C'est séduisant un adolescent grec sur une plage...... et une jolie française qui passe ses vacances au soleil ne peut pas laisser l'adolescent grec indifférent.
Il sont minces, ils sont beaux, il sentent bon le sable chaud (ici, les jeunes qui ne voyez pas à quoi je fait référence). Arrive ce qui doit arriver... C'est un beau roman, c'est une belle histoire, c'est une romance.... Ah non, ce n'est pas l'autoroute des vacances !Pas non plus Est-ce que tu viens pour les vacances ?. Non, c'est bien plus que cela...
Ben, c'est quoi alors ?
L'amour, mon petit, l'amour !
Et quand on est amoureux, on s'en donne les moyens.
Nous sommes en 1978.
Il venait d'avoir 18 ans, il était beau comme un enfant, fort comme un homme (oui, oui, c'est ici).
Notre amoureux grec décide sur un coup de tête de suivre sa dulcinée en France.
Bien sûr, cet amour soudain, ça chamboule ses plans. Les études aux Etats-Unis ne seront pas pour lui. Adieu Berkeley, UCLA, Columbia... Les bancs de la fac, c'est en France qu'il les essuie. Il se rassure en se répétant que, de toutes façons, il fallait partir. La Grèce n'est pas un pays où étudier. La dictature des colonels est encore dans toutes les têtes. Quatre ans ont passé, le régime se démocratise mais les stigmates restent.
Notre jeune homme amoureux rêve d'un ailleurs meilleur.
Seulement voilà...
Vivre en France n'est pas l'Eden que notre jeune homme grec avait imaginé. L'insertion professionnelle et sociale n'est pas des plus faciles. On peut être doué pour les études, avoir une maitrise en sociologie et une autre en philosophie, cela ne suffit pas à se sentir chez soi. Et le regard de la belle-famille n'aide pas : être papa à 20 ans, alors qu'on est encore un peu un adolescent, n'est pas ce qu'il y a de plus facile à faire accepter à des beaux-parents et il n'est pas besoin d'être étranger pour cela.
Pour survivre et faire vivre sa famille, notre jeune papa travaille, pas toujours légalement, sur des chantiers, souvent exploité et mal payé... et parfois pas payé du tout... Comme quoi, les entrepreneurs malhonnêtes, on en aussi chez nous.
Malgré un CV chargé et une parfaite maîtrise de plusieurs langues (français, grec, italiens, anglais), ses études terminés, notre papa plus si jeune que cela peine à trouver un emploi stable qui corresponde à ses compétences. De crises économiques en crises sociales, de découragements en chemin de traverse, les périodes de chômage s'allongent et les galères s'intensifient.
Vingt-quatre ans après son arrivée en France, notre homme constate l'échec de son parcours et de son couple... Il repart en Grèce.
L'échec ? Vraiment ?
Tiens, si on parlait de la seconde génération, de cet enfant conçu à 20 ans, deux ans après son arrivée en France ? Si on parlait de Neozox ? Pas du Neozox que vous connaissez sur Twitter ! Non, du Neozox de mon imaginaire, celui que j'ai construit avec les informations qu'il a acceptées de me confier.
Voici donc notre Neozox quittant l'école en seconde et enchaînant les petits boulots. Un vrai catalogue de l'Artisanat français, ces petits boulots. Neozox sait faire le vendeur en poissonnerie, le vendeur en charcuterie, le vendeur en fromagerie de supermarché, l'agent de surveillance, le manutentionnaire, un peu de secrétariat, le ramoneur, la main d'oeuvre sur des chantiers, le monteur de salle de spectacle.... C'est l'homme orchestre notre Neozox !
Sauf que les petits boulots, ça va quand on a encore l'âge d'être étudiant... mais à 24 ans quand le chômage insiste et que les perspectives sont nettement moins visibles que le phare dans le port d'Alexandrie, on se dit tiens, si j'apprenais un métier qui me plaise pour une fois ? Ben oui, c'est sympa les petits boulots mais c'est pas toujours amusant.
Et c'est ainsi que Neozox entame une formation en infographie suivie d'une autre formation diplômante de technicien supérieur en multimédia en alternance. Enfin, un métier. Ce n'est pas tous les jours faciles, il y a des moments où il faut continuer de faire des petits boulots peu gratifiants.
Mais... mais.... il y aussi les contrats free-lance et les missions d'intérim qui permettent de se dire qu'on ne s'est pas trompé de voie. Et avec le temps, notre Neozox trouvera un emploi stable, aura les contacts qu'il faut et fera carrière. Ça prendra le temps qu'il faudra mais la confiance est là.
Si le papa est retourné en Grèce pour des raisons qui n'ont pas qu'à voir avec la façon dont il a été accueilli, le fils, le Neozox de mon imagination, se sent complètement français... et n'a pas eu à pâtir du nom grec que lui a légué son papa ni de sa gueule, une gueule de métèque bien entendu. En revanche, habiter en Seine-Saint-Denis (oui, oui, le 9-3, bande d'ignares) n'a pas aidé.
Le vrai Neozox, celui a répondu au questionnaire a le mot de la fin :
Forcément un jeune qui plus est de cité (et un peu bronzé quand même) on lui fait pas forcément confiance (même s'il est un peu moins bête que la moyenne)...
et d'ajouter :
Je me sens intégré, mais surtout parce que je suis français dans mon âme, dans ma culture, dans mon éducation et aussi dans ma généalogie. Je ne peux donc pas admettre qu'on puisse parler d'intégration dans mon cas.
Et nous ne parlerons donc pas d'intégration mais d'une double culture,de partage, d'amour et de persévérance.
Un peu comme dans toutes la familles, qu'elles soient d'ici ou d'ailleurs.
Et puis, tiens, cadeau !
Si vous souhaitez participer avec votre propre (belle) histoire d'intégration c'est ici.
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