , y a un tapis roulant. Petit Poussin s'assoit dans la neige. Il n'en démord pas. Il n'ira pas. Le Doudou renonce. Procrastination.

Aparté : les enfants ont droit à un tapis roulant pour remonter la piste aux Piou-Piou, on n'arrête pas le progrès.

Autre image éloquente : Poussinette qui hurle quand elle me voit arriver le dernier vendredi des vacances, quand c'est jour des parents aux . Elle veut s'arrêter, ne veut pas skier. La monitrice ESF, pourtant rodée, ne peut pas la calmer. Pousinette a de la voix. Elle a fait cantatrice dans une autre vie. Tous les enfants la toisent d'un oeil moqueur. Elle n'en a cure. Elle, ce qu'elle veut, c'est MAAAAAMAAAAAAN !

Et pourtant, ils skient bien, mes petits poussins, les mains sur les genoux, les jambes bien pliées, le buste en avant et chasse-neige pour freiner. Il pensent à ne pas croiser les skis. Ils sont fiers sous le clic-clac de mon appareil photo. J'enclenche le mode caméra. Petit Poussin fait une mini-chute parce qu'il fait le beau en regardant l'objectif. Il est craquant et tellement fier de me montrer qu'il sait descendre la piste sur les skis. Les larmes des premiers jours, quand il refusait de prendre la navette pour les , sont loin.

Le soir du vendredi. Remise des médailles.

Petit Poussin n'ose pas s'avancer pour qu'on lui remette son carnet de ski. Il fait son timide. Tellement fier quand la dame de l'ESF lui épingle son Piou-Piou sur le t-shirt.

Poussinette est bien plus volontaire, elle vient d'avoir 3 ans, c'est une grande, elle arbore son insigne avait une élégance toute éléphantesque.

Petit Poussin ne parle que de retourner skier. L'année prochaine, il ira avec les oursons. C'est top les oursons, ce sont les grands.

Aparté : Parents de jeunes enfants qui avez commencé le ski en passant votre Première Étoile, sachez que la Première Étoile est devenue le Graal de l'enfant qui débute. Avant la première étoile, l'enfant aura obtenu son piou-piou, donc. Puis son Ourson. Puis son Flocon ... et enfin, seulement peut-être s'il remplit tous les critères sa première étoile. A chaque fois, la babiole vaut 6,5 euros (parce qu'il n'y pas de petit business). Additionnez le coût des cours et multipliez par le nombre de vos enfants et faites les comptes...

Et puis finalement, le dernier jour, il y va, sur la Grande Montagne, le Petit Poussin.

Les vacances finissent en beauté. Toute la piste entre les jambes de Papa, qui n'a pas fait autant d'exercice depuis qu'il a essayé ses Nike-iPod il y a 3 ans (avant de les reléguer à tout jamais au fond du placard vêtements-de-sport-qu'on-sort-une-fois-tous-les-cinq-ans). Petit Poussin arrive tout fier. Il a le sourire du bonheur. Poussinette qui avait affirmé qu'elle ne voulait plus skier fait une comédie pour aller aussi sur la G'and' Monta' mais c'est trop tard, on a rendu le matériel.

Les vacances se finissent et le Doudou et moi pensons aussitôt rentrés à repartir...

Parce qu'il y a 30 ans, nous aussi, nous ne voulions pas avancer et faisions la grève du pas du patineur sur la piste bleue de notre enfance... il n'y a rien de tel qu'un Petit Poussin et une Poussinette le casque sur la tête, la combi bien serré et le masque sur les yeux pour nous rappeler qu'il n'y a pas si longtemps, notre plus grand bonheur était d'aller au ski avec nos parents...

vendredi 20 mars 2009

Grmph !

Avant de partir en vacances, je tiens juste à signaler que Dame Nature n'est pas cool.

Pas cool du tout !

Parce que Dame Nature a fait sorte que:

1. Je sois quasiment aphone, ce qui - oui, bon, ok... - fait des vacances aux oreilles de mon entourage mais (car il y a un MAIS) me pénalise grandement... d'autant que j'ai les bronches qui jouent du banjo et la tête comme une citrouille. Ajoutez à cela les courbatures et frissons propres à tout état grippal et vous aurez un bon aperçu de mon humeur avant le départ prévu demain matin;

2. Petit Poussin et Poussinette ont une gastro, du coup, leur goûter est parti aux oubliettes, j'ai fait partir une machine de linge d'au moins 6 kilos rien qu'avec les divers vêtements souillés, ils sont ronchons... et là, ils se sont tous les deux endormis sans dîner. Poussinette a dit de sa petit voix "suis fatiguée maman" est s'est mise elle-même au lit. Quant à Petit Poussin, il a murmuré "veux pas dormir" en sombrant dans le sommeil;

3. Je suis rentrée à la maison beaucoup plus tard que prévu pour clore un dossier (que je n'ai pas clos); quand je suis arrivée, le Doudou n'avait pas commencé les valises. Ca a donc été la course pour faire 3 tas pour les enfants et pour moi que le Doudou a trouvé un moyen de caser dans deux valises trop petites bien sûr;

4. Je vais devoir travailler ce week-end parce que le truc-super-hyper-important qui devait absolument être fini ce soir ne l'est pas et que je vais donc devoir revoir le truc-super-hyper-important en arrivant à la montagne, ce qui suppose que je me promène avec mon PC en haut des pistes, que je trouve une borne wi-fi, que je relise les 54 pages du document et que j'envoie mes commentaires, le tout alors que je sirote un vin chaud en haut des pistes. Glamour, non ?

4. Le train est à 8:34. La grasse mat' demain, c'est foutu !

Bon, là, je vais me coucher parce que j'ai mal partout....

