samedi 20 mars 2010

Badinter, Antier et moi

Je viens de tourner la dernière page de l'ouvrage d'Elisabeth Badinter, Le conflit, la femme et la mère. J'ai lu ce livre d'une traite comme si on m'avait assoiffée de pensées féministes pendant des années.

Ce n'est pas un roman, c'est une étude documentée et - oui ! - partisane (mais que serait l'analyse sans un véritable point de vue ?), sur l'image de la femme dans la société, le retour à un naturalisme rousseauiste et les aspirations légitimes d'une génération de femmes.

On y parle de ces mouvements néo-féministes, qui sous prétexte de glorifier la femme, mère nourricière, en font une mère à plein temps pendant de nombreuses années. On y raconte comment les femmes qui ne peuvent ou ne veulent être mères sont stigmatisées par la société. On y explique que, pour certains, l'épanouissement de la femme (ne) passerait (que) par l'enfantement et qu'une mère doit nécessairement avoir un instinct maternel. Madame Badinter craint les dérives d'une telle normalisation de la pensée... et je crains d'expérience que ses craintes soient fondées.

Revenons à moi, parce que finalement, y a que ça qui m'intéresse (narcissique et mégalo, je vous ai dit...).


1. L'allaitement

A l'été 2004, mon fils nait. Un petit bonhomme en pleine santé de plus de 3 kilos.

La dame à la maternité me demande si je veux l'allaiter.

- Ca va pas, non !

Oui, je parle comme le Simon le lapin qui ne veut pas aller à l'école. C'est que, effectivement, en matière de maternité, j'ai quatre ans, à peine plus. Le poussin est mon premier enfant. Et je ne sais pas y faire. D'ailleurs, la première maman qui affirmerait qu'elle sait y faire à son premier enfant, je la défie en duel de maternitude (j'aime bien les mots en "ude"). Ben oui, la maman, là, elle ment. C'est certain.

Cependant, l'allaitement, j'y ai longtemps réfléchi. J'ai eu neuf mois pour prendre ma décision. Et à la naissance, c'est une évidence : c'est hors de question ! On pourra m'en vanter tous les mérites, rien n'y fera. Mes seins sont à moi (et un peu au Doudou parfois) et ce n'est pas un petit gluon criard de quelques heures qui me transformera en esclave nourricière.

Et non, Madame de la maternité, je ne veux pas essayer. Ce choix est le mien. Il n'est que le mien. De quel droit reviens-tu m'expliquer que c'est mieux pour mon enfant ? Mon enfant est en parfaite santé, les laits infantiles sont excellents et le poussin accepte parfaitement bien les nourettes. Non, Madame de la maternité, je n'allaiterai pas, c'est décidé. Et pas la peine d'en parler à mon mari. Mon mari me soutient. Et même s'il n'était pas d'accord, mon corps est à moi et, jusqu'à preuve du contraire, je suis libre de l'utiliser à ma guise.

La dame de la maternité finit par me laisser tranquille... Je suis à deux doigts de me sentir agressée... Ce qu'on peut être susceptible quand on vient d'accoucher quand même !

Nous rentrons à la maison...

... et là, Madame Antier (Edwige de son prénom), dans le poste, m'explique que c'est quand même beaucoup mieux d'allaiter son enfant au sein, qu'il n'y a rien de tel que le lait maternel, qu'on prive l'enfant de bienfaits essentiels. Elle raconte que les mères qui n'allaitent pas par convenance personnelle ne sont que des égoïstes, qu'elles n'ont pas le bien-être de l'enfant comme priorité.

Et pour la première et la dernière fois, je prends la plume (virtuelle, la plume, je n'ai pas d'encrier à la maison) et j'envoie un email à la radio pour dire tout le dégoût que m'inspire cette femme qui parle et qui tente de me culpabiliser. Au moment où j'écris, je suis heureuse de me connaître suffisamment pour ne pas être troublée par ce discours que je pense alors être d'un autre âge. Je m'imagine, croisée du XXIème siècle, porte-parole de mamans moins éduquées que moi, de mamans qui font des choix à l'instinct et pas forcément en conscience, et je me dis que Madame Antier, si cela se trouve, est en train de foutre leur maternité en l'air. Imaginez. Vous êtes crevée par des nuits sans sommeil consacrées à la préparation de biberons et là, un dame arrive avec son titre ronflant de pédiatre et sa pseudo-science, et vous traite de mauvaise mère. Tout cela, je l'ai dit dans mon email.

