Parents d'enfant(s) de moins de huit ans, ceci est un message contributif.
Rien à gagner sinon quelques sourires des autres lecteurs.
Quelles sont les meilleures excuses de vos enfants pour ne pas aller au lit ou en ressortir sitôt coucher ?
Quelques exemples puisés dans ma marmaille :
- Dans 10 minutes maman !
Avec le poussin, 10 minutes, c'est bien dix minutes. La Poussinette, elle dit dix et montre six doigts... du coup, je négocie à la baisse et en principe elle propose elle-même trois minutes, toute fière de savoir combien il faut de doigts pour faire trois.
- je veux le doudou bleu (i.e., le doudou que j'aimais il y a six mois)
Vous savez, le doudou que vous avez perdu dans le train Paris-Marseille lors des dernières grandes vacances. Celui que vous aviez avantageusement remplacé par un doudou interchangeable, style lange blanc qu'on achète par paquets de six. Et ben, là, ce que veut l'enfant, c'est justement le doudou qu'il avait oublié...
- Maman, j'ai soif !
Et là, l'enfant hurle pour avoir un verre d'eau... dont il ne boit qu'un gorgée.
- Maman pipi...
L'enfant va aux toilettes en traversant le salon le sourire aux lèvres, toilettes qu'il vient de quitter dix minutes plus tôt (mais si, le fameux les dents, pipi et au lit). L'enfant passe un temps fou à balancer ses jambes, bien calé sur la cuvette, et quand il sent que vous vous impatientez, l'enfant vous regarde avec des yeux innocents et dit d'une petite voix : j'arrive pas, maman. Tu m'étonnes que tu n'y arrives pas, tu viens de faire le gros pipi juste avant d'aller au lit, t'as plus rien dans la vessie ! Tu joues la montre, ma fille/mon fils. Crois-moi, j'ai vu des matchs de foot : je sais quand un joueur simule.
- Maman, dernier câlin !!!
Le dernier câlin n'est pas le dernier. Après il y a le dernier-dernier câlin. Puis le dernier bisou. Et le dernier-dernier bisou. Mais non, lecteur ignare, le câlin, même avec bisou, ce n'est pas la même chose que le bisou sans câlin.
- J'ai peuuuuuuur du noir !
La veilleuse est allumée, la porte est ouverte, le couloir allumé également. L'enfant n'a pas peur. L'enfant veut de la compagnie. Mais bon, il dit qu'il a peur parce que la peur de l'enfant culpabilise la mère, qui s'inquiète. L'enfant sait manipuler sa mère....
- Maman, tu fais quoi ?
Quoi que vous fassiez (lire, twitter, regarder la télé, les trois en même temps), l'enfant a besoin d'un compte-rendu détaillé de votre activité de grand, avec force questions-réponses, même si à force d'expliquer ce que vous faites, vous en venez à ne plus faire ce que vous faisiez. Si, si, c'est clair. Suivez, un peu !
- Maman, y fait quoi papa ?
Papa est devant son iPhone, papa est devant l'ordi, papa est devant le foot, papa est aux toilettes. Papa fait toujours la même chose le soir mais l'enfant veut que vous le lui racontiez encore.
- Maman, il est quelle heure ?
La réponse l'heure de dormir n'est pas admissible pour l'enfant. Il faut donner, les heures, les minutes, les secondes, le fuseau horaire, la différence avec l'heure GMT, avec l'heure EST et si possible l'heure qu'il est à Moscou.
- Maman, il doooooort le Poussin ?
M'enfin, en quoi ce que ton frère fait (ou pas) t'intéresse-t-il ? Tu es la petite. Tu te couches en premier, c'est comme ça. Oui, c'est injuste. La vie est injuste ma fille...
Bon, je pourrais en trouver d'autres je suis sûre mais c'est votre tour là.
*ce message est dédié à Audrey, Arnaud et aux Moopys*
mardi 29 décembre 2009
dimanche 27 décembre 2009
Cinomade
Après les fêtes et les cadeaux futiles, j'ai envie de vous parler de ma copine d'enfance, celle que j'ai connu au bord d'un cours de tennis et avec laquelle j'ai testé le goût de la terre battue. Ben oui, hein, à moins d'un an, quand nos mères se prenaient pour Chris Evert, nous, les bébés, on trouvaient que le machin rouge sur le sol était goûtu à souhait.
Ca ne fera peut-être pas autant de visites sur ce blog que les messages sur Twitter ou sur l'iPhone mais ce qu'elle fait, là bas, au Burkina Faso, mérite qu'on s'y arrête.
Un jour, il y a une quinzaine d'années, mon amie a quitté la France pour l'Afrique, abandonné ses études d'art et son diplôme de l'école Boule pour se lancer dans l'aventure de l'humanitaire.
Partie avec Handicap International pour accompagner un convoi de chaises roulantes, elle a du rester sur place pour de sombres histoires de dédouanement et de corruption.
Elle est alors tombée amoureuse de l'Afrique et, de fil en aiguille, elle a fondé avec son compagnon de l'époque une association de sensibilisation par le cinéma du réel : Cinomade.
Le principe de cette association est simple : présenter des films / reportages sur des thèmes précis au cours de séances de cinéma en plein air sur des sujets qui concernent tout le monde (mines anti-personnelles en Casamance, Sida en Afrique de l'Ouest). Après le film, un débat organisé en langue locale. L'objectif : se sentir tous responsables de ce qui nous arrive.
Ils ont commencé tout petit avec une caméra vidéo et leurs petits bras pour tourner et monter les films, un rétroprojecteur et une toile blanche pour les projeter. Avec eux, pour seul compagnon, un interprète-animateur.
Aujourd'hui, Cinomade emploie une quinzaine de salariés locaux et les fondateurs de l'association ont enfin les moyens de se verser un tout petit salaire.
Je vous invite à aller visiter le site de Cinomade:
http://www.cinomade.org/cinomade_fr/
Parce que, en cette période de Noël, où nous sommes farcis de dinde et de babioles futiles qui seront devenues obsolète dans 12 mois, il est bon d'avoir quelques pensées (ne serait-ce qu'une) pour ceux qui s'investissent ailleurs pour rendre le monde meilleur.
Et je souhaite une excellente année à ma copine Daphné dont j'admire l'action et les combats mais qui me manque beaucoup... (vous noterez le trémolo dans la voix).
Si vous avez des amis généreux dont vous avez envie de faire la pub, n'hésitez pas à user et abuser des commentaires à ce message. Essayons de faire un effet boule-de-neige. Il n'y aura pas de prix à gagner. Juste la satisfaction d'avoir (un peu) aider notre prochain.
Ca ne fera peut-être pas autant de visites sur ce blog que les messages sur Twitter ou sur l'iPhone mais ce qu'elle fait, là bas, au Burkina Faso, mérite qu'on s'y arrête.
Un jour, il y a une quinzaine d'années, mon amie a quitté la France pour l'Afrique, abandonné ses études d'art et son diplôme de l'école Boule pour se lancer dans l'aventure de l'humanitaire.
Partie avec Handicap International pour accompagner un convoi de chaises roulantes, elle a du rester sur place pour de sombres histoires de dédouanement et de corruption.
Elle est alors tombée amoureuse de l'Afrique et, de fil en aiguille, elle a fondé avec son compagnon de l'époque une association de sensibilisation par le cinéma du réel : Cinomade.
Le principe de cette association est simple : présenter des films / reportages sur des thèmes précis au cours de séances de cinéma en plein air sur des sujets qui concernent tout le monde (mines anti-personnelles en Casamance, Sida en Afrique de l'Ouest). Après le film, un débat organisé en langue locale. L'objectif : se sentir tous responsables de ce qui nous arrive.
Ils ont commencé tout petit avec une caméra vidéo et leurs petits bras pour tourner et monter les films, un rétroprojecteur et une toile blanche pour les projeter. Avec eux, pour seul compagnon, un interprète-animateur.
Aujourd'hui, Cinomade emploie une quinzaine de salariés locaux et les fondateurs de l'association ont enfin les moyens de se verser un tout petit salaire.
Je vous invite à aller visiter le site de Cinomade:
http://www.cinomade.org/cinomade_fr/
Parce que, en cette période de Noël, où nous sommes farcis de dinde et de babioles futiles qui seront devenues obsolète dans 12 mois, il est bon d'avoir quelques pensées (ne serait-ce qu'une) pour ceux qui s'investissent ailleurs pour rendre le monde meilleur.
Et je souhaite une excellente année à ma copine Daphné dont j'admire l'action et les combats mais qui me manque beaucoup... (vous noterez le trémolo dans la voix).
Si vous avez des amis généreux dont vous avez envie de faire la pub, n'hésitez pas à user et abuser des commentaires à ce message. Essayons de faire un effet boule-de-neige. Il n'y aura pas de prix à gagner. Juste la satisfaction d'avoir (un peu) aider notre prochain.
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mercredi 23 décembre 2009
Mort de l'iPhone
A deux jours de Noël, me voilà l'heureuse propriétaire d'un iPhone mort.

