Vous les avez lus, les posts du Post sur ces gens qui n'aiment pas Twitter et le racontent.
Ben moi, j'aime Twitter.
Et je vais vous expliquer pourquoi.
D'abord, surtout et exclusivement, parce que Twitter, ce sont des gens. Enfin, pas les gens comme le chante Chedid, masse informe d'individus conglomérés. Les gens que j'aime, ce sont les gens de Twitter, les twitterants (si vous n'aimez pas le mot, proposez-en un autre les gars, j'suis preneuse mais pas twittos, ça fait biscuit apéritif). Maintenant que j'ai quelques mois de pratique, j'ai un petit réseau de twamis avec lesquels j'ai créé des liens, virtuels, certes, mais agréables et surprenants.
Moi, la bobo de Paris, j'ai pour grande twopine une fille de l'est, maman célibataire d'un petit gars 2.0. On a presque le même âge, les mêmes références littéraires et musicales, la même passion des textes et du théâtre. On peut se parler de tout (c'est mon mentor googlewave, parce que à part pour papoter avec elle, je n'ai pas encore trouvé l'utilité de ce machin) alors qu'on ne s'est pas encore rencontrées (mais c'est pour bientôt). C'est l'une des magies de Twitter. Parce qu'on évoque plein de sujets aussi futiles les uns que les autres, on se trouve des terrains de discussion que l'on aurait peut-être pas abordés si l'on s'était croisés dans une rue. D'ailleurs, vu où elle vit et vu mon lieu de résidence, les chances que l'on se croise étaient de quoi ? un sur un milliard ?
Les twitterants viennent de partout, interviennent dans les conversations des uns et des autres. Parce que c'est public, ça reste léger et second degré. Nos états d'âme, on les garde pour nous. Du coup, on rigole beaucoup sur Twitter... et si vous n'avez jamais vu une émission télé avec Twitter à côté, vous n'avez pas encore vraiment regardé la télé.
Oui, j'entends les objections. Il y a parfois des coups de gueules, des gens qui cessent de se suivre (et donc d'échanger) mais ce n'est pas la majorité (quoique puisse en dire certaines mauvaises langues). La plupart du temps, les blagues sont potaches et les échanges bienveillants. C'est d'ailleurs l'un des plus de Twitter par rapport à la vraie-vie-du-dehors. On vous demande des nouvelles de votre travail, de votre enfant malade, de votre rhume. Au bureau, tout le monde s'en fout ...et voilà que des personnes qui ne sont que des arobases se souviennent que votre fils avait un contrôle de math hyper important et viennent aux nouvelles. C'est une petite famille, Twitter.
On découvre sur Twitter des blogueurs de talent, des entrepreneurs méritants, des politiques médiatisés, des profs avant-gardistes, des parents débordés. J'ai décidé de ne donner aucune nom ici (j'y consacrerai un prochain messages). On n'est pas toujours d'accord sur des sujets de fond... et c'est bien aussi.
Pendant des années, j'ai critiqué le Doudou et le temps qu'il passait sur Internet. Grâce à Twitter qu'il m'a permis de découvrir (merci mon doudou), j'y vois enfin l'intérêt.
@mis twitterants, n'écoutez pas les mauvaises langues. Moi, je vous aime.
Au fait, comme tous les autres messages de ce blog, ce message n'est évidemment sponsorisé par personne.
dimanche 29 novembre 2009
samedi 28 novembre 2009
Mes principes d'éducation
Dites, les parents de la toile, vous en aviez, vous, des principes d'éducation avant d'avoir des enfants ?
Moi plein.
Et le Doudou aussi.
Avant, quand l'enfant n'était qu'un mot aussi abstrait que la petite graine qui germait en moi, nous avions longuement discuté de la question. On voyait les couples autour de nous qui se disputaient sur le comment et le pourquoi il fallait agir comme ci ou comme ça avait les enfants. On se disait qu'il valait mieux en parler avant, comme ça, on ne serait pas pris au dépourvu.
Parmi les principes essentiels dont nous avions dit que jamais nous ne dévirerions, il y avait notamment :
1. On ne hausse pas la voix et on explique calmement. Les cris, je n'en voulais pas. Je ne voulais pas être une mère hystérique qui part en vrille au moment le moins prévisible et qu'on ne peut plus contrôler. J'allais être la mère calme et posée, qui prend du recul sur l'évènement. On allait voir ce qu'on allait voir.
2. Les enfants se couchent à heure fixe. 20:30 avait été le credo de nos parents (les miens et ceux du Doudou), les enfants qui se couchent tôt sont plus reposés, ils travaillent mieux en classe. On en avait été le fruit. On voulait la même chose.
3. Les fessées, c'est pas bien. Les gifles, n'en parlons pas. Dans la droite ligne du (1.) ci-dessus, des parents responsables ne donnent pas de coups à leur enfants, même des petites tapes sur les fesses. Ça, c'est pour les parents de nos parents. Ceux d'avant mai 1968. Nous ne sommes pas de cette race là. Nous, on a lu Pernoux, Ruffo, Almos et les autres. On est abonnés à Psychologie. On lit les pages enfants de Elle. On sera des parents modernes, des parents parfaits. Comment ça, cela n'existe pas la perfection ?
4. On ne fait pas de chantage. Pas de tu finis ton assiette, sinon tu n'auras pas de dessert. Ces chantages là sont pour les parents qui n'expliquent pas. Nous, on allait expliquer, prendre le temps pour qu'ils comprennent bien le message passé. Du temps, on en aurait... ou on le trouverait.
5. On ne culpabilise pas. Pas de tu finis ton assiette, pense au petit somalien qui meurt de faim. Un enfant n'a pas besoin de supporter la peine du monde sur ses petites épaules, ce n'est pas son rôle et c'est un peu lourd pour lui. On protégerait les nôtres de cela.
6. On ne manipule pas. Ben oui, quoi, l'enfant est un être en construction, on ne peut obtenir de lui ce qu'on veut. C'est malhonnête, n'est-ce-pas ?
C'est joli le dogmatisme...
Ils étaient beaux nos principes...
Et l'enfant est arrivé... et sa soeur est arrivée...
Et le dogmatisme a cédé la place au pragmatisme empirique.
C'était quoi, nos principes, déjà ?
1. On ne hausse pas la voix et on explique calmement.
Ça commence toujours comme ça. On est calme. On la voit se hisser sur le gros fauteuil. On anticipe. C'est notre rôle de parent.
- Ma Poussinette, ne te mets pas debout sur le fauteuil à côté de la table passe, tu vas te faire mal si tu tombes sur la table. Les coins sont pointus.
Jusqu'ici, tout va bien
... mais l'enfant persiste.
- Ne saute pas sur le fauteuil !!!
Elle rigole.
- N'escalade pas le fauteuil, je te dis ! C'est dangereux !
Elle se marre, vous jette des regards amusés par derrière, bouge sa tête dans tous les sens. Mon père dirait que l'enfant fait le zigoto.
- Tu le fais exprès ou quoi ?!? Descends de là !!!!
Elle s'obstine.
- CESSE IMMÉDIATEMENT, JE TE DIS !
...
Boooooum ! (bruit de chute suivie presqu'aussitôt - pourvu qu'on regarde l'enfant au moment de la chute - de grosses larmes de crocodiles)
Cet exemple n'est qu'un petit exemple d'une maman qui s'évertue à rester calme et entend en elle les décibels monter crescendo... elle ne se contrôle plus. Tout à coup, elle devient schizophrène et c'est sa mère, celle à laquelle elle voulait tout faire pour ne pas ressembler, qui s'est introduite dans son corps. C'est la voix de sa mère. C'est l'intonation de sa mère. Ce sont les mots de sa mère.
Horreur... Malheur...
2. Les enfants se couchent à heure fixe.
Alors, le truc des enfants qui se couchent à 20:30, ça devait fonctionner au moyen-âge. Non, parce que moi, j'essaye, hein. Mais à 20:30, ça fait à peine une demi-heure que je suis à la maison. Alors, si vous croyez qu'on a le temps de dîner, se raconter la journée, papoter, se laver les dents, faire le dernier pipi et le câlin du soir le temps d'un journal télévisé (qu'on ne regarde pas), c'est que vous n'avez jamais essayé.
D'autant qu'il y a un principe qu'on tente (encore) de respecter : nous dînons tous les quatre ensemble.
Bref, l'heure du coucher que nous nous sommes fixée, c'est 21 heures.
Ça semble jouable comme ça. Seulement, c'est sans compter sur l'inertie des uns des autres. Le Doudou et son iPhone, mon BlackBerry et moi. Les enfants qui veulent encore un banane, encore une pomme et dont le Doudou a soudainement disparu au moment crucial de se mettre au lit.
Du coup, nous avons mis une alarme qui sonne à 20:50. C'est l'heure du laver des dents.
Une fois sur deux, on est entre la poire et le fromage à 20:50 et pas vraiment prêts à tout laisser tomber pour commencer le rituel du coucher, dont j'ai déjà parlé ici. Donc, on snooze et ça re-sonne toutes les dix minutes. L'alarme, c'est notre Gemini Cricket à nous, une sorte de conscience qui nous rappelle périodiquement qu'on ne respecte pas les principes.
3. Les fessées, c'est pas bien.
Ben oui, c'est pas bien, les fessées. Qui dit le contraire ? Elle a raison, Madame Antier.
Seulement, Madame Antier ne s'est pas retrouvée à l'entrée de la ville close de Concarneau avec un môme de 2 ans qui décide de s'asseoir en hurlant au milieu du pont-levis et de n'en pas bouger. Là, tous les touristes vous toisent du regard et se disent que vous êtes un parent indigne. Autant leur donner raison.
Pour la première fois, vous faites ce que vous aviez dit que vous ne feriez pas.
- A trois, c'est la fessée, menacez-vous, d'une voix chevrotante de parent exaspéré.
L'enfant hurle de plus belle.
- Un....
Votre femme vous regarde. Elle supplie ne fais pas ça, on avait dit que... Vous ne l'écoutez pas. Vous ne supportez pas d'être le centre d'attention, là, à cause de ce morveux qui s'époumone.
- Deux... La voix est plus ferme, vous êtes prêt.
L'enfant vous regarde, incrédule. Vous le lisez dans son regard qui vous défie. Même pas cap qu'il dit, le regard du gniard.
- Trois.
L'enfant de deux ans se relève. Il se précipite sur vous. Il vous donne un coup de pied.
Cette fois, c'en est trop.
La fessée, la première fessée de votre vie, vous venez de la donner. C'est parti tout seul. L'enfant est estomaqué. Il pleure mais cette fois, c'est d'incompréhension. Vous le prenez dans vos bras, il se calme. Vous lui expliquez que vous n'avez pas eu le choix, qu'il n'a pas le droit de faire des caprices comme ça.
C'est vrai qu'après une fessée, on n'est pas très fier(e) de soi. Je sais exactement combien j'en ai données. Trois au Poussin les soirs où il refusait d'aller au lit. Deux à la Poussinette, une fois lors d'un épisode je saute sur le canapé tel que celui décrit ci-dessus et l'autre pour un épisode je refuse de rester dans ma chambre la nuit avec cris et pleurs d'épuisement.
4. On ne fait pas de chantage.
Sachez, lecteurs de peu de foi, ce n'est pas du chantage. C'est de l'explication.
Que je vous donne des exemples pour que vous vous fassiez une idée:
- Si tu ne finis pas tes haricots, c'est que tu n'as plus faim... et si tu n'as plus faim, c'est que tu n'as pas faim pour le gâteau.
- Si tu ne peux pas ranger ta chambre, c'est qu'il n'y a plus de place... et s'il n'y a plus de place, on ne peut pas avoir de nouveaux jouets.
- Si tu ne te prépares pas rapidement, je n'aurai pas le temps de faire le gros câlin à l'école.
- Si tu es trop fatigué pour aider à mettre la table, je vois pas comment tu pourrais te coucher un peu plus tard ce soir.