Personne ne m'a répondu.

2. La Nuit

Avant d'avoir des enfants, le Doudou et moi avions posé certaines règles dont nous savions qu'elles pouvaient amenées à être enfreintes mais dont nous avions convenu qu'elles seraient des balises pour les années à venir. La première concernait la religion (j'y reviendrais sûrement dans un autre billet), la deuxième l'école et l'éducation (avec un poussin de quelques jours, on en était encore loin) et la dernière règle était un axiome : nous sommes le noyau et nos enfants les électrons. C'est le noyau qui prime.

De cette axiome du noyau découlait un certain nombre de sous-règles essentielles, parmi lesquelles:
- la télécommande de la télé appartient aux parents;
et
- l'enfant dort dans sa chambre, les parents dans la leur.

Et c'est ainsi que, dès la première nuit, l'enfant dormit dans son lit, dans sa chambre (séparée de la chambre des parents par une fine cloison et portes ouvertes, nous ne sommes pas des monstres !).

Et voilà que Madame Antier (encore elle), qui sévit tout l'été 2004 sur ma radio préférée, nous raconte que l'enfant doit dormir collé à ses parents, peau contre peau (comme l'oisillon dans le nid ou le kangourou dans la poche de sa mère). Que c'est essentiel pour son développement.

Le nesting, elle appelle cela !

Et là, je ris franchement. Manquerait plus que mon petit gars de 3 kilos meure étouffé sous ma graisse ! C'est que ma taille de jeune fille (si tant est que j'ai jamais eu une taille de jeune fille), n'est pas réapparue miraculeusement trois semaines après l'accouchement. Faut pas croire, ça prend du temps à disparaitre, le bourrelet disgracieux. Imaginez le nourrisson retrouvé asphixié dans les plis du ventre distendu de sa génitrice.

C'est du plus grand ridicule !

3. Le Travail

C'est bien joli l'idée de rester à la maison pour élever poussin, l'allaiter jusqu'à trois ans et lui être totalement consacré.

Sauf que j'ai des ambitions moi. En 2004, naissance de mon premier enfant, je vise une promotion, en 2006, naissance de mon second enfant, un autre. Ce que je sais, ce que je ressens au plus profond de moi, c'est que mes enfants ne resteront pas éternellement dans nos pattes, qu'on les élève pour qu'ils partent un jour et qu'une maman épanouie par son travail est une meilleure mère que celle qui reste à la maison par obligation mais est frustrée de n'être que cela une maman.

Alors, je sélectionne une nounou et je reprends le travail.

J'aménage mes horaires pour être plus présente à la maison mais, à aucun moment, je n'envisage d'arrêter ou de suspendre ma carrière. Je sais trop ce que "suspension" signifie et j'ai besoin de travailler. Pas seulement financièrement. Mais bien sûr financièrement aussi. Deux rémunérations valent mieux qu'une et, même si le bien être matériel ne fait le bonheur, il aide à passer l'hiver...

Et je ne repense plus à Madame Antier, jusqu'à ce qu'elle réapparaisse dans mon paysage en expliquant combien la fessée est néfaste (voir ici). Et même après, comme elle disparait à nouveau, je l'oublie presque.


Et voilà que Madame Badinter sort un livre où il est question de Madame Antier... mais pas seulement de Madame Antier. Je découvre, effarée, que ce que je prenais pour un groupuscule minoritaire et risible est en réalité un mouvement de fond, lequel va de pair avec le retour de l'ordre moral dont j'ai parlé ...

Et encore une fois, je me demande si ce petit monde post-soixante-huitard, où j'ai pu être libre de choisir ce que serait ma vie, où mes copines et moi avons pu librement décider d'allaiter et/ou de travailler (les deux ne sont nullement incompatibles me semble-t-il), où les hommes sont respectueux du choix des femmes, où l'on peut encore ne pas avoir d'enfant sans être une Messaline, un monde de contraception où l'avortement peut être une solution, sera le monde que connaîtra la Poussinette.

Pour l'instant, je suis dans la phase du "tout se joue avant six ans" et, parce qu'il y a des ancrages qui doivent être indélébiles, j'explique à ma fille que, si elle travaille bien à l'école et si elle s'amuse, rien ne lui sera interdit. Qu'elle pourra être ce qu'elle a envie de devenir.

Et quand on lui demande qu'elle métier elle veut faire plus tard, la Poussinette répond, très fière:

- maman et médecin, c'est ça que je veux faire.