Il est décédé en fin d'après-midi, vers 18:05, à l'entrée du métro Franklin-Roosevelt juste devant le Virgin Megastore.
L'entrée du métro était obstruée d'une foule de touristes et autres banlieusards venus faire leurs dernières courses de Noël sur les Champs-Elysées. Il y avait un monde de jour de grève... parce que en plus, le 23 décembre, c'est jour de grève. Les conducteurs de la ligne A du RER réclamant je ne sais trop quel avantage social supplémentaire avant de reprendre le travail. Et le paiement des jours de grève. C'est la toujours la première revendication, le paiement des jours de grèves. Du coup, outre les touristes et les gens en retard dans les courses de Noël, l'entrée du métro était également occupée par les voyageurs de la ligne A du RER qui se reportaient sur la ligne 1 du métro.
Moi, j'avais mon gant et l'iPhone dans une main et mon sac à main de fille dans l'autre. Et non, je ne suis pas touriste. Non, je ne faisais pas de courses. Je tentais juste de rentrer chez moi après une dure journée de travail. Parce que moi, je travaille, je ne suis pas en vacances. Or, mon bureau pour encore quelques semaines est situé dans une rue parallèle à la Plus Belle Avenue du Monde.
Et je prends le métro parce que je ne suis pas snob... et que je n'ai pas le permis. Se toutes façons, même si j'avais le permis, je ne prendrai pas la voiture avec la faune qui erre dans la capitale en cette période d'avant-noël. Et pas le scooter non plus. Mes copines, en scooter, manquent de se tuer à chaque coin de rue parce que les automobilistes de Noël ne sont pas habitués à conduire dans la Grande Ville et, les scooters, ils s'en tamponnent le coquillart. L'automobiliste qui vient en ville juste avant Noël n'a qu'une idée en tête : trouver tous les cadeaux qui lui manquent. Si un piéton ou un motard décède par un effet collatéral, ben, c'est pô grave, pourvu que le cadeau soit dans le coffre et la voiture en double file.
Donc, je sortais du bureau. Et comme tous les soirs, j'ai dégainé l'iPhone pour prévenir le Doudou que je rentrais à la maison. On s'appelle quand on quitte le bureau avec le Doudou. C'est notre moment à nous. On se dit des mots doux, du style c'est toi qui prend le pain ? ou T'es passé chez le retoucheur ? ou Je vais être en retard, ta mère peut relayer la nounou ? Nos mots d'amour sont quotidiens, ils n'en sont pas moins des mots tendres.
J'avais donc l'iPhone collé à l'oreille, la main tenant à la fois l'engin et le gant en laine que j'avais du ôter car l'écran tactile ne réagit pas à au tissu. Il ne comprend que ma peau.
Je m'apprète à descendre l'étroit escalier menant au métro quand soudain, une tornade s'engouffre à ma gauche. Un truc masculin hyper pressé avec des sacs DisneyStore et Zara plein les bras. Le truc saute et virevolte alors que ses possibilités d'accélération sont proches du 30 centimètres à l'heure, vu la densité de la population dans l'escalier. Le truc masculin mouline des bras, souffle, râle et tout à coup, d'une coup de coude bien placé, le truc masculin réussit à dessouder l'iPhone de la main qui le tient.
L'iPhone s'envole. On le voit dessiner un arc de cercle sans doute très seyant au ralenti (mais j'ai pas pu repasser la scène au ralenti vu qu'à la fin, l'iPhone meurt) puis s'écraser sur une première marche au bas des escaliers, rebondir, ricocher et finalement s'anéantir sur le sol en bas des escalier.
Le truc masculin a soupiré et a poursuivi sa route, non sans avoir jeté un regard méprisant sur mon objet agonisant. Pas un son n'est sorti de sa bouche. Ni pardon. Ni désolé. Ni oups. Ni grmpf. Non, rien de rien. Le gars ne regrettait rien.
A l'heure qu'il est, l'iPhone vit ses dernières heures. Son âme vient d'être sauvegardée sur le Mac. Demain, l'âme sera transférée dans un nouveau réceptacle.
D'ici là, RIP petit iPhone. On a eu de jolis moments, toi et moi...
En attendant que tu ressuscites, je m'en vais retrouver mon premier amour, l'ami BlackBerry quelque peu délaissé ces derniers mois...

Il est décédé en fin d'après-midi, vers 18:05, à l'entrée du métro Franklin-Roosevelt juste devant le Virgin Megastore.
L'entrée du métro était obstruée d'une foule de touristes et autres banlieusards venus faire leurs dernières courses de Noël sur les Champs-Elysées. Il y avait un monde de jour de grève... parce que en plus, le 23 décembre, c'est jour de grève. Les conducteurs de la ligne A du RER réclamant je ne sais trop quel avantage social supplémentaire avant de reprendre le travail. Et le paiement des jours de grève. C'est la toujours la première revendication, le paiement des jours de grèves. Du coup, outre les touristes et les gens en retard dans les courses de Noël, l'entrée du métro était également occupée par les voyageurs de la ligne A du RER qui se reportaient sur la ligne 1 du métro.
Moi, j'avais mon gant et l'iPhone dans une main et mon sac à main de fille dans l'autre. Et non, je ne suis pas touriste. Non, je ne faisais pas de courses. Je tentais juste de rentrer chez moi après une dure journée de travail. Parce que moi, je travaille, je ne suis pas en vacances. Or, mon bureau pour encore quelques semaines est situé dans une rue parallèle à la Plus Belle Avenue du Monde.
Et je prends le métro parce que je ne suis pas snob... et que je n'ai pas le permis. Se toutes façons, même si j'avais le permis, je ne prendrai pas la voiture avec la faune qui erre dans la capitale en cette période d'avant-noël. Et pas le scooter non plus. Mes copines, en scooter, manquent de se tuer à chaque coin de rue parce que les automobilistes de Noël ne sont pas habitués à conduire dans la Grande Ville et, les scooters, ils s'en tamponnent le coquillart. L'automobiliste qui vient en ville juste avant Noël n'a qu'une idée en tête : trouver tous les cadeaux qui lui manquent. Si un piéton ou un motard décède par un effet collatéral, ben, c'est pô grave, pourvu que le cadeau soit dans le coffre et la voiture en double file.
Donc, je sortais du bureau. Et comme tous les soirs, j'ai dégainé l'iPhone pour prévenir le Doudou que je rentrais à la maison. On s'appelle quand on quitte le bureau avec le Doudou. C'est notre moment à nous. On se dit des mots doux, du style c'est toi qui prend le pain ? ou T'es passé chez le retoucheur ? ou Je vais être en retard, ta mère peut relayer la nounou ? Nos mots d'amour sont quotidiens, ils n'en sont pas moins des mots tendres.
J'avais donc l'iPhone collé à l'oreille, la main tenant à la fois l'engin et le gant en laine que j'avais du ôter car l'écran tactile ne réagit pas à au tissu. Il ne comprend que ma peau.
Je m'apprète à descendre l'étroit escalier menant au métro quand soudain, une tornade s'engouffre à ma gauche. Un truc masculin hyper pressé avec des sacs DisneyStore et Zara plein les bras. Le truc saute et virevolte alors que ses possibilités d'accélération sont proches du 30 centimètres à l'heure, vu la densité de la population dans l'escalier. Le truc masculin mouline des bras, souffle, râle et tout à coup, d'une coup de coude bien placé, le truc masculin réussit à dessouder l'iPhone de la main qui le tient.
L'iPhone s'envole. On le voit dessiner un arc de cercle sans doute très seyant au ralenti (mais j'ai pas pu repasser la scène au ralenti vu qu'à la fin, l'iPhone meurt) puis s'écraser sur une première marche au bas des escaliers, rebondir, ricocher et finalement s'anéantir sur le sol en bas des escalier.
Le truc masculin a soupiré et a poursuivi sa route, non sans avoir jeté un regard méprisant sur mon objet agonisant. Pas un son n'est sorti de sa bouche. Ni pardon. Ni désolé. Ni oups. Ni grmpf. Non, rien de rien. Le gars ne regrettait rien.
A l'heure qu'il est, l'iPhone vit ses dernières heures. Son âme vient d'être sauvegardée sur le Mac. Demain, l'âme sera transférée dans un nouveau réceptacle.
D'ici là, RIP petit iPhone. On a eu de jolis moments, toi et moi...
En attendant que tu ressuscites, je m'en vais retrouver mon premier amour, l'ami BlackBerry quelque peu délaissé ces derniers mois...
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Petits riens
samedi 19 décembre 2009
Comédies musicales
Voilà, c'est Noël.
Comment je le sais, j'ai soudain, très très envie de revoir les comédies musicales qui ont marqué ma jeunesse.
Parce que mon truc à moi, ce sont les comédies musicales, j'adore.
Parce qu'il y en a peut-être parmi vous qui aiment aussi, un petit florilège de vidéos à ne surtout pas manquer.
A tout seigneur, tout honneur : mon idole, Gene Kelly, et ses copains faisant les clowns. J'ai vu ce film quand mes parents ont eu un VHS. Ils l'avaient enregistré au cinéma de minuit. Ce fut une claque :)
Et le Grand Fred et la Belle Cid dans Tous en Scène, deux grands danseurs, deux grands artistes, un grand bonheur.
