mercredi 28 octobre 2009

De la télé avant tout chose...

... et pour cela préfère Twitter.

Moi qui ne regarde presque jamais la télévision (vous le savez, mon truc, c'est France Inter) je me suis laissée piégée deux soirs de suite, grâce à Twitter.

Parce qu'avec Twitter, vous n'êtes pas seule dans votre salon, pathétique, à regarder une émission. Non, Twitter, c'est un moyen de déverser vos commentaires à chaud sur ce que vous voyez. Et on vous répond. On vous "transfère" même (enfin, pas vous, en tant qu'être humain mais vos messages) quand on vous trouve au choix pertinente ou amusante. Twitter, c'est un peu comme être avec 50 copains à regarder le même programme et à échanger en temps réel.

Bien sûr, selon que vous regardez une émission sérieuse ou un divertissement, les commentaires sont plus ou moins second/dixième degré.


Mardi - Doudette s'énerve devant son écran

Alors, parce qu'il faut un début à tout, Mardi, c'était Carglass. Bon, en fait, le reportage ne s'appelle pas Carglass. C'est un reportage sur le travail, la façon dont les salariés sont manipulés, exploités. Carglass avait laissé les caméras pénétrer dans ses locaux et ce qui est en ressorti était particulièrement tendancieux.

Je vais préciser tout de suite : je ne connais pas personnellement Carglass, ses dirigeants ou ses salariés mais des grosses multinationales j'en côtoie tous les jours... La Firme est une multinationale. Et le montage du reportage était juste... édifiant. D'un parti prix dérangeant pour quiconque a le sens de la mesure. Carglass y était décrite comme une entreprise cherchant (1) à recruter des êtres dont on savait qu'ils sauraient se fondre dans le moule parce que capables de dénigrer les autres candidats, (ii) à formater les salariés par des cadences infernales tout en agitant la carotte de la prime à la productivité, (iii) à contrôler à la minute près les temps de pause, (iv) à ne pas mettre les ressources nécessaires quitte à tuer les gens à la tâche (syndrome France Telecom), (v) à considérer la satisfaction du client comme la mesure ultime de la performance. Tout cela traité de façon négative, avec en toile de fond le fait que les produits sont les mêmes partout dans le monde, que les méthodes sont standardisées et que pourtant il faut adapter le discours au client local.

....

Et alors ?

Je travaille dans une Firme où l'on tente de vendre un service à qualité constante à des clients partout dans le monde, où l'on a mis en place des méthodes de formation identiques dans tous les pays, où l'on mesure notre productivité chaque semaine pour assurer notre rentabilité tout en nous demandant d'avoir au moins 100 heures de formation par an.

Est-ce que je suis malheureuse ? Non.

Est-ce que j'aime mon boulot, ma Firme, mes collègues, oui.

S'il y a des choses qui ne me plaisent pas, elles sont justement liées à la personnalisation de certains rapports, à des pratiques de certains individus mais la Firme, je n'ai rien à lui reprocher bien au contraire.

Je dois à des règles objectives d'évaluation d'avoir été promue après la naissance de mon premier enfant, puis encore après la naissance de mon second enfant. Si on avait été dans une entreprise franco-française, paternaliste, ceux qui pensent qu'une jeune maman ne peut pas avoir de responsabilités auraient sans doute eu gain de cause.

Ah oui, la juriste que je suis doit encore vous parler de la première partie (je suis arrivée après le début). On y voit deux Messieurs en caméra subjective (on ne montre que leur corps, pas leur têtes afin de préserver leur anonymat), délégués syndicaux, se plaignant de discrimination syndicale. Ils racontent leur version de l'histoire, juste leur version de l'histoire. Tout est fait pour qu'on les croit et que la société qui les emploie soit clouée au pilori... et on apprend, à la toute fin, que le dossier est toujours à l'instruction. Ah, le dossier est à l'instruction ? Donc, c'est encore en l'étude. Donc, aucun "coupable" n'a encore été renvoyé devant une juridiction correctionnelle ? Et pourtant, on sait qui a raison et qui a tort, ou du moins, les réalisateurs du reportage le savent. Tiens, ça me rappelle quelque chose....