Vive les vacances !

mercredi 18 mars 2009

merci pour les vacances

Là, comme vous (ne) me voyez (pas), dans deux jours, je suis en vacances ! Si, si, c'est bientôt la quille. J'attendais cela depuis juillet dernier. Et là, ça arrive.

Et je sens que ça va bien se passer.

Parce que, dans ce genre de situations, le maître-mot, c'est ...

HELP !

Je dois donc, à l'avant-veille du départ, adresser tout un tas de mercis, certains prospectifs, à qui va rendre ces vacances parfaites, je le sens.

A tout seigneur, tout honneur. Merci au Doudou. Parce que, après 3 semaines de tannage quasi-quotidien en décembre, et trois semaines de réponses sibyllines toujours identiques peux pas partir avant mars, c'est la "négo" commerciale, il a fini par faire toutes les démarches début janvier pour nous réserver une semaine au ski dans un hôtel-club avec garderie et prêt de skis, le genre d'endroit tranquille où l'on a rien à faire qu'à mettre les pieds sous la table ou dans d'inconfortables chaussures en plastique moulé.

Merci au Petit Poussin qui a répété tout a long de l'hiver qu'il voulait aller à la montagne, faire des boules de neige, de la luge et skier comme un grand.

Merci à nos copains les M. parce qu'ils sont partis avant nous, nous avaient proposé de les accompagner et nous ont ouvert la voie...

Merci à SuperNounou qui va faire le Grand Ménage (en ce compris le dégivrage du congélateur qu'on remet toujours aux calendes grecques) pendant notre absence.

Merci à D. et à C. (et surtout à Eva, 3 ans, et Adrien, 5 ans) qui ont pallié la carence de Décathlon et GoSport, lesquels dès le milieu des vacances de février étaient déjà passés à la mode de printemps et n'avaient plus aucun article en stock pour habiller les enfants pour la neige. Heureusement que dans la Firme, nous sommes tout un tas de jeunes parents. Ça permet les échanges, les prêts et mes enfants seront habillés pour l'hiver.

Merci aux gentils collaborateurs qui (ils ne le savent pas encore) vous assurer le suivi de mes dossiers la semaine prochaine, se taper le double de boulot et se rendre compte que, mine de rien, je bosse.

Merci à mes associés d'assurer la supervision.

Merci aux gentils clients de comprendre que j'ai bien le droit à une semaine de congés de temps en temps et que profession libérale ne signifie pas nécessairement qu'on est au garde-à-vous devant qui vous apporte votre chiffre d'affaires.

......

Je n'ai qu'une question :

Si tout est si parfait, si je suis si certaine de pouvoir partir tranquille, pourquoi viens-je de promettre à un client, qui ne me demandait rien, que bien sûr s'il a besoin je serai joignable la semaine prochaine ?

mardi 17 mars 2009

Le pape, l'Afrique et la capote

Vous avez entendu, la dernière du pape ????

Pour ceux qui seraient passés à côté, comme moi il y a cinq minutes, l'article du Monde dont on m'a envoyé le lien, en lien : Benoit XVI et le préservatif.

Moi, quand j'ai découvert l'info grâce au statut d'une copine sur Facebook (ben oui, ca sert aussi à cela, Facebook), je n'y ai pas cru... C'était tellement surréaliste...

Comment peut-on oser dire sur le continent africain que l'usage du préservatif AGGRAVE la situation de l'Afrique par rapport au Sida ?

C'est assassin !

Déjà, le précédent pape expliquant que la seule barrière contre le Sida était l'abstinence, puis le sexe dans le mariage n'était pas vraiment finaud. Mais bon, il était dans son rôle... la chasteté, le mariage, l'adultère, ce sont rengaines catholiques connues et rabâchées.

Mais là, dire que ça aggrave la situation, c'est donner un blanc-seing à qui n'a pas envie de mettre une capote, c'est leur donner l'autorisation de prendre des risques et de risquer de transmettre ce foutu virus.

Et moi, je suis en colère.

Je pense à mon amie Daphné dont l'association Cinomade travaille depuis des années à sensibiliser les populations locales aux dangers du Sida et autres fléaux qui minent l'Afrique de l'Ouest. Le premier film avec lequel ils ont lancé au Burkina leur cinéma-débat avait pour thème la responsabilité de chacun dans la propagation du virus, les hommes qui trompent leurs femmes, les prostituées qui acceptent les rapports non protégées, les épouses qui laissent faire et se voilent la face... et déjà l'Eglise.

Et voilà que le pape passe un jour en Afrique de l'Ouest et leur nique leur travail (et celles de nombreuses autres ONG) de dix ans !

Et puis, la trithérapie en Afrique, c'est un peu comme le vaccin contre le cancer en Europe : une utopie ! Le Sida quand on l'attrape en Afrique, on en meurt presque toujours...

Comment peut-on être aussi éloigné de la réalité que ces nouvelles autorités ecclésiastiques ?

Vous croyez que le pape cherche à résoudre le problème de la surpopulation ? C'est cynique, je sais mais je ne vois pas d'autre explication plausible.

Le coup de l'évêque antisémite et négationniste qu'on re-communie (ca se dit "recommunie" ?), on avait mis cela sur le compte de la sénilité, du défaut d'information, de la bêtise. On s'était dit:
Ce pauv' pape, il est vieux, mal conseillé, donnons lui le bénéfice du doute.
Mais non ! On n'aurait pas du être bienveillant. On était très très con. Désolée, y a pas d'autre mot que con pour décrire ce qu'on était.

Parce que ce pape, il est juste DANGEREUX. Il faut le bâillonner et lui ôter tout stylo.

Y a moyen de destituer le pape ou bien faut attendre qu'il casse sa pipe pour voir de la fumée blanche ?

dimanche 15 mars 2009

Mon père, les mots croisés et les résultats sportifs

C'est peut-être la visite de mon père ce week-end mais j'ai réalisé que, bien que n'étant pas (mais alors pas du tout) sportive, les résultats sportifs m'intéressent.