Vous l'aurez noté, il ne s'agit là que de données parfaitement vérifiables et contrôlables. Il n'y que le rappel de faits techniquement exacts. Du chantage, moi, voyons...
Au fait, je vous ai parlé du Père Fouettard ? Celui qui reprend les cadeaux apportés par le Père Noël aux enfants pas sages...
5. On ne culpabilise pas.
Les enfants ont besoin de données objectives, je ne fais que les leur donner. Tenez, quelques illustrations :
- Maman travaille beaucoup, elle a besoin d'avoir des enfants sages qui font plein de bisous à leur maman.
- Si tu ne fais pas un bisou à Grand-Mère, elle va être triste.
- n'abîme pas tes vêtements, il faut qu'ils restent en bon état pour qu'on puisse les donner à des enfants dont les parents ont moins d'argent quand ils seront trop grands.
- Regarde dans quel état tu as mis ta mère, elle n'en peut plus de tes bêtises ! (remarque de papa dépassé)
Ce n'est pas de la culpabilisation. C'est, encore une fois, le rappel de données objectives qu'il fait bon exposer à l'enfant pour qu'il dispose de l'ensemble des faits avant de prendre une décision...
6. On ne manipule pas.
Quoi ? Vous vous imaginez que je manipule mes enfants. Comme vous y allez...
- Le monsieur qui dort dans la rue ? oui c'est très triste mon poussin. Il n'a pas de chance. Tu devrais lui dire bonjour quand tu le vois, ça lui fera plaisir. Tu as peur de dormir dans la rue toi aussi ? Mais non, mon poussin, papa et moi, on est là. Et après ? Quand tu seras grand ? Le meilleur moyen d'éviter cela est de bien travailler à l'école. Ceux qui réussissent à l'école ont plus de chance d'avoir une belle maison où vivre quand ils seront grands. Ah, tu travailles toujours bien, toi, à l'école ? Je sais, mon chéri, je suis très fière de toi.*
- Quoi tu ne veux pas aller à l'école ? Tu penses que tu es malade comme ton frère, ma Poussinette ? Tu tousses ? Fais voir... Ah, je comprends, tu as une toux bien forcée ma chérie, je trouve... Si tu es malade, on ne peut pas inviter ta copine Juju à venir prendre le goûter demain. Ben non, tu risquerais de lui donner tes microbes... Ah, tu n'est plus malade... Bien, bien. Oui, je vais l'appeler la maman de Juju pour être sûre qu'elle viendra.
Cela dit, les parents, tout cela, ça marche aussi dans l'autre sens.
Je terminerai ce message par un dernier exemple qui montre que, dans ce domaine comme dans les autres, les enfants apprennent vite.
Je suis dans le bain. La Poussinette déboule, un paquet de sucettes dans les mains (faudrait d'ailleurs penser à fermer la porte à clef).
- Maman, je peux avoir une sucette ?
- Non, ma chérie, on va bientôt dîner, c'est pas le moment de prendre une sucette.
....
Elle réapparaît dix minutes plus tard la sucette dans la bouche.
- J'avais pas dit pas de sucette ?!?
- C'est papa qui me l'a donnée.
- ??? DOUDOU !!!!!!
Oui, il me faut crier car le Doudou devant l'ordi n'est pas toujours très réceptif à un appel murmuré...
- Quoi, ma doudette ?, fait l'homme qui déboule, une sucette au bec.
- C'est quoi ce binz ? j'avais dit non pour la sucette.
Mine renfrognée du Doudou qui m'explique ce qui s'est passé quelques minutes plus tôt.
La Poussinette, après avoir essuyé un refus de sa maman responsable, est ensuite allée crier famine chez le papa devant l'ordi :
- Papa, tu veux une sucette ?
Le Doudou veut toujours des sucreries, c'est un homme.
- Oh, merci, ma chérie.
Le Doudou prend la sucette que lui tend sa fille, la déballe et la met en bouche.
Et là, l'enfant dégaine l'arme fatale.
- Je peux prendre l'autre sucette, papa ?
Quand on a soi-même une sucette dans la bouche, il devient plus difficile de faire deux poids deux mesures, n'est-ce pas les papas ?
Et vous, amis lecteurs, vous les respectez, les principes que vous vous étiez fixés avant d'être parents ? commentaires bienvenus.
*là, j'ai fait les questions et les réponses en fait, c'était un vrai dialogue, ne vous méprenez pas.
PS. Spéciale dédicace à super papa de la Rochelle qui m'a donné l'idée de ce billet.
Moi plein.
Et le Doudou aussi.
Avant, quand l'enfant n'était qu'un mot aussi abstrait que la petite graine qui germait en moi, nous avions longuement discuté de la question. On voyait les couples autour de nous qui se disputaient sur le comment et le pourquoi il fallait agir comme ci ou comme ça avait les enfants. On se disait qu'il valait mieux en parler avant, comme ça, on ne serait pas pris au dépourvu.
Parmi les principes essentiels dont nous avions dit que jamais nous ne dévirerions, il y avait notamment :
1. On ne hausse pas la voix et on explique calmement. Les cris, je n'en voulais pas. Je ne voulais pas être une mère hystérique qui part en vrille au moment le moins prévisible et qu'on ne peut plus contrôler. J'allais être la mère calme et posée, qui prend du recul sur l'évènement. On allait voir ce qu'on allait voir.
2. Les enfants se couchent à heure fixe. 20:30 avait été le credo de nos parents (les miens et ceux du Doudou), les enfants qui se couchent tôt sont plus reposés, ils travaillent mieux en classe. On en avait été le fruit. On voulait la même chose.
3. Les fessées, c'est pas bien. Les gifles, n'en parlons pas. Dans la droite ligne du (1.) ci-dessus, des parents responsables ne donnent pas de coups à leur enfants, même des petites tapes sur les fesses. Ça, c'est pour les parents de nos parents. Ceux d'avant mai 1968. Nous ne sommes pas de cette race là. Nous, on a lu Pernoux, Ruffo, Almos et les autres. On est abonnés à Psychologie. On lit les pages enfants de Elle. On sera des parents modernes, des parents parfaits. Comment ça, cela n'existe pas la perfection ?
4. On ne fait pas de chantage. Pas de tu finis ton assiette, sinon tu n'auras pas de dessert. Ces chantages là sont pour les parents qui n'expliquent pas. Nous, on allait expliquer, prendre le temps pour qu'ils comprennent bien le message passé. Du temps, on en aurait... ou on le trouverait.
5. On ne culpabilise pas. Pas de tu finis ton assiette, pense au petit somalien qui meurt de faim. Un enfant n'a pas besoin de supporter la peine du monde sur ses petites épaules, ce n'est pas son rôle et c'est un peu lourd pour lui. On protégerait les nôtres de cela.
6. On ne manipule pas. Ben oui, quoi, l'enfant est un être en construction, on ne peut obtenir de lui ce qu'on veut. C'est malhonnête, n'est-ce-pas ?
C'est joli le dogmatisme...
Ils étaient beaux nos principes...
Et l'enfant est arrivé... et sa soeur est arrivée...
Et le dogmatisme a cédé la place au pragmatisme empirique.
C'était quoi, nos principes, déjà ?
1. On ne hausse pas la voix et on explique calmement.
Ça commence toujours comme ça. On est calme. On la voit se hisser sur le gros fauteuil. On anticipe. C'est notre rôle de parent.
- Ma Poussinette, ne te mets pas debout sur le fauteuil à côté de la table passe, tu vas te faire mal si tu tombes sur la table. Les coins sont pointus.
Jusqu'ici, tout va bien
... mais l'enfant persiste.
- Ne saute pas sur le fauteuil !!!
Elle rigole.
- N'escalade pas le fauteuil, je te dis ! C'est dangereux !
Elle se marre, vous jette des regards amusés par derrière, bouge sa tête dans tous les sens. Mon père dirait que l'enfant fait le zigoto.
- Tu le fais exprès ou quoi ?!? Descends de là !!!!
Elle s'obstine.
- CESSE IMMÉDIATEMENT, JE TE DIS !
...
Boooooum ! (bruit de chute suivie presqu'aussitôt - pourvu qu'on regarde l'enfant au moment de la chute - de grosses larmes de crocodiles)
Cet exemple n'est qu'un petit exemple d'une maman qui s'évertue à rester calme et entend en elle les décibels monter crescendo... elle ne se contrôle plus. Tout à coup, elle devient schizophrène et c'est sa mère, celle à laquelle elle voulait tout faire pour ne pas ressembler, qui s'est introduite dans son corps. C'est la voix de sa mère. C'est l'intonation de sa mère. Ce sont les mots de sa mère.
Horreur... Malheur...
2. Les enfants se couchent à heure fixe.
Alors, le truc des enfants qui se couchent à 20:30, ça devait fonctionner au moyen-âge. Non, parce que moi, j'essaye, hein. Mais à 20:30, ça fait à peine une demi-heure que je suis à la maison. Alors, si vous croyez qu'on a le temps de dîner, se raconter la journée, papoter, se laver les dents, faire le dernier pipi et le câlin du soir le temps d'un journal télévisé (qu'on ne regarde pas), c'est que vous n'avez jamais essayé.
D'autant qu'il y a un principe qu'on tente (encore) de respecter : nous dînons tous les quatre ensemble.
Bref, l'heure du coucher que nous nous sommes fixée, c'est 21 heures.
Ça semble jouable comme ça. Seulement, c'est sans compter sur l'inertie des uns des autres. Le Doudou et son iPhone, mon BlackBerry et moi. Les enfants qui veulent encore un banane, encore une pomme et dont le Doudou a soudainement disparu au moment crucial de se mettre au lit.
Du coup, nous avons mis une alarme qui sonne à 20:50. C'est l'heure du laver des dents.
Une fois sur deux, on est entre la poire et le fromage à 20:50 et pas vraiment prêts à tout laisser tomber pour commencer le rituel du coucher, dont j'ai déjà parlé ici. Donc, on snooze et ça re-sonne toutes les dix minutes. L'alarme, c'est notre Gemini Cricket à nous, une sorte de conscience qui nous rappelle périodiquement qu'on ne respecte pas les principes.
3. Les fessées, c'est pas bien.
Ben oui, c'est pas bien, les fessées. Qui dit le contraire ? Elle a raison, Madame Antier.
Seulement, Madame Antier ne s'est pas retrouvée à l'entrée de la ville close de Concarneau avec un môme de 2 ans qui décide de s'asseoir en hurlant au milieu du pont-levis et de n'en pas bouger. Là, tous les touristes vous toisent du regard et se disent que vous êtes un parent indigne. Autant leur donner raison.
Pour la première fois, vous faites ce que vous aviez dit que vous ne feriez pas.
- A trois, c'est la fessée, menacez-vous, d'une voix chevrotante de parent exaspéré.
L'enfant hurle de plus belle.
- Un....
Votre femme vous regarde. Elle supplie ne fais pas ça, on avait dit que... Vous ne l'écoutez pas. Vous ne supportez pas d'être le centre d'attention, là, à cause de ce morveux qui s'époumone.
- Deux... La voix est plus ferme, vous êtes prêt.
L'enfant vous regarde, incrédule. Vous le lisez dans son regard qui vous défie. Même pas cap qu'il dit, le regard du gniard.
- Trois.
L'enfant de deux ans se relève. Il se précipite sur vous. Il vous donne un coup de pied.
Cette fois, c'en est trop.
La fessée, la première fessée de votre vie, vous venez de la donner. C'est parti tout seul. L'enfant est estomaqué. Il pleure mais cette fois, c'est d'incompréhension. Vous le prenez dans vos bras, il se calme. Vous lui expliquez que vous n'avez pas eu le choix, qu'il n'a pas le droit de faire des caprices comme ça.
C'est vrai qu'après une fessée, on n'est pas très fier(e) de soi. Je sais exactement combien j'en ai données. Trois au Poussin les soirs où il refusait d'aller au lit. Deux à la Poussinette, une fois lors d'un épisode je saute sur le canapé tel que celui décrit ci-dessus et l'autre pour un épisode je refuse de rester dans ma chambre la nuit avec cris et pleurs d'épuisement.