Qui vivra verra...

25 commentaires:

  1. Je suis complétement à l'opposé de toi, j'ai allaité, j'ai pratiqué le cododo et j'ai pris un congé parental. Au foyer, au boulot ou le nain pendu au sein l'essentiel c'est de faire comme on le sent et de ne surtout pas culpabiliser.

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  2. @femin'elles : Je suis d'accord avec toi. Chacun doit être libre de faire comme il le sent. Je crains juste, surtout après la lecture du livre de E. Badinter, que ce ne soit plus si simple...

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  3. En tant qu'autre "professionnel de la petite enfance" (ça fait pompeux hein ^^) je suis d'accord avec toi! Que Mme Antier exprime ses opinions soit, c'est son droit le plus strict (comme celui de d'E. Badinter) mais qu'elle ne vienne pas culpabiliser les jeunes mères.
    Comme tu l'as dit, les progrès des mentalités et de la science permettent aujourd'hui (et fort heureusement) aux femmes de faire leurs propres choix, et elle ferait mieux de les accompagner et les soutenir plutôt que de les culpabiliser et les fragiliser. Car que l'on soit médecin ou autre intervenant de la petite enfance, il ne faut pas oublier que les parents restent les acteurs principaux dans la vie de leur bébé. On est là pour les aider et les conseiller, mais il y un pas entre conseiller et juger que je ne saurais franchir. Mais il est sûr qu' éthique et vente de livres ne sont pas toujours compatibles.
    Quand aux idées véhiculées, elles en disent également long sur la mentalité rétrograde et bien pensante qui essaie de reprendre la main sur bien des sujet en ce moment et donc la petite enfance/maternité n'est pas des moindres.
    Je finirai pas une petite prise de position sur le nesting/co-sleeping qui reste (et la grande majorité des professionnels en conviennent) à la fois un erreur et une des plus grande con... que l'on puisse conseiller à des parents quand on sait les risques que cela fait courrir à l'enfant (étouffement, hyperthermie, en autres)

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  4. Merci Angelus dont le com' est enfin apparu :) Tu imagines combien ce que tu écris me touche venant de quelqu'un qui connait les enfants et ce qui est bon (ou pas) pour eux.

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  5. Coucou ma Doudette,
    Alors ce com... il me fallait mon pc, parce que 4 h sur l'iphone ne me branchaient guère hier soir :D
    [Mode je raconte ma vie]

    Alors voilà, je me considère vraiment comme moderne et totalement libérée... Je travaille en libéral, j'ai mon propre cabinet, je m'assume financièrement... Je suis à l'opposée d'une femme d'intérieur, même si parfois, le démon du ménage vient me chatouiller les orteils, j'ai ma technique pour éviter le repassage (parce que j'ai autre chose à faire de mes soirées que les passer à plier les T_shirt en 8). Non, mais franchement, la femme qui reste à la maison en attendant son petit mari, c'est vraiment pas moi !

    Et puis, fin 2007, enceinte... Baste le fait que les hormones me rendaient totalement zen, et que rien que pour ça j'ai envie de recommencer vite, j'ai adoré ça !
    Bon, j'ai eu ce qu'on appelle une grossesse magique, pas trop de nausées, pas de vrai souci si ce n'est la fatigue.
    Et d'emblée, ça a été pour moi une évidence, je l'allaiterai !! En plus, j'ai ma fibre écolo qui vibrait à fond, et quoi de meilleur pour notre planète que le lait que moi même je fournirai ? Pas d'emballage, pas de souci de bib, en plus c'est bon pour le bébé... Je suis kiné, et je vois passer chaque hiver des dizaines de bébé avec ces chères bronchiolites... Je voulais essayer de la protéger de ça...
    Et j'avais tout entendu, de celles (et ceux, un comble : pas de sein, pas d'avis !) qui me comparaient à une vache, celles qui essayaient de me faire peur avec leur crevasses, leurs douleurs infernales pendant les montées de lait... etc... mais je m'en foutais, j'assumais ce choix, et je ne l'ai à aucun moment remis en question.
    Bon, il y a eu juste un petit souci au démarrage, j'ai du utiliser un artéfact (bout de seins en silicone, je te vois te marrer), mais qui m'a du coup permis de passer au travers des crevasses et autres joyeusetés dont on m'avait causé....