Un jour à New-York a aussi été un grand moment de mon enfance... et ma première visite virtuelle de Big Apple.
Une petite dernière, pour la route, qui n'a rien à voir avec rien.... parce que, quand j'étais gamine, Victor Victoria était mon film de noël à moi (ma mère adore... et moi aussi du coup).
Allez, amusez-vous bien les vacanciers... et bisous plus spécifiques à Sandrine, qui se reconnaitra.
Comment je le sais, j'ai soudain, très très envie de revoir les comédies musicales qui ont marqué ma jeunesse.
Parce que mon truc à moi, ce sont les comédies musicales, j'adore.
Parce qu'il y en a peut-être parmi vous qui aiment aussi, un petit florilège de vidéos à ne surtout pas manquer.
A tout seigneur, tout honneur : mon idole, Gene Kelly, et ses copains faisant les clowns. J'ai vu ce film quand mes parents ont eu un VHS. Ils l'avaient enregistré au cinéma de minuit. Ce fut une claque :)
Et le Grand Fred et la Belle Cid dans Tous en Scène, deux grands danseurs, deux grands artistes, un grand bonheur.
Un jour à New-York a aussi été un grand moment de mon enfance... et ma première visite virtuelle de Big Apple.
Une petite dernière, pour la route, qui n'a rien à voir avec rien.... parce que, quand j'étais gamine, Victor Victoria était mon film de noël à moi (ma mère adore... et moi aussi du coup).
Allez, amusez-vous bien les vacanciers... et bisous plus spécifiques à Sandrine, qui se reconnaitra.
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Petits riens
Nomenclature des réveils nocturnes
On nous le dit mais on ne le croit pas.
Moi, toutes mes copines maman m'avaient prévenue. Tu verras, dès que t'as des mômes, la grasse mat' tu oublies. Parce que les grasses mat' et les marmots, ce n'est pas compatibles.
Bon effectivement, les nourrissons qui ne font pas leur nuit, c'est normal, on est même fiers de se lever pour donner, qui le biberon, qui le sein, on se sent important, on est parent. Et c'est l'occasion d'un moment privilégié avec un tout petit bébé qui vous crache sur l'épaule à peine le lait avalé et vous hurle dans l'oreille quand vous le remettez au lit. Et encore, j'ai pas eu à me plaindre. Mes poussins ont fait leurs nuits à deux mois. Et depuis quelques années, ils savent ne pas surgir dans notre chambre et faire du trampoline sur notre lit avant 8 heures et demi le matin.
Reste cependant le réveil nocture, contre lequel, parents parfaits, vous ne pouvez rien.
1. Le malade
Imaginez. Vous dormez profondément. La couette est chaude. Vous êtes enfin détendu d'une journée de stress. Et là, un cri déchire la nuit...
- MAMAAAAAAN, J'AI VOMIIIIIIII
Vous, mère parfaite, venez de faire un bond de deux mètres et peinez à réaliser où vous êtes. Le Doudou, à vos côtés, reste parfaitement immobile. Lui qui se lève pour d'autres évènements de la nuit (voir ci-après) n'a pas bougé d'un iota. On pourrait croire qu'il n'a pas entendu et qu'il dort encore. Mais non, sa respiration est saccadée, ce n'est pas celle de l'homme qui dort. L'homme ne bouge parce.... le vomi, c'est pas son truc. Quelqu'un pourrait-il expliquer à l'homme que le vomi, fut-il d'enfant, personne n'aime et que la femme n'a pas une prédisposition congénitale à l'épongeage des renvois d'enfants ?
Bref, vous vous levez, vous changez les draps, le pyjama. Vous mettez une grande serviette de toilette au dessus des draps, dès fois que ça se reproduise, vous faites le gros câlin et l'enfant se rendort.
Vous, par contre, vous restez à compter les moutons parce que, gérer un enfant malade au milieu de la nuit, faire tourner une machine et trouver un doudou de remplacement dans l'urgence, ça vous a tellement bien réveillée que, là, vous êtes prête pour le marathon.
2. Le Cauchemar
Même situation que sur le (1) ci-dessous mais le cri qui déchire la nuit est différent.
- PAPA, PAPA, VIENS !!!!
Et si ca tarde à réagir.
- VIEEEEEEEEENS !
Parfois, le père se lève. Parfois, c'est la mère mais le scénario est immuable.
Le parent se précipite dans la chambre de l'enfant.
- Qu'est-ce qu'il y a mon poussin ?
- Ouiiiiiin..... J'ai fait un... ouinnnnn.... cauchemar.
Ah, le cauchemar... l'ennemi invisible. Celui contre le plus fort des papas ne peut rien. Parce qu'il est logé quelque part dans l'inconscient de l'enfant et que ce n'est pas facile à dénicher là-bas.
- Et il parlait de quoi ton cauchemar ?
- Ouinnnnnnnn....
- Si tu ne m'expliques pas, je ne peux pas t'aider tu sais....
- Ouinnnnnn, c'est un gros cauchemar, ouinnnnnnnn
- mais encore ?
Il est trois heures trentre-sept du matin. Il vous reste 3 heures et 23 minutes avant que le réveil sonne. Le temps est précieux à cette heure là. Or, l'enfant n'est pas coopératif.
- Ouinnnn, maman/papa, ouinnnnn....
- Oui, mon chéri ?
Surtout rester calme.
- Ouiiiiiiiiiiin, j'ai peur...
- Tu as peur de quoi ? Respire à fond, mon poussin.
L'enfant qui a peur est pris de soubresauts et a besoin de se calmer mais, à 5 ans, les techniques de respiration sophrologies ne font pas encore partie d'un arsenal encore bien acquis.
A un moment, l'enfant se calme et se rendort. Souvent, l'objet du cauchemar reste à jamais enfoui dans les profondeurs de l'âme de l'enfant.
Le parent retourne dans son lit, épuisé et passe ensuite des heures à se demander ce qui fait ainsi tellement peur à l'enfant qu'il aime.
Le lendemain au petit déjeuner, quand le parent aborde la question, il est fréquent que l'enfant n'ait aucun souvenir de l'épisode de la nuit.
Le miroir en revanche renvoie au parent la photographie exacte de l'effet d'un manque de sommeil sur un adulte actif.
3. Les toilettes
Ah, les joies de l'enfant qui devient propre... plus de couches, plus de lingettes, juste un pot, voire des toilettes.
Sauf que....
L'enfant a parfois envie la nuit.
L'enfant se lève tout seul, l'enfant est autonome...
Et soudain:
- MAMAN, CAAAAAACAAAAA !
Et vous voilà, en train d'essuyer de petites fesses et de nettoyer un pot au beau milieu de la nuit. Ca fleure bon les écuries. Vous n'avez rien dans le ventre ? C'est pour ça les spasmes...
Bon, j'en avais d'autres en stock des réveils nocturnes mais j'y ai mis un terme fissa. L'enfant qui entre dans ma chambre avant l'aube est passible de sanctions pénales sévères, l'enfant qui ose demander de l'eau au milieu de la nuit est prié d'aller sécher dans le désert... Parce que, voyez-vous, la nuit, dans la chambre des parents, il n'y a QUE les parents. Ah mais !
Et vous, vos réveils nocturnes, ils sont du à qui ? à quoi ?
Moi, toutes mes copines maman m'avaient prévenue. Tu verras, dès que t'as des mômes, la grasse mat' tu oublies. Parce que les grasses mat' et les marmots, ce n'est pas compatibles.
Bon effectivement, les nourrissons qui ne font pas leur nuit, c'est normal, on est même fiers de se lever pour donner, qui le biberon, qui le sein, on se sent important, on est parent. Et c'est l'occasion d'un moment privilégié avec un tout petit bébé qui vous crache sur l'épaule à peine le lait avalé et vous hurle dans l'oreille quand vous le remettez au lit. Et encore, j'ai pas eu à me plaindre. Mes poussins ont fait leurs nuits à deux mois. Et depuis quelques années, ils savent ne pas surgir dans notre chambre et faire du trampoline sur notre lit avant 8 heures et demi le matin.
Reste cependant le réveil nocture, contre lequel, parents parfaits, vous ne pouvez rien.
1. Le malade
Imaginez. Vous dormez profondément. La couette est chaude. Vous êtes enfin détendu d'une journée de stress. Et là, un cri déchire la nuit...
- MAMAAAAAAN, J'AI VOMIIIIIIII
Vous, mère parfaite, venez de faire un bond de deux mètres et peinez à réaliser où vous êtes. Le Doudou, à vos côtés, reste parfaitement immobile. Lui qui se lève pour d'autres évènements de la nuit (voir ci-après) n'a pas bougé d'un iota. On pourrait croire qu'il n'a pas entendu et qu'il dort encore. Mais non, sa respiration est saccadée, ce n'est pas celle de l'homme qui dort. L'homme ne bouge parce.... le vomi, c'est pas son truc. Quelqu'un pourrait-il expliquer à l'homme que le vomi, fut-il d'enfant, personne n'aime et que la femme n'a pas une prédisposition congénitale à l'épongeage des renvois d'enfants ?