4. On ne fait pas de chantage.
Sachez, lecteurs de peu de foi, ce n'est pas du chantage. C'est de l'explication.
Que je vous donne des exemples pour que vous vous fassiez une idée:
- Si tu ne finis pas tes haricots, c'est que tu n'as plus faim... et si tu n'as plus faim, c'est que tu n'as pas faim pour le gâteau.
- Si tu ne peux pas ranger ta chambre, c'est qu'il n'y a plus de place... et s'il n'y a plus de place, on ne peut pas avoir de nouveaux jouets.
- Si tu ne te prépares pas rapidement, je n'aurai pas le temps de faire le gros câlin à l'école.
- Si tu es trop fatigué pour aider à mettre la table, je vois pas comment tu pourrais te coucher un peu plus tard ce soir.
Vous l'aurez noté, il ne s'agit là que de données parfaitement vérifiables et contrôlables. Il n'y que le rappel de faits techniquement exacts. Du chantage, moi, voyons...
Au fait, je vous ai parlé du Père Fouettard ? Celui qui reprend les cadeaux apportés par le Père Noël aux enfants pas sages...
5. On ne culpabilise pas.
Les enfants ont besoin de données objectives, je ne fais que les leur donner. Tenez, quelques illustrations :
- Maman travaille beaucoup, elle a besoin d'avoir des enfants sages qui font plein de bisous à leur maman.
- Si tu ne fais pas un bisou à Grand-Mère, elle va être triste.
- n'abîme pas tes vêtements, il faut qu'ils restent en bon état pour qu'on puisse les donner à des enfants dont les parents ont moins d'argent quand ils seront trop grands.
- Regarde dans quel état tu as mis ta mère, elle n'en peut plus de tes bêtises ! (remarque de papa dépassé)
Ce n'est pas de la culpabilisation. C'est, encore une fois, le rappel de données objectives qu'il fait bon exposer à l'enfant pour qu'il dispose de l'ensemble des faits avant de prendre une décision...
6. On ne manipule pas.
Quoi ? Vous vous imaginez que je manipule mes enfants. Comme vous y allez...
- Le monsieur qui dort dans la rue ? oui c'est très triste mon poussin. Il n'a pas de chance. Tu devrais lui dire bonjour quand tu le vois, ça lui fera plaisir. Tu as peur de dormir dans la rue toi aussi ? Mais non, mon poussin, papa et moi, on est là. Et après ? Quand tu seras grand ? Le meilleur moyen d'éviter cela est de bien travailler à l'école. Ceux qui réussissent à l'école ont plus de chance d'avoir une belle maison où vivre quand ils seront grands. Ah, tu travailles toujours bien, toi, à l'école ? Je sais, mon chéri, je suis très fière de toi.*
- Quoi tu ne veux pas aller à l'école ? Tu penses que tu es malade comme ton frère, ma Poussinette ? Tu tousses ? Fais voir... Ah, je comprends, tu as une toux bien forcée ma chérie, je trouve... Si tu es malade, on ne peut pas inviter ta copine Juju à venir prendre le goûter demain. Ben non, tu risquerais de lui donner tes microbes... Ah, tu n'est plus malade... Bien, bien. Oui, je vais l'appeler la maman de Juju pour être sûre qu'elle viendra.
Cela dit, les parents, tout cela, ça marche aussi dans l'autre sens.
Je terminerai ce message par un dernier exemple qui montre que, dans ce domaine comme dans les autres, les enfants apprennent vite.
Je suis dans le bain. La Poussinette déboule, un paquet de sucettes dans les mains (faudrait d'ailleurs penser à fermer la porte à clef).
- Maman, je peux avoir une sucette ?
- Non, ma chérie, on va bientôt dîner, c'est pas le moment de prendre une sucette.
....
Elle réapparaît dix minutes plus tard la sucette dans la bouche.
- J'avais pas dit pas de sucette ?!?
- C'est papa qui me l'a donnée.
- ??? DOUDOU !!!!!!
Oui, il me faut crier car le Doudou devant l'ordi n'est pas toujours très réceptif à un appel murmuré...
- Quoi, ma doudette ?, fait l'homme qui déboule, une sucette au bec.
- C'est quoi ce binz ? j'avais dit non pour la sucette.
Mine renfrognée du Doudou qui m'explique ce qui s'est passé quelques minutes plus tôt.
La Poussinette, après avoir essuyé un refus de sa maman responsable, est ensuite allée crier famine chez le papa devant l'ordi :
- Papa, tu veux une sucette ?
Le Doudou veut toujours des sucreries, c'est un homme.
- Oh, merci, ma chérie.
Le Doudou prend la sucette que lui tend sa fille, la déballe et la met en bouche.
Et là, l'enfant dégaine l'arme fatale.
- Je peux prendre l'autre sucette, papa ?
Quand on a soi-même une sucette dans la bouche, il devient plus difficile de faire deux poids deux mesures, n'est-ce pas les papas ?
Et vous, amis lecteurs, vous les respectez, les principes que vous vous étiez fixés avant d'être parents ? commentaires bienvenus.
*là, j'ai fait les questions et les réponses en fait, c'était un vrai dialogue, ne vous méprenez pas.
PS. Spéciale dédicace à super papa de la Rochelle qui m'a donné l'idée de ce billet.
Libellés :
Enfants
samedi 21 novembre 2009
Le Père Noël et moi
Petit poussin a 5 ans. Poussinette 3 ans et demi.
Ces informations sont essentielles pour comprendre ce qui suit.
Ces hypothèses posées, nous voici devant le dilemme de l'automne :
Mais que fait le Père Noël ?
Pas le gars un peu aviné déguisé en rouge qui arrondit ses fins de mois dans les goûters de noël des comités d'entreprise. Pas le monsieur qui parle dans un micro aux Galeries Foirefouille, en vous incitant à devenir propriétaire de tel ou tel objet dont vous n'avez nullement besoin.
Je vous parle du Père Noël qui vit au Pôle Nord et qui s'envole sur son traîneau pour distribuer les cadeaux dans la nuit de 24 au 25 décembre.
Nous en avons longuement discuté avec les enfants et j'ai cru que j'avais une ouverture:
- Maman, tu sais, j'ai réfléchi...
- oui, mon poussin ?
- la petite souris, elle existe pas.
- Ah bon ?
Question ouverte pour relancer la discussion sans trop se mouiller.
- Ben oui, les souris, elles vivent dans des trous et elles peuvent pas porter des cadeaux la nuit.
- Tu crois ?
Re-question ouverte.
- Oui, je le sais, répond l'enfant, péremptoire. En plus, t'as ton placard à cadeaux. Il y a tous les cadeaux pour quand on en a besoin.
Que répondre ? Je suis une maman organisée, j'ai une étagère dans un placard avec les cadeaux pour les anniversaires des copains et je substitue la petit souris. Elles ont besoin d'aide les petites souris, c'est lourd une dent de lait.
Là, vous notez que j'ai une ouverture. Si la petite souris c'est moi...
- Et le Père Noël il existe ?
la réponse fuse en dix dixième de seconde:
- Bien sûr qu'il existe.
Zut, zut, zut.
J'insiste. Je suis têtue comme une mule quand je veux.
- T'es sûr, mon Poussin ?
- Bien sûr. Comme j'ai l'air sceptique, il ajoute : je l'ai vu.
Ahhhhhhh ????
- Oui, maman, Poussin, il 'u le Pè'e-Noel. Il me l'a dit, renchérit la Poussinette, qui ne sait toujours pas prononcer les sons de gorge.
Sachez, lecteurs incrédules, que ce que dit son frère est parole d'évangile pour la Poussinette et donc, s'il a vu le Père Noël et le lui a dit, ça ne sert à rien de polémique.
- Pourquoi, maman, tu crois qu'il n'existe pas le Père Noël ?, demande le Poussin inquiet.
euh.... comment dire.... si je suis parfaitement honnête....
- J'en sais rien, mon Poussin, je l'ai jamais vu, moi, le Père Noël.
Saint Thomas, sors de ce corps !
Grand sourire du Poussin.
- Mais je l'ai vu moi, tu sais... c'est vrai.
- Ah bon ?
oui, encore ! un ah bon, ça fonctionne bien avec la marmaille.
- Tu te souviens, l'année dernière, il a sonné. On a couru hors de la chambre, on a ouvert la porte mais c'était trop tard et l'ascenseur se refermait.
Tu parles si je m'en souviens... et Grand-Père aussi, qui a pris froid dans le hall de l'immeuble en faisant l'aller-retour.
- Je m'en rappelle un peu mon Poussin mais j'ai pas remarqué le Père Noël dans l'ascenseur.
Je ne mens pas, moi, sache-le, lecteur.
- C'est parce que t'as pas couru. Moi, j'ai couru et j'ai vu, c'était rouge !
- Y a pas que le Père Noël qui soit rouge, tu sais.
- Non, mais si, c'était lui, je le sais.
Comment contredire un enfant de 5 ans qui a vu le Père Noël ? Je ne suis pas un monstre...
Quoique... De là à m'avouer vaincue....
- Mais alors pourquoi Papa et Maman font les courses pour Noël ?
- M'enfin, maman, vous vous achetez pour les adultes. Les enfants, c'est le Père Noël.
Imparable.
- Tu m'expliques pourquoi y a des jouets pleins les magasins si c'est le Père Noël qui les apportes ?
- Voyons maman...
Quand ça commence par voyons maman, je sais qu'il va me prendre pour celle qui ne comprend rien à rien, un peu comme le Doudou quand je lui pose une question sur comment utiliser l'ordi...
- Ouiiiiii ?
Je suis prête.
- Faut bien que quelqu'un paye les gens qui fabriquent les jouets !
Le capitalisme expliqué par un enfant de grande section de maternelle.
- Et c'est pas le Père Noël qui paye ?
- Non, c'est vous, les parents. SuperNounou, elle a dit que si vous travaillez beaucoup, c'est pour pouvoir nous payer des joujous.
De quoi elle se mêle SuperNounou ?
- Et qui les apportent les jouets au Père Noël pour qu'il les distribue à Noël ?
- Les magasins.
- Et ils font comment ? ils n'ont pas de traîneau les magasins.
- Y a des camions, maman.
Il le sait, le Poussin, que j'ai un twipote routier... On lui a expliqué... Pfff.... Ça se sert de tout, un enfant.
- C'est loin tu sais le Pôle Nord.
Oui, j'essaye tout :)
- Ben, je sais pas... et après 30 secondes de réflexion, tu sais, je crois qu'ils mettent les jouets dans des avions et c'est les avions qui les apportent au Père Noël.
- Ce sont.
- ???
- Ce sont les avions qui les apportent au Père Noël. Pas c'est les avions qui.
- Ah.
Ou comment leur fermer le clapet quand on n'a plus rien à dire.
Résultat, j'aurais beau dire et malgré trois livraisons compte tenu de notre agenda du week-end de Noël (chez nous, chez ma mère et chez la belle-soeur), le Père Noël sera le seul qu'on remerciera.
C'est ingrat, un enfant, quand même...
Ces informations sont essentielles pour comprendre ce qui suit.
Ces hypothèses posées, nous voici devant le dilemme de l'automne :
Mais que fait le Père Noël ?
Pas le gars un peu aviné déguisé en rouge qui arrondit ses fins de mois dans les goûters de noël des comités d'entreprise. Pas le monsieur qui parle dans un micro aux Galeries Foirefouille, en vous incitant à devenir propriétaire de tel ou tel objet dont vous n'avez nullement besoin.
Je vous parle du Père Noël qui vit au Pôle Nord et qui s'envole sur son traîneau pour distribuer les cadeaux dans la nuit de 24 au 25 décembre.
Nous en avons longuement discuté avec les enfants et j'ai cru que j'avais une ouverture:
- Maman, tu sais, j'ai réfléchi...
- oui, mon poussin ?
- la petite souris, elle existe pas.
- Ah bon ?
Question ouverte pour relancer la discussion sans trop se mouiller.