C'est une drôle de manie. Je ne pratique aucun sport, en voir à la télévision me fatigue au bout de cinq minutes, les stades ne sont pas pour moi (sauf en période de coupe du monde de Rugby quand on m'offre une place au stade de France - on est snob ou on ne l'est pas... je le suis), les copains qui proposent une partie de foot entre copains vont jouer entre eux, même une balle au prisonnier me semble au dessus de mes forces, c'est dire ! Pourtant, je fais silence dès qu'un journaliste relate les résultats sportifs. Après le journal de 8 heures, le week-end, sur France Inter, il y a une longue page de Journal des Sports que j'écoute religieusement. Attention aux enfants qui débarqueraient dans la chambre au moment inopportun. Je lis les pages sports des quotidiens, je peux soutenir une conversation avec un garçon sur le sujet sans être ridicule pendant à peu près 7 minutes (ce qui est plus que presque n'importe laquelle de mes copines, ah, mais !).

Je sais que le PSG pourrait ce soir reprendre la tête de la ligue 1, s'il bat l'OM. J'ai lu et surtout retenu que Grange était désormais champion du monde et que les skieurs français n'avaient pas fait une aussi bonne année depuis 1993. Je ne sais pas où en est Alberto Contador mais hier, il avait laissé la première place du Paris-Nice à cause d'un gros coup de pompe. Il ne m'a pas échappé que le XV de France venait de se prendre une branlée de leur ennemi héréditaire. Je crois que le rallye de Malte (ou serait-ce une autre île de l'Union Européenne ? Malte, ça ne sonne pas top à mes oreilles) a été reporté par Sébastin Loeb.

En écrivant le précédent paragraphe, je vous promets que je n'ai ouvert aucune page internet et n'ai fait aucune vérification. J'ai peut-être écrit une grosse bêtise. Cela dit, le simple fait que je crois me souvenir de tout ces machins inutiles est en soi édifiant.

Comment en arrive-t-on à s'intéresser à des chiffres qui n'intéressent que les mordus de sport ?

J'y ai bien réfléchi cet après-midi en regardant mon père s'attaquer aux mots croisés du Journal du Dimanche.

Ces résultats sportifs, c'est mon lien avec mon papa. Même si je n'en parle pas avec lui, je sais que lui s'y intéresse vraiment, est abonné à toutes les chaînes de sports, d'Eurosport à Canal+ Sport en passant par Pathé Sports. J'ai l'impression de partager ainsi à distance un petit bout de son quotidien.

Mon grand-père est mort depuis près de 25 ans et je sais que mon père faisant les Mots Croisés de Max le dimanche reproduit très exactement les gestes de son père.

Nous avons tous nos manies héréditaires.

Moi, ce sont donc les résultats sportifs...

Et le Petit Poussin ? Et la Poussinette ? Que feront-ils dans 20 ans que nous faisons aujourd'hui... juste pour garder un lien silencieux avec nous ?

Geekette, moi ? pfff....

Vous connaissez la dernière du Doudou ?

Il parait que je suis une Geekette !!!

Oui, vous lisez bien, une Geekette.

Gonflé, le Doudou !

En autres éléments au soutien de sa thèse :

- la pratique compulsive du Blackberry. D'après le Doudou, une workholic normale n'a pas forcément l'usage de ce genre d'outil de communication sophistiqué. Le Blackberry tiendrait autant de la geekitude que d'une soi-disant frénésie de travail. Moi, j'dirais plutôt que je suis une control-freek, qui se croit indispensable (alors pourtant qu'il a été démontré que les indispensables peuplent les cimetières) et qui a besoin de s'assurer que tout est en ordre (Alles ist in Ordnung, ça sonne mieux en allemand...);

- la tenue du présent blog. Faut-il souligner que ce blog est une initiative commune de votre servante et du Doudou et qu'il a pour but de m'occuper pendant que le Doudou pratique ses diverses activités de geek ? Bon, j'aurais pu me lancer dans la couture, le macramé ou la broderie mais mon truc à moi, ce sont les mots... donc, quoi qu'on fait quand on aime les mots ? On lit, oui... et on écrit. Et ce n'est nullement être geek que d'user d'un média moderne pour gribouiller;

- la tenue à jour de mon statut sur Facebook. Oui, bon, c'est rigolo et ca permet de rester en contact avec les amis, de retrouver des vieilles copines, de devenir amie avec les amis de mes amis, bref, c'est sympa Facebook mais ce n'est pas un signe de geekitude en soi sinon tous les abonnés aux réseaux sociaux en ligne seraient des geeks en puissance et là, nous pourrions tous avoir vraiment peur;

- je lance mes invitations par email. La belle affaire ! Oui, l'usage du téléphone est désuet et particulièrement prenant, puisqu'il suppose une conversation mondaine avant et après qui pompe temps et énergie. Un petit email permet de ne pas déranger et de ne pas être dérangé. En plus, il évite les excuses foireuses des invités récalcitrants qui n'ont pas le temps de réfléchir à un pourquoi plausible pour justifier leur refus. Le papier ? Quoi le papier ? Les seules invitations papier qui sont encore échangées sont celles des anniversaires que les parents remettent à l'école (en prenant bien soin de ne pas regarder dans les yeux les parents des enfants non invités). Tout les enfants n'ont pas la chance d'avoir un papa geek qui leur a créé leur propre adresse email avant même qu'ils sachent lire.