Heureusement que j'avais Twitter pour me défouler, sinon, je sens que j'aurais jeté ma télé par la fenêtre... et j'aurais loupé la soirée de mercredi.

Mercredi - Doudette rigole devant son écran

Je ne sais pas quel est votre âge, cher lecteur, mais le mien me permet d'avoir assisté aux débuts du Top 50 et j'ai une nostalgie pour les chansons de ma pré-adolescence, de Marc Toesca (qui a pris un sacré coup de vieux) et de mes jeunes années insouciantes.

Donc, une émission sur le top 50, je ne pouvais pas louper cela.

D'autant qu'avec Twitter, c'était une vraie partie de plaisir.

Nous nous sommes déchaînés.

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager certains de nos commentaires qui, même sortis du contexte, restent savoureux. Je vous mets les auteurs entre parenthèse dès fois que ça vous donnerait envie de les suivre sur Twitter (un #FM avant l'heure, comme FollowMercredi ou radio FM de notre enfance). C'est sur que Twitter a changé nos vie, car comme dirait @Raydacteur, a l'époque on livetwittait par Minitel. Eh oui les jeunes.

D'abord, faut nous imaginer: on doit être pathétiques pc sur les genoux à twitter des ringards ? en tout cas je ris de vos tweets (@Sophiebib).

Quelques extraits de nos commentaires à chaud sur les "chanteurs" de la soirée (pour beaucoup en playback).

Jean-Luc Lahaie, qui annonce qu'il passe l'an prochain à l'Olympia : Jean Luc sera à l'olympia le 11 septembre prochain...comme si cette date ne se suffisait pas déjà à elle-même (@frompennylane)

A propos de la Lambada
La chanteuse de la lambada est en kaoma dépassé (
@franpisunship)

La lambada! Mythique, j'ai dû la danser, chais pas, au-moins une fois, moi!!!(@aymericmarlange)

Julie Pietri
Eve lève toi et danse avec la vie... La vous me voyez pas mais je vais le lever et danser #goutdechiotte #assume (@mamandoudette)

François Feldman
François Feldman s'est Alain Chamforisé physiquement (@toya_k)

En conclusion (j'abrège là, parce que le copier-coller avec un Mac, c'est pas très user-friendly).

c'est pour protéger ça qu'a été voté Hadopi! (@malkovitch)

Et ma conclusion (que j'avais déjà faite hier, hein, je recycle) :

Carglass hier, le #top50 ce soir, le service public aime les extrêmes

samedi 24 octobre 2009

Mercredi de crise

Faut que je vous raconte ma journée de mercredi ou comment gérer une journée de m... quand on est maman et qu'on travaille.

Ceux qui me suivent sur Twitter en ont vécu une partie en direct mais y a plein d'évènements parasites qui méritent d'être narrés.

Outre les sempiternelles urgences de travail, car le représentant du personnel est souvent une grande énigme pour le DRH, lequel appel son Conseil au secours dès qu'on sort du train-train ordinaire, j'ai du gérer un certain nombre d'évènements parasites absolument pas prévus.

Jugez plutôt...

Je suis au téléphone avec Client Stressouille quand mon iPhone se met à vibrer. Le visage aimable de mon Doudou s'affiche. Comme il faut savoir gérer l'urgence, je rejette l'appel... du Doudou. Ben oui, quoi, quand y a urgence, le Doudou n'appelle pas, il Beejive. Je continue ma conversation avec Client Stressouille, qui avait une vraie urgence (l'urgence du client est toujours réelle, sinon, ce n'est pas un client). Le téléphone sur speaker, je scrute de l'oeil droit l'écran de mon PCs'égrènent les messages emails.

Soudain, parmi dix messages de clients parfaits qui ont besoin d'une réponse pour hier, Doudou@doudou.net m'envoie un message. Quoi ? quoi ? quoi ? un appel plus un message, ça commence à sentir pas bon.

