Ami lecteur, la World Cup arrive !
Elle est presque là.
Que vous aimiez cela ou pas, ce n'est pas le problème. Du foot, nous allons en manger au petit déjeuner, en bouffer au déjeuner et, le soir venu, nous ferons une indigestion de ballon rond.
Et là, ami fan de foot, il te faut quand même t'inquiéter.
C'est la crise !
Or, la World Cup est un frein à la productivité et pourrait l'aggraver, cette crise.
Comment je le sais ?
Un cabinet d'avocat anglais me l'a écrit il y a peu (voir ici). Il s'inquiète, ce cabinet d'avocats des conséquences que l'absentéisme pourrait avoir sur les salariés européens. Et les salariés européens ne sont rien comparés aux salariés brésiliens. L'exemple de 2006 est hautement symbolique. Et en 2006, lecteur attentif, la crise n'était qu'un concept abstrait.
Même en Afrique du Sud, pays organisateur du tournoi, on s'inquiète sur l'impact que la World Cup pourrait avoir sur la santé des entreprises locales (explications détaillées ici car ce billet n'est pas un billet économique).
Et je m'interroge.
Qu'est-ce que vous avez tous avec ce truc ?
Et pas que vous, lecteurs francophone.
J'ai passé près de trois jours entourée de mes collègues européens, soit cinq repas... et pas un repas sans qu'il ne soit question des performances de telle ou telle équipe.
Je vous préviens, après trois jours de sondage auprès d'un échantillon représentatif de l'Europe footballistique, la France n'a pas la côte. Il fallait les voir, mes collègues allemands et danois, pencher la tête, prendre une mine contrite et constater d'une petite voix : "well, your team, in France, well... it is not... well... you see... what it used to be". Quant à savoir ce qu'elle avait l'habitude d'être, notre équipe, nul ne sait mais sans doute doute mieux que ce que tous ces well signifient.
En même temps, au petit jeu des pronostics, il n'y a pas une équipe qui se détache du lot en Europe. Les danois sont bien contents d'avoir été nominés. Les allemands prient pour que Ribéry fasse une demande de nationalité. Les sud-africains (oui, dans la Corporation, l'Afrique du Sud, c'est en Europe) cherchent à quitter le pays. Les espagnols... aiment l'équipe portugaise. Et vice-versa.
Et les anglais ?
Les anglais... affirment que la France est douée en rugby. Ils sont diplomates, ces anglais ! Les français rappellent alors aux anglais que la France a tout raflé cette année... en Rugby. Ils sont fanfarons, ces français !
Les irlandais ne parlent pas. Ils commandent une bière et trinquent... to sports, mate !
Tous mes collègues sont cependant d'accord pour admettre que les matchs où "leur" pays joue, ils vont les regarder. Je me sentais bien seule, forcée d'admettre que j'avais boycotté la finale de 1998 et celle de 2006 pour un resto entre copines. Les soirs de finale de coupe du monde, les restos sont déserts, les serveurs aux petits soins.... et le service est rapide, lesdits serveurs espérant boucler avant la fin du match, histoire qu'en voir quand même un bout. C'est donc le jour idéal pour une sortie entre copines-qui-n'aiment-pas-le-foot. Quoi qu'elles soient de plus en plus rares, ces copines là. La faute à Zizou et à tous ces petits minous d'une vingtaine d'années qui font fantasmer dans leurs shorts moulants. Je rappelle donc à mes copines Cougar que ce sont des..... mômes !
Quand au vainqueur, mes collègues le verraient bien sud-américain. Brésil, Argentine. Des valeurs sûres. L'idée de voir Diego, adipeux et flasque, courir tout nu dans Bueno Aires ne m'enchante guère. Mais s'il faut cela pour que la France disparaisse de la photographie rapidement, je suis prête à corrompre l'arbitre.
Car elle n'a pas encore commencé cette World Cup que déjà, elle me fatigue. Je vous parie ce que vous voulez que ce sera pareil que les dernières années : on aura droit à un arbitrage défavorable, à un tirage au sort défavorable, à des blessures inattendues la faute au rythme de l'année, à des conditions climatiques inhabituelles. Bref, ce s'ra pas not' faute M'sieur... mais la faute à pas d'chance.
Et ça râlera devant son poste... mais ça n'en loupera pas une miette.
Pas étonnant dès lors qu'on s'inquiète de la productivité et des moyens de contourner un absentéisme forcené. Ainsi, mes collègues devraient être peu concentrés sur leurs tâches quotidiennes quand onze gugusses en short joueront en 90 minutes l'honneur de leur nation. Qu'on puisse placer l'honneur et la victoire dans des crampons de chaussures et des maillots bariolés peut paraître ridicule... à qui ne connaît pas l'excitation d'un mouvement de foule collectif ! Une coupe du monde de football catalyse l'attention de citoyens sur un évènement particulier, ça leur évite de penser aux tracas quotidiens et... ça fait moins de morts qu'une petite guerre au bout de monde.
Laissez les foules s'extasier devant un écran de télévision HD (qui sera remboursé si l'équipe gagne - ce qui augmente encore l'extase). Pendant ce temps là, dirigeants d'Europe, passez vos réformes. Elles sont nécessaires, elles sont utiles. Elles sont indispensables.
Elles sont impopulaires ? C'est donc le moment idéal.
Seuls quelques irréductibles, hostiles à la liesse footeuse, crieront au scandale. Mais qui entend Cassandre ?
Et si je veux être totalement cynique, à toi lecteur sympathique et néanmoins employeur, je rappelle que c'est également le moment de consulter tes institutions représentatives du personnel sur les mesures qui fâchent. Quelque chose me dit que le délégué syndical aime le foot aussi et n'aura aucun mal à entériner les changements organisationnels que tu envisages d'implémenter s'il est libéré pour le coup d'envoi (si, si, implémenter, si tu me dis que tu ne connais pas ce mot barbare, je mets en doute ton honnêteté, camarade employeur).
Allez, bon foot, les gens, moi, je retourne bosser !
un truc de ouf encore mais je serai parmi les demeurés absents car je n'y voit pas d'intérêt.
RépondreSupprimerJ'ai promis que si la France passait le premier tour j'achetais le DVD de Céline Dion. C'est pour dire si je crois aux chances de l'équipe de France. C'est surtout pour en être débarrassée le plus rapidement possible en fait. L'Euro et le Mondial de foot sont des périodes de deuil pour moi..
RépondreSupprimerles filles, si la France passe le premier tour, je propose qu'un trouve un moyen de saboter la suite.
RépondreSupprimerJe n'ai pas envie de porter du violet pendant un mois. Le violet est peut-être approprié pour un deuil mais ce n'est pas une couleur estivale. Quant au noir... ben, non plus.
Donnez leur des jeux !
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