- Ben oui, les souris, elles vivent dans des trous et elles peuvent pas porter des cadeaux la nuit.
- Tu crois ?
Re-question ouverte.
- Oui, je le sais, répond l'enfant, péremptoire. En plus, t'as ton placard à cadeaux. Il y a tous les cadeaux pour quand on en a besoin.
Que répondre ? Je suis une maman organisée, j'ai une étagère dans un placard avec les cadeaux pour les anniversaires des copains et je substitue la petit souris. Elles ont besoin d'aide les petites souris, c'est lourd une dent de lait.
Là, vous notez que j'ai une ouverture. Si la petite souris c'est moi...
- Et le Père Noël il existe ?
la réponse fuse en dix dixième de seconde:
- Bien sûr qu'il existe.
Zut, zut, zut.
J'insiste. Je suis têtue comme une mule quand je veux.
- T'es sûr, mon Poussin ?
- Bien sûr. Comme j'ai l'air sceptique, il ajoute : je l'ai vu.
Ahhhhhhh ????
- Oui, maman, Poussin, il 'u le Pè'e-Noel. Il me l'a dit, renchérit la Poussinette, qui ne sait toujours pas prononcer les sons de gorge.
Sachez, lecteurs incrédules, que ce que dit son frère est parole d'évangile pour la Poussinette et donc, s'il a vu le Père Noël et le lui a dit, ça ne sert à rien de polémique.
- Pourquoi, maman, tu crois qu'il n'existe pas le Père Noël ?, demande le Poussin inquiet.
euh.... comment dire.... si je suis parfaitement honnête....
- J'en sais rien, mon Poussin, je l'ai jamais vu, moi, le Père Noël.
Saint Thomas, sors de ce corps !
Grand sourire du Poussin.
- Mais je l'ai vu moi, tu sais... c'est vrai.
- Ah bon ?
oui, encore ! un ah bon, ça fonctionne bien avec la marmaille.
- Tu te souviens, l'année dernière, il a sonné. On a couru hors de la chambre, on a ouvert la porte mais c'était trop tard et l'ascenseur se refermait.
Tu parles si je m'en souviens... et Grand-Père aussi, qui a pris froid dans le hall de l'immeuble en faisant l'aller-retour.
- Je m'en rappelle un peu mon Poussin mais j'ai pas remarqué le Père Noël dans l'ascenseur.
Je ne mens pas, moi, sache-le, lecteur.
- C'est parce que t'as pas couru. Moi, j'ai couru et j'ai vu, c'était rouge !
- Y a pas que le Père Noël qui soit rouge, tu sais.
- Non, mais si, c'était lui, je le sais.
Comment contredire un enfant de 5 ans qui a vu le Père Noël ? Je ne suis pas un monstre...
Quoique... De là à m'avouer vaincue....
- Mais alors pourquoi Papa et Maman font les courses pour Noël ?
- M'enfin, maman, vous vous achetez pour les adultes. Les enfants, c'est le Père Noël.
Imparable.
- Tu m'expliques pourquoi y a des jouets pleins les magasins si c'est le Père Noël qui les apportes ?
- Voyons maman...
Quand ça commence par voyons maman, je sais qu'il va me prendre pour celle qui ne comprend rien à rien, un peu comme le Doudou quand je lui pose une question sur comment utiliser l'ordi...
- Ouiiiiii ?
Je suis prête.
- Faut bien que quelqu'un paye les gens qui fabriquent les jouets !
Le capitalisme expliqué par un enfant de grande section de maternelle.
- Et c'est pas le Père Noël qui paye ?
- Non, c'est vous, les parents. SuperNounou, elle a dit que si vous travaillez beaucoup, c'est pour pouvoir nous payer des joujous.
De quoi elle se mêle SuperNounou ?
- Et qui les apportent les jouets au Père Noël pour qu'il les distribue à Noël ?
- Les magasins.
- Et ils font comment ? ils n'ont pas de traîneau les magasins.
- Y a des camions, maman.
Il le sait, le Poussin, que j'ai un twipote routier... On lui a expliqué... Pfff.... Ça se sert de tout, un enfant.
- C'est loin tu sais le Pôle Nord.
Oui, j'essaye tout :)
- Ben, je sais pas... et après 30 secondes de réflexion, tu sais, je crois qu'ils mettent les jouets dans des avions et c'est les avions qui les apportent au Père Noël.
- Ce sont.
- ???
- Ce sont les avions qui les apportent au Père Noël. Pas c'est les avions qui.
- Ah.
Ou comment leur fermer le clapet quand on n'a plus rien à dire.
Résultat, j'aurais beau dire et malgré trois livraisons compte tenu de notre agenda du week-end de Noël (chez nous, chez ma mère et chez la belle-soeur), le Père Noël sera le seul qu'on remerciera.
C'est ingrat, un enfant, quand même...
Libellés :
Enfants
samedi 14 novembre 2009
Réunionites
Pour ceux qui ne le savent pas encore, j'ai été élue au Conseil de l'Ecole.
Plus précisément, mon nom a été mise sur une liste unique, dont tous les membres étaient cooptés par la directrice de l'école maternelle des enfants, et le vote a pris la forme d'un plébiscite. Résultat : 49 votants pour 180 élèves. Sachant que chaque parent a le droit de vote et que les fratries sont peu nombreuses dans l'école ou peut estimer le nombre d'électeurs à plus de 300. M'enfin, m'en fiche, l'intérêt d'être sur une liste unique fait que, quelque soit le nombre de bulletins dans l'urne, j'ai été élue à 100 %. Ce qui m'a évité la tentation d'une fraude à la chaussette, voire d'une panne d'électricité soudaine, ce qui n'aurait pas été une très bonne entrée en matière pour mon premier mandat électif.
Hier soir avait lieu la première réunion au Conseil de l'Ecole. Enfin, hier soir, pour une école maternelle, c'est 17:30. Faut pas demander à l'école de s'adapter au rythme professionnel des working moms.
Les réunions, ça me connaît. Professionnellement, j'en organise plusieurs par semaine, avec les clients, les autres conseils, leurs clients, etc. Je pensais donc être prête pour une réunion de Conseil d'Ecole. Ben non...
Je vais donc tenter, parce que çà peut avoir un intérêt pour toute working mom qui s'improviserait parent d'élève actif, un état comparatif des réunions professionnelles dans une Firme internationale avec la réunion du Conseil de l'Ecole.
1. La disposition des lieux
Firme internationale :
Une salle de réunion neutre, destinée à accueillir les clients et les intervenants extérieurs. Souvent un écran de LCD permet de visionner des documents. Souvent cet écran est allumé et on s'apprête à y projeter un powerpoint ou à travailler sur un document word. Sur une petite table à côté, quelques verres et des bouteilles d'eau minérale. Les beaux jours, il y a aussi du café, du jus d'orange et du coca (ben oui, les étrangers veulent du coke). Les chaises sont ergonomiques et pratiques et placées autour d'une table dans laquelle il y a des trous pour passer les câbles d'alimentation des engins électroniques.
Conseil de l'Ecole :
La salle des maîtresses. Tout autour, sur des tables presque basses, plusieurs "vieux" ordinateurs. Comment je sais qu'ils sont "vieux" ? Les écrans ne sont pas des écrans plats. Sinon, non, j'en sais rien, je ne connais rien aux ordinateurs. Autour de la table des chaises en bois toutes simples, toutes droites. Certaines sont minuscules (eh oui, c'est une école maternelle), du coup les maîtresses doivent aller chercher des grandes chaises dans leur classe pour que tout le monde soit assis. Au milieu de la table, des bouteilles de cidre ouvertes et des verres en plastique salis (apparemment les maîtresses ont commencé la réunion avant notre arrivée).
2. Le début de la réunion
Firme internationale :
Le début d'une réunion dans la Firme commence par la montée des intervenants qu'on est allés chercher à l'accueil. Lesdits intervenants s'installent et on leur propose quelque chose à boire. Dans la majorité des cas, c'est un café, voire un verre d'eau (comprendre"non, j'veux rien mais j'vais quand même t'obliger à me servir").
Une fois que tout le monde a déballé son matériel, ouvert son laptop, s'est connecté en wifi à ses emails, on commence la réunion.... et je tente de me connecter au réseau avec l'ordinateur de la salle de réunion. C'est en général le GRAND moment de solitude. Car cela ne fonctionne jamais. J'entre mon login, mon mot de passe et j'ai un message d'erreur que je ne comprends pas. Je suis alors obligée d'expliquer à mes interlocuteurs que je ne suis pas informaticienne mais juriste et de leur sortir la blague éculée du matériel informatique qui ne fonctionne jamais quand on veut. Tout cela se termine par un appel au helpdesk, qui me recommande d'éteindre tout à la sauvage et de redémarrer. Là, ça marche. Pour ceux que ça intéresse, on n'a pas le droit d'éteindre à la sauvage et redémarrer de notre propre initiative. Il faut suivre la procédure.
Parfois, il faut aussi "conference in" sur un téléphone un individu qui n'a pas pu se déplacer et qui est quelque part sur un autre continent. Cela signifie composer un numéro de téléphone, croiser les doigts pour que ca aille et rentrer un code. Quand tout va bien, on entend la voix de l'interlocuteur. La plupart du temps on entend "incorrect password. If you want to speak to an operator, please dial square 1". Bref, être conseil juridique pour des clients internationaux de nos jours, cela signifie de d'abord savoir se servir de la technologie. Et pour ça, être une peu geekette, ça aide.
Conseil de l'Ecole :
Quand les parents arrivent au Conseil de l'Ecole, les autres sont déjà installés. Les autres, ce sont les maîtresses et la directrice qui siège en bout de table. On nous laisse nous installer où on peut.
La seule technologie admise au Conseil de l'Ecole est le papier et le crayon (j'imagine qu'un stylo conviendrait mais personne n'avais de stylo). Et moi, j'avais pas de crayon. J'ai du en emprunter un à ma voisine. La honte ! Je ne pouvais quand même pas sortir l'iPhone et prendre mes notes en tapotant sur mon clavier. J'aurais eu l'air d'une extra-terrestre.
3. Les intervenants
Firme internationale:
En général, dans une réunion classique, disons une réunion de négociation d'un document, on a :
(a) les conseils. Nous et les conseils de l'autre partie. Nous sommes les sachants, ceux qui sont supposé donner des conseils, des recommandations. Seulement, souvent, le client attend de nous (surtout au stade final de la réunion quand on a déjà bien travaillé avant) que nous prenions les décisions à leur place. Du coup, les négociations entre conseils, sous couvert de discussions sur des points de droit, sont en réalité des discussions hautement business, sous l'oeil des clients qui comptent les points.
(b) les clients. Les clients se taisent. Ils prennent des notes. Quand il prennent la parole, c'est pour dire quelque chose d'intelligent qui fait avancer le débat. Enfin, le client le croit et c'est ce qui compte. Car les conseils de chaque côté le savent : le client a raison. Le client a toujours raison. En tous cas, quand on est en réunion de négociation. On ne va surtout pas lui dire qu'il se plante devant l'autre partie et ses conseils.
On peut aussi voir d'autres intervenants dans ces réunions. Les "autres" conseils des clients sont de loin les plus dangereux. Conseillers en stratégie, en communication ou "accompagnateurs du risque social", ils ont pour mission quasi-unique de remettre en question tout ce que l'on peut proposer. En général, celui qui nous a choisi chez le client n'est pas celui qui a choisi l'"autre" conseil... et on se retrouve à négocier non seulement avec l'autre partie (ce qui est logique) mais également avec l'"autre" conseil qui ne peut pas - par essence - être de notre avis, sauf à en rabattre sur ses honoraires.
Conseil de l'Ecole:
Au Conseil de l'Ecole, la liste des intervenants est strictement définie :
(a) la directrice : c'est elle qui établit l'ordre du jour et mène le débat. Elle a la voix douce et ferme, elle a été institutrice autrefois, on l'écoute.
(b) les maîtresses : elles sont la cheville ouvrière de l'école, celles qui connaissent les enfants, ont des idées pédagogiques, on s'attend à les écouter débattre et émettre des idées.