Quand enfin Client Stressouille est rassuré, je rappelle le Doudou, lequel sortait de chez le dentiste.
- Alors ?, je fais, un peu agacée.
Ben oui, on s'est déjà dit bonjour le matin, on ne pas recommencer à chaque fois qu'on se parle par engin électronique interposé.
- Va sans doute falloir mettre un implant, m'explique mon cher et tendre, la bouche pâteuse.
- Quoooooooi ??????

Comment ça, j'aurais plus être plus sympa ? compatir ? Vous savez combien cela coûte un implant dentaire ? Un SMIC brut selon les quelques recherches que j'ai pu faire, à moins d'être prêt à visiter un pays de l'est et ses officines. Et sachez, jeunes gens qui n'avez pas de souci dentaire, qu'il n'est pas nécessaire d'avoir passé l'âge de la retraite pour en avoir besoin. Le Doudou, il se lave les dents tous les jours, il ne mange pas (trop) de bonbons, il n'a même pas quarante ans... et voilà, la tuile. Madame la Mutuelle trouve que ça ne vaut pas la dépense. Bref, j'avais reçu de meilleures nouvelles.

Je retourne à mes clients chéris quand un second email me sort de ma torpeur.

Manou, la grand-mère des enfants, m'annonce que SuperNounou l'a appelée pour lui annoncer que la Poussinnette a les cheveux pleins de poux. Pourquoi la nounou a averti ma mère plutôt que moi est un mystère que je refuse de m'expliquer (ne tentez pas de me donner une raison valable, aucune ne va me faire plaisir, je le sens).

Des....... poux ????

C'est quoi ce truc ?

Les poux, serait-ce ces bestioles qui m'ont valu d'avoir la tête rasée à six ans et un traumatisme depuis que je me suis pointée avec la tronche de Sinead O'Connor (seconde période) à l'école ?

Mais comment est-ce possible ?

Je me jette sur Internet.

Un poux (et son petit), ça ressemble à ça:


Bon,c'est plus petit en vrai mais quand même, hein, ça ne fait pas envie.

Savoir que ma fille en a plein des comme ça, même minuscules, qui collent à ses magnifiques cheveux, j'en ai des frissons.

Sauf que je ne peux rien faire.

Je suis de l'autre côté de la ville, j'ai cent urgences professionnelles à gérer avant le soir et je ne me vois pas expliquer à mes collègues et à ceux auprès desquels je me suis engagées qu'il faut que je respecterai pas mes engagements parce que ma fille se gratte.

Ben oui, les poux ne sont pas une raison suffisante pour laisser les dossiers en plan et me précipiter à la maison. Un tel empressement est réservé aux blessures graves, type bâton enfoncé dans l'oeil par camarade de classe maladroit.

Le poux, selon mes copines de bureau (et néanmoins maman), c'est une phase obligatoire de la vie scolaire. L'enfant de maternelle a des poux, de la même façon qu'il apprend à écrire son nom en lettres d'imprimerie ou qu'il annone 1.2.3.4.5.6.7.8.9.10 dès Noël.

Le Petit Poussin et ses cheveux courts étaient passés entre les gouttes.

Me voici donc avec ma première grave crise sanitaire.

Les forums internet que je consulte m'informent que les poux sont des petites bêtes tenaces et résistantes à l'eau, qu'elles peuvent jeûner pendant 36 heures, qu'elles aiment autant les cheveux des enfants que ceux des parents.... et qu'elles adorent se lover au creux de notre oreiller pour nous sauter dessus pendant la nuit. Sauf qu'elles ne sautent pas, elles rampent, chafouines. Internet m'apprend également qu'il n'y a aucun produit vraiment efficace et que le plus simple est encore de les affamer. Après avoir apuré la chevelure, enfermer les vêtements dans un endroit clos et passer l'intégralité de la demeure au karcher. Non, pas le karcher de Sarkozy, le sien ne contenait que de l'eau. Les laboratoires pharmaceutiques ont quant à eux des produits hors de prix qui permettent d'asperger tissus et surfaces et qu'on promet totalement efficaces.

Je les badigeonnerais bien de Roundup mais je crains les effets secondaire sur ma progéniture.