    Et là, toutes mes idées reçues sont tombées... Fatigue ? oui, ben trouve moi une maman qui n'est pas fatiguée par le rythme du bébé... Mais à côté de ça, le fait d'allaiter fait secréter des endorphines.... cette petite hormone qui fait que tu te rendors presque instantanément à la fin du repas de la demoiselle.
    Alors, moi aussi, je voulais la mettre dans sa chambre dés le début, mais en fait, elle a passé un mois dans le landau à côté de mon lit... parce que je suis une vraie marmotte :D et là, je l'entendais commencer à gigoter, hop, j'ouvrais un œil, je la mettais au sein, et je refermais mon œil... quand la demoiselle avait fini, hop, je la recouchais, et si la couche pouvait attendre, je m'étais même pas levée du lit ! Rien que pour ça, j'ai trouvé ça génial. Aujourd'hui, c'est bibi, ben le fait de se lever, de descendre, attendre qu'il chauffe... pas moyen de se rendormir vite...
    Ensuite ça fait mal ? euh, ouais, peut-être la première semaine, mais très vite, et je le dis sans honte, ça devient carrément agréable (peut-être bien un rapport aux endorphines sus-citées)...
    Enfin voilà, j'allaitais mon bébé, encore une fois, pas besoin d'aide, je gère !!

    Mais moi aussi, pas de congé parental, j'ai repris, la puce avait à peine 10 semaines. Si une chose était à refaire, ce serait ça, j'aurais attendu quelques semaines de mieux, 3 ou 4, ça fait une telle différence à cet âge... Mais j'allaitais toujours, j'avais pris une nounou proche du boulot pour permettre la tétée de midi, et tirais mon lait pour les deux tétées qui manquaient. Et bien que le tire lait fasse fortement penser à la machine à traire de mon grand-père, m'en foutais, pour mon bébé, c'était le mieux, alors ma foi, l'avis des autres....

    je continue dans un second com, trop long ^^

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  6. [voilà la suite]

    Enfin voilà, je l'ai amenée à 6 mois comme ça, mais la fatigue du boulot a fini par avoir raison de moi, et j'ai du arrêter... j'en aurai pleuré à la dernière tétée...

    Enfin bref, je ne connais pas la dame dont tu parles, mais je vais encore te parler de moi un peu... Je viens d'être tatie, et la maman ne se sentais pas, mais alors pas du tout d'allaiter.... Elle, tous les clichés, elle les voyait en énorme... Je lui ai raconté mon expérience, qu'elle connaissait un peu bien sur, mais non, elle ne le sentait pas, alors je l'ai soutenue (c'est ce que doit faire une belle sœur, nan ? ) et surtout, j'ai expliqué à mon pitit frère pourquoi c'était pas si grave si elle n'allaitait pas, les avantages qu'il allait y trouver.

    Je pense comme toi, on fait comme on le sent !! Et surtout pas comme on vous dit, ça risque juste de pas fonctionner.... On va frustrer des mamans qui tenaient à allaiter en les obligeant aux biberons (j'ai vu ça chez une patiente de la part d'un pédiatre très indélicat) et j'imagine même pas allaiter si on en a pas envie.
    On a le choix aujourd'hui, c'est pas ça la liberté ?

    Alors je m'en fous de leur ordre moral, avant, on vous obligeait presque à donner le bib, maintenant, c'est le sein, mais faites comme vous le sentez bon sang, les deux ont leurs avantages, et leurs inconvénients, c'est un truc qu'on sent dans on ventre, tout au fond là, et celle (ou pire, celui) qui vous dit le contraire, il a rien compris !

    Bisous ma Doudette

    PS : juste une parenthèse sur le nesting, je l'ai fait juste une fois ou deux, ces jours où, tu sais, bébé hurle, et tu ne sais plus quoi faire pour le calmer... épuisée, je la prenais contre moi, et je me posais sur le lit... magique... bon, tu ne dors pas vraiment pour toutes les raisons dont vous avez parlé, mais tu peux te reposer et bébé, il est bien et arrête sa litanie....

