Dans notre famille, depuis le week-end dernier, on ne dit plus Sénateur, on dit AlainLambert, en un seul mot, sans reprendre son souffle.
C'est à cause de cette visite dans l'Orne, dont je vous parle depuis le début de la semaine et dont le Sénateur Lambert est... le sénateur !
Pour quiconque est un tant soit peu connecté, Alain Lambert est la personnalité politique qu'il faut avoir dans ses contacts virtuels. Beaucoup en ont parlé mieux que moi et le blog du Sénateur est un référence dans le microcosme des blogueurs politiques. Si ce n'était que cela, je n'en écrirais pas une ligne. Chacun sait que la politique et moi, c'est une affaire de non-compréhension réciproque (voir ici).
Mais Alain Lambert est surtout un monsieur a-do-ra-ble et d'une disponibilité qui étonne la SuperWorkingMom débordée que je suis.
Comment je le sais ?
1. Quand j'ai dit sur twitter que j'allais dans l'Orne, Alain Lambert m'a communiqué le numéro de téléphone de l'un de ses collaborateurs (mot que - hors circonstances historiques - je n'avais jamais entendu ailleurs qu'en cabinet d'avocats, ça m'a fait sourire). Le collaborateur avait pleins d'infos pour moi si je le souhaitais. Parce que je suis une incorrigible idiote, je n'ai pas osé abuser et ai donc gentiment oublié de contacter le gentil collaborateur. Oui, je sais, je suis nulle et mon père qui me lit saura me le répéter quand il aura eu connaissance de ce billet. Donc, pas la peine d'en rajouter en commentaire, s'il vous plaît.
2. A notre arrivée dans l'Orne, Alain Lambert nous a gentiment envoyé des petits messages (des twitts, quoi) pour nous suggérer tel ou tel endroit, telle ou telle sortie, nous orienter dans la région. Il nous a accompagné virtuellement pendant nos deux jours de goguette normande.
J'en connais de moins connus et moins occupés qui n'auraient pas pris cette peine.
Comme le Doudou et moi évoquions cette gentillesse à haute voix (car il nous arrive de communiquer verbalement avec l'homme, même si cela peut paraître étonnant vu notre degré élevé de connexion), cela a bien entendu intrigué le Poussin.
Or le Poussin est curieux. Le Poussin veut comprendre. Le Poussin veut tout savoir et rien payer (expression familiale dont je ne sais si elle utilisée par d'autres). Le Poussin aura 6 ans dans un mois, ceci explique peut-être cela.
Et le Doudou de se lancer dans une explication de ce qu'est un Sénateur. Même avec des mots simples, le suffrage universel indirect et le système des grands électeurs, ça peut rester abscons. Le Doudou s'en est pourtant sorti comme un chef. Le Poussin a très bien compris qu'un Sénateur, ça travaille a rédiger des lois. Et oui, nos enfants ont une vague idée de ce qu'est une loi, je rappelle que nous sommes une famille de juristes.
Seulement, le Poussin ne comprend pas un truc. Un truc hyper important. Important car il relève de l'équité. Et le Poussin, dont la soeur passe son temps à avoir des jouets mieux que les siens, la meilleure place et les meilleurs bonbons, il en connait un bout, en injustice ! Le Poussin le sait, sa maman et son papa ont une règle : ils ne twittent pas un travaillant. L'ordi du bureau et celui de la maison sont différents. Et avec l'ordi du bureau de maman, de toutes façons, twitter est grillé, spamé, fire-wallé (enfin, il y a un machin-chose qui empêche d'y accéder)...
Alors pourquoi Alain Lambert peut-il twitter ce qu'il fait quand il travaille, lui ?!?
Pour le Poussin, du haut de ses presque-six-ans, c'est profondément injuste.
- Et le Président, il le gronde, Alain Lambert, quand il twitte au lieu de travailler ?
Euh, c'est à dire, que le Président n'a pas la possibilité de rentrer au Sénat, mon Poussin. Quant au Président de la Chambre, j'imagine qu'il préfère que les Sénateurs twittent plutôt que de s'invectiver devant caméras.
Toujours est-il que maintenant que l'on parle politique ou internet (nos sujets favoris du moment), le Poussin demande si AlainLambert en est. En outre, je ne sais pas d'où il tient cela mais le Poussin est persuadé qu'AlainLambert a un iPad. Je ne sais pas qui lui a mis cette idée dans la tête. Peut-être qu'à force de voir son père avec l'engin sur les genoux depuis le 28 mai dernier, il se dit que tout homme digne de ce nom doit avoir un iPad, peut-être qu'il pense que tout geek à la mode doit en posséder un. N'empêche que si Alain Lambert n'a pas d'iPad, il faut qu'il s'y mette car le Poussin serait très déçu si le Sénateur Lambert n'était pas à la hauteur de son AlainLambert.
Quand à la Poussinette, 4 ans, elle a eu une réflexion il y a quelques jours dont je n'ai pas encore saisi toutes les nuances :
- Dis, maman, on alainlamberre quand ?
Je n'ai pas répondu. Je me demande toujours ce qu'alainlambérer pourrait m'entraîner à accomplir. J'ai une réputation à tenir, moi, messieurs !
Maintenant que le terme AlainLambert s'est dénaturé au point de devenir un terme générique à l'échelle familiale, il est probable que cela se propage hors nos murs...
Je me demande si je ne devrais pas tenter de déposer la marque AlainLambert avant qu'elle ne devienne notoire. Après tout, il y a des précédents me semble-t-il. Ines de la Fressange et Chantal Thomass ne seraient plus propriétaires de leurs noms et Bernard Tapie aurait donné le sien à la société de son fils. Je pourrais ensuite me lancer dans un usage dénaturé de cette marque fraîchement protégée, histoire de renflouer les (mes !) caisses vides.