J'envoie donc la nounou à la pharmacie nous acheter les produits en question et traiter en priorité celle par qui le mal entre dans la maison.

SuperNounou s'exécute.

Je rappelle une première fois pour lui dire de changer les draps.

Une seconde fois pour lui rappeler que les serviettes doivent également être isolées.

Une troisième fois pour qu'elle n'oublie pas les brosses à cheveux.

Je pense que je n'ai jamais autant téléphoné à SuperNounou au cours de quatre dernières années. En général, quand je suis au travail, je délègue et lui fais une confiance absolue. C'est le seul moyen de ne pas truffer ma maison de webcams...

Je lance un appel au peuple sur Twitter et obtiens des conseils avisés sur les moyens de lutter contre l'envahisseur parmi lesquels:
- les produits pharma susnommés;
- la lavande;
- le vinaigre blanc.

Je décide de cumuler les armes et rappelle la nounou pour qu'elle achète le vinaigre blanc.

Bien sur, ma productivité professionnelle est proche du néant. Mes timesheets sont en berne, c'est la Bérézina.

A 18:30, après que j'ai élaboré le scénario catastrophe où je retrouvais la Poussinette infestée de poux et la maison recouverte de lentes, je me précipite hors de mon bureau et saute dans le métro.

Arrivée dans ma rue, je passe régler mes dettes à la pharmacie, en ressort assommée (et ruinée) et cours sauver ma famille. WonderMaman est en route.

Quand j'arrive, SuperNounou m'explique qu'elle a effectué le traitement prescrit, que la Poussinette et le Petit Poussin (on ne sait jamais) ont eu la chevelure enduite d'une substance pâteuse toute la journée puis ont eu droit à plusieurs shampoings et sont désormais exempts de poux et de lentes.

En bonne inspectrice des travaux finis, je contrains ma descendance à passer à l'inspection : RIEN, plus un poux.

SuperNounou avait "super" bien géré et je n'avais plus rien à faire que de m'occuper de moi-même. Je me suis donc tartinée les cheveux de cette pâte immonde et ai dormi la tête enrubannée dans un foulard graisseux. J'ai obligé le Doudou à suivre mon exemple et c'est tel deux Babouchkas que nous avons passé la nuit.

A ce jour, soit quatre jours après les évènements, il semble que l'humain a vaincu la bête.

Je refuse cependant de crier victoire.

Elle est peut-être quelque part, tapie sous un tapis, attendant le moment propice pour sauter sur le premier poil venu...

samedi 17 octobre 2009

Le retour de l'ordre moral

Ça y est, la goutte d'eau, celle qui fait déborder le vase, je l'ai vue :

Elle était énorme et défilait dans les rues de Madrid pour expliquer que, oui, la femme a le droit de décider de son corps, mais pas de la vie qu'elle héberge.

Et la, la goutte, après tout ce que j'ai lu et entendu, ces dernières semaines, a fait explosé le bocal. Ça déborde de partout.

Va falloir faire quelque chose.

Pour comprendre mon exaspération, faut comprendre comment j'ai été élevée.

Je suis née au début des années 1970, à une époque où le féminisme était encore un combat, où l'homosexualité était un crime, l'avortement aussi. On ne s'intégrait pas. On s'assimilait.

Et toute petite, on m'a expliqué:
1. que chaque individu est unique et doit être respecté pour ce qu'il est avec ses croyances, ses opinions politiques et ses orientations sexuelles;
2. que, moi, petite fille née du baby boom, je pouvais devenir tout ce que je voulais, faire le métier dont j'avais envie, pour peu que je travaille bien à l'école. L'école laïque et républicaine;
3. que je devais me méfier des religieux parce qu'à vouloir m'imposer leur façon de penser, ils risquaient de m'ôter toute liberté de penser.

Mes amis d'enfance étaient riches ou pauvres, leurs parents étaient de droite ou de gauche. L'objectif pour tous était de bien travailler à l'école et de RESPECTER l'autre. Combien de fois je l'ai entendu ce mot de respect. Ça me cassait les oreilles.