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  7. Je pars du principe qu'on doit pouvoir faire les choses comme on le ressent. C'est pour moi cela qui est le meilleur pour l'enfant. Au risque que tu m'unfollow je fais partie de ces mamans qui ont allaités jusqu'a 18 mois (hé oui!) et j'ai pris une pause carrière jusqu'a ses 2 ans et demi (je recommence en juin). Je n'ai pas fait ça en lisant Mme Badinter ni Mme Antier, je l'ai fait parce que je le ressentais comme ça! Et voilà pourquoi mon allaitement c'est très bien passé.
    J'avoue que moi je l'ai fait pour le contact qu'on a avec l'enfant et la facilité! bah oui moi j'avais qu'à le ver mon pull pour donner à manger alors que ma belle-soeur, elle, se trimballait un sac énorme! Loin de moi l'idée de culpabiliser qui que ce soit! Chacun fait ce qu'il peut! Tu as fait ce que tu pouvais. J'ai fait ce que je pouvais... et nos enfants seront de bonnes personnes plutard (j'espère!)
    ;)

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  8. j'ai dis que je ne donnerai plus mon avis mais bon ça me démange!
    Autant je trouve ça triste qu'on montre du doigt les femmes qui veulent travailler, avoir une carrière, etc ... autant ça me désole de voir l'effet inverse soit que les femmes qui restent à la maison avec les enfants deviennent des bêtes de foire vivant à l'ancienne et forcément soumises ^^

    là ou je suis le plus d'accord c'est avec feminelles, que chacun fasse ce qu'il souhaite sans montrer l'autre du doigt.

    tu n'allaites pas, moi non plus ; tu es une femme qui travaille moi je m'occupe de mes enfants à temps plein; etc ... au final on est heureuse toute les 2 avec le mode de vie qui est le notre et c'est ça le principal ^^

    Il faut être en accord avec soi même. Je reste à la maison avec mes filles avec un sourire aux lèvres quand je vis un moment unique avec elles , un moment que je ne cède pas à une nounou ^^
    J'ai énormément de chance de pouvoir vivre en accord avec mes principes, et je le souhaite à tout le monde même si nous n'avons pas les mêmes idéaux ;)

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  9. Merci pour tous vos commentaires les filles ! Ils montrent à quel point chaque parcours est individuel et divers.

    Et s'il existe bien un point comment entre toutes nos expériences, c'est qu'ils sont fondés sur une liberté totale de choix et de parcours.

    J'espère juste que cela pourra continuer... et qu'il n'y aura un jour (comme dans d'autres pays, si on en croit le livre d'Elisabeth Badinter) une pensée dominante qui stigmatisera celles qui s'éloigne du dogme.

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  10. Laurence Juin21 mars 2010 17:37

    Mais pourquoi la femme se sent-elle toujours en devoir de justifier ses propres choix? Je lis ce post, je lis les commentaires et je me dis : on est toutes d'accord : on assume ! Alors pourquoi faire le jeu de ces "penseuses" qui jouent à penser pour nous ? Badinter, Antier etc. Tant que les femmes se justifieront, elles feront le jeu des pointeurs et des accusateurs.

    Une précision tout de même : il est toujours beaucoup plus facile d'assumer ses choix de femme et de mère quand on (= la famille) a les moyens financiers et de carrière de le faire. La cassière à mi-temps qui élève seule ses mômes ne se demande pas si elle va allaiter, si elle va prendre des couches lavables et si son bébé dormira ou pas avec elle. QUand on vit dans un studio ou un T1, la question ne se pose pas.
    Alors débattre oui mais pas auto-centrées sur nos (car je m'inclue totalement là dedans) dans nos conditions de vie sociales qui nous permettent toutes ces considérations.
    Plus que Badinter : lire Aubenas à Ouistream. La condition de la femme/mère c'est aussi celle-là (pas que mais aussi)
    Laurence

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  11. j'ai également lu ce livre: le respect que j'avais pour cette grande Dame et la levée de boucliers qui a suivi sa sortie....bref je voulais me faire mon opinion.
    Dès la librairie, couac: ma libraire me dit " oui , j'en ai un ( posé à l'abri de tout...)"
    UN seul? elle m'avoue "ne pas adhérer à la distribution de ces idées choquantes, j'en parlais avec Me Dugenou tout à l'heure......"
    Et, vous l'avez lu? "Non."
    Tout est dit!!

    Quand mes 2 premiers fils sont nés, j'ai repris le boulot avant les 3 mois révolus de congé maternité.
    Non pas que ma carrière soit en jeu: à la naissance du premier je travaillais 30h/ semaine, 6 matins sur 7.
    Pour le second, j'ai décroché un poste pendant ma maternité.

    Mais c'est quand mes enfants sont nés que j'ai ressenti le besoin d'avoir une vie à moi.
    Mon histoire familiale en est la cause.

    Mais quelle levée de boucliers!!
    Sages femmes, personnel de maternité, pseudo"copines"...
    Une seule harmonie: le manque total de libre pensée.