- je fais des albums photos sur iPhotos. Quoi, ca existe encore les albums photos avec les coins qui se décolent ? D'ailleurs, les grand-parents pas-geek-du-tout adorent qu'on leur offre des livres-photos avec lesquels ils peuvent frimer devant leurs copains. C'est posé ostensiblement sur la table basse. Les amis font tiens, c'est quoi ça ? Le grand-parent répond c'est ma fille/ma belle-fille qui nous a offert ca pour Noel, tu peux ouvrir. L'ami ouvre. Il feuillette, s'extasie, trouve que les enfants sont magnifiques et que la mise en page est originale. Le grand-parent est super fier.

- Je télécharge des musiques sur des plateformes de musique légales. Ca m'évite la queue à la FNAC ou chez Virgin, ca me permet de découvrir des artistes qui ne sont pas tête de gondole et je maintiens en vie l'industrie du disque en payant mon éco sur iTunes (en plus, j'enrichis Steve Jobs).

Bref, je suis une trentenaire-qui-va-sur-ses-quarante tout à fait normale.

Donc, je résume : je ne suis pas une geekette, je suis une maman qui travaille et qui utilise les moyens du monde moderne pour arriver à tout concilier.

Doudette - 1
Doudou - zéro.

jeudi 12 mars 2009

Cette vie

Je viens de terminer le dernier livre d'Emmanuel Carrere, d'autres vies que la mienne et je vous le recommande. C'est un excellent livre. Je pourrais rédiger une critique littéraire mais d'autres le font mieux que moi et la critique de Télérama résume aisément ce que j'ai ressenti en lisant ce livre. Juste un commentaire de forme, sans doute voulu mais qui m'a agacé. L'auteur n'écrit pas Cour de Cass. mais cour de casse...

Comment j'ai eu envie de lire ce livre qui vient juste de sortir ? Parce que j'avais adoré un roman russe ? Pas seulement. Surtout parce que, en lisant un article sur le livre dans le Journal du Dimanche il y a 15 jours, j'ai réalisé que j'en connaissais le personnage principal, Juliette. Je ne dévoilerai aucun suspens en disant que Juliette est morte, en 2005, d'un cancer.

En refermant la dernière page du livre, je me suis dit qu'en connaissant Juliette, en fait je ne savais rien d'elle.

La période où je l'ai croisée tient en 2 pages dans le livre (très exactement les pages 199 et 200), on y dit qu'elle a fait un Magistère, que ça l'a vacciné à tout jamais du monde des cabinets d'avocats dit "d'affaires" et qu'elle est devenue juge.

Et pourtant, pendant 3 ans, entre Septembre 1992 et juin 1995, je l'ai croisée presque chaque jour... étrangement, je ne suis pas certaine d'avoir plus d'une dizaine de souvenirs où elle apparait.

La premiere fois que je l'ai rencontrée. Premier jour du Magistère. Couloirs de la fac. Elle sortait de l'ascenseur, un petit sac à dos sur les épaules, un pantalon large en toile noire avec des poches, un t-Shirt moulant et les béquilles. Ca m'a surprise de la voir ainsi surgir de nulle part. Les ascenseurs n'étaient pas pour les étudiants. Et elle était étudiante. J'ai pensé encore une qui a fait une chute en vacances. Je ne savais pas qu'elle était tout le temps comme ca. D'ailleurs, je n'ai jamais osé lui demander comme elle est était venue à porter des béquilles. J'ai imaginé qu'elle avait eu une maladie puis cru que c'était de naissance. En fait, je m'en fichais, je la trouvais sympathique mais distante, donc peu abordable.

Je me demande aujourd'hui, après avoir lu ce qu'elle pensait des forts (et des faibles), comment elle avait réagi au discours inaugural du Professeur Germain, nous expliquant que nous étions Les Décideurs de l'An 2000. Avec le cynisme qui me caractérise, je m'étais dit que tout ce que je déciderais en l'an 2000, ce serait de la couleur de mes rideaux et je ne m'étais pas vraiment trompée. J'imagine que Juliette avait du trouver cela particulièrement ridicule.

En cours. Elle était discrète. Pourtant quand elle parlait, c'était à bon escient. Parce qu'elle avait quelque chose d'utile à dire. Le contraire de moi qui cause pour meubler le silence. Juliette n'avait pas peur du silence et je me souviens que ça m'impressionnait.

A Montpellier, à la fin du Magistère. Dernier mois, certificat de spécialisation (=> traduire week-end à la plage pendant un mois). Juliette dans les bras de son chéri, révisant sur l'herbe. Patrice était venu la rejoindre et partageait sa minuscule chambre de Cité U. On s'était tous assis autour d'eux, Ceux qui résidaient en cité U, et on avait parlé de la fin de l'année. Patrice nous avait montré ses bandes dessinées. J'avais trouvé ça drôle. Ça faisait trois ans que je côtoyais Juliette chaque jour et c'était notre première vraie conversation. Peut-être la seule que nous ayons eue.

L'annonce de sa mort. Petit Poussin avait presque un an. Nous profitions de nos premières vacances en famille au Club Med de Vittel. Nous étions au restaurant. Table ronde dans un coin près de la fenêtre. Un peu avant 20 heures. Mon portable sonne. Je pense le bureau ! Je jette un coup d'oeil au regard furibard du Doudou. Numéro masqué. Je décroche quand même.

- Doudette ? c'est T., je te dérange ?
- Ben ouais, là, on est en vacances... je te rappelle à mon retour et on essaye de se voir.
Silence gêné à l'autre bout du fil.
- En fait, j'appelais pour t'annoncer un truc mais là, je pense que ce n'est pas trop le moment.

Je sens que c'est grave. J'imagine qu'il est arrivé quelque chose à sa soeur, à ses neveux, à ses parents. T. est l'un de meilleurs amis. Même si on se voit moins (mariage et travail obligent), nous sommes proches. Je m'inquiète.

- Non, ça va. Vas-y.
- Juliette est morte, je suis à la gare de Vienne. Je vais à l'enterrement. Je me demandais si tu voulais venir.

