Ce n'est pas comme si ce n'était pas un évènement programmé depuis des semaines, voire des mois, pourtant ça m'a frappé comme un ouragan qui fonçait sur moi (oups, pardon, je m'égare).
... ce soir, j'ai rendu mon badge à GrandChef et je suis désormais officiellement sans emploi...
C'était prévu, le compte à rebours avait commencé par un dîner d'adieu et un pot de départ.
Et maintenant, c'est fait.
Rien n'a vraiment changé... et pourtant...
1. Je n'ai plus de BlackBerry
Ça n'a l'air de rien, dit comme ça.
Si vous ne ressentez pas au plus profond de votre chair la marque indélébile du BlackBerry, vous ne pourrez pas saisir l'angoisse qui peut m'envahir depuis que j'ai tendu la bête au Monsieur du Helpdesk qui me l'a réclamée.
Le BlackBerry, c'est un prolongement de l'avocat d'affaires. L'outil par excellence.
Cela sert à tout : communiquer, téléphoner, se renseigner, lire l'heure, prendre des photos inutiles, organiser les dîners avec les copains et accessoirement les rendez-vous clients.
C'est le premier truc qu'on regarde quand on entre dans le métro (certains le consultent même au petit dej' mais moi j'ai un iPhone aussi, alors bon, je dois faire un choix cornélien chaque matin), le dernier quand on se couche. Ne me dites pas qu'il ne vous ai pas arrivé également de jeter un oeil à la couleur de la petite lumière avant d'aller au lit ? Généralement, après avoir hésité douze secondes, vous vous précipitez sur l'objet, pourtant rangé pour la nuit, parce que ça clignote rouge et que, on ne sait jamais, c'est peut-être urgent. Et c'est comme ça que vous (comme moi) vous retrouvez en conf. call. à 22 heures parce que, oui, c'était urgent et que vous auriez mieux fait de ne pas le consulter, ce message !
Le BlackBerry est l'unique lien avec le bureau, avec les clients quand plus rien ne fonctionne, quand les vacances battent leur plein, quand le film à la télé est nul ou que les copains qui vous ont invité à dîner nous rasent.
Le BlackBerry est l'ennemi du conjoint. Le conjoint voit dans cet objet maudit un(e) rivale imbattable. Comment vaincre un machin qui tout à la fois rassure et donne un sentiment de puissance ? Le Black, c'est le sabre laser du Padawan qui travaille du chapeau. Mieux que la coke, mieux que le RedBull. Un p'tit coup (d'oeil) et ça repart.
Du coup, ne plus avoir de BlackBerry, c'est ne plus être rassuré. Ne plus être puissant.
On n'est plus que soi, un être de chair et de sang.
...
Il faut apprendre à vivre sans lui, seul avec soi-même. Et ça, c'est une épreuve d'apprendi-Jedi. Je teste depuis ce matin, 10:33, heure de la restitution du matériel... Pour l'instant, aucun signe de manque mais ça fait moins de 12 heures....
2. Je n'ai plus de bureau
Depuis 9 ans et 19 jours, chaque matin, je me lève, je prends le métro, j'arrive au bureau, j'allume mon ordi qui met 15 minutes à se mettre en route. Pendant ce temps, je sirote un mauvais café avec ceux qui comme moi n'arrivent pas trop tard puis, une fois l'ordi allumé, je consulte les emails avec pièces jointes (les autres, je les avaient compulsés dans le métro - cf. ci-dessus). Je mets mets au boulot et la journée défile.
Ce matin aussi, j'ai fait tout cela.
Je n'ai pas vraiment réalisé que c'était la dernière fois.
Je n'ai pas réalisé que tout ce que je faisais, je le faisais pour la dernière fois. Quand on a fait les choses neuf ans de suite (vacances et congés mat' exceptés), on ne réalise pas que cela peut cesser. Même si on le sait. Ben non, lecteur, savoir et réaliser, ce n'est pas la même chose.
Toujours est-il que ce soir, à 18:32, j'ai éteint la lumière de mon bureau pour la dernière fois, fermé la porte pour la dernière fois et je suis allée dire au revoir à quelques personnes pour la dernière fois.
Ce n'est qu'une fois dehors, dans la rue, en direction du métro, que j'ai pris conscience de la chose. J'ai eu un brusque coup de blues. Du coup, je suis allée chauffer la carte bleue au DisneyStore et les poussins ont désormais d'adorables chaussons grenouille, rapport à la Princesse et la Grenouille pour ceux de mes lecteurs qui sont passés à côté du nouveau phénomène disneyant.