    12 ans plus tard, expérience différente, mon 3e fils a trois ans et (POUR LE MOMENT!!) je ne travaille pas.

    Je savoure chaque jour! les grands sont très heureux d'avoir maman à la maison pour les devoirs, les déj, les anniv....
    Je n'ai pas l'impression de rattrapper quoi que ce soit de perdu avec eux, mais je suis là, en ce moment.

    Une chose est sûre: que l'on soit d'un coté ou de l'autre de la maternité, on fait un choix. Et il y a toujours quelqu'un de bien renseigné et aussi bien pensant pour vous dire que vous avez fait le mauvais.

    Mauvais choix aussi de divorcer, d'arrêter de travailler, de se remettre en couple avec le papa de 3 enfants, de (re)faire un enfant, de partir 2 mois au Brésil sans les enfants, de retravailler....

    Pour moi, un seul choix: celui de vouloir le bonheur de mes fils. Leur bonheur d'adulte.

    On est les parents qu'on peut.

    Et je rejoins Laurence sur le conseil de lecture: Le livre de F.Aubenas.

    C'est souvent ça être mère. Et le choix, c'est souvent le luxe.

    Comme toujours, beau billet Dame Doudette.

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  12. Sans oublier que pour la question du congé parental, ce n'est plus uniquement l'unique préoccupation de la mère. Par exemple, le jour (enfin si quoi) où j'aurais un enfant, je me vois bien le prendre moi le congé parental. ;)

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  13. @AnneJo : "idées choquantes" ?!? Ben voilà, tout est dit. Ces idées qui étaient un pan de la pensée féministe sont devenues... choquantes :p

    Vive le progrès !

    Je suis d'accord avec tous les commentaires sur la liberté de choix et bien sûr que je vais lire le livre de Florence Aubenas.

    J'aime ton parcours, AnneJo, qui montre ce que c'est que d'être une femme libre.

    J'aime aussi la remarque de Laurence sur le fait que nous sommes des privilégiées, nous qui écrivons ici.

    Tout ce que vous dites me convainc d'une chose : il ne faut pas oublier que les femmes ont le droit de choisir et qu'il n'y a pas de mauvais choix.

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  14. Je n'ai pas lu les commentaires ci-dessus !

    Pour l'allaitement, je suis d'accord avec toi pour une raison précise et simple que j'ai constatée de visu : un bébé au biberon, ça permet au papa de s'en occuper très tôt et de se créer une relation. La volonté d'allaiter est aussi, à mes yeux, une volonté de la mère de ne pas "partager" son bébé. je trouve ça angoissant !

    A chaque fois que j'écoute Antier, c'est amusant, je me sens plus jeune tellement elle me semble retrograde !
    :-))

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  15. @Angelus et @Monsieur Poireau :

    Je note à vous lire l'importance du père et de son désir (ou non) d'être impliqué dans la vie de l'enfant.

    J'ai constaté à écouter Madame Antier (puis à lire Madame Badinter) que le père n'entre pas dans l'équation s'agissant des thèses prônées par les partisans du naturalisme.

    Encore une fois, imposer un dogme (quelqu'il soit) conduit à exclure ceux qui n'y adhèrent pas ou n'en sont pas un acteur...

    humpf... Oui, oui, un jour, je parlerai de religion sur ce blog !

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  16. Idem ici, je l'ai acheté et je termine de le lire, le livre de Mme Badinter !
    Et chuis très heureuse de le faire !

    Je suis une féministe convaincue (celui qui en doute aura affaire à moi) mais j'ai allaité 20 mois, j'ai arrêté de bosser un an pour m'occuper du schtroumpf et il a pieuté dans mon lit le premier mois (essayez de vivre avec un monstre qui dort une heure et qui tête une heure, qui dort une heure et re-tête une heure, vous le laissez dans votre lit, c'est une question de survie), il ne m'est jamais venu à l'esprit que les deux choses étaient incompatibles.

    PAR CONTRE, je l'ai fait, non pas parce que "c'est ce qu'il fallait faire" mais parce que, MOI, je voulais le faire.
    A la base, je ne voulais pas d'enfant (ben non, c'est chiant, un enfant, ça vous empêche de vivre, de monter sur scène, d'avoir une vie désordonnée), alors il m'a fallu ce chemin pour m'ancrer dans la maternité.
    Je ne le regrette pas. Mais je ne le crois pas nécessaire à toutes les femmes.
    Et, qui plus est, si un jour j'avais un deuxième enfant, chais pas du tout (mais pas du tout, hein), si je referais le même chemin (heu, chuis même déjà sûre qu'arrêter de bosser un an, ce sera non d'office, chuis pas faite pour ça, y'a de très bonnes nounous :-)).