(c) les parents : c'est nous. On est supposé savoir ce qui est bon pour nos enfants, parce que ce sont nos enfants et qu'on les élèves quand même. Mais bon, en fait, l'école, c'est quand même loin...
(d) le représentant du rectorat, aka l'oeil de Moscou.
(e) le représentant de la mairie, parce que l'école, c'est quand même dans un arrondissement et la mairie à son mot à dire.
4. Le déroulement de la réunion
Firme internationale
Au début, ça commence bien, c'est policé, chacun avance ses idées (comprendre "ses pions"), on discute entre gens civilisés. Les points de vue divergent mais on sait qu'on doit trouver un terrain d'entente.
De préférence une fois la nuit tombée quand on est tous bien fatigués.
Du coup, l'objectif non ouvertement dit est de faire traîner la discussion sur les points pas importants, de faire de petites concessions en pleurant que ce sont des concessions majeures et qu'on est en train de se faire en... pour que, quand on arrive aux points importants, les représentants de l'autre partie soient crevés et qu'on soit tout près de l'heure à laquelle un accord doit impérativement être trouvé. La fatigue et l'urgence aidant, on pense qu'on sera plus à même de faire passer nos idées (comprendre... ben pareil que plus haut).
On plaisante beaucoup pendant ces réunions. L'humour est un moyen de faire passer les messages, de décrisper l'atmosphère quand les esprits s'échauffent plus que de raison, de faire retomber la pression.
En fait, il y a toujours un moment dans la discussion ou ça part en vrille, où tout le monde parle en même temps, voire deux à deux et où plus personne ne sait où on en est vraiment.
Dans ce cas, le représentant le plus senior de l'une des parties, l'un des opérationnels, celui qu'on n'a pas entendu de la réunion, parfois celui qui est au bout du téléphone en conférence, pour dire d'une voix ferme et mature "here is what we'll do". Et tout le monde se tait et l'écoute. Oui, le Monsieur (ou la dame, car il y a parfois des dames) parle en anglais parce qu'il y a toujours une personne dans la pièce qui ne parle pas français. Dès lors, même si on est 10 français et un étranger, on est poli, on parle anglais.
Grâce à l'intervention du Monsieur à la voix ferme et mature, on commence vraiment à travailler et, en général, on arriver à boucler la réunion avec un accord plus ou moins satisfaisant.
2. Le Conseil de l'Ecole
La directrice mène le débat. Pendant un long moment, on n'entend qu'elle et pas une mouche ne vole. Elle déroule l'ordre du jour. Personne ne l'interrompt. Personne ne pose de question.
Après chaque point à l'ordre du jour, elle demande si quelqu'un a a des questions à poser.
Pour moi, c'est clair comme un bassin marécageux mais, vu que personne ne dit rien, je n'ose pas l'ouvrir, pas tellement envie de passer pour la maman chieuse dès la première réunion. Même les maîtresses se taisent.
On passe au règlement intérieur. La directrice demande à une maîtresse de lire le règlement intérieur que l'on doit approuver. A un moment, je vois passer une grosse faute d'orthographe, je vais pour dire quelque chose mais mon instinct de survie me murmure d'attendre la fin de la lecture. On n'interrompt pas la maîtresse, je me souviens de cela au moment où le son atteint ma gorge. Déjà enfant, je trouvais cela stupide d'attendre pour poser une question mais là, adulte, je me dis que c'est une perte de temps.
Une fois la lecture finie, la Directrice remarque elle même non seulement la faute d'orthographe mais également un passage totalement pas à jour, concernant la cantine, qu'il faut complètement changer. Est-ce à dire que personne n'avait travaillé sur la nouvelle version du règlement intérieur avant de nous le soumettre ? (je suis mauvaise langue, je sais).
On passe au vote. La représentante de la Mairie, dont je rappelle qu'il 'agit, dans notre arrondissement, d'une mairie socialiste, nous explique tout le mal qu'elle pense du soutien scolaire en maternelle instauré par le gouvernement Fillon et qu'elle ne votera pas le règlement intérieur. Je m'attends à un débat pour ou contre le soutien scolaire. En fait, tout le monde est contre dans la pièce. Tout le monde pense que ce n'est pas nécessaire de stigmatiser des enfants de moins de 6 ans. Tout le monde est contre mais... le doudou et moi sont les seuls parents dans la pièce à ne pas avoir signé le document par lequel les parents autorisent ces mesures de soutien scolaire. Comprenne qui pourra...
La directrice retire ensuite de l'ordre du jour la fête de Noël car les maîtresses ne sont pas d'accord. Je trouve étrange qu'on retire un point de l'ordre du jour avant même qu'il est ait été débattu mais je me dis que c'est la juriste qui parle et que l'école a sa raison que le raisonnement juridique ignore.
On parle ensuite du Plan de Prévention des Risques Majeurs, c'est à dire des évènements qui pourraient contraindre les enfants à rester dans l'école sans qu'on puisse venir les chercher (catastrophe type AZF par exemple). Où l'on réalise qu'il y a une corne de brume et un poste à galène dans l'école, au cas où tous les autres modes de communication seraient interrompus. Je pense alors à ma salle de réunion moderne au bureau et je me demande si on a une corne de brume cachée quelque part...
La réunion se termine comme elle a commencé, par quelques mots de la directrice. Pendant cette réunion, on n'aura à peine entendu les maîtresses et à part la représentante de la Marie, personne n'a vraiment participé au débat. Moi, j'ai des excuses, c'était ma première réunion, hein... J'observe.
4. Conclusion
Firme internationale
En conclusion dans une firme internationale, en général on fixe des délais et une date pour une autre réunion et là, tout le monde se précipite sur son Blackberry pour vérifier son agenda.
Conseil de l'Ecole
En conclusion au Conseil de l'Ecole, on fixe la date de la prochaine réunion mais, à part moi (oui, j'ai pas pu m'en empêcher), personne ne dégaine son Blackberry pour vérifier ses disponibilités. A croire que tout le monde est disponible sans difficulté.
Ma conclusion à moi :
J'ai eu l'impression de me retrouver sur les bancs de l'école en mettant les pieds dans ce Conseil de l'Ecole et, comme en CM2, je me suis retenue pour ne pas interrompre à tous bouts de champs la directrice. Ma maitresse de CM2 disait de moi que, heureusement que j'étais bonne élève, parce que mon insolence dépassait les bornes. Faut croire que je suis plus à l'aise dans un contexte international où chacun peut s'exprimer.
Cependant, on l'aura noté, au final, quelque soit le mode de communication ou d'organisation de la réunion, il n'y en a toujours qu'un qui décide.
Plus précisément, mon nom a été mise sur une liste unique, dont tous les membres étaient cooptés par la directrice de l'école maternelle des enfants, et le vote a pris la forme d'un plébiscite. Résultat : 49 votants pour 180 élèves. Sachant que chaque parent a le droit de vote et que les fratries sont peu nombreuses dans l'école ou peut estimer le nombre d'électeurs à plus de 300. M'enfin, m'en fiche, l'intérêt d'être sur une liste unique fait que, quelque soit le nombre de bulletins dans l'urne, j'ai été élue à 100 %. Ce qui m'a évité la tentation d'une fraude à la chaussette, voire d'une panne d'électricité soudaine, ce qui n'aurait pas été une très bonne entrée en matière pour mon premier mandat électif.
Hier soir avait lieu la première réunion au Conseil de l'Ecole. Enfin, hier soir, pour une école maternelle, c'est 17:30. Faut pas demander à l'école de s'adapter au rythme professionnel des working moms.
Les réunions, ça me connaît. Professionnellement, j'en organise plusieurs par semaine, avec les clients, les autres conseils, leurs clients, etc. Je pensais donc être prête pour une réunion de Conseil d'Ecole. Ben non...
Je vais donc tenter, parce que çà peut avoir un intérêt pour toute working mom qui s'improviserait parent d'élève actif, un état comparatif des réunions professionnelles dans une Firme internationale avec la réunion du Conseil de l'Ecole.
1. La disposition des lieux
Firme internationale :
Une salle de réunion neutre, destinée à accueillir les clients et les intervenants extérieurs. Souvent un écran de LCD permet de visionner des documents. Souvent cet écran est allumé et on s'apprête à y projeter un powerpoint ou à travailler sur un document word. Sur une petite table à côté, quelques verres et des bouteilles d'eau minérale. Les beaux jours, il y a aussi du café, du jus d'orange et du coca (ben oui, les étrangers veulent du coke). Les chaises sont ergonomiques et pratiques et placées autour d'une table dans laquelle il y a des trous pour passer les câbles d'alimentation des engins électroniques.
Conseil de l'Ecole :
La salle des maîtresses. Tout autour, sur des tables presque basses, plusieurs "vieux" ordinateurs. Comment je sais qu'ils sont "vieux" ? Les écrans ne sont pas des écrans plats. Sinon, non, j'en sais rien, je ne connais rien aux ordinateurs. Autour de la table des chaises en bois toutes simples, toutes droites. Certaines sont minuscules (eh oui, c'est une école maternelle), du coup les maîtresses doivent aller chercher des grandes chaises dans leur classe pour que tout le monde soit assis. Au milieu de la table, des bouteilles de cidre ouvertes et des verres en plastique salis (apparemment les maîtresses ont commencé la réunion avant notre arrivée).
2. Le début de la réunion
Firme internationale :
Le début d'une réunion dans la Firme commence par la montée des intervenants qu'on est allés chercher à l'accueil. Lesdits intervenants s'installent et on leur propose quelque chose à boire. Dans la majorité des cas, c'est un café, voire un verre d'eau (comprendre"non, j'veux rien mais j'vais quand même t'obliger à me servir").
Une fois que tout le monde a déballé son matériel, ouvert son laptop, s'est connecté en wifi à ses emails, on commence la réunion.... et je tente de me connecter au réseau avec l'ordinateur de la salle de réunion. C'est en général le GRAND moment de solitude. Car cela ne fonctionne jamais. J'entre mon login, mon mot de passe et j'ai un message d'erreur que je ne comprends pas. Je suis alors obligée d'expliquer à mes interlocuteurs que je ne suis pas informaticienne mais juriste et de leur sortir la blague éculée du matériel informatique qui ne fonctionne jamais quand on veut. Tout cela se termine par un appel au helpdesk, qui me recommande d'éteindre tout à la sauvage et de redémarrer. Là, ça marche. Pour ceux que ça intéresse, on n'a pas le droit d'éteindre à la sauvage et redémarrer de notre propre initiative. Il faut suivre la procédure.
Parfois, il faut aussi "conference in" sur un téléphone un individu qui n'a pas pu se déplacer et qui est quelque part sur un autre continent. Cela signifie composer un numéro de téléphone, croiser les doigts pour que ca aille et rentrer un code. Quand tout va bien, on entend la voix de l'interlocuteur. La plupart du temps on entend "incorrect password. If you want to speak to an operator, please dial square 1". Bref, être conseil juridique pour des clients internationaux de nos jours, cela signifie de d'abord savoir se servir de la technologie. Et pour ça, être une peu geekette, ça aide.
Conseil de l'Ecole :
Quand les parents arrivent au Conseil de l'Ecole, les autres sont déjà installés. Les autres, ce sont les maîtresses et la directrice qui siège en bout de table. On nous laisse nous installer où on peut.
La seule technologie admise au Conseil de l'Ecole est le papier et le crayon (j'imagine qu'un stylo conviendrait mais personne n'avais de stylo). Et moi, j'avais pas de crayon. J'ai du en emprunter un à ma voisine. La honte ! Je ne pouvais quand même pas sortir l'iPhone et prendre mes notes en tapotant sur mon clavier. J'aurais eu l'air d'une extra-terrestre.