Je pourrais créer une agence de notation indépendante et me faire payer pour apposer le label AlainLambert sur des goodies gouvernementaux dont l'objet serait d'apurer la dette et de rétablir l'équilibre des finances publiques. J'aurais l'appui de blogueurs politiques influents que je corromprais à coup de galettes Saint-Michel. Je trouverais un moyen pour avoir les droits sur une photo du Sénateur et je la plaquerais sur des bidules, des trucs, des machins. Je prendrais ainsi exemple sur la sauce vinaigrette de Paul Newman. Je deviendrais une éminence grise. On me visiterais en secret le soir à la bougie. On dirait je sais qui se cache derrière AlainLambert... on oublierait jusqu'au fait qu'Alain Lambert fut (et est encore pour ses proches) un être de chair et de sang. Comme Franklin D. Roosevelt est devenu une station de métro, Michael Dell un ordinateur et le Préfet Poubelle une urne à déchet, la chose deviendrait prédominante, laissant l'homme au second plan. Nous aurions affaire à une expérience inédite de réification politique.
Argh.... mais c'est horrible !
Allez.... je garde l'homme (même virtuel) Alain Lambert pour le moment et laisse AlainLambert aux générations futures. A mes enfants qui sont fascinés par un Robin des Bois renard, en oubliant que Richard Coeur de Lion et le Prince Jean furent, il y a bien longtemps, des êtres aussi vivants que vous, amis lecteurs, et moi. Poussin, Poussinette, sachez-le, AlainLambert vous appartient mais le Sénateur reste à ses administrés.
Alain Lambert c'est le top.
RépondreSupprimerEpicétout...
Laisser Alain Lambert aux générations futures...
RépondreSupprimerAlain Lambert a un Ipad, il l'a même eu quelques jours avant sa sortie officielle en France si je me souviens bien ce qu'il avait twitté alors! ;-)
RépondreSupprimerTu lui as dit sur Twitter qu'il était la star de ton billet?
@ emanu124 ouicétou
RépondreSupprimer@ Nicolas à qui d'autre pourrions-nous le laisser ?
@ Shaya non... je suis une graaaande timide, moi...
To be or not to be ?
RépondreSupprimerMerci de ce délicieux billet qui me touche car il est tellement décalé de la communication politique si violente à laquelle, malgré les années, je ne m’habitue toujours pas par son inhumanité.
Pour la petite histoire, vous avez, sans le savoir probablement, retrouvé mon « identité publique » originelle avec alainlambert. Lorsque je me suis engagé en politique, en 1985, un autre élu (Député PS) de l’Orne portait le nom de Michel Lambert. Et le seul moyen que nous avions trouvé pour me différentier de lui était d’ériger mon prénom au même niveau que mon nom en bannissant les majuscules pour le nom de famille. C’est ainsi qu’AlainLambert est né, devenu ensuite @alainlambert dans la twitosphère.
S’agissant de votre séjour dans l’Orne, il est absolument vrai que je souhaitais, comme hôte, vous le rendre le plus agréable possible, tout en voulant préserver votre tranquillité, c’est pourquoi je vous avais proposé un intermédiaire en la personne de l’un de mes équipiers (pour ne pas dire collaborateur !).
Si j’avais su que vous étiez au Manoir du Lys, je vous y aurais fait une petite surprise tant la famille Quinton est chère à mon cœur et tant je l’admire pour ce qu’elle fait pour promouvoir notre département.
Puis le « Doudou » qui me semble bien sympa sur ce que j’ai pu en lire, son choix de Saint Céneri était le « must », tant de liens m’y unissent.
J’aurais pu vous recommander l’Auberge des Peintres pour y déjeuner, ce qui vous aurait épargné la cuisine alsacienne en Normandie !
Enfin, j’aurais pu aussi vous accueillir au Conseil Général qui est un lieu magnifique et où je recevais hier soir les Ornais de Paris, un cercle de tous ceux qui travaillent et vivent à Paris la semaine et prennent leur WE dans l’Orne.
Bref, sauf la météo qui est un peu fantasque, je peux vous promettre un accueil renforcé lors de votre prochaine visite.
La curiosité du « poussin » est délicieuse. Il est totalement impossible pour sa bonne éducation de lui avouer combien le Président est désespéré du mauvais élève que je suis !
Quant à la « poussinnette » je l’imagine « à craquer » comme mes petites filles qui me font littéralement fondre par le charme irrésistible qu’elles déploient.
A propos de Chantal Thomass était avec nous hier soir car elle est l’une des marraines de O61 les Cercles des Ornais de Paris.
Enfin, la fin de votre délicieux billet à l’écriture si alerte et belle me fait penser aux jeunes étudiants en finances publiques qui se demandent si Migaud et Lambert sont comme Lagarde et Michard des gens qui n’existent peut-être pas et dont on ne sait même pas s’ils ont existé un jour, s’ils sont morts ou vivants, s’il s’agit d’un pseudo ou non. L’autre jour dans la rue un étudiant (près de sciences-po) m’a demandé « si j’étais bien moi », ce que je n’ai pu que lui confirmer sans savoir s’il ne parlait pas d’un… autre !
Cela étant, comme vous êtes vraiment très sympa, toute celle belle famille, si vous trouvez que l’Orne est trop loin pour une prochaine visite, faites nous nous signe, ma femme et moi serons heureux de vous faire visiter le Sénat.
Bien à vous,
AL.