    Donc voilà.
    Oui pour l'allaitement, l'arrêt de travail, le cododo, la nourriture maison, toussa... Mais rien de tout cela, justement, n'est une obligation, un chemin tout tracé.

    J'ai toujours dit: "maman d'abord, bébé suivra, il a pas le choix :-)))"
    (bon, j'exagère un peu, mais à peine ;-))

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  17. 1. quoiqu'en dise/pense l'opinion, je voue à E Badinter une indéfectible admiration.

    2. on me dit dans l'oreillette (une maman qui a un temps confié ses enfants chez la Antier) que la dénommée Edwige Antier est carrément homophobe. Donc nauséabonde. Mais je dis ça, je dis rien...

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  18. Je voudrais ajouter juste un truc, suite au commentaire de M. Poireau : le choix de l'allaitement a été, chez moi, un choix de couple !!! Je pense que, là, il est réducteur de dire que tous les papas de sentent exclus de la relation papa-bébé si leur femme allaite !!!!

    Ici, le papa du schtroumpf a pris un mois (oui, z'avez bien lu, UN mois, il le voulait cet enfant, hein !!!) de congé à la naissance de son fils. Il a passé un mois en tête-à-tête avec lui dans le change, le bain (pour vous dire, jusqu'aux 5 ans du schtroumpf, j'ai dû lui donner 5 fois le bain en tout pour tout, c'était ZE moment père-fils, impossible de les séparer. Et, là, que le papa bosse à Paris, ça manque à schtroumpf, de papoter avec papa pendant son bain...), les balades. Il n'y a que papa qui pouvait calmer les hurlements de bébé le soir (moi, ça me faisait fuir, faut avouer, pas lui), que dans les bras de papa qu'il se calmait. Une relation intense et forte est née.
    Et pourtant, bébé a été allaité ;-)

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  19. Ah les grands mots de toutes les têtes bien pensantes.
    J'ai un petit truc à te dire ma doudette adorée, être mère ça s'apprend tous les jours. Car chaque enfant est différent il te réserve mille surprises ce qui est bon pour l'un ne l'est pas pour un autre.
    A l'arrivée de Prem j'ai pleuré face à la solitude que j'ai eu pour l'allaiter. Merci les copines à mille kilomètres de moi qui m'ont soutenue. Non merci aux poufs de l'hopital qui m'on sortie qu'un bébé de moins de 2.3 était un préma, un petit bébé qui a besoin d'un biberon. Que j'étais une mauvaise mère de vouloir donner le sein. Et mon pied au derrière tu le veux?
    J'ai tenu, je suis têtue et j'ai répondu. Et oui, je crois que j'ai eu mes larmes de ravaler et que j'ai pointé mes dents de louves. J'ai repris il avait moins de trois mois, il souffrait d'une allergie sévère aux protéines de lait de vache. Je passerai les détails et tout. Je me suis promis de plus géré tout ça ainsi. Et bordel, les confrères de Antier qui me sort que les allergies s'est un soucis psychologique. Euh oui bien sûr à 2 mois :o non mais ohhhh y a noté poulet sur mon front où quoi?
    Deuze, mon gabari poids lourd a été allaité longtemps...13 mois il refusait niet tout bout de biberon. Il hurlait. J'ai du tenir bon pour passer à un autre moyen de boire que le sein. Pfiou. L'allaitement d'accord mais pas en devenant un "je colle maman et je le glue à fond". Un peu d'espace à moi.
    Tite Der, ma préma, ma douce allaité 9 mois. Notre aventure a été douce. Une vraie crème.
    J'ai cododoté avec Deuze et tite Der. J'étais quasi toujours en position assise. J'ai même utilisé l'écharpe à la maternité en kangourou.
    L'allaitement je l'ai choisi et vécu d'une manière différente à chaque fois.
    Une maman a le droit de choisir sa façon de nourrir son bébé: biberon ou sein ce qui compte c'est d'aimer. C'est un instant magique de voir son grumeaux grandir.
    Chaque jour, une découverte nous attend.
    Travailler ou non, je trouve que des enfants c'est une joie, des peines et des questions en permanence.
    La fessée, j'en donne et alors?
    Je suis imparfaite, et j'assume. Mes enfants ne dévastent pas tout sur leur passage, ils disent les mots magiques, mangent sans s'essuyer sur les nappes, et sourient. :)
    J'ai la chance de les voir grandir en restant près d'eux tout en ayant ma bulle, je concilie ma statut de maman et de femme au fur et à mesure.
    Etre mère de veux pas dire abandonner sa vie de femme. :)Puis le meilleur compliment que j'ai pu avoir c'est Prem qui m'a dit que j'étais une super héroine tel Spiderman (sans collant lol)
    Ton billet est charmant comme d'habitude.