Résultat : mes copains de lycée et de fac allaient de l'extrême-droite (oui, bon, je ne l'ai su qu'après) au LO d'Arlette (je me suis même laissée entraîner à une réunion à la Mutualité), du catholicisme le plus austère à l'homosexualité la plus militante. Tous ces gens se croisaient chez moi, discutaient beaucoup, n'étaient pas souvent d'accord et se moquaient de moi parce que j'affichais un centrisme bon teint qu'ils assimilaient à une volonté de ne pas prendre partie qu'ils jugeaient parfois suspecte. Ces amis là sont toujours mes amis d'aujourd'hui... ce qui prouve qu'on ne change pas, on évolue.

Moi, jusqu'à il y a quelques mois, je ne me posais pas trop de questions. Beau métier, famille aimante, amis sincères, pourquoi m'inquiéterais-je ?

Y avait bien ma mère (vous savez comment sont les mères... moi même, avec ma fille...) qui parfois me disait que, nous, les jeunes femmes (ben oui, ma mère me trouve jeune) des années 2000, on croyait un peu trop vite que tout était acquis... et voilà qu'en quelques mois, ça vacille.

Il a d'abord eu la généralisation du voile (même pas total) dans nos rues. Beaucoup de musulmanes m'ont dit que c'était leur choix mais j'ai du mal à accepter qu'on puisse se contraindre à se couvrir le corps (parce qu'il n'y a pas que le voile, il y aussi ce corps qu'on couvre sous de longs manteaux) pour des exigences religieuses. C'est une stigmatisation de la femme, de la fille sous le regard des copains de ses frères... et je salue ici le combat de Fadela Amara et de NPNS, dont je lisais et appréciais les éditoriaux dans le journal du métro, bien avant qu'elle soit Secrétaire d'Etat.

Il y a eu aussi les remarques acerbes sur ces hommes (et quelques femmes) qui ont admis publiquement leur homosexualité... et là, tout récemment, les quelques mots de Marine Le Pen reprises par toute la classe politique qui pérorent sans avoir lu, prompte à hurler avec les loups. J'ai pris le temps de lire le livre de Frédéric Mitterrand. En entier. Outre le fait que c'est un joli livre sur la solitude et la différence, c'est surtout un parfait exemple (me semble-t-il) d'une génération d'homosexuels née à une période où il était difficile de s'afficher. Oui, il y est question de prostitution mais pas de pédophilie et les pages sur la prostitution, qui closent presque le livre, sont un final d'un parcours sensible où l'on découvre les fêlures d'un homme... Si les prostitués avaient été des prostituées, je n'imagine pas le même acharnement médiatique.

Il y a maintenant cette vieille Europe judéo-chrétienne qui se réveille. L'Irlande qui vote pour le traité de Lisbonne en échange d'une négation du droit à l'avortement, l'Espagne qui descend dans la rue pour le même motif... et je pense à ma mère, à Gisèle Halimi, à Simone Weil, à toutes ces femmes qui se sont battues hier pour que je puisse choisir aujourd'hui...

On parle de renvoyer des sans-papiers qui ne comprennent pas notre langue dans des pays qui sont non seulement des pays en guerre mais aussi des pays où, au quotidien, on bafoue les droits les plus élémentaires des humains. Une frontière a-t-elle tant d'importance qu'elle fait de celui qui est né de l'autre côté un être tellement différent de moi que je n'ai aucune obligation de le respecter.

Et je m'interroge. Avons-nous baissé la garde ? Sommes-nous tous si absorbés par nos petites vies tranquilles que nous en oublions de regarder par le fenêtre ? Est-ce comme cela que cela commence ? Allons-nous relever la tête dans deux ou trois ans pour voir nos filles à la maison, cornaquées par des prêtres, des rabbins et des imams, nos garçons sûr de leur pouvoir mais sans aucun libre arbitre ? Serons-nous ces gens que nous conspuons quand nous raisonnons théoriquement ?

Je caricature ? Peut-être...