Puis, j'ai pris le métro comme d'habitude avec mon sac Disney qui filait les bas de toutes le filles un peu pressées qui se collaient à moi. Je savais que je ne prendrais plus cette ligne pour aller au bureau, que j'allais switcher pour le RER mais cela ne m'a plus pu émue que cela.
En sortant du métro, j'ai téléphoné à mon père sur le chemin du métro à la maison, comme je le fais (presque) tous les soirs...
Et c'est quand mon paternel m'a demandé comment ça allait et que je lui ai répondu c'était mon dernier jour aujourd'hui que tout est remonté.... à commencer par les gros sanglots que j'avais refoulé toute la journée.
Ça m'a prise par surprise ce gros chagrin de bébé.
J'étais ridicule avec mes lourdes larmes qui coulaient... et mon rire idiot, pas dupe de la situation.
Mon père était hilare (MDR diraient nos amis geeks).
- M'enfin, t'es contente quand même ?, a-t-il tenté entre deux éclats de rire
- Oui mais quand même, ai-je répondu entre deux sanglots.
Ben oui, quand même.
Je laisse tout un pan de ma vie derrière moi et, même si je pars vers de nouvelles aventures très excitantes, je ne peux m'empêcher de regarder avec tendresse ce (et surtout ceux) que je quitte.
Je ne sais pas si mes copains du bureau me lisent mais je veux leur dire ici ce que je n'ai pas su leur dire : vous allez me manquer... me manquer à un point...
Et ben voilà, je pleure.
C'est grotesque de pleurer sur un blog ! En plus ça fait des gouttes sur le Mac, le Doudou va encore râler. Vous imaginez que les larmes et le sel qu'elles contiennent bousillent sa machine ?!? Vous croyez que je serais pardonnée parce que je suis une fontaine ?
Bon, je sèche mes larmes et je vais embrasser mes grenouilles qui ne comprennent pas que leur maman soit triste de quitter son boulot alors qu'elle est contente de changer de travail. Faut dire que, à leur décharge, ce n'est pas évident à comprendre.
Dans deux semaines, j'aurai un nouvel emploi, un nouveau bureau et sans doute un nouveau BlackBerry...
... ouh là... j'espère que ce sera un BlackBerry... Imaginez qu'ils me donnent... un HTC ?
oh... :'( t'arrive à me faire pleurer sur un blog aussi (ouais say nul) je te souhaite pleins de bonnes choses dans ton nouveau boulot et une aussi bonne relation avec ton nouveau blackberry :-)
RépondreSupprimerUn HTC (sous Android hein) c'est pas mal non plus !!
RépondreSupprimerLe changement c'est sympa aussi, ça permet de se remettre en question et de découvrir d'autres horizons.
Bon courage :)
9 ans ! Purée, je siffle d'admiration, là...
RépondreSupprimerAi jamais tenu plus de 3 ans dans un boulot, moi, donc j'imagine combien ça doit être rude de laisser 9 longues années derrière soi et de tourner la page comme ça...
Mais haut les coeurs, c'est pour un mieux ! Pour d'autres horizons passionnants (et, là, c'est mon expérience qui parle, hein, forcément :-))) !!!
Bon, évidemment, s'ils te refilent un HTC, je te permets de re-sangloter un bon coup, ça, ce serait un sale coup, quand même...
(mais, person ça m'étonnerait, le BB, y'a que ça de vrai !)
PS: et chuis heureuse de voir qu'il n'y a pas que moi qui ait les 2 : ET un BB ET un iPhone ! Dans mes braaaaaaaaaaaaas !
Avec un peu de chance t'auras un Nexus One :) :)
RépondreSupprimerBen quoi c'est bien un HTC... mieux qu'une mûre... :-)
RépondreSupprimerPlus de boulot depuis 2 semaines = insomnies. Profite bien de tes vacances.
RépondreSupprimerBravo pour les 9 ans! Mais le nouveau Job doit être à la hauteur de la décision..
RépondreSupprimerAnecdote: mon cher Homme de Neandertal croit encore aujourd'hui que l'objet du délire s'appelle un Blackpourri....
Rapport à son pote, lui pré-Colombien, qui a tjs appelé ainsi le prolongement de la main de sa chère et tendre!!
Aaaaaahhhh, les vieux!!!
Bonnes vacances, et qui sait... On reprendra peut être en même temps..;-)
De mon côté ça fait 6 ans que j'ai un HTC (sous windows mobil) pour le boulot...alors à titre perso. j'ai pris un BlackBerry!
RépondreSupprimerMerci pour vos gentils messages, les @mis, ca fait chaud au coeur...
RépondreSupprimerJe note qu'un HTC, finalement, ce n'est pas si mal que cela... je ne serai donc pas trop déçue si on ne me met pas un black à disposition.