Trois jours à réaliser que, sur la région, nous avons plus de points communs que de différences.
Trois jours à réaliser que ces différences nous rapprochent.
Quelques évènements marquants.
Inventaire à la Prévert.
Balade oulipesque. Calvino, où es-tu ?
Traversée de Rome la nuit.Rome bondée. Rome magique. Avec moi, deux allemands, un russe (que j'ai pris pour une glu collante car je n'avais pas repéré sa présence auparavant), un néerlandais, deux français.
Lancer d'euro dans la fontaine. Pas trace d'Anita.
Ca discute foot. Grèce. Foot. Grèce. Obama. Grèce. Elections Britanniques. Sarkozy. Carla. Carla. Carla. Carla. C'est fou que ça aime Carla, l'européen. Sarko, moins.
Retour vers l'hôtel. On se perd. On lit une carte. On fait semblant de parler Italien avec l'accent. On s'amuse. On est tous du même coin (la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, c'est tout proche à notre échelle). Sauf le russe. Mais le russe, de toute façon, je ne le capture pas. C'est drôle comme je peux occulter un visage. Le sien ne me revient pas.
On raille les anglais. L'Europe continentale contre l'Europe insulaire. Éternel combat. L'Europe civiliste contre l'Europe de la common law. L'Europe anglophone contre le reste du monde. De quand date ce clivage ?
Visite guidée de Rome.J'apprends que le Coliseum est en fait une statue géante de Néron fondue pour cause de fabrication d'armes de guerre et que le cirque porte un réalité un autre nom.
Nos stades géants n'ont rien de nouveau : le Colisée (enfin, ce que je prends pour le Colisée) avait un toit de soie et pouvait faire piscine pour des jeux d'eau.
On n'invente finalement rien. On recycle.
Visite suivie de la recherche du sac idéal. Avec moi dans ma quête, un anglais et une italienne.
Notre graal : la boutique Botega Venetta.
Au passage, nous visitons les antres de Ferragomo, Fendi, Furla.
Enfin, elle est là... The Boutique.
Nous entrons.
Nous grimpons les marches.
Et là... je le vois... le sac de mes rêves !
J'ai tenté de le trouver sur internet pour vous le montrer, vous faire partager mon excitation. Mais non. Il n'est nulle part. Or, je ne peux pas le prendre en photo. Même avec mon super iPhone à tout faire. Car...
Je demande le prix.
- 1460 euros, Miss.
Euh.... comment dire..... un smic dans un sac ?
Et bien non.
Je pars, fière.
Il était quand même magnifique, ce sac.
Pour me consoler, j'achète au prix fort deux déguisements de gladiateurs sans doute made in China pour deux poussins restés en France.
Et mes collègues me consolent. You don't need this. It's beautiful but not worth it. You'll find another one. You did the right thing. Ils sont gentils mes collègues. Mais je suis quand même un peu déçue.
On se console avec une gelati. Rien de tel qu'une glace à l'italienne pour vous remonter le moral. Il faut chaud, très chaud. Ca rafraîchit.
Dîner entre collègues.
On aborde des sujets qu'il ne faut pas aborder.
Sujet numéro 1 : la Religion.
Toujours hasardeux de parler religion quand, de l'autre côté de la table ronde, une demoiselle britannique a pris le menu végétarien car la viande n'est pas hallal. Quelqu'un demande ce que c'est qu'est la viande hallal. On n'est pas rendu. J'ose expliquer la différence avec la viande cacher. Et la demoiselle musulmane et moi nous lançons dans une explication sur les points communs entre les religion du Livre. Je tente d'expliquer notre équilibre familial. A part la demoiselle musulmane, les autres font seulement semblant de comprendre. Pas à l'aise. Pourtant, pas de polémique. Un français dit "maybe we could change subject". Les français ne parlent pas de religion, loi de 1905 oblige... Le sujet est clos.
Sujet numéro 2: le Coca-Cola.
Il y a les pour et les contre. Ceux qui pensent que le coca peut vous attaquer de l'intérieur et faire de vos os des os de verre qui cassent au premier choc. Et les autres. Ceux pour lesquels ce genre de discours provoquent des crises de fou-rire irrépressible. Sachez, amis lecteurs, qu'évoquer le coca-cola est aussi dangereux que d'évoquer la religion. Les réactions peuvent même être beaucoup plus violentes. Les coca-addicts et les anti-coca sont prêts à en venir au mains. Nous avons fini par trancher le litige en promettant d'échanger des preuves irréfutables de nos assertions. Preuves que nous trouverions sur l'internet bien entendu. Comment ça, Internet n'est pas crédible ?
Retour à l'hôtel. Tisane au bar de l'hôtel. Collègues à la bière. Sociabilisation. Rires. Fatigue.
Chambre d'hôtel.
Minuit a sonné.
Recherche du wifi. Difficulté à entrer le code. 5 euros l'heure de communication, la marge est sympathique et lucrative. Clientèle captive.
Trouver Skype. Appeler le Doudou.
- Tu dors ?
- Mmmmmm...
Voix pâteuse.
- Tu dors ?
- mmmm, fait la voix qui se réveille, c'est comment Rome?
- Bien.
- T'as fait quoi ?
- Rien. Vous me manquez.
Envie d'être ailleurs. Envie d'être chez moi. Avec eux.
Pourtant il paraît que Rome est la plus belle ville du monde (avec Paris)... De quoi (presque) oublier doudou et les poussins pendant quelques heures — attention, j'ai dit presque, hein :))
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