3. Les intervenants
Firme internationale:
En général, dans une réunion classique, disons une réunion de négociation d'un document, on a :
(a) les conseils. Nous et les conseils de l'autre partie. Nous sommes les sachants, ceux qui sont supposé donner des conseils, des recommandations. Seulement, souvent, le client attend de nous (surtout au stade final de la réunion quand on a déjà bien travaillé avant) que nous prenions les décisions à leur place. Du coup, les négociations entre conseils, sous couvert de discussions sur des points de droit, sont en réalité des discussions hautement business, sous l'oeil des clients qui comptent les points.
(b) les clients. Les clients se taisent. Ils prennent des notes. Quand il prennent la parole, c'est pour dire quelque chose d'intelligent qui fait avancer le débat. Enfin, le client le croit et c'est ce qui compte. Car les conseils de chaque côté le savent : le client a raison. Le client a toujours raison. En tous cas, quand on est en réunion de négociation. On ne va surtout pas lui dire qu'il se plante devant l'autre partie et ses conseils.
On peut aussi voir d'autres intervenants dans ces réunions. Les "autres" conseils des clients sont de loin les plus dangereux. Conseillers en stratégie, en communication ou "accompagnateurs du risque social", ils ont pour mission quasi-unique de remettre en question tout ce que l'on peut proposer. En général, celui qui nous a choisi chez le client n'est pas celui qui a choisi l'"autre" conseil... et on se retrouve à négocier non seulement avec l'autre partie (ce qui est logique) mais également avec l'"autre" conseil qui ne peut pas - par essence - être de notre avis, sauf à en rabattre sur ses honoraires.
Conseil de l'Ecole:
Au Conseil de l'Ecole, la liste des intervenants est strictement définie :
(a) la directrice : c'est elle qui établit l'ordre du jour et mène le débat. Elle a la voix douce et ferme, elle a été institutrice autrefois, on l'écoute.
(b) les maîtresses : elles sont la cheville ouvrière de l'école, celles qui connaissent les enfants, ont des idées pédagogiques, on s'attend à les écouter débattre et émettre des idées.
(c) les parents : c'est nous. On est supposé savoir ce qui est bon pour nos enfants, parce que ce sont nos enfants et qu'on les élèves quand même. Mais bon, en fait, l'école, c'est quand même loin...
(d) le représentant du rectorat, aka l'oeil de Moscou.
(e) le représentant de la mairie, parce que l'école, c'est quand même dans un arrondissement et la mairie à son mot à dire.
4. Le déroulement de la réunion
Firme internationale
Au début, ça commence bien, c'est policé, chacun avance ses idées (comprendre "ses pions"), on discute entre gens civilisés. Les points de vue divergent mais on sait qu'on doit trouver un terrain d'entente.
De préférence une fois la nuit tombée quand on est tous bien fatigués.
Du coup, l'objectif non ouvertement dit est de faire traîner la discussion sur les points pas importants, de faire de petites concessions en pleurant que ce sont des concessions majeures et qu'on est en train de se faire en... pour que, quand on arrive aux points importants, les représentants de l'autre partie soient crevés et qu'on soit tout près de l'heure à laquelle un accord doit impérativement être trouvé. La fatigue et l'urgence aidant, on pense qu'on sera plus à même de faire passer nos idées (comprendre... ben pareil que plus haut).
On plaisante beaucoup pendant ces réunions. L'humour est un moyen de faire passer les messages, de décrisper l'atmosphère quand les esprits s'échauffent plus que de raison, de faire retomber la pression.
En fait, il y a toujours un moment dans la discussion ou ça part en vrille, où tout le monde parle en même temps, voire deux à deux et où plus personne ne sait où on en est vraiment.
Dans ce cas, le représentant le plus senior de l'une des parties, l'un des opérationnels, celui qu'on n'a pas entendu de la réunion, parfois celui qui est au bout du téléphone en conférence, pour dire d'une voix ferme et mature "here is what we'll do". Et tout le monde se tait et l'écoute. Oui, le Monsieur (ou la dame, car il y a parfois des dames) parle en anglais parce qu'il y a toujours une personne dans la pièce qui ne parle pas français. Dès lors, même si on est 10 français et un étranger, on est poli, on parle anglais.
Grâce à l'intervention du Monsieur à la voix ferme et mature, on commence vraiment à travailler et, en général, on arriver à boucler la réunion avec un accord plus ou moins satisfaisant.
2. Le Conseil de l'Ecole
La directrice mène le débat. Pendant un long moment, on n'entend qu'elle et pas une mouche ne vole. Elle déroule l'ordre du jour. Personne ne l'interrompt. Personne ne pose de question.
Après chaque point à l'ordre du jour, elle demande si quelqu'un a a des questions à poser.
Pour moi, c'est clair comme un bassin marécageux mais, vu que personne ne dit rien, je n'ose pas l'ouvrir, pas tellement envie de passer pour la maman chieuse dès la première réunion. Même les maîtresses se taisent.
On passe au règlement intérieur. La directrice demande à une maîtresse de lire le règlement intérieur que l'on doit approuver. A un moment, je vois passer une grosse faute d'orthographe, je vais pour dire quelque chose mais mon instinct de survie me murmure d'attendre la fin de la lecture. On n'interrompt pas la maîtresse, je me souviens de cela au moment où le son atteint ma gorge. Déjà enfant, je trouvais cela stupide d'attendre pour poser une question mais là, adulte, je me dis que c'est une perte de temps.
Une fois la lecture finie, la Directrice remarque elle même non seulement la faute d'orthographe mais également un passage totalement pas à jour, concernant la cantine, qu'il faut complètement changer. Est-ce à dire que personne n'avait travaillé sur la nouvelle version du règlement intérieur avant de nous le soumettre ? (je suis mauvaise langue, je sais).
On passe au vote. La représentante de la Mairie, dont je rappelle qu'il 'agit, dans notre arrondissement, d'une mairie socialiste, nous explique tout le mal qu'elle pense du soutien scolaire en maternelle instauré par le gouvernement Fillon et qu'elle ne votera pas le règlement intérieur. Je m'attends à un débat pour ou contre le soutien scolaire. En fait, tout le monde est contre dans la pièce. Tout le monde pense que ce n'est pas nécessaire de stigmatiser des enfants de moins de 6 ans. Tout le monde est contre mais... le doudou et moi sont les seuls parents dans la pièce à ne pas avoir signé le document par lequel les parents autorisent ces mesures de soutien scolaire. Comprenne qui pourra...
La directrice retire ensuite de l'ordre du jour la fête de Noël car les maîtresses ne sont pas d'accord. Je trouve étrange qu'on retire un point de l'ordre du jour avant même qu'il est ait été débattu mais je me dis que c'est la juriste qui parle et que l'école a sa raison que le raisonnement juridique ignore.
On parle ensuite du Plan de Prévention des Risques Majeurs, c'est à dire des évènements qui pourraient contraindre les enfants à rester dans l'école sans qu'on puisse venir les chercher (catastrophe type AZF par exemple). Où l'on réalise qu'il y a une corne de brume et un poste à galène dans l'école, au cas où tous les autres modes de communication seraient interrompus. Je pense alors à ma salle de réunion moderne au bureau et je me demande si on a une corne de brume cachée quelque part...
La réunion se termine comme elle a commencé, par quelques mots de la directrice. Pendant cette réunion, on n'aura à peine entendu les maîtresses et à part la représentante de la Marie, personne n'a vraiment participé au débat. Moi, j'ai des excuses, c'était ma première réunion, hein... J'observe.
4. Conclusion
Firme internationale
En conclusion dans une firme internationale, en général on fixe des délais et une date pour une autre réunion et là, tout le monde se précipite sur son Blackberry pour vérifier son agenda.
Conseil de l'Ecole
En conclusion au Conseil de l'Ecole, on fixe la date de la prochaine réunion mais, à part moi (oui, j'ai pas pu m'en empêcher), personne ne dégaine son Blackberry pour vérifier ses disponibilités. A croire que tout le monde est disponible sans difficulté.
Ma conclusion à moi :
J'ai eu l'impression de me retrouver sur les bancs de l'école en mettant les pieds dans ce Conseil de l'Ecole et, comme en CM2, je me suis retenue pour ne pas interrompre à tous bouts de champs la directrice. Ma maitresse de CM2 disait de moi que, heureusement que j'étais bonne élève, parce que mon insolence dépassait les bornes. Faut croire que je suis plus à l'aise dans un contexte international où chacun peut s'exprimer.
Cependant, on l'aura noté, au final, quelque soit le mode de communication ou d'organisation de la réunion, il n'y en a toujours qu'un qui décide.
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mercredi 11 novembre 2009
Les poussins et l'art moderne
Voyons ceux d'entre-vous qui suivent. En quelle classe le Petit Poussin pointe-t-il chaque matin ?
.....
En grande section de maternelle.
En grande section, on apprend les rudiments de la lecture, à écrire les lettres manuscrites "en attaché", un peu à compter et surtout on assimile les fondamentaux, formes, couleurs, etc.
La maîtresse du petit poussin a constaté que le meilleur moyen pour que les enfants retiennent ce qu'ils apprennent est encore de les intéresser à ces notions très techniques. Cela peut sembler enfoncer des portes ouvertes mais, sachez, lecteurs qui n'avez pas d'enfants, que le tout venant des maîtresses a souvent des difficultés à passer du concept à la pratique.
Pas WonderMaîtresse.
WonderMaîtresse a quelque part entre 25 et 30 ans. Oui, elle est jeune... d'ailleurs quand le Doudou a demandé au Petit Poussin quel âge elle avait à la rentrée, il a répondu "comme maman", ce qui montre que le Petit Poussin dit toujours vrai...
WonderMaîtresse a choisi de travailler en Maternelle parce qu'elle pense que ce sont les années clés. Wonder Maîtresse passe ses mercredis à l'école pour préparer les cours du lendemain. WonderMaîtresse aime ses élèves qui le lui rendent au centuple. WonderMaîtresse oblige les parents à travailler, à parler le soir avec nos enfants. Elle est exigeante. D'ailleurs, le Petit Poussin l'a dit : c'est dûr les exercices mais la maîtresse, je l'aime.
Et WonderMaîtresse a fil conducteur à tous ses cours : les artistes peintres du XXème Siècle.
Septembre Miro

Octobre Calder

Novembre Kandinsky

Et chaque fois le même émerveillement du Petit Poussin qui nous raconte les étoiles de Miro et nous dessine des dessins comme Miro. On a fabriqué un mobile comme Calder, on lit plein de livres, on regarde sur Internet. Le Doudou imprime des dessins en noir et blanc à colorier... Hier, le Petit Poussin nous a expliqué les couleurs froides et les couleurs chaudes et comment Kandinski les opposait les unes aux autres.
Mais jusqu'ici, le Petit Poussin n'avait vu ces oeuvres que sur du papier glacé... et je trouvais cela dommage.
Heureusement, le 11 Novembre, les SuperMaman ne travaillent pas et les musées nationaux sont ouvert.
Parce que je suis une SuperMaman, alors que le Doudou allait fermer la maison à la campagne, nous sautions dans le métro (quelle aventure !) direction le Centre Georges Pompidou pour voir les oeuvres "en vrai".
Rien que le métro était une fête en soi. Le Petit Poussin descendait les marches, très fier, tandis que la Poussinette serait ma main très fort en voyant passer les trains. Une fois dans la rame, Le Petit Poussin comptait les stations et lisait leurs noms. Les gens regardaient ce petit bout d'homme lire comme un grand en souriant tendrement et j'étais - je dois bien l'admettre - très fier de mon grand garçon.
Arrivé à destination, les enfants se sont d'abord amusés un long moment à regarder la fontaine Stravinsky avec les statues de Nicky de Saint-Phalle, particulièrement l'Elephant Cracheur, dont le Petit Poussin a remarqué, sans doute à juste titre, que c'était une pâle copie d'Elmer. Je vous laisse juge.


Puis nous sommes allés au Musée.
La montée dans les escalators fut le premier grand moment de la journée. On survole Paris. La Poussinette riait de l'envol des pigeons sur les toits et admirait le clocher de l'église en bas tandis que le Petit Poussin comptaient les étages jusqu'au Musée.