Bref, vous vous levez, vous changez les draps, le pyjama. Vous mettez une grande serviette de toilette au dessus des draps, dès fois que ça se reproduise, vous faites le gros câlin et l'enfant se rendort.
Vous, par contre, vous restez à compter les moutons parce que, gérer un enfant malade au milieu de la nuit, faire tourner une machine et trouver un doudou de remplacement dans l'urgence, ça vous a tellement bien réveillée que, là, vous êtes prête pour le marathon.
2. Le Cauchemar
Même situation que sur le (1) ci-dessous mais le cri qui déchire la nuit est différent.
- PAPA, PAPA, VIENS !!!!
Et si ca tarde à réagir.
- VIEEEEEEEEENS !
Parfois, le père se lève. Parfois, c'est la mère mais le scénario est immuable.
Le parent se précipite dans la chambre de l'enfant.
- Qu'est-ce qu'il y a mon poussin ?
- Ouiiiiiin..... J'ai fait un... ouinnnnn.... cauchemar.
Ah, le cauchemar... l'ennemi invisible. Celui contre le plus fort des papas ne peut rien. Parce qu'il est logé quelque part dans l'inconscient de l'enfant et que ce n'est pas facile à dénicher là-bas.
- Et il parlait de quoi ton cauchemar ?
- Ouinnnnnnnn....
- Si tu ne m'expliques pas, je ne peux pas t'aider tu sais....
- Ouinnnnnn, c'est un gros cauchemar, ouinnnnnnnn
- mais encore ?
Il est trois heures trentre-sept du matin. Il vous reste 3 heures et 23 minutes avant que le réveil sonne. Le temps est précieux à cette heure là. Or, l'enfant n'est pas coopératif.
- Ouinnnn, maman/papa, ouinnnnn....
- Oui, mon chéri ?
Surtout rester calme.
- Ouiiiiiiiiiiin, j'ai peur...
- Tu as peur de quoi ? Respire à fond, mon poussin.
L'enfant qui a peur est pris de soubresauts et a besoin de se calmer mais, à 5 ans, les techniques de respiration sophrologies ne font pas encore partie d'un arsenal encore bien acquis.
A un moment, l'enfant se calme et se rendort. Souvent, l'objet du cauchemar reste à jamais enfoui dans les profondeurs de l'âme de l'enfant.
Le parent retourne dans son lit, épuisé et passe ensuite des heures à se demander ce qui fait ainsi tellement peur à l'enfant qu'il aime.
Le lendemain au petit déjeuner, quand le parent aborde la question, il est fréquent que l'enfant n'ait aucun souvenir de l'épisode de la nuit.
Le miroir en revanche renvoie au parent la photographie exacte de l'effet d'un manque de sommeil sur un adulte actif.
3. Les toilettes
Ah, les joies de l'enfant qui devient propre... plus de couches, plus de lingettes, juste un pot, voire des toilettes.
Sauf que....
L'enfant a parfois envie la nuit.
L'enfant se lève tout seul, l'enfant est autonome...
Et soudain:
- MAMAN, CAAAAAACAAAAA !
Et vous voilà, en train d'essuyer de petites fesses et de nettoyer un pot au beau milieu de la nuit. Ca fleure bon les écuries. Vous n'avez rien dans le ventre ? C'est pour ça les spasmes...
Bon, j'en avais d'autres en stock des réveils nocturnes mais j'y ai mis un terme fissa. L'enfant qui entre dans ma chambre avant l'aube est passible de sanctions pénales sévères, l'enfant qui ose demander de l'eau au milieu de la nuit est prié d'aller sécher dans le désert... Parce que, voyez-vous, la nuit, dans la chambre des parents, il n'y a QUE les parents. Ah mais !
Et vous, vos réveils nocturnes, ils sont du à qui ? à quoi ?
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dimanche 13 décembre 2009
Tamiflu
Avec un titre comme ça, par les temps qui courent, je devrais avoir de la visite.
De la visite virtuelle, s'entend. Parce que la visite in vivo, c'est pas vraiment le moment...
La grippe est entrée dans nos murs.
Enfin, la grippe, c'est un bien grand mot. Etat grippal, a dit le Monsieur de SOS Médecins, en prescrivant l'anti-viral qui sert de titre à ce message et en recommandant de maintenir un périmètre de sécurité de 2 mètres autour du pestiféré.
Non, JE n'ai pas la grippe A.
C'est le Doudou qui l'a chopée. Trois jours après que les enfants ont été vaccinés et qu'il a refusé de la faire. C'est ballot quand même...
Donc que je vous raconte.
Vendredi soir, le Doudou se plaint de commencer à se sentir mal. Vous noterez l'euphémisme. Quand on commence à se sentir mal, c'est qu'on ne se sent pas encore tout à fait mal. Un entre-deux inqualifiable et laissant place à toutes les interprétations. Le Doudou est un garçon, le Doudou agonise à chaque petit rhume. Pourquoi me serais-je inquiétée ? En plus, pas de fièvre ou presque pas. Or, les journaux télévisés sont formels : il faut de la fièvre pour avoir la Grippe A/H1N1 (the swine flu, comme disent nos amis britanniques qui ont toujours de jolis mots pour tout). Condition sine qua non. Donc, en l'absence de fièvre et dans la mesure où je suis passée par toutes les phases du rhume au cours des dix derniers jours (mal de gorge, aphone, toux, rhume, sinusite), je fais ce que je fais le mieux : j'ironise. Le second degré gentillet, c'est mon truc à moi. Je le tiens de mon paternel, qui ne cessait de houspiller ma mère, laquelle a le sens de l"humour d'une huître. D'où un léger décalage entre la saillie et son effet...
Samedi matin, toujours (presque) pas de fièvre mais le Doudou n'est vraiment pas en forme. Comment je le sais ? Fastoche ! En se réveillant, il ne met pas son iPhone en route, non, il me demande où sont les médicaments contre le mal de crâne. Si c'est pas un signe, ça... Comme nos enfants sont adorables, ils laissent le Doudou se reposer jusqu'au déjeuner.
Samedi après-midi, un peu plus en forme, le Doudou accepte de nous accompagner à la fête de Noël de la Firme, ma dernière fête de Noël. Il supporte le spectacle de magie, les conversations avec les collègues et, surtout, les enfants des collègues, sans broncher. Quand le faux Père-Noël arrive pour distribuer les cadeaux, le Doudou est tout fiévreux (sur la question de savoir s'il s'agissait d'un faux ou du vrai Père-Noël, il y a débat entre mes enfants, la Poussinette penchant pour une visite du vrai Père-Noël puisqu'il avait des cadeaux, le Petit Poussin affirmant que c'est un faux car le vrai Père-Noël n'a pas de lunettes).
Nous rentrons à la maison vers 18:30. On attend du monde pour dîner... et on ne peut pas annuler vu que nos amis ont traversé la France pour nous voir et que c'est LE dîner qu'on a prévu depuis 2 mois... J'ordonne quand même au Doudou de prendre la température.
38,8 degrés Celcius.
La tuile.
Le Doudou suggère d'attendre le lendemain pour voir que ça donne. J'ordonne (oui, j'ai donné beaucoup d'ordres hier mais sinon, ça procrastinise) d'appeler un médecin. L'argument choc pour convaincre le Doudou : on ne va pas l'appeler à 4 heures du mat' quand tu auras 40 de fièvre... Le terrorisme fonctionne.
Le médecin arrive en même temps que nos amis.
- C'est un état grippal, qu'il fait.
- Grippal A ou grippal on-soigne-par-le-mépris ?
- Ça, je ne peux pas vous dire, Madame.
Ben à quoi tu sers alors ?
- Ah. Et on fait quoi ?
- Les instructions sont de prescrire du Tamiflu systématiquement maintenant.
Hein ? quoi ? Comment ? La grippette ne serait finalement pas si anodine. Heureusement que les enfants sont vaccinés alors !
- Bon, ok.
- Il faut qu'il commence dès ce soir.
Me voilà donc repartie dans le froid de l'hiver, avec ma copine, à la recherche d'une pharmacie ouverte un samedi soir. Et là, je dis : merci Paris. Merci mon quartier. Car dans mon quartier, il y a trois pharmacies ouvertes 7/7 jusqu'à minuit. La même chose en province, je me serais arrachée les cheveux...
Le Doudou a ingurgité le Tamiflu et les coupe-fièvres. Ce matin, l'état est stationnaire (c'est comme ça qu'on dit pour Chanteur National, plus important que le réchauffement climatique, vu l'ordre de passage au journal radiodiffusé ce matin et le Doudou vaut bien Chanteur National). Toujours 38,8°C. Je ne suis cependant pas inquiète, le Doudou n'ayant pas l'air si mal en point qu'on veut bien le dire. Il toussotte un peu, est crevouille mais toute la famille est aux petits soins (tout en restant à bonne distance) et il apprécie assez d'être ainsi chouchouté.