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  20. Ton témoignage, ma moopette (c'est mignon, moopette, non ?) montre, s'il le faut encore, qu'il faut laisser le choix aux parents de la façon dont ils élèvent leur enfants...

    Et, je confirme, tu est une super spiderwoman avec de super pouvoirs :)

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  21. Je te rejoins sur toute la ligne. Comme j'aurais aimé que ton message adressé à France Inter soit lu en 2004, je l'aurais peut-être entenu moi, de l'autre côté du poste, éreintée par un nourrisson qui ne dormait que 4 heures (le jour) et que je m'acharnais malgré tout à nourrir du mauvais lait de mon sein fatigué.

    On a le choix quand on est entourée par des gens de confiance, qui connaissent la maternité mais l'a t'on vraiment dans la solitude d'une première grossesse ?

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  22. Je ne suis pas vraiment concerné, mais je rejoins Badinter sur l'idée que nous assistons au retour d'un certain ordre moral, tout à fait insidieux.
    Tenez bon les filles, la liberté que vous avez acquise de haute lutte ne doit pas être remise en question.

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  23. et j'ai eu peur à la fin que ta poussinette veuille devenir Edwige Antier quand elle serait grande!

    beau témoignage!

    Toi et tes consoeurs, résistez, parce qu'il y a plein d'Edwige Antier dans la nature qui terrorisent de molles mamans.

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  24. En très résumé : 3 garçons de 16, 14 et 9 ans, un poil + grande (pour ne pas dire plus vieille). Allaité quelques semaines n°2 et tout au long du congé mater n°3, et repris le travail dans la foulée.

    Chaque maternité a sa merveilleuse et respectable histoire.

    MAIS je suis effarée de voir à quel point les jeunes femmes sont désormais encouragées à consacrer du temps à leur enfant, hors de toute réalité sociale et économique, et à prendre le risque de dépendre à tous égards de leur conjoint.
    Certaines leçons ont été oubliées...

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  25. Pour la naissance de Romain, je ne souhaitai pas allaiter, ah non déballer mes seins ( tout petits certes mais quand même .. ou là je m'égare ..)devant tout le monde très peu pour moi et je sais pas ce qui s'est passé sur cette table d'accouchement mais à l'instant où je l'ai vu ça a été une évidence, j'allaiterai ! Je ne me l'explique toujours pas ... Le papa était ravi de ce choix, sans me le dire il souhaitait que cela se passe comme ça mais avait conscience que c'était LE choix de la mère.
    A Moi l'allaitement, lui le bain, on a trouvé chacun nos marques, et pu partager des moments intenses avec ce bout de choux...
    Deux mois après la naissance de Romain je devais commencé un nouveau travail, et là aussi une évidence j'ai arrêté l'allaitement un peu avant, je ne me voyais pas commencé ce travail, faire une formation, et être disponible pour l'allaitement ...
    J'avais envie de me donner à fond dans ce travail et j'étais heureuse de reprendre une vie professionnelle car même si dans ma famille on me considère comme une maman poule ( voire même souvent angoissé ) je n'ai jamais été une mère comblée lors de mes périodes de chômage, et oui je ne suis pas qu'une mère mais aussi une femme qui a besoin de travailler pour m'épanouir ( cela doit venir de mon éducation )...
    Je n'ai jamais culpabiliser en déposant romain chez sa nounou...
    N'ayant jamais vécu avec le papa, il m'aurait été facile de prendre Romain dans mon lit, on en connait toute des mamans solo qui par peur du vide dorment très longtemps avec leur enfant.. très peu pour moi chacun sa chambre chacun son lit ...

    Je ne juge pas les parents qui font des choix différents, parce que quels que soit ces choix nous ne voulons chacun qu'une chose que nos enfants s'épanouissent... et comme en cuisine on a chacun notre recette.

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