Ça fait beaucoup d'informations d'un seul coup.

- Juliette ?
- Juliette D.
- Juliette D ?!? Comment ça, elle est morte ?
- Un cancer, elle a trois filles, elle est toujours avec Patrice. Au fait, elle était juge.

A ce moment, je regarde le Doudou, le Petit Poussin qui dort dans sa poussette et je réalise que je suis la plus chanceuse des femmes. A partir de cet instant, je ne pense plus qu'à ses filles. Comment elles vont vivre sans leur maman, comment elle vont supporter cela, comment quiconque peut supporter cela. J'en parle pendant tout le dîner.

Bien sûr, je ne vais pas à l'enterrement. J'écris bien sur parce que je suis égoïste et que mon bonheur, ces quelques jours en famille, me semblaient alors l'essentiel. Peut-être d'ailleurs à cause de ce que T. venait de m'annoncer. La vie était soudain trop courte pour abandonner ne serait-ce que 48 heures ma famille pour rendre hommage à une fille, devenue femme, que je n'avais pas vue depuis 10 ans....

Après, il y eut la collecte pour offrir des cadeaux aux filles... et grâce à Juliette, une petite quinzaine d'anciens étudiants qui ne s'étaient pas parlés depuis 10 ans ont renoué le contact. Nous étions solidaires de cette famille. Nous avions de bons métiers, de ceux que Juliette méprise à longueur du livre d'Emmanuel Carrere, nous étions parfois avocats (ou juriste) de ces établissements de crédit qu'apparemment le Tribunal d'instance de Vienne cherchait à rendre plus respecteux du droit. Alors, nous avons fait ce qu'il y a de plus facile pour nous : donner de l'argent.

J'exagère: plusieurs ont donné du temps. Et ceux-là sont les vrais amis de Juliette.

Moi, je l'admets, j'ai été lâche, je suis restée dans ma bulle et j'ai attendu que ça passe. Un chèque et un email m'ont paru suffisants.

Mais ça n'est pas passé.

J'ai souvent repensé à Juliette depuis l'appel de T de Juin 2005...

Juliette me rappelle que la vie est un cadeau, qu'il faut en profiter au maximum, qu'il faut en même temps préparer l'avenir de ses enfants.

C'est en rentrant de Vittel cette année là que le Doudou et moi avons demandé au frère du Doudou s'il voulait bien s'occuper de nos enfants s'ils nous arrivait quelque chose (ce quelque chose étant par définition fatal). Puis nous avons rédigé nos dernières volontés, qui sont bien plus qu'un testament (il y est question de la religion - ou plutôt de l'absence de religion - dans laquelle nos enfants doivent être élevés, d'école publique ou privée, d'appartement, de bijoux de famille, d'assurances-vie, c'est un gloubiboulga informe d'instructions plus ou moins réalistes pour qui nous succéderaient dans l'éducation et l'amour de nos enfants).

C'est parce qu'il y a eu ce coup de fil de T. que j'ai décidé de lever (un peu) le pied, d'être à la maison tous les soirs pour le dîner, de considérer que la famille est une priorité.

La mort de Juliette a été un catalyseur et la vie nous rappelle que ce qui est arrivé à Juliette peut frapper tout le monde à n'importe quel instant.

Il y a quelques semaines, j'ai appris qu'une amie était atteinte d'un mal similaire à celui qui a frappé Juliette. Elle a été opérée hier.

C'est à elle que je veux penser aujourd'hui... Nature, si tu es toute puissante, prend soin d'elle !

mercredi 11 mars 2009

L'âge du geek

Ce midi, déjeuner avec un collaborateur et un stagaire sympathiques pour les remercier d'avoir joué les nègres pour un séminaire que je présentais. Quoi ? C'est pas politiquement correct le mot "nègre" ?

Pourtant, c'est ce que c'est... autant l'admettre, le boulot qui c'est y qui l'a fait ? Pas moi....

Donc, eux.

Bon, j'ai remercié avec un dejeuner, ca compense non ? Esclavagiste, moi ? non, mais ca va bien !

Oups, nous nous égarons.

Donc déjeuner avec Collaborateur et Stagiaire, tous deux entre 25 et 30 ans.

Je ne sais pas comment j'en arrive à parler du Doudou entre le Pepsi Max et le café.

Le premier qui dit que je parle tout le temps du Doudou va....

.... oui, bon d'accord, ce premier là n'a pas tout à fait tort. Mais quand même, hein, y a pas que le Doudou dans ma vie, que ce soit acté ici.

Donc, je raconte un peu ma vie (une ancienne collaboratrice m'appelait Mère Castor parce que j'avais toujours plein d'histoires dans la besace), ma vie qui soit-dit-en-passant est aussi passionnante que les trains que regardent passer, captivées, les vaches normandes. L'air de rien, je glisse que mon mari est un geek.

- un geek, un vrai ?, s'étonne Stagiaire.

Stagiaire a droit un bon point. Quand j'emploie le mot geek avec mes partners et autres personnes du bureau ayant passé la trentaine, en général j'ai droit à un penchement de tête entendu du genre de celui qui ne voit du tout de quoi je parle mais qui bien sûr est d'accord avec moi. Seuls quelques uns, qui sont revenus de tout et n'ont plus de problèmes d'égo, se risquent à me demander ce que le mot geek signifie. L'avocat ne connait pas le geek et, pour être juste, à voir nos copains n'ayant pas épousé cette noble profession, le geek considère l'avocat comme un fruit à consommer avec modération.

- oui, un vrai geek, je réponds, nature.

Enfin, j'essaye de paraître nature devant ces jeunots mais je sais que j'ai l'air d'une vieille chouette pour ces gamins de vingt ans. J'ai eu leur âge il n'y a pas si longtemps, je sais comment je les regardais les presque-quarante à l'époque...