Mais si je pense au Berlin de Cabaret, à la Vienne de Sweig, à Alexandrie telle que Durrell la décrit, je ne peux que m'interroger. Que sont devenues ces villes après que des auteurs les aient si bien décrites comme étant ouvertes et cosmopolites ? Mes références sont culturelles, pas historiques me direz-vous. Exact. Mais on lit les sociétés dans les livres et les journaux... et si j'en crois ce que je lis, notamment sur les affaires Polanski (dont je n'ai pas parlé ici) ou Mitterrand, je ne suis pas rassurée.

Mais que font les hommes libres ?

Tu peux sourire, charmante Elvire, les loups sont entrés dans Paris...

Excusez-moi, les gens !

oh, là, là... je réalise que ça fait bien longtemps que je ne vous ai pas donné de nouvelles.

J'ai plein de super bonnes excuses, que je vais toutes vous donner. Comment ça, vous vous en tamponnez le coquillard de mes excuses ? M'enfin, elles sont TRES importantes mes excuses... Elles servent de transition. On a toujours besoin de transitions entre les sujets, c'est un effet de style. C'est essentiel le style. Il faut une cohérence éditoriale à un blog. Là, je ne peux pas recommencer comme si de rien n'était... Ce ne serait pas poli... Et la politesse, c'est un truc avec lequel on ne badine pas chez nous.

Alors, pourquoi donc une doudette délaisserait-elle son blog ?

1. Je travaille, moi !

Ben oui, ces dernières semaines ont été denses au bureau. A croire que tout le monde s'était donné rendez-vous pour me rendre la vie difficile. Ce n'est pas tant la quantité de travail que tout ce qui gravite autour qui ne me donnait pas la gniac pour vous raconter des trucs rigolos...

Je ne rentrerai pas dans les détails mais je vous mentirai si je vous disais que l'ambiance est au beau fixe dans la Firme. On sent les jeunes frustrés de trop travailler, les vieux frustrés de ne pas ... euh, de ne pas quoi au fait ? Et nous, les moyens-jeunes ou moyens-vieux (selon qu'on voit le verre à moitié plein... ou pas), on se retrouve pris en sandwich et on encaisse les coups. Le sous-chef est un punching-ball idéal. Je vous rassure tout de suite : on n'est pas dans la série noire de type Mais Que Se Passe-t-Il à France Telecom ?. Cependant, au bout de quelque mois, les environnements moroses, ça pèse et ça ne donne pas vraiment envie de s'épancher en public par blog interposé.

2. Je twitte, moi !

Leçon numéro 1 de Twitter après quelques mois de pratique : c'est chronophage. Les gens sont sympas, on rigole bien et on ne voit pas passer le temps. On peut y passer une heure sans s'en rendre compte. Du coup, on a moins de temps pour le reste.

D'ailleurs j'ai plein de nouvelles aventures twitterisantes à vous raconter mais je ferai un message rien que là dessus dans le courant du week-end (ben oui, quoi, vous n'allez pas vous débarasser de moi comme ça).

3. Je lis, moi !

Oui, oui, oui, je me suis remise à lire.... des livres !

Et ça fait du bien.

Tourner les pages qui crissent sous les doigts, sentir l'odeur de l'encre qui s'évapore, découper les pages mal reliées, fermer le livre parce qu'il est tard et s'endormir en imaginant la suite... C'est l'un des petits bonheurs qui rend la vie plus belle, malgré le froid de l'automne qui arrive et les jours qui raccourcissent.

J'ai lu au cours des quelques dernières jours plusieurs livres qui m'ont beaucoup plu, parmi lesquels le livre de Frédéric Mitterrand, dont je vous parlerai plus tard.

4. Je me bouge, moi !

Entre les visites au Musée (faudrait que je vous parle du Louvre avec les enfants, un grand moment), les pots / cafés / thés / restaurants avec les copains, la visite de la famille, j'ai pas trop le temps de vous donner de nouvelles.

Il est parfois essentiel à l'équilibre de se retrouver dans la Vraie Vie et c'est ce que j'ai fait :)


Maintenant que je vous ai tout dit, vous allez me pardonner de vous avoir temporairement abandonnés, hein ? Je compte sur vous.

La suite de mes aventures (ébauchées dans ce message) plus tard ce jour... ou demain.

A pluche, les z'amis.