De toutes façons, il voulait l'attraper la grippe H1N1, le Doudou, depuis qu'il a lu quelque part que le vaccin n'est efficace qu'un an alors que les anticorps générés par la vraie grippe protègent pendant 15 ans.
De la visite virtuelle, s'entend. Parce que la visite in vivo, c'est pas vraiment le moment...
La grippe est entrée dans nos murs.
Enfin, la grippe, c'est un bien grand mot. Etat grippal, a dit le Monsieur de SOS Médecins, en prescrivant l'anti-viral qui sert de titre à ce message et en recommandant de maintenir un périmètre de sécurité de 2 mètres autour du pestiféré.
Non, JE n'ai pas la grippe A.
C'est le Doudou qui l'a chopée. Trois jours après que les enfants ont été vaccinés et qu'il a refusé de la faire. C'est ballot quand même...
Donc que je vous raconte.
Vendredi soir, le Doudou se plaint de commencer à se sentir mal. Vous noterez l'euphémisme. Quand on commence à se sentir mal, c'est qu'on ne se sent pas encore tout à fait mal. Un entre-deux inqualifiable et laissant place à toutes les interprétations. Le Doudou est un garçon, le Doudou agonise à chaque petit rhume. Pourquoi me serais-je inquiétée ? En plus, pas de fièvre ou presque pas. Or, les journaux télévisés sont formels : il faut de la fièvre pour avoir la Grippe A/H1N1 (the swine flu, comme disent nos amis britanniques qui ont toujours de jolis mots pour tout). Condition sine qua non. Donc, en l'absence de fièvre et dans la mesure où je suis passée par toutes les phases du rhume au cours des dix derniers jours (mal de gorge, aphone, toux, rhume, sinusite), je fais ce que je fais le mieux : j'ironise. Le second degré gentillet, c'est mon truc à moi. Je le tiens de mon paternel, qui ne cessait de houspiller ma mère, laquelle a le sens de l"humour d'une huître. D'où un léger décalage entre la saillie et son effet...
Samedi matin, toujours (presque) pas de fièvre mais le Doudou n'est vraiment pas en forme. Comment je le sais ? Fastoche ! En se réveillant, il ne met pas son iPhone en route, non, il me demande où sont les médicaments contre le mal de crâne. Si c'est pas un signe, ça... Comme nos enfants sont adorables, ils laissent le Doudou se reposer jusqu'au déjeuner.
Samedi après-midi, un peu plus en forme, le Doudou accepte de nous accompagner à la fête de Noël de la Firme, ma dernière fête de Noël. Il supporte le spectacle de magie, les conversations avec les collègues et, surtout, les enfants des collègues, sans broncher. Quand le faux Père-Noël arrive pour distribuer les cadeaux, le Doudou est tout fiévreux (sur la question de savoir s'il s'agissait d'un faux ou du vrai Père-Noël, il y a débat entre mes enfants, la Poussinette penchant pour une visite du vrai Père-Noël puisqu'il avait des cadeaux, le Petit Poussin affirmant que c'est un faux car le vrai Père-Noël n'a pas de lunettes).
Nous rentrons à la maison vers 18:30. On attend du monde pour dîner... et on ne peut pas annuler vu que nos amis ont traversé la France pour nous voir et que c'est LE dîner qu'on a prévu depuis 2 mois... J'ordonne quand même au Doudou de prendre la température.
38,8 degrés Celcius.
La tuile.
Le Doudou suggère d'attendre le lendemain pour voir que ça donne. J'ordonne (oui, j'ai donné beaucoup d'ordres hier mais sinon, ça procrastinise) d'appeler un médecin. L'argument choc pour convaincre le Doudou : on ne va pas l'appeler à 4 heures du mat' quand tu auras 40 de fièvre... Le terrorisme fonctionne.
Le médecin arrive en même temps que nos amis.
- C'est un état grippal, qu'il fait.
- Grippal A ou grippal on-soigne-par-le-mépris ?
- Ça, je ne peux pas vous dire, Madame.
Ben à quoi tu sers alors ?
- Ah. Et on fait quoi ?
- Les instructions sont de prescrire du Tamiflu systématiquement maintenant.
Hein ? quoi ? Comment ? La grippette ne serait finalement pas si anodine. Heureusement que les enfants sont vaccinés alors !
- Bon, ok.
- Il faut qu'il commence dès ce soir.
Me voilà donc repartie dans le froid de l'hiver, avec ma copine, à la recherche d'une pharmacie ouverte un samedi soir. Et là, je dis : merci Paris. Merci mon quartier. Car dans mon quartier, il y a trois pharmacies ouvertes 7/7 jusqu'à minuit. La même chose en province, je me serais arrachée les cheveux...
Le Doudou a ingurgité le Tamiflu et les coupe-fièvres. Ce matin, l'état est stationnaire (c'est comme ça qu'on dit pour Chanteur National, plus important que le réchauffement climatique, vu l'ordre de passage au journal radiodiffusé ce matin et le Doudou vaut bien Chanteur National). Toujours 38,8°C. Je ne suis cependant pas inquiète, le Doudou n'ayant pas l'air si mal en point qu'on veut bien le dire. Il toussotte un peu, est crevouille mais toute la famille est aux petits soins (tout en restant à bonne distance) et il apprécie assez d'être ainsi chouchouté.
De toutes façons, il voulait l'attraper la grippe H1N1, le Doudou, depuis qu'il a lu quelque part que le vaccin n'est efficace qu'un an alors que les anticorps générés par la vraie grippe protègent pendant 15 ans.
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dimanche 6 décembre 2009
Miss France et moi
Vous la connaissez la nouvelle Miss France ?
Je vous mets le lien vers le site officiel, comme ça vous verrez sa tête. Mais on le sait, dans ce genre de concours, c'est pas tant la tête qui compte...
Parce que j'ai regardé le concours, moi, hier, avec mes twopains.
Toute seule, rassurez-vous, je n'aurai pas tenu trois minutes. Avec Twitter, c'est devenu une partie de franche rigolade.
Que je vous explique comment ça fonctionne, l'élection d'une Miss France.
Comme à l'Eurovision de la chanson, on vous présente les candidates et leur région d'origine. A l'Eurovision, les candidats représentant un pays, il n'y a pas beaucoup de chance de se planter. Pour les Miss en revanche, on trouve des régions dont je me demande si elles font l'objet d'un découpage administratif en vue des élections dont Ségolène, François et les autres nous ressassent l'importance depuis quelques mois... Quercy-Rouergue ou Loire-Forez, ça vous dit quelque chose à vous ? Moi, je ne vois pas... Et sachez, bande d'incultes, que Paris n'est pas dans l'Ile-de-France, Paris c'est une région à part, comme au temps de Chirac.
On les envoie ensuite au bout du monde, les Miss régionales, faire les imbéciles devant des caméras : bateau à rame, bateau à moteur, course sur la plage façon Pamela Anderson (les attributs mammaires en moins), brochettes de morues en rang d'oignons sur un ponton.
Les demoiselles vous expliquent leur parcours. Pour celles qui ont 18 ans (la grande majorité), elles sont étudiantes en études et ont déjà tout vu et tout compris de la vie. Il y avait aussi une future experte en arts (nul n'a été en mesure de m'expliquer ce métier), une étudiante en esthétique, une gendarmette étudiante en commerce (ben oui, c'est une cumularde celle-là). Elles se ressemblent toutes : plates comme des limandes, pas de hanche, pas de cuisse, les cheveux longs, châtain pour la plupart.
Elles portent des robes innommables dans les couleurs les plus criardes qui soient. Ça va du jaune poussin au vert chlorophylle, en passant pas le rose fushia. Les coiffures sont .... osées pour 2010, tout droit sorties de Dynastie. D'ailleurs à bien à repenser, les robes sont aussi sorties de Dynastie (y a un filon là). Quant à l'ancienne Miss France et la présidente du jury, Arielle Dombasle, elles sont attifées de robes fourreau recouvertes d'écailles. Des poissons clowns.
Bien sûr chacun y allait de son pronostic. Sur twitter, on disait déjà au début de l'émission que Miss Normandie avait la cote, rapport à deux ministres qui ont besoin de voix pour les régionales... Moi, hein, j'dis rien, c'est un vote public via des appels surtaxés à un numéro de téléphone mais quand même, hein, c'est qui qu'a gagné à la fin ?
Mes amis bretons qui avaient un faible pour la gendarmette brestoise, future garde républicaine, ont été très déçus. J'ose leur dire aujourd'hui, alors que le drame est passé et qu'ils ont essuyé leurs larmes, que leur candidate n'avait pas la moindre chance... On ne peut pas être Miss France avec une tête de cheval.
Nous avons également échappé à la Barbie de service, une pétasse blonde qui se prenait pour la reine de Sabbah et faisait la danse des quatre voiles à un Jean-Pierre Foucault qui n'en demandait pas temps.
A part ça, les maillots étaient échancrés... et ça a plu au Doudou.
Enfin, après nous avoir bien endormis et quelque peu divertis, on nous a enfin expliqué ce qu'une Miss France doit faire :
Parcourir le monde pour représenter la France...
Et là, je dis : NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !
Je ne veux pas qu'une gourdasse post-adolescente, dont l'objectif de carrière est d'être chaperonnée par Madame de Fontenay pendant 12 mois, me représente. Moi, je vais devoir voyager dans mon nouveau boulot. Si à chaque fois que j'atterris quelque part, Miss France m'y a précédé, je vais avoir beaucoup de mal à restaurer notre crédibilité.
Non, vraiment, je préférerais qu'on lui trouve une autre représentante à la France.
Madame Sarkozy, même si elle manque de légitimité et que personne n'a tapé 1 sur un clavier pour la choisir (sauf celui qui lui envoie 30 SMS par jour), même si elle n'est techniquement pas française, elle me va mieux. Au moins, elle est vraiment jolie et pas totalement lobotomisée.
Nos ministres femelles aussi me semblent être mieux à même de représenter la France. On peut penser ce qu'on veut de Madame Lagarde mais je l'ai entendu parler pour de vrai dans la vraie vie, et y a pas à dire, elle en impose de compétence et de savoir-faire.
Le coucours Miss France est sympa à regarder mais il ne faut surtout pas lui donner plus d'importance qu'il n'en a. Ce n'est qu'un concours de dindes.
Ah, en conclusion, faut que je vous parle d'Estrosi. Il était là en tant que maire de Nice, ville où se tenait le concours. Il est venu à la fin dire tout le bien qu'il pensait des Miss et claquer la bise à Jean-Pierre (ou le contraire). Il avait sans doute aussi l'intention de glaner quelques voix pour les régionales. Apparemment, il avait bien arsouillé en coulisse et il était tout rougeaud quand il est monté sur scène. Il a bafouillé deux - trois phrases incompréhensibles et il est reparti... Il faut se méfier de telles apparitions et je conseille aux conseillers en communication de rappeler à Monsieur Estrosi que ce que l'on recherche d'abord d'un politique, c'est une certaine crédibilité. Un mec à moitié ivre qui reluque des donzelles à peine pubères n'est pas ce que j'appelle crédible.
A bon entendeur...
PS. Je dédie ce message à Sandrine Camus, Raydacteur, Inzecity, Diaphane, Menilmuche et les autres qui se reconnaîtront. Merciiii à tous :)
Je vous mets le lien vers le site officiel, comme ça vous verrez sa tête. Mais on le sait, dans ce genre de concours, c'est pas tant la tête qui compte...
Parce que j'ai regardé le concours, moi, hier, avec mes twopains.
Toute seule, rassurez-vous, je n'aurai pas tenu trois minutes. Avec Twitter, c'est devenu une partie de franche rigolade.
Que je vous explique comment ça fonctionne, l'élection d'une Miss France.
Comme à l'Eurovision de la chanson, on vous présente les candidates et leur région d'origine. A l'Eurovision, les candidats représentant un pays, il n'y a pas beaucoup de chance de se planter. Pour les Miss en revanche, on trouve des régions dont je me demande si elles font l'objet d'un découpage administratif en vue des élections dont Ségolène, François et les autres nous ressassent l'importance depuis quelques mois... Quercy-Rouergue ou Loire-Forez, ça vous dit quelque chose à vous ? Moi, je ne vois pas... Et sachez, bande d'incultes, que Paris n'est pas dans l'Ile-de-France, Paris c'est une région à part, comme au temps de Chirac.
On les envoie ensuite au bout du monde, les Miss régionales, faire les imbéciles devant des caméras : bateau à rame, bateau à moteur, course sur la plage façon Pamela Anderson (les attributs mammaires en moins), brochettes de morues en rang d'oignons sur un ponton.
Les demoiselles vous expliquent leur parcours. Pour celles qui ont 18 ans (la grande majorité), elles sont étudiantes en études et ont déjà tout vu et tout compris de la vie. Il y avait aussi une future experte en arts (nul n'a été en mesure de m'expliquer ce métier), une étudiante en esthétique, une gendarmette étudiante en commerce (ben oui, c'est une cumularde celle-là). Elles se ressemblent toutes : plates comme des limandes, pas de hanche, pas de cuisse, les cheveux longs, châtain pour la plupart.
Elles portent des robes innommables dans les couleurs les plus criardes qui soient. Ça va du jaune poussin au vert chlorophylle, en passant pas le rose fushia. Les coiffures sont .... osées pour 2010, tout droit sorties de Dynastie. D'ailleurs à bien à repenser, les robes sont aussi sorties de Dynastie (y a un filon là). Quant à l'ancienne Miss France et la présidente du jury, Arielle Dombasle, elles sont attifées de robes fourreau recouvertes d'écailles. Des poissons clowns.
Bien sûr chacun y allait de son pronostic. Sur twitter, on disait déjà au début de l'émission que Miss Normandie avait la cote, rapport à deux ministres qui ont besoin de voix pour les régionales... Moi, hein, j'dis rien, c'est un vote public via des appels surtaxés à un numéro de téléphone mais quand même, hein, c'est qui qu'a gagné à la fin ?
Mes amis bretons qui avaient un faible pour la gendarmette brestoise, future garde républicaine, ont été très déçus. J'ose leur dire aujourd'hui, alors que le drame est passé et qu'ils ont essuyé leurs larmes, que leur candidate n'avait pas la moindre chance... On ne peut pas être Miss France avec une tête de cheval.
Nous avons également échappé à la Barbie de service, une pétasse blonde qui se prenait pour la reine de Sabbah et faisait la danse des quatre voiles à un Jean-Pierre Foucault qui n'en demandait pas temps.
A part ça, les maillots étaient échancrés... et ça a plu au Doudou.
Enfin, après nous avoir bien endormis et quelque peu divertis, on nous a enfin expliqué ce qu'une Miss France doit faire :
Parcourir le monde pour représenter la France...
Et là, je dis : NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !
Je ne veux pas qu'une gourdasse post-adolescente, dont l'objectif de carrière est d'être chaperonnée par Madame de Fontenay pendant 12 mois, me représente. Moi, je vais devoir voyager dans mon nouveau boulot. Si à chaque fois que j'atterris quelque part, Miss France m'y a précédé, je vais avoir beaucoup de mal à restaurer notre crédibilité.
Non, vraiment, je préférerais qu'on lui trouve une autre représentante à la France.
Madame Sarkozy, même si elle manque de légitimité et que personne n'a tapé 1 sur un clavier pour la choisir (sauf celui qui lui envoie 30 SMS par jour), même si elle n'est techniquement pas française, elle me va mieux. Au moins, elle est vraiment jolie et pas totalement lobotomisée.
Nos ministres femelles aussi me semblent être mieux à même de représenter la France. On peut penser ce qu'on veut de Madame Lagarde mais je l'ai entendu parler pour de vrai dans la vraie vie, et y a pas à dire, elle en impose de compétence et de savoir-faire.
Le coucours Miss France est sympa à regarder mais il ne faut surtout pas lui donner plus d'importance qu'il n'en a. Ce n'est qu'un concours de dindes.
Ah, en conclusion, faut que je vous parle d'Estrosi. Il était là en tant que maire de Nice, ville où se tenait le concours. Il est venu à la fin dire tout le bien qu'il pensait des Miss et claquer la bise à Jean-Pierre (ou le contraire). Il avait sans doute aussi l'intention de glaner quelques voix pour les régionales. Apparemment, il avait bien arsouillé en coulisse et il était tout rougeaud quand il est monté sur scène. Il a bafouillé deux - trois phrases incompréhensibles et il est reparti... Il faut se méfier de telles apparitions et je conseille aux conseillers en communication de rappeler à Monsieur Estrosi que ce que l'on recherche d'abord d'un politique, c'est une certaine crédibilité. Un mec à moitié ivre qui reluque des donzelles à peine pubères n'est pas ce que j'appelle crédible.
A bon entendeur...
PS. Je dédie ce message à Sandrine Camus, Raydacteur, Inzecity, Diaphane, Menilmuche et les autres qui se reconnaîtront. Merciiii à tous :)
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Petits riens
samedi 5 décembre 2009
Histoire d'une démission
Soulagée, je suis soulagée...
Je peux enfin vous en en parler....
Parce que cette histoire de démission, ca dure, ca dure... mais comme je suis à la fois mégalo et parano, je n'en avais pas parlé ici. Ben oui, hein, imaginez que mes collègues me lisent, imaginez que mes patrons me lisent, imaginez que mes concurrents me lisent... non, non, un blog est un espace public et on n'y parle pas de ce dont on ne veut pas que ça se sache.
Mais maintenant que c'est fait, je vais tout vous dire... ou presque.
Je suis assise devant mon ordi au bureau, il fait beau, les oiseaux chantent dans le jardin. Un email de GentilClient arrive, destiné à GrandChef et moi :
Connaissez-vous quelqu'un quoi pourrait être intéressé par un poste de Super Juriste de Tiers du Monde ?
(le tiers du monde, ce n'est pas le Tiers Monde mais le tiers de la surface habitée de la planète, qu'on ne se méprenne pas sur le sens des mots dès le départ).
euh... comment dire ? Super Juriste de Tiers du Monde (appelons le SJTM), ben, c'est moi ! Oui, je l'ai dit là haut, je suis mégalo, moi.