Et moi d'expliquer que le Doudou programme (ce qui donne en statut Facebook "Optimisé une fonction du module budget (php et javascript sous prototype) pour accélérer l'affichage des données "), qu'il lit des fils de news, qu'on a eu le nouveau Palm (versions 1, 2, 3, ..... 21010), le nouveau PDA, l'imode, l'iPhone première génération, l'iPhone 3G, qu'on s'est interrogé sur l'intérêt de l'Androïd mais que bon, c'est pas encore au point, que notre réseau wifi a plus de murs de feu que la prison d'Alcatraz, qu'on a eu l'un des premiers exemplaires de Tablet PC hors de prix qu'on n'a utilisé qu'un petit mois (ca te fait des frais ma Doudette).

J'explique que le Doudou a eu son heure de gloire en tant que Sénateur et Ministre des Affaires Etrangères puis Ministre de la Culture de ResPublica, guilde de joueurs massivement multijoueurs d'un jeu qui a désormais presque rendu l'âme Mankind. En fouillant sur Google, j'ai retrouvé leur vieux site que le Doudou avait contribué à enrichir... C'est super rigolo à revoir des années après.

J'ai ensuite expliqué à Stagiaire et Collaborateur que les jeux MMORP, quand on avait des enfants, fallait plus trop y compter. WOW n'a ainsi pas passé notre porte. Et Collaborateur qui sera bientôt papa a opiné du chef. D'ailleurs en retrouvant le site de ResPublica, j'ai constaté que les derniers posts du Doudou datent de ... 2004, l'année de la naissance du Petit Poussin. Ce qui est la preuve irréfutable que ce n'est pas de m'avoir rencontrée qui a éloigné le Doudou de la toile. Comme quoi, on ne devient pas un homme en se mariant mais en devenant père.

Quand à Stagiaire, il me regardait, fasciné, en se demandant si c'était du lard ou du cochon.

Et là, la claque:

- Ouah, ton Doudou, ca doit être un des premiers geeks !

Il m'aurait dit que je lui parlais de la préhistoire de l'ordre geekesque, il n'aurait pas fait mieux. A l'entendre, le Doudou est un genre de pièce de collection. LE gars qui s'est mis à l'informatique avant les autres, un précurseur.... une an-ti-qui-té !

Ca leur a paru étonnant à Stagiaire et Collaborateur qu'un vieux de presque quarante ans puisse passer ses moments libres à surfer sur la toile. Stagiaire, lui aussi, a l'air d'être pas mal atteint de geekitude mais il imagine sans doute que c'est normal pour un jeune. Seulement, les grands, ceux qui ont des enfants, une femme (parfaite, vu que c'est moi) et un métier, qu'est-ce que ça fiche dans le monde virtuel ?

Je crois que je l'ai achevé quand je lui ai dit que le Doudou avait participé à des IRL (pour ceux de mes lecteurs qui sont aussi nazes que moi quand j'ai rencontré le Doudou: IRL = In Real Life = > soit 20 pékins qui se retrouvent tous dans la même pièce, chacun derrière un ordi, pour jouer au même jeu auxquels ils jouaient, chacun derrière leur ordi, à la maison).

Il m'a demandé si le Doudou avait gardé des amis de ces IRL.

Je n'ai pas voulu le décevoir... mais en fait d'ami, le seul avec lequel le Doudou semble avoir encore des contacts est un garçon avec lequel il a également fait plusieurs croisières en bateau. Comme quoi, la voile, ça rapproche plus que la toile.

Je finirai par un message personnel :

Mon Doudou que j'aime, tu es mon Geek préféré. Même si je râle de te voir passer autant de temps derrière tant d'écrans, je suis super fière de toi. Parce que, tu sais, c'est pas rien, d'être un Sage à l'aube de la quarantaine. Or, à écouter les petiots, je réalise que tu as traversé des océans virtuels sur lesquels ils n'osent pas encore s'aventurer, déchiffré des codes secrets obscurs que nul n'avait su interpréter, fondé des guildes magiques dans des contrées inexplorées et gravi pas à pas les marches de la découverte.

Et ça, les p'tits jeunes, ces geekounets débutants qui n'ont jamais posé leurs doigts boudinés d'enfants sur un Commodore 64, ils en sont loin...

dimanche 8 mars 2009

Une vie de rêve

Cette nuit, j'ai fait un double-rêve, disons plutôt deux rêves qui se suivent et portent sur le même thème.

Dans le premier, on me faisait comprendre qu'à force de trop l'ouvrir, il me fallait aller l'ouvrir ailleurs et on me demandait gentiment si je n'avais pas envie d'ici 6 mois de quitter la Firme pour de plus vertes prairies. Virée ? Presque. Même si ce n'était pas présenté comme ça dans mon rêve, plutôt un encouragement à revoir mon avenir professionnel d'ici 6 mois. Dans mon rêve, j'étais soulagée. Enfin on prenait pour moi une décision que je n'osais pas prendre.

Ce rêve était suivi d'un autre rêve où je reprenais le cabinet d'un confrère à Toulouse (to win or to loose ?), après avoir passé le permis de conduire (comme quoi, en songe, tout est possible...) et où je mettais en oeuvre dans ce nouveau cabinet, devenu mon cabinet, tout ce que j'avais eu bien envie d'essayer dans la Firme mais que je n'avais jamais pu entreprendre, faute d'avoir pu faire entendre mes idées.

Au réveil, je me suis sentie étonnement bien.

Les rêves de compensation ont parfois du bon.

Il faut dire que, au bureau, en ce moment, c'est un peu compliqué, que je n'ai pas vraiment de visibilité sur mon avenir et que, parfois, le poids de la responsabilité sans les moyens pour les assumer, ce n'est pas facile à vivre.

