vendredi 9 avril 2010

les grandes familles

Les repas de famille, trente personnes et trois heures à table, dans ma famille à moi, on ne fait pas. Faut dire qu'on n'est pas trente dans ma famille. Ceci explique peut-être cela.

Ce qu'on fait de plus proche du repas à l'ancienne, argenterie et verre en cristal, c'est un déjeuner-buffet avec assiette en carton et repas commandé chez le traiteur du coin. Pas de cuisine, pas de vaisselle et si j'ai moyen de trouver quelqu'un d'autre que moi faire le service, c'est encore mieux. La flemme incarnée, c'est moi !

Je ne suis donc pas habituée à commencer un week-end par un apéro, puis un déjeuner amuse-bouche-entrée-plat-fromage-dessert, sortir de table à 16 heures 30, me changer, enchaîner par un dîner à 20 heures (précédé d'un apéro à 19 heures) et recommencer le lendemain midi. J'oublie les petits dej' copieux qu'on s'enfile avant parce que c'est l'hôtel et qu'on a tout à volonté.

C'est pourtant ce que j'ai fait le week-end dernier pour les fiançailles de mon beau-frère, les premières fiançailles tralala auxquelles j'assistais, étant généralement plutôt adepte des mariages low cost (sans raout mondain pour sceller la promesse d'union).

J'ai ainsi plongé dans un monde inconnu, un monde de convenances mais surtout un monde où tout est fait pour faire plaisir aux invités (dont moi).


1. Le plan de table peut réserver de bonnes surprises (et de moins bonnes).

Trois repas formels, ça donne six voisins de table différents, dont le grand-père sourd de plus de 80 ans, qui vous hurle à l'oreille que rien ne vaut la bonne bière alsacienne.

Découvrir des inconnus est en fait une exercice assez réjouissant.

Le procédé est immuable.

On commence par le lieu de vie.
- Vous habitez où ?
C'est neutre, en principe sans danger. Pour peu que ce soit un petit bled et qu'on y connaisse quelqu'un, on peut créer un lien, comme ça, sans en faire trop, par le prisme d'une relation commune. On peut évoquer le microcosme fermé de certaines cités de province, les mérites comparés de la ville et de la campagne, de la maison-avec-jardin et de l'appartement-proche-de-la-gare. Ça permet d'enchaîner sur la peinture à refaire et la cloison à abattre, le coût d'une cuisine Ikea par rapport à celui d'une cuisine Schmidt. Bref, ça occupe le temps de l'entrée.

Si l'un des voisins de table vit ou a vécu à l'étranger, on peut faire une grande partie du repas sur le sujet. Là, j'ai eu la version Hong-Kong (où je suis allée, j'ai donc été brillante) et Dubaï (où je n'ai jamais mis les pieds et ai donc rongé mon frein). Les deux étaient passionnants.

On poursuit avec le travail. Enfin, moi, je poursuis avec le travail. Le temps d'expliquer ce que je fais et de comprendre ce que font mes voisins, le plat de résistance arrive. Parfois, ça fonctionne mieux que d'autres. C'est sûr que le "oh, mais c'est exactement votre profil que je recherche" est nettement plus valorisant que le "je ne comprends pas comment vous faites, moi j'ai préféré m'arrêter de travailler parce que les enfants ont tellement besoin de moi". C'est alors que ma belle-mère intervient en général (voir ici) parce que si je peux parfaitement comprendre qu'on soit heureux à élever des enfants à temps plein, j'ai beaucoup plus de mal à concevoir qu'on n'accepte pas que la réciproque soit possible.

On enchaîne donc avec les enfants entre le fromage et le dessert. Ah, les enfants.... On a tous envie d'expliquer aux autres comment on est de meilleurs parents qu'eux ! Je raconte mes petits soucis de petits enfants et les parents de pré-ados ou d'ados racontent leurs grands soucis de grands enfants. Bien sûr, on ne peut échapper aux risques d'Internet… et je me dois, en vraie geekette, d'expliquer qu'il faut y être, ne serait-ce que pour être l'ami(e) de son ado sur Facebook… Certains sont d'accord, d'autres ne comprennent même pas qu'on puisse laisser son enfant toucher à un clavier d'ordinateur ! Au fait, c'est quoi Fayecebouque ? Je suppose que l'avenir nous dira ce qu'il convenait de faire mais, ici comme ailleurs, je suis dubitative sur la véritable efficacité de l'une ou l'autre des méthodes. Ayant été une ado moi-même, je crois me souvenir que quand je voulais n'en faire qu'à ma tête, j'évitais d'en informer qui que ce soit.

On conclut sur la beauté de la région (ici l'Alsace), la gentillesse des hôtes, le repas exquis et le fait que, quand même, tout cela est épuisant… et qu'on prendrait bien l'air deux minutes.

Vous l'aurez noté, on évite les sujets épineux, religion, politique, âge du capitaine et on ne se pose pas tout haut la question de savoir si - oui ou non - les fiancés ont consommé leur union... dès fois que le grand-père sourd ne soit pas si sourd que cela !


2. J'ai besoin de respirer

Le problème quand on passe sa journée tous ensemble, c'est … qu'on est toujours tous ensemble.

Or, une Doudette a besoin de s'isoler et de se reposer.

J'ai fini la soirée de dimanche sur les rotules émotionnelles.