Je file dans le bureau de GrandChef.
- Dis, GrandChef, t'as vu l'email de GentilClient ?
- Oui, oui...
Mal à l'aise le GrandChef.
- Ca ne te fait pas penser à quelqu'un ?
- Ben c'est à dire que, euh... , tu sais... quand même ...
- Tu t'imagines bien que ça m'intéresse un peu ce truc ?
- Oui oui...
De moins en moins bien dans ses baskets, le GrandChef.
- Non, parce que, z'avez quoi de mieux à m'offrir ici ?
- Tu ne peux pas dire ca, t'es appréciée ici, tu gagnes bien ta vie, t'as de beaux dossiers, des clients sympas...
Vous notez comme GrandChef ne répond pas à la question posée...
- Ok, d'accord. Mais tu ferais quoi à ma place ?
- ben... je ne sais pas, je suis pas à ta place.
- C'est facile, ça... t'as eu mon âge, t'as eu mon statut, t'aurais fait quoi ?
Là, il ne peut pas se défiler, GrandChef. Je suis assise en face de lui, je ne quitterai pas son bureau sans une réponse. Et il le sait. Ma carrière se joue là. On se connait avec GrandChef. Je lui fait confiance, il sera honnête, je le sais.
- Bon, si j'étais à ta place, je crois que j'essayerai. Tu verras bien après.
Ca lui écorche la gorge de le dire mais je savais qu'il serait honnête.
- Bien, je vais essayer. Je te tiendrai au courant.
- ouais, ne m'en dis pas trop, s'il te plait... c'est pas simple ce truc.
J'ai donc répondu à la question du client que j'étais intéressée. Et il m'a répondu "why not ?" parce que ClientGentil il parle anglais aussi.
Premier entretien
Premier entretien dans un café à Châtelet avec GentilClient. C'est un café où les gens passent des entretiens. A ma droite, il y avait une fille qui travaillait pour la Croix Rouge et qui apparemment postulait pour un poste dans une autre ONG. La fille misait visiblement tout sur son décolleté.
GentilClient et moi, on se connait bien, on a beaucoup travaillé ensemble. Du coup, l'entretien était surtout un entretien de motivation pour comprendre pourquoi j'avais envie de quitté la Firme pour une Corporation, moins bien structurée et pour un poste sans doute un peu moins bien rémunéré... quoique...
A la fin de l'entretien, GentilClient me dit qu'il faut que je rencontre GeneralCounsel et me demande si je peux me rendre disponible trois semaines plus tard.
Trois semaines plus tard, je serai en vacances en Bretagne moi, chez Grand-Père et Grand-Mère. Bon, je peux revenir à Paris, c'est pas tant le problème. Mais quand même... Ca coupe les vacances, ce truc...
Deuxième entretien
Il se trouve que GeneralCounsel passe ses vacances à Vannes. Du coup, GentilClient organise l'entretien à mi-chemin entre mon lieu de vacances et le sien. Bar de l'Hôtel Mercure à Lorient.
On parle vacances avec GeneralCounsel, on parle du poste aussi. Ca a l'air bien ce poste de SJTM, ca me tente bien... je me sens de plus en plus intéressée.
A la fin de l'entretien, j'apprends que rien ne se passera avant la fin de l'été mais que je devrai sans doute traverser la manche afin de rencontrer des gens sympas qui ne veulent que mon bien.
Je profite de la journée pour faire des courses à Lorient avec le Doudou, sous la pluie... parce qu'il a beaucoup plu en Bretagne cet été.
Comment ça, c'est toujours comme ça ? Vous n'allez pas vous faire que des amis chez les bretons, vous...
Troisième et Quatrième entretien
L'été passe, septembre arrive, puis début octobre et je n'entends plus parler du truc.
Je me remotive pour mon travail.
Et, soudain, debut Octobre, alors que les feuilles commencent à tomber des arbres, je reçois un email (encore un) me demandant si je peux me rendre disponible la semaine suivante pour aller passer des entretiens au siège européen près de Londres. Sauf que c'est surtout près de l'aéroport et que, pour y aller, l'avion c'est quand même le mieux.
Je me déplace donc à Londres, aux frais de la Corporation, pour deux heures d'entretien, la première avec la chef de GeneralCounsel, la seconde avec la patronne des Ressources Humaines pour l'Europe. On évoque plein de sujets juridiques passionnants, la gestion du stress, le poste de SJTM, les raisons qui me me feraient renoncer à mon poste actuel et le les mérites comparés de la sauce soja par rapport à la Woustershire sauce. Bref, c'est sympa.
A la fin, on m'explique que tout ça, c'est très bien mais que y en a un qui est en vacances cette semaine, que justement c'est sans doute à lui que le poste reportera et que donc, va falloir que je rencontre le type qui a osé prendre des vacances quand je me déplaçais... Mon futur chef...
A cette date, il reste trois personnes en course, de trois nationalités différentes. Je suis la seule française. Les autres sont néerlandais(e?) et allemand(e?).
Cinquième entretien
Comme FuturChef a des réunions à Londres, on me demande si je peux le rencontrer à Heathrow un matin.
Je quitte Paris sous une pluie battante, dans un taxi qui sent la clope et la sueur... Ca commence mal.
Nous voici donc dans le bar d'un hôtel d'aéroport.
Ce n'est que mon troisième entretien dans un lieu de beuverie...
FuturChef me plait tout de suite. Il est allemand, il a vécu dans plein d'endroits d'Europe. Il a une vision du poste qui est la mienne. Il est pour la flexibilité, la réactivité.
Je viens de réaliser que s'il m'offre le poste, je le prendrai.
Quand je sort de l'entretien, je suis conquise.
Apparemment, c'est réciproque. GentilClient m'envoie en effet un SMS qui dit très exactement "Tu as encore cartonné".
A Paris, quand j'atterris, il fait grand soleil.
Je suis contente, moi.
Sixième entretien
Le dernier entretien, je le fais du bureau, par téléphone avec le MaîtreduMonde aux Etats-Unis.
Je ne retiens de cet entretien que quelques phrases:
- You will never ever do time-sheets again;
- You will love the flexibility;
- You will have fun as fun is what motivates us;
- I really want to work with you, I can figure that out in 15 minutes you know.
(désolée pour mes lecteurs francophones, mais la traduction française, ca rend pas bien).
J'ai beau savoir qu'un gars qui sait en 15 minutes qu'il veut vous embaucher peut décider de vous virer dans le même laps de temps, peu m'importe. J'aime ce côté direct, totalement ouvert qui me plait chez les nord-américains.
Ensuite, FuturChef me fait une offre verbale, que j'accepte. Je négocie un peu le contrat pour la forme...
Et je donne ma démission.
Démission
Je ne sais pas si vous avez déjà donné une démission. C'est vrai que ce n'est plus à la mode de démissionner. On préfère dire qu'on est harcellé et négocier une rupture conventionnelle. C'est ça la mode, la rupture conventionnelle.
Que voulez-vous, je suis old school.
Bref, ca faisait très longtemps que ca ne m'étais pas arrivé. Ca faisait 8 ans, 10 mois et 2 jours que je travaillais pour la Firme quand j'ai donné ma démission. On ne peut donc pas dire que j'étais rodé quand je l'ai fait.
Du coup, j'ai pleuré.
L'émotion, le sentiment de partir pour un monde meilleur mais en même temps d'un beau gâchis.
J'ai trois GrandChefs qui tous ont réagi différemment mais aucun n'a été vraiment surpris.
Le plus difficile a été de l'annoncer aux plus jeunes. Parce que, quand on travaille, le plus important, ce sont les gens avec lesquels on travaille... et que moi, je les aime, ces gens.
Grand Chef avait dit:
- T'inquiète pas, ils se doutent de quelque chose.
Tu parles ! Ca ne sait vraiment rien les Grands Chefs, j'vous le dis.
Leur première réaction à tous, ca a été de ne pas y croire. C'est une blague, qu'ils faisaient, en boucle. Il a bien fallu une minute à chaque fois pour les convaincre. C'est quand je leur disais que j'allais être SJTM qu'ils commençaient à réaliser. C'est un super poste, a été ce que j'ai entendu le plus après... Comme si ca pouvait justifier le fait que les abandonne. Certains ont pleuré, d'autres ont un peu paniqué.
C'est sympa de se sentir appréciée comme ca... et en même temps, ca fait un peu peur pour la suite.
Je ne devrais pas me préoccuper de la suite, me direz vous. Mais je suis comme ça moi...
Je peux enfin vous en en parler....
Parce que cette histoire de démission, ca dure, ca dure... mais comme je suis à la fois mégalo et parano, je n'en avais pas parlé ici. Ben oui, hein, imaginez que mes collègues me lisent, imaginez que mes patrons me lisent, imaginez que mes concurrents me lisent... non, non, un blog est un espace public et on n'y parle pas de ce dont on ne veut pas que ça se sache.
Mais maintenant que c'est fait, je vais tout vous dire... ou presque.