Une fois dans le musée, le Petit Poussin cherchait des yeux les tableaux et sculptures des trois artistes étudiés. Mais avant cela, il a découvert plein d'autres artistes, Matisse, Fernand Léger. A chaque tableau, il me disait à quoi cela lui faisait penser et nous en discutions. Pendant ce temps là, la Poussinette se demandait pourquoi on n'avait pas le droit de s'assoir sur des chaises posées sur des présentoirs (quelques objets "design" exposées) et trouvait que les personnages de Picasso étaient des méchants et ceux de Matisse des gentils.
Mais c'est lorsque nous avons pénétré dans la salle ou Miro et Calder sont exposés que les yeux du petit poussin se sont écarquillés.
- C'est super grand, le mobile, Maman !
Il allait d'une oeuvre à l'autre avec la candeur de celui qui découvre un bonheur pour la première fois. C'était magique. Il y avait celle qu'il avait avait déjà vu en photo à l'école, celle qu'il découvrait pour la première fois. Il cherchait les étiquettes avec les noms des artistes pour être certain que c'était bien celui auquel il pensait. S'il ne connaissait pas, il aimait moins l'oeuvre... Réflexe conditionné ?
Après Miro, Calder et Kandinsky, nous avons continué la visite mais ça n'avait plus le même charme. Nous avons évoqué les lignes parallèles avec le Petit Poussin devant un Mondrian mais j'ai bien compris que je n'avais pas l'aura de WonderMaîtresse et que, tant qu'elle ne leur parlerait pas de Mondrian, je pourrai garder ma passion pour cet artiste pour moi.
Ou plutôt, puisque vous êtes là, je la partage avec vous.
Allez, un petit dernier pour la route...

Ah, et puis, un petit message à qui voudrait me faire un joli cadeau pour Noël... Elle est jolie cette robe...
.....
En grande section de maternelle.
En grande section, on apprend les rudiments de la lecture, à écrire les lettres manuscrites "en attaché", un peu à compter et surtout on assimile les fondamentaux, formes, couleurs, etc.
La maîtresse du petit poussin a constaté que le meilleur moyen pour que les enfants retiennent ce qu'ils apprennent est encore de les intéresser à ces notions très techniques. Cela peut sembler enfoncer des portes ouvertes mais, sachez, lecteurs qui n'avez pas d'enfants, que le tout venant des maîtresses a souvent des difficultés à passer du concept à la pratique.
Pas WonderMaîtresse.
WonderMaîtresse a quelque part entre 25 et 30 ans. Oui, elle est jeune... d'ailleurs quand le Doudou a demandé au Petit Poussin quel âge elle avait à la rentrée, il a répondu "comme maman", ce qui montre que le Petit Poussin dit toujours vrai...
WonderMaîtresse a choisi de travailler en Maternelle parce qu'elle pense que ce sont les années clés. Wonder Maîtresse passe ses mercredis à l'école pour préparer les cours du lendemain. WonderMaîtresse aime ses élèves qui le lui rendent au centuple. WonderMaîtresse oblige les parents à travailler, à parler le soir avec nos enfants. Elle est exigeante. D'ailleurs, le Petit Poussin l'a dit : c'est dûr les exercices mais la maîtresse, je l'aime.
Et WonderMaîtresse a fil conducteur à tous ses cours : les artistes peintres du XXème Siècle.
Septembre Miro
Octobre Calder

Novembre Kandinsky

Et chaque fois le même émerveillement du Petit Poussin qui nous raconte les étoiles de Miro et nous dessine des dessins comme Miro. On a fabriqué un mobile comme Calder, on lit plein de livres, on regarde sur Internet. Le Doudou imprime des dessins en noir et blanc à colorier... Hier, le Petit Poussin nous a expliqué les couleurs froides et les couleurs chaudes et comment Kandinski les opposait les unes aux autres.
Mais jusqu'ici, le Petit Poussin n'avait vu ces oeuvres que sur du papier glacé... et je trouvais cela dommage.
Heureusement, le 11 Novembre, les SuperMaman ne travaillent pas et les musées nationaux sont ouvert.
Parce que je suis une SuperMaman, alors que le Doudou allait fermer la maison à la campagne, nous sautions dans le métro (quelle aventure !) direction le Centre Georges Pompidou pour voir les oeuvres "en vrai".
Rien que le métro était une fête en soi. Le Petit Poussin descendait les marches, très fier, tandis que la Poussinette serait ma main très fort en voyant passer les trains. Une fois dans la rame, Le Petit Poussin comptait les stations et lisait leurs noms. Les gens regardaient ce petit bout d'homme lire comme un grand en souriant tendrement et j'étais - je dois bien l'admettre - très fier de mon grand garçon.
Arrivé à destination, les enfants se sont d'abord amusés un long moment à regarder la fontaine Stravinsky avec les statues de Nicky de Saint-Phalle, particulièrement l'Elephant Cracheur, dont le Petit Poussin a remarqué, sans doute à juste titre, que c'était une pâle copie d'Elmer. Je vous laisse juge.


Puis nous sommes allés au Musée.
La montée dans les escalators fut le premier grand moment de la journée. On survole Paris. La Poussinette riait de l'envol des pigeons sur les toits et admirait le clocher de l'église en bas tandis que le Petit Poussin comptaient les étages jusqu'au Musée.
Une fois dans le musée, le Petit Poussin cherchait des yeux les tableaux et sculptures des trois artistes étudiés. Mais avant cela, il a découvert plein d'autres artistes, Matisse, Fernand Léger. A chaque tableau, il me disait à quoi cela lui faisait penser et nous en discutions. Pendant ce temps là, la Poussinette se demandait pourquoi on n'avait pas le droit de s'assoir sur des chaises posées sur des présentoirs (quelques objets "design" exposées) et trouvait que les personnages de Picasso étaient des méchants et ceux de Matisse des gentils.
Mais c'est lorsque nous avons pénétré dans la salle ou Miro et Calder sont exposés que les yeux du petit poussin se sont écarquillés.
- C'est super grand, le mobile, Maman !
Il allait d'une oeuvre à l'autre avec la candeur de celui qui découvre un bonheur pour la première fois. C'était magique. Il y avait celle qu'il avait avait déjà vu en photo à l'école, celle qu'il découvrait pour la première fois. Il cherchait les étiquettes avec les noms des artistes pour être certain que c'était bien celui auquel il pensait. S'il ne connaissait pas, il aimait moins l'oeuvre... Réflexe conditionné ?
Après Miro, Calder et Kandinsky, nous avons continué la visite mais ça n'avait plus le même charme. Nous avons évoqué les lignes parallèles avec le Petit Poussin devant un Mondrian mais j'ai bien compris que je n'avais pas l'aura de WonderMaîtresse et que, tant qu'elle ne leur parlerait pas de Mondrian, je pourrai garder ma passion pour cet artiste pour moi.
Ou plutôt, puisque vous êtes là, je la partage avec vous.
Allez, un petit dernier pour la route...

Ah, et puis, un petit message à qui voudrait me faire un joli cadeau pour Noël... Elle est jolie cette robe...
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samedi 7 novembre 2009
L'identité Nationale à la sauce doudette
Non mais vous ne croyiez quand même pas que vous alliez échapper à ma contribution à ce débat lancé par Notre Seigneur et maître et son Edifiant Bouffon.
Parce qu'être français, voyez vous, ce n'est pas un acquis. Ben non, qu'est-ce que vous imaginiez ?
Prenez ma famille paternelle. En France depuis la nuit des temps, ma famille n'est française que parce que la Révolution avait besoin de chair à canon pour exporter la Liberté, l'Egalité et la Fraternité:
Louis, par la grâce de Dieu et par la loi constitutionnelle de l'État, roi des Français, à tous présents et à venir, salut.
L'Assemblée nationale a décrété et nous voulons et ordonnons ce qui suit :
Décret de l'Assemblée nationale du 27 septembre 1791 :
L'Assemblée nationale considérant que les conditions nécessaires pour être citoyen français et pour devenir citoyen actif sont fixées par la Constitution, et que tout homme qui, réunissant lesdites conditions, prête le serment civique et s'engage à remplir tous les devoirs que la Constitution impose, a droit à tous les avantages qu'elle assure ; révoque tous arguments, réserves et exceptions insérés dans les précédents décrets relativement aux individus juifs qui prêteront le serment civique, qui sera regardé comme une renonciation à tous privilèges introduits précédemment en leur faveur. »
Louis, pour ceux qui n'auraient pas fait le rapprochement, c'est Louis XVI, dont la tête serait coupée un peu plus tard au nom de l'unité nationale (comme quoi, faut toujours se méfier un peu des mesures qui ont pour objectif de rapprocher les français... mais j'anticipe trop, là).
Plus tard, c'est le sourire aux lèvres, que mon arrière-grand-père est allé voir sa carte d'identité française tamponnée d'un "juif" infamant, pour respecter les lois du pays qu'il l'avait vu naître et dont il était le citoyen. La légende familiale raconte qu'il fit même la queue deux jours de suite assis sur un petit tabouret pliant, tel un AppleAddict la veille de l'ouverture d'un AppStore. Cette référence a l'AppStore est destinée à mon public twitterisant qui ne comprendrait pas qu'un message publié le 7 novembre n'y fasse pas référence. Que les autres me pardonnent.
De l'autre côté, mon autre grand-père avait le double défaut d'être né juif et roumain. Et pourtant, son pays était la France. Arrivé dans les années 20, résistant de la première heure, il fut naturalisé français pour faits de résistance. Plus français que bien des français.
Alors, oui, bien sûr que la question de l'identité nationale m'intéresse. De là à en débattre...
1. Mais pourquoi le politique veut-il ouvrir le débat ?
Notre Seigneur est le chef des français, l'Edifiant Bouffon est son ministre. Un ministre prépare des lois, il les exécute ensuite. Si ces personnes lancent un tel débat, es-qualité, c'est qu'ils entendent tirer des conclusions de ces résultats.
Si ces conclusions doivent donner naissance à nouvelle loi sur la Nationalité, je m'interroge.
Est-ce nécessaire ? Est-ce le moment ?
On le rappelle à toutes fins, est français l'enfant dont l'un des parents au moins est français (code civil, article 18). Est également français l'enfant né en France sous certaines conditions (code civil, articles 19 et suivants). Il existe d'autres moyens de naître ou devenir français que des textes plus ou moins clairs ont détaillé. Le portail sur Service Public renvoie à ces textes et je vous y renvoie donc également.
Toujours est-il que l'arsenal législatif est d'ores et déjà dense et il ne me semble pas urgent d'en rajouter une couche, sauf à vouloir encore faire un coup politique via la loi.
Dès lors, si l'objectif n'est pas une nouvelle loi sur la nationalité, quel peut-il être ?
Une nouvelle loi régissant les droits des non-nationaux sur le territoire français ? Pourquoi pas ? Même si ici encore, des lois, il y en a et si on les appliquait, tout en respectant les textes supra-nationaux (notamment la Convention Européenne des Droits de l'Homme) sur le sujet, ce serait déjà un grand pas en avant.
En outre, considérer qu'une meilleure définition de l'identité nationale permettra d'établir une réforme de l'immigration est un leurre. Les émigrés n'ont pas tous envie de devenir français. La France n'a pas forcément envie qu'ils le deviennent. On peut se poser la question de ce qu'apportent les émigrés à la France et vice-versa. On peut même se demander si l'on veut des étranger en France. Pourquoi pas ?
Mais ça n'a rien à voir avec ce que c'est que d'être français ou pas.
Et si poser la question de l'identité nationale est une façon détournée de parler de l'étranger en France, alors, oui, on se trouve en face d'une LePénisation du débat politique. On crée des amalgames qui n'ont pas lieu d'être. Etre français concerne les français et ceux qui veulent le devenir. C'est une question tant collective qu'individuelle. Elle n'intéresse pas l'étranger qui ne s'inscrit pas dans un programme de naturalisation. Plus précisément, on peut être étranger, vivre et travailler en France et rester... étranger à ce débat. En tous cas, on doit le rester... car considérer l'étranger comme une donnée du problème, c'est déjà biaiser la question.