Ajoutez à cela que, même avec un bel appartement, Paris reste Paris, une grande ville, où le moindre déplacement prend des allures de périple dans le métropolitain, où les espaces verts ne sont que cela, des espaces clos où l'on a planté des fleurs, où avoir un animal de compagnie relève de la torture sur être vivant (tant l'animal que son maître peuvent se considérer comme victimes). Quand on a grandi dans une maison avec jardin et gros toutou sympa, à quelques encablures de la Marne, c'est parfois un peu dur de réaliser que nos enfants respirent du pot d'échappement et du bitume à longueur d'enfance.

Ça m'a frappée comme un gifle à la lecture d'un email d'une amie déménagée en Vendée en réponse à un message où nous lui annoncions que le Doudou avait eu une méchante sinusite qu'il avait fallu soigner à fortes doses d'antibiotiques et de corticoïdes. Elle nous répondait qu'une autre de nos connaissances avait été placée en réanimation deux jours pour un mal similaire et concluait son email par "je ne sais pas quel air vous respirez à Paris !".

A l'approche de la quarantaine, alors que le Doudou pourrait penser à changer de job d'ici deux ans, ne serait-il pas temps de commencer à réfléchir à une autre voie ?

Ce midi, nous étions chez des amis et rappelions que, lorsque nous étions enfants, nous trouvions déjà que nos parents travaillaient trop et rentraient bien tard. En fait de "trop" et de "bien tard", mes parents étaient là à 19 heures au plus tard et ma mère trouvait régulièrement le temps de passer ses mercredis avec moi (la preuve, on avait un abonnement aux Matinées de la Comédie Française, et de telles "matinées" levaient le rideau à 14 heures !). Alors que moi, quand je suis à 20 heures à la maison, c'est que j'ai quitté le bureau au plus tôt que je peux le quitter.

Ou peut-être simplement que c'est la sortie de l'hiver, que je suis creuvouille de par le stress, le travail et la culpabilité et que cela ira mieux après les vacances prévues pour dans 15 jours...

Et puis, même si on n'a pas gagné cette fois-ci, rien ne dit que nous ne remporteront pas l'Euromillions vendredi prochain.....

mardi 3 mars 2009

Ô Lecteur...

Anonyme, c'est à toi que je m'adresse, à toi et à la gentille Eloise qui dit m'avoir reconnue.

Merci à vous, commentateurs éphémères, des messages laissés sur ce blog.

Car après deux mois de bloggage semi-intensif, je peux le dire : la bloggeuse se sent seule, toute seule sur la toile immense.

Je ne connais pas le nombre de mes lecteurs. Je n'en ai identifié que deux un peu réguliers. Je connais le plus fidèle : il partage mon lit, ma vie, les charges et la responsabilité de notre marmaille. Est-ce vraiment un lecteur objectif quand on sait qu'il est à l'origine de ce blog ? Il y a P. également, l'ami encourageant qui ne manque pas de me rappeler que c'est bien de respecter ses résolutions. Je le remercie ici publiquement. En période de à-quoi-ca-peut-bien-servir-tout-cela-?, c'est remotivant d'avoir un P. qui vous booste.

Pour le reste, je ne vous connais pas, lecteur. Je ne sais même pas si vous existez.

Un ouvrage papier, il y a un tirage, on sait combien on en donne. Je le sais, j'ai écris 6 romans et j'en connais très exactement le nombre de lecteurs. Le dernier, le plus populaire, a eu une quinzaine de lecteurs enthousiastes qui m'ont vanté les mérites que mon livre aurait si je daignais y passer encore quelques mois et si j'en revoyais la structure, le vocabulaire et le style. Et oui, la perfection est perfectible...

Pourtant, j'aimerais savoir qui vous êtes qui me lisez dans le métro sur vos iPhones, au bureau avant et après la pause café, à la maison en écoutant Laurent Lavige, le soir après la vaisselle....

D'ailleurs, en évoquant Laurent Lavige, si vous voulez vous mettre dans l'ambiance et lire ce message dans les conditions où je l'écris, il vous faut vous brancher sur France Inter le soir à partir de 21 heures. Sur la Route... Une émission de chansons que beaucoup trouvent ringardes mais qui reflètent exactement l'état d'esprit dans lequel j'écris mes messages. Un peu de nostalgie, beaucoup de bonne humeur et plein de tendresse. Tiens, par exemple, en ce moment, sur le site de l'émission, le clip de Nena 99 luftbalons et à la radio la chanson. Et bien, cette chanson est une bouffée de bonheur en bouteille. Je n'étais pourtant pas bien grande quand elle sortie.... pour moi, c'est toute mon enfance, le contraste avec l'Allemagne des Oflags qu'avait connue mon grand-père, l'importance de l'Europe avec un grand E (je rappelle ici que mon grand-père a tenu a ce que ses deux fils apprennent l'Allemand parce qu'il considérait qu'il fallait construire ensemble la paix - c'était un grand Monsieur, mon Pépé).

Bon, ceci est un message bien décousu. C'est difficile de vous remercier, lecteur, tout en parlant de moi, sans m'étendre sur votre vie que je ne connais pas. C'est difficile pour la bavarde que je suis de n'avoir aucun vis-à-vis, pas de contradicteur.

Je construis mes messages comme de petites histoires avec une morale à la fin. J'essaie de faire sourire, d'intéresser, de vous donner envie d'y revenir. Mais revenez-vous ? Et qu'aimez-vous en fait ? Les enfants, le Doudou, mes histoires de travail ? Un blog sur une vie d'une femme qui se rêve super-woman, est-ce vraiment un sujet ?