Genèse
Je suis assise devant mon ordi au bureau, il fait beau, les oiseaux chantent dans le jardin. Un email de GentilClient arrive, destiné à GrandChef et moi :
Connaissez-vous quelqu'un quoi pourrait être intéressé par un poste de Super Juriste de Tiers du Monde ?
(le tiers du monde, ce n'est pas le Tiers Monde mais le tiers de la surface habitée de la planète, qu'on ne se méprenne pas sur le sens des mots dès le départ).
euh... comment dire ? Super Juriste de Tiers du Monde (appelons le SJTM), ben, c'est moi ! Oui, je l'ai dit là haut, je suis mégalo, moi.
Je file dans le bureau de GrandChef.
- Dis, GrandChef, t'as vu l'email de GentilClient ?
- Oui, oui...
Mal à l'aise le GrandChef.
- Ca ne te fait pas penser à quelqu'un ?
- Ben c'est à dire que, euh... , tu sais... quand même ...
- Tu t'imagines bien que ça m'intéresse un peu ce truc ?
- Oui oui...
De moins en moins bien dans ses baskets, le GrandChef.
- Non, parce que, z'avez quoi de mieux à m'offrir ici ?
- Tu ne peux pas dire ca, t'es appréciée ici, tu gagnes bien ta vie, t'as de beaux dossiers, des clients sympas...
Vous notez comme GrandChef ne répond pas à la question posée...
- Ok, d'accord. Mais tu ferais quoi à ma place ?
- ben... je ne sais pas, je suis pas à ta place.
- C'est facile, ça... t'as eu mon âge, t'as eu mon statut, t'aurais fait quoi ?
Là, il ne peut pas se défiler, GrandChef. Je suis assise en face de lui, je ne quitterai pas son bureau sans une réponse. Et il le sait. Ma carrière se joue là. On se connait avec GrandChef. Je lui fait confiance, il sera honnête, je le sais.
- Bon, si j'étais à ta place, je crois que j'essayerai. Tu verras bien après.
Ca lui écorche la gorge de le dire mais je savais qu'il serait honnête.
- Bien, je vais essayer. Je te tiendrai au courant.
- ouais, ne m'en dis pas trop, s'il te plait... c'est pas simple ce truc.
J'ai donc répondu à la question du client que j'étais intéressée. Et il m'a répondu "why not ?" parce que ClientGentil il parle anglais aussi.
Premier entretien
Premier entretien dans un café à Châtelet avec GentilClient. C'est un café où les gens passent des entretiens. A ma droite, il y avait une fille qui travaillait pour la Croix Rouge et qui apparemment postulait pour un poste dans une autre ONG. La fille misait visiblement tout sur son décolleté.
GentilClient et moi, on se connait bien, on a beaucoup travaillé ensemble. Du coup, l'entretien était surtout un entretien de motivation pour comprendre pourquoi j'avais envie de quitté la Firme pour une Corporation, moins bien structurée et pour un poste sans doute un peu moins bien rémunéré... quoique...
A la fin de l'entretien, GentilClient me dit qu'il faut que je rencontre GeneralCounsel et me demande si je peux me rendre disponible trois semaines plus tard.
Trois semaines plus tard, je serai en vacances en Bretagne moi, chez Grand-Père et Grand-Mère. Bon, je peux revenir à Paris, c'est pas tant le problème. Mais quand même... Ca coupe les vacances, ce truc...
Deuxième entretien
Il se trouve que GeneralCounsel passe ses vacances à Vannes. Du coup, GentilClient organise l'entretien à mi-chemin entre mon lieu de vacances et le sien. Bar de l'Hôtel Mercure à Lorient.
On parle vacances avec GeneralCounsel, on parle du poste aussi. Ca a l'air bien ce poste de SJTM, ca me tente bien... je me sens de plus en plus intéressée.
A la fin de l'entretien, j'apprends que rien ne se passera avant la fin de l'été mais que je devrai sans doute traverser la manche afin de rencontrer des gens sympas qui ne veulent que mon bien.
Je profite de la journée pour faire des courses à Lorient avec le Doudou, sous la pluie... parce qu'il a beaucoup plu en Bretagne cet été.
Comment ça, c'est toujours comme ça ? Vous n'allez pas vous faire que des amis chez les bretons, vous...
Troisième et Quatrième entretien
L'été passe, septembre arrive, puis début octobre et je n'entends plus parler du truc.
Je me remotive pour mon travail.
Et, soudain, debut Octobre, alors que les feuilles commencent à tomber des arbres, je reçois un email (encore un) me demandant si je peux me rendre disponible la semaine suivante pour aller passer des entretiens au siège européen près de Londres. Sauf que c'est surtout près de l'aéroport et que, pour y aller, l'avion c'est quand même le mieux.
Je me déplace donc à Londres, aux frais de la Corporation, pour deux heures d'entretien, la première avec la chef de GeneralCounsel, la seconde avec la patronne des Ressources Humaines pour l'Europe. On évoque plein de sujets juridiques passionnants, la gestion du stress, le poste de SJTM, les raisons qui me me feraient renoncer à mon poste actuel et le les mérites comparés de la sauce soja par rapport à la Woustershire sauce. Bref, c'est sympa.
A la fin, on m'explique que tout ça, c'est très bien mais que y en a un qui est en vacances cette semaine, que justement c'est sans doute à lui que le poste reportera et que donc, va falloir que je rencontre le type qui a osé prendre des vacances quand je me déplaçais... Mon futur chef...
A cette date, il reste trois personnes en course, de trois nationalités différentes. Je suis la seule française. Les autres sont néerlandais(e?) et allemand(e?).
Cinquième entretien
Comme FuturChef a des réunions à Londres, on me demande si je peux le rencontrer à Heathrow un matin.
Je quitte Paris sous une pluie battante, dans un taxi qui sent la clope et la sueur... Ca commence mal.
Nous voici donc dans le bar d'un hôtel d'aéroport.
Ce n'est que mon troisième entretien dans un lieu de beuverie...
FuturChef me plait tout de suite. Il est allemand, il a vécu dans plein d'endroits d'Europe. Il a une vision du poste qui est la mienne. Il est pour la flexibilité, la réactivité.
Je viens de réaliser que s'il m'offre le poste, je le prendrai.
Quand je sort de l'entretien, je suis conquise.
Apparemment, c'est réciproque. GentilClient m'envoie en effet un SMS qui dit très exactement "Tu as encore cartonné".
A Paris, quand j'atterris, il fait grand soleil.
Je suis contente, moi.
Sixième entretien
Le dernier entretien, je le fais du bureau, par téléphone avec le MaîtreduMonde aux Etats-Unis.
Je ne retiens de cet entretien que quelques phrases:
- You will never ever do time-sheets again;
- You will love the flexibility;
- You will have fun as fun is what motivates us;
- I really want to work with you, I can figure that out in 15 minutes you know.
(désolée pour mes lecteurs francophones, mais la traduction française, ca rend pas bien).
J'ai beau savoir qu'un gars qui sait en 15 minutes qu'il veut vous embaucher peut décider de vous virer dans le même laps de temps, peu m'importe. J'aime ce côté direct, totalement ouvert qui me plait chez les nord-américains.
Ensuite, FuturChef me fait une offre verbale, que j'accepte. Je négocie un peu le contrat pour la forme...
Et je donne ma démission.
Démission
Je ne sais pas si vous avez déjà donné une démission. C'est vrai que ce n'est plus à la mode de démissionner. On préfère dire qu'on est harcellé et négocier une rupture conventionnelle. C'est ça la mode, la rupture conventionnelle.
Que voulez-vous, je suis old school.
Bref, ca faisait très longtemps que ca ne m'étais pas arrivé. Ca faisait 8 ans, 10 mois et 2 jours que je travaillais pour la Firme quand j'ai donné ma démission. On ne peut donc pas dire que j'étais rodé quand je l'ai fait.
Du coup, j'ai pleuré.
L'émotion, le sentiment de partir pour un monde meilleur mais en même temps d'un beau gâchis.
J'ai trois GrandChefs qui tous ont réagi différemment mais aucun n'a été vraiment surpris.
Le plus difficile a été de l'annoncer aux plus jeunes. Parce que, quand on travaille, le plus important, ce sont les gens avec lesquels on travaille... et que moi, je les aime, ces gens.
Grand Chef avait dit:
- T'inquiète pas, ils se doutent de quelque chose.
Tu parles ! Ca ne sait vraiment rien les Grands Chefs, j'vous le dis.
Leur première réaction à tous, ca a été de ne pas y croire. C'est une blague, qu'ils faisaient, en boucle. Il a bien fallu une minute à chaque fois pour les convaincre. C'est quand je leur disais que j'allais être SJTM qu'ils commençaient à réaliser. C'est un super poste, a été ce que j'ai entendu le plus après... Comme si ca pouvait justifier le fait que les abandonne. Certains ont pleuré, d'autres ont un peu paniqué.
C'est sympa de se sentir appréciée comme ca... et en même temps, ca fait un peu peur pour la suite.
Je ne devrais pas me préoccuper de la suite, me direz vous. Mais je suis comme ça moi...
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