Trop de bruit, trop d'informations, aucune pause pour digérer ce flux tendu de rencontres, de discussions, de cris d'enfants (dont on imagine aisément leur état d'épuisement et donc d'excitation à la fin de la journée).

Je suis une solitaire sociable… Non, ce n'est pas incompatible ! J'aime les gens, j'aime les échanges mais... car il y a mais... j'ai besoin de me retrouver seule avec moi-même, de m'admirer le nombril au moins une fois par jour. Mon nombril est essentiel à mon bien-être. Quand je suis trop tournée vers l'extérieur, je m'atrophie, c'est pas beau à voir.


3. J'adore quand mes enfants sont heureux

Avec leurs cousins à faire les fous, les Poussins ont profité à fond du weekend.

Le pompon, ce que l'un et l'autre ont élu "meilleur moment" du weekend, fut la chasse aux oeufs dans le jardin de nos hôtes. Un jardin grand comme les Tuileries, avec de la végétation à foison. Ça en fait des coins et des troncs d'arbre pour cacher des lapins en chocolat. Car en Alsace, les cloches vont à Rome et les lapins apportent le chocolat dans leur petite hotte.

Ils étaient dix enfants à courir partout pour récupérer le plus d'oeufs possibles.

Le terrain de chasse était immense … et le butin aussi.

Pour le reste du temps (celui où nous, adultes, prenions racine, assis à table), les poussins furent parfait. Parfait, oui, j'ai délibérément choisi ce mot. Car ce qui est surprenant avec les enfants, quelque soit leur âge, c'est leur faculté à s'inventer des activités dans un lieu confiné, finalement sans être trop dans nos jambes. Entre la course entre les tables du restaurant (miraculeusement sans casse), les jeux tranquilles dans un coin, les dessins sur nappe (heureusement en papier), ils ont su s'occuper. Seule la Poussinette, à peine quatre ans, a trouvé dimanche soir vers 22 heures qu'il était grand temps, à la fin du repas, de s'endormir dans mes bras.

De même, les (mes ?) enfants ont une faculté à s'émerveiller d'un rien, ce qui pourrait inquiéter... si l'on ne gardait pas à l'esprit que l'enfant découvre ce qu'on connaît et que toute nouveauté est par essence magique. Ainsi, apercevoir une cigogne dans son nid rend réel l'imaginaire du bébé déposé dans un panier sur le perron. En arpentant les petites ruelles des magnifiques villages alsaciens (note à moi-même : il faut retourner en Alsace), le Poussin a tout de suite pensé à Hansel et Greatel. Mais le plus attendrissant fut d'observer le regard ébahi des Poussins, scotchés devant le petit train et la collection de Barbies du musée du jouet de Colmar...


4. Le vin d'Alsace, c'est bon

La plupart des festivités étaient organisées par un ami de la famille de la fiancée, producteur de vin.

Nous avons donc eu droit a de l'excellent vin à table….

… et à une visite des caves dudit producteur.

La visite fut non seulement passionnante (je ne savais pas que le vin mûrissait dans d'aussi imposantes barriques) mais également sportive, la Poussinette ayant décrété que marcher n'était pas une option. Nous avons donc réalisé la visite avec une quinzaine de kilos dans les bras dont nous alternions, mon beau-père, le Doudou et moi, la charge. Une telle visite, aussi intéressante soit-elle, lestée de 15 kilos, n'est pas une visite que l'on peut vivre à la légère.

Comme le producteur de vins était mon voisin de table au dîner, je n'ai pas osé lui avouer que je n'avale du vin que trois fois par an lorsque mon père ou mon beau-père, désespérés de mon peu d'intérêt pour la chose, dénichent une excellente - selon eux - bouteille au fond de leur cave et insistent pour que j'en boive une goutte. Mon voisin-producteur m'a ainsi servi un verre de Pinot Gris. Miam… Et oui, lecteur attentif, j'admets que j'ai trouvé cela à mon goût le Pinot Gris, des fois que tu souhaites m'en envoyer une caisse.

Du coup, le lendemain midi, j'ai accepté un verre de Riesling. Très bon également.

Aurais-je enfin trouvé une gamme de vins que j'apprécie ?

A suivre...

Hips !

5 commentaires:

  1. je confirme, le vin alsacien c'est très très très bon :)

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  2. J'aime pas les repas de famille. Ca me gonfle. J'aime bien les repas de keupines par contre. C'est chouette.

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  3. Moi aussi je préfère les repas entre copines, les filles et maintenant que j'ai découvert le vin alsacien, je me lance dans une carrière d'alcoolique !

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  4. je t'admire : de tels repas, je les fuis comme la peste, même si évidemment y a de bons côtés mais au bout d'un moment (assez rapidement) je me dis "bon, ça va, j'ai fait le tour de la question, les clichés, c'est bon, j'ai donné, quand est-ce que je retrouve ma sacrosainte solitude etc etc etc" En général, je ferme ma grande bouche (sauf en cas d'extrême beaufitude) et j'accroche un sourire à mes lèvres ou je m'en vais sur mon nuage en faisant semblant d'être là (je suis spécialiste)"... bref... et à part Facebook, as-tu évoqué tes exploits de blogueuse? Ou t'a-t-on seulement félicité sur tes zentils marmots? ... et suis comme emanu, les repas entre copains/copines, je préfère 1000 fois +

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