Vastes questions, auxquelles nous ne répondrons hélas pas ce soir... Car il est temps que la vie reprenne son cours. Le Doudou m'attend, la poussinette hurle qu'elle a mal au pied pour avoir un vingtième dernier bisou. Laurent Lavige va bientôt s'en aller. Au secours ! Lenoir le bruyant va arriver ! Il faut eteindre la radio. Vite, vite...

Allez, ami lecteur, je m'en vais retrouver le Doudou. Prochain message (à moins que je ne change d'avis d'ici-là) : migraine de Doudette vs. sinusite de Doudou ou comment l'homme apprend qu'une migraine, ça fait vraiment mal....

lundi 2 mars 2009

Parents Indignes

Le constat est horifiant, le Doudou et moi sommes des Parents Indignes, pire que les Parents Terribles de Cocteau, un mélange de Ténardier, de Folcoche et de Fantine.

Pour la série Fantine-j'abandonne-mes-enfants-pour-gagner-ma-vie, nous avons la Doudette qui arrive le soir pour dîner, mets les pieds sous la table et a à peine le temps de demander comment s'est passée la journée que l'enfant s'endort dans son assiette, parce qu'il est tard et que c'est l'heure de faire dodo. Qui a dit qu'il fallait coucher les enfants à 20 heures ? Sans doute quelqu'un qui pouvait quitter le bureau avant 19h00, le chien !

A l'heure de la Grande Crise, quitter le bureau alors la côte Ouest est encore en pleine commutation (du verbe to commute => aller d'un endroit à un autre dans les bouchons en Californie), c'est suicidaire. C'est risqué de louper LE coup de fil super-hypra important, genre plan de sauvegarde l'emploi (aussi connu sous le vocable générique plan social), de 2500 personnes qui va vous occuper pendant un an et vous permettre de boucler les fins de mois. Oui, oui, oui, c'est cynique, pas politiquement correct et tout et tout mais qu'est-ce que vous croyez que ça fait, l'avocat "socialiste" en période de Grande Crise ?........ Z'avez bien réfléchi, envisagé toutes les possibilités ? ... Rien d'autre ?... ben oui, c'est pas le mieux de notre métier mais le licenciement collectif, ça en fait partie. Au moins, on s'arrange pour que le droit soit respecté. Ben oui, je culpabilise. Y a des dossiers plus rigolos.

Bref, notre marmaille subit le contrecoup de ce surcroît d'activité temporaire. Le genre de maxime à l'envers. C'est plus Quand le Bâtiment va, Tout va mais Quand le Travail s'en va, l'Avocat Turbine. Ma marmaille à moi doit se dire que quand Doudette travaille trop, Maman n'est pas beaucoup là. Ben oui, je culpabilise. Y des moments plus rigolos.

Ténardier, nous le sommes aussi. Au turbin, les mômes. Petit Poussin range sa chambre, Poussinette met la table. On s'habille tout seul, manquerait plus que Maman serve de portemanteau ! On se lave tout seul et on partage bain et savon (y pas de petites économiques). La petite soeur mets les anciens pantalons du grand frère. Le vélo, on a demandé au Père-Noël de passer le prendre chez les cousins. Mais oui, on culpabilise. Y a des jeux plus rigolos.

Le pire, c'est notre côté Folcoche. Faut nous voir les envoyer se calmer dans leur chambres lorsque les yeux plein de larme et de colère, ils nous expliquent, à grands renforts de coup de pied au sol, que non, non, non, ils ne mangeront pas leurs haricots verts. C'est super bon, les haricots, tous les enfants vous le diront ! Mais oui, on culpabilise mais c'est pour leur bien, il a dit, Rufo !

Mais le pompon du parent indigne, nous l'avons vécu hier soir à l'aéroport de Quimper.

Connaissez-vous l'aéroport de Quimper ? C'est le genre d'aéroport de Playmobil, qui ouvre une demi-heure avant le vol et ferme juste après. Un peu comme l'aéroport de la série Wings ? Vous ne connaissez pas Wings ?!? une série géniale de deux frères qui exploitent une petite compagnie aérienne. A l'aéroport de Cornouaille (c'est la même chose que l'A. de Quimper, en plus chic), c'est la même dame qui enregistre vos valises et contrôle votre pass pour monter dans l'avion. Ça vous donne une idée de l'effectif. Doit pas y avoir de comité d'entreprise à l'A. de Cornouailles.

Et heureusement...

Parce qu'en mauvais parents que nous sommes, nous sommes arrivés à l'aéroport hier soir avec nos enfants... mais sans pouvoir prouver qu'ils l'étaient (nos enfants).

Nous avions juste "oublié" leurs passeports à Paris.

Comment est-ce possible ?

Parce que nous sommes des parents nuls...

... et parce que, comme ils étaient partis en train avec Grand-Mère au début des vacances, nous n'avions pas pensé à donner les passeports à ladite Grand-Mère au moment du départ. Nous n'avons ensuite pas pensé à apporter lesdits passeports quand nous sommes allés les chercher vendredi dernier.

Honte à nous !

Pourtant les règles de voyage en famille sont claires et bien expliquées pour les connectés que nous sommes. On les connaissait, on les avait toutes lues, on savait les documents dont nous avions besoin.

Et bien, acte manqué ou pas, nous avons failli laisser nos enfants sur le tarmac !

Heureusement, la gentille dame qui enregistrait les valises et vérifiait ensuite nos cartes d'embarquement nous a laissé passer, attendrie sans doute pas les Maman-les-bras !!!! stridents de Poussinette et l'oeil inquiet du Petit Poussin qui a vraiment cru qu'on allait le laisser seul avec Grand-Père.

Voilà, c'est dit, nous sommes des parents indignes.

Qui dit mieux ?


PS. S'il vous faut une preuve supplémentaire de notre totale nullité en tant que parents, la cagoule de Poussinette est restée en Bretagne.... Ah !