Une fois cette précision effectuée, la question que vous vous posez (mais siiiiiiiii !) est de savoir ce que sont pour moi les valeurs communes de nous autres français.
2. Etre français pour moi, c'est simple. C'est adhérer aux valeurs de la république.
Et ces valeurs, quelles sont elles ?
Elles sont celles que résument la constitution et son préambule. Il est question de droits de l"Homme (avec un grand H) et de la femme (avec un petit f... m'enfin...), de la liberté d'association, de la liberté syndicale, de non-discrimination, de solidarité nationale, des droits de l'enfant, d'éducation, de liberté de culte (et du droit de ne pas avoir de religion)...
On pourra débattre pendant des heures dans les préfectures ou ailleurs de ce qu'on imagine être LE français (moi je n'en connais pas deux pareils), tant qu'on aura des instituteurs (qu'on pourra bien appeler Professeurs des écoles si l'on veut) qui rappelleront à nos petites têtes blondes (ou marrons, comme dit la Poussinette) qu'en étant Français, on est plein d'autres choses, il 'y aura pas besoin de débattre (ouh, qu'elle est longue et pleine de parenthèses cette phrases, z'avez réussi à suivre ? Chapeau bas !).
Car mes enfants, petits français nés de parents nés en France, sont aussi français que les enfants de SuperNounou, nés en France de parents nés ailleurs. Tous sont enfants des lumières et de la déclaration de 1789 mais aussi européens libres de se déplacer partout, enfants des révolutions de velours de 1989. En tant que français, nos petits poussin, auront des droits de citoyen mais également les devoirs qui vont avec, le premier étant de respecter l'autre, aussi différent de nous que nous le sommes de lui.
Et je voudrais rappeler à mes petits poussins, plantés devant Robin des Bois (celui de Disney) pendant que je rédige ce message, de ne jamais oublier qu'ils sont :
Libres de devenir ce qu'ils ont envie de devenir, libres de se déplacer, libres de choisir la religion de leur père ou les origines de leur mère, libres de voter pour qui les convaincra, libre de s'engager politiquement ou socialement, libres de s'associer, de penser, de rire et de chanter...
La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 - article 4)
Les égaux des autres. Qu'ils aient plus ou moins d'argent, telle ou telle profession, qu'ils soient mariés ou non, quelque soient leurs choix de moeurs, de morale ou de vie, qu'ils votent pour Jean Sarkozy ou Thomas Hollande, mes enfants, j'espère, n'oublieront pas qu'ils n'y a pas deux individus identiques et qu'ils ont exactement les mêmes droits et les mêmes devoirs que leur voisin.
Les membres d'une communauté qui leur donne le devoir d'être solidaires des autres. J'espère que mes enfants n'oublieront pas que cette liberté et ces droits qu'on leur a donné leur donne le devoir d'aider celui qui en a besoin, de ne pas abandonner celui qui est dans la peine. Et qu'on ne me parle pas de morale religieuse ! Dieu est aussi loin de moi que le Père Noël (d'ailleurs le Père Noël, j'en connais deux qui l'attendent comme le Messie)...
Et si un jour, il faut prendre les armes pour résister à l'oppression (comme l'ont fait leur arrière-grand-père dans ce pays qui n'était pas le sien mais qu'il avait adopté avant qu'il ne l'adopte), j'espère que mes enfants seront se souvenir des leçons de Robin, dont il s'abreuvent en Français et en Anglais depuis leur plus jeune âge :
Si le Prince Jean est un tyran, il faut le bouter hors du royaume...
(mais si, je parle de Robin des Bois, révisez vos classiques, amis lecteurs).
Parce qu'être français, voyez vous, ce n'est pas un acquis. Ben non, qu'est-ce que vous imaginiez ?
Prenez ma famille paternelle. En France depuis la nuit des temps, ma famille n'est française que parce que la Révolution avait besoin de chair à canon pour exporter la Liberté, l'Egalité et la Fraternité:
Louis, par la grâce de Dieu et par la loi constitutionnelle de l'État, roi des Français, à tous présents et à venir, salut.
L'Assemblée nationale a décrété et nous voulons et ordonnons ce qui suit :
Décret de l'Assemblée nationale du 27 septembre 1791 :
L'Assemblée nationale considérant que les conditions nécessaires pour être citoyen français et pour devenir citoyen actif sont fixées par la Constitution, et que tout homme qui, réunissant lesdites conditions, prête le serment civique et s'engage à remplir tous les devoirs que la Constitution impose, a droit à tous les avantages qu'elle assure ; révoque tous arguments, réserves et exceptions insérés dans les précédents décrets relativement aux individus juifs qui prêteront le serment civique, qui sera regardé comme une renonciation à tous privilèges introduits précédemment en leur faveur. »
Louis, pour ceux qui n'auraient pas fait le rapprochement, c'est Louis XVI, dont la tête serait coupée un peu plus tard au nom de l'unité nationale (comme quoi, faut toujours se méfier un peu des mesures qui ont pour objectif de rapprocher les français... mais j'anticipe trop, là).
Plus tard, c'est le sourire aux lèvres, que mon arrière-grand-père est allé voir sa carte d'identité française tamponnée d'un "juif" infamant, pour respecter les lois du pays qu'il l'avait vu naître et dont il était le citoyen. La légende familiale raconte qu'il fit même la queue deux jours de suite assis sur un petit tabouret pliant, tel un AppleAddict la veille de l'ouverture d'un AppStore. Cette référence a l'AppStore est destinée à mon public twitterisant qui ne comprendrait pas qu'un message publié le 7 novembre n'y fasse pas référence. Que les autres me pardonnent.
De l'autre côté, mon autre grand-père avait le double défaut d'être né juif et roumain. Et pourtant, son pays était la France. Arrivé dans les années 20, résistant de la première heure, il fut naturalisé français pour faits de résistance. Plus français que bien des français.
Alors, oui, bien sûr que la question de l'identité nationale m'intéresse. De là à en débattre...
1. Mais pourquoi le politique veut-il ouvrir le débat ?
Notre Seigneur est le chef des français, l'Edifiant Bouffon est son ministre. Un ministre prépare des lois, il les exécute ensuite. Si ces personnes lancent un tel débat, es-qualité, c'est qu'ils entendent tirer des conclusions de ces résultats.
Si ces conclusions doivent donner naissance à nouvelle loi sur la Nationalité, je m'interroge.
Est-ce nécessaire ? Est-ce le moment ?
On le rappelle à toutes fins, est français l'enfant dont l'un des parents au moins est français (code civil, article 18). Est également français l'enfant né en France sous certaines conditions (code civil, articles 19 et suivants). Il existe d'autres moyens de naître ou devenir français que des textes plus ou moins clairs ont détaillé. Le portail sur Service Public renvoie à ces textes et je vous y renvoie donc également.
Toujours est-il que l'arsenal législatif est d'ores et déjà dense et il ne me semble pas urgent d'en rajouter une couche, sauf à vouloir encore faire un coup politique via la loi.
Dès lors, si l'objectif n'est pas une nouvelle loi sur la nationalité, quel peut-il être ?
Une nouvelle loi régissant les droits des non-nationaux sur le territoire français ? Pourquoi pas ? Même si ici encore, des lois, il y en a et si on les appliquait, tout en respectant les textes supra-nationaux (notamment la Convention Européenne des Droits de l'Homme) sur le sujet, ce serait déjà un grand pas en avant.
En outre, considérer qu'une meilleure définition de l'identité nationale permettra d'établir une réforme de l'immigration est un leurre. Les émigrés n'ont pas tous envie de devenir français. La France n'a pas forcément envie qu'ils le deviennent. On peut se poser la question de ce qu'apportent les émigrés à la France et vice-versa. On peut même se demander si l'on veut des étranger en France. Pourquoi pas ?
Mais ça n'a rien à voir avec ce que c'est que d'être français ou pas.
Et si poser la question de l'identité nationale est une façon détournée de parler de l'étranger en France, alors, oui, on se trouve en face d'une LePénisation du débat politique. On crée des amalgames qui n'ont pas lieu d'être. Etre français concerne les français et ceux qui veulent le devenir. C'est une question tant collective qu'individuelle. Elle n'intéresse pas l'étranger qui ne s'inscrit pas dans un programme de naturalisation. Plus précisément, on peut être étranger, vivre et travailler en France et rester... étranger à ce débat. En tous cas, on doit le rester... car considérer l'étranger comme une donnée du problème, c'est déjà biaiser la question.
Une fois cette précision effectuée, la question que vous vous posez (mais siiiiiiiii !) est de savoir ce que sont pour moi les valeurs communes de nous autres français.
2. Etre français pour moi, c'est simple. C'est adhérer aux valeurs de la république.
Et ces valeurs, quelles sont elles ?
Elles sont celles que résument la constitution et son préambule. Il est question de droits de l"Homme (avec un grand H) et de la femme (avec un petit f... m'enfin...), de la liberté d'association, de la liberté syndicale, de non-discrimination, de solidarité nationale, des droits de l'enfant, d'éducation, de liberté de culte (et du droit de ne pas avoir de religion)...
On pourra débattre pendant des heures dans les préfectures ou ailleurs de ce qu'on imagine être LE français (moi je n'en connais pas deux pareils), tant qu'on aura des instituteurs (qu'on pourra bien appeler Professeurs des écoles si l'on veut) qui rappelleront à nos petites têtes blondes (ou marrons, comme dit la Poussinette) qu'en étant Français, on est plein d'autres choses, il 'y aura pas besoin de débattre (ouh, qu'elle est longue et pleine de parenthèses cette phrases, z'avez réussi à suivre ? Chapeau bas !).
Car mes enfants, petits français nés de parents nés en France, sont aussi français que les enfants de SuperNounou, nés en France de parents nés ailleurs. Tous sont enfants des lumières et de la déclaration de 1789 mais aussi européens libres de se déplacer partout, enfants des révolutions de velours de 1989. En tant que français, nos petits poussin, auront des droits de citoyen mais également les devoirs qui vont avec, le premier étant de respecter l'autre, aussi différent de nous que nous le sommes de lui.
Et je voudrais rappeler à mes petits poussins, plantés devant Robin des Bois (celui de Disney) pendant que je rédige ce message, de ne jamais oublier qu'ils sont :
Libres de devenir ce qu'ils ont envie de devenir, libres de se déplacer, libres de choisir la religion de leur père ou les origines de leur mère, libres de voter pour qui les convaincra, libre de s'engager politiquement ou socialement, libres de s'associer, de penser, de rire et de chanter...
La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 - article 4)
Les égaux des autres. Qu'ils aient plus ou moins d'argent, telle ou telle profession, qu'ils soient mariés ou non, quelque soient leurs choix de moeurs, de morale ou de vie, qu'ils votent pour Jean Sarkozy ou Thomas Hollande, mes enfants, j'espère, n'oublieront pas qu'ils n'y a pas deux individus identiques et qu'ils ont exactement les mêmes droits et les mêmes devoirs que leur voisin.
Les membres d'une communauté qui leur donne le devoir d'être solidaires des autres. J'espère que mes enfants n'oublieront pas que cette liberté et ces droits qu'on leur a donné leur donne le devoir d'aider celui qui en a besoin, de ne pas abandonner celui qui est dans la peine. Et qu'on ne me parle pas de morale religieuse ! Dieu est aussi loin de moi que le Père Noël (d'ailleurs le Père Noël, j'en connais deux qui l'attendent comme le Messie)...
Et si un jour, il faut prendre les armes pour résister à l'oppression (comme l'ont fait leur arrière-grand-père dans ce pays qui n'était pas le sien mais qu'il avait adopté avant qu'il ne l'adopte), j'espère que mes enfants seront se souvenir des leçons de Robin, dont il s'abreuvent en Français et en Anglais depuis leur plus jeune âge :
Si le Prince Jean est un tyran, il faut le bouter hors du royaume...
(mais si, je parle de Robin des Bois, révisez vos classiques, amis lecteurs).
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