
J'aime les aéroports.
Un peu comme les gares.
Sauf que les gares sont nationales.
Les aéroports sont internationaux... d'ailleurs ils le vendent : ils s'auto-proclament "Aéroport International de Triffouilli-dans-le-Monde".
La gare est un carrefour. L'aéroport est un hub... comme le cousin Hub. Qui se souvient du cousin Hub, d'ailleurs ? Vous êtes trop jeunes, amis lecteurs et ça me chagrine (un peu). Bientôt plus personne n'aura les mêmes références que moi. Je disais donc qu'un aéroport, c'est nettement plus hype (note à moi-même : vérifier que le mot hype désigne toujours ce qu'il se fait de plus "in" sur cette planète ou si un autre mot est désormais usité par la génération montante).
Il n'y a rien à faire dans un aéroport.
Sauf des achats.
A ce sujet, j'ai une dent contre ADP, lequel ADP n'est pas que l'Amour est Dans le Pré mais également un Etablissement Public... à moins que ce ne soit devenu une société anonyme. Je sais le commentateur précis et tatillon, je prends donc les devants : je ne connais pas le statut d'ADP, je n'ai ni l'envie ni le courage de chercher... et en vrai, je m'en tamponne le coquillart.
Donc ADP.
ADP gère Roissy et Orly.
Roissy et Orly sont deux de nos aéroports soi-disant internationaux.
Or, la zone shopping dans chacun de ces aéroports est anémique, les restaurants sont désastreux. Fi de la Grande Cuisine et de nos couturiers exportables ! Là où Fiumicino sait mettre le chic milanais et la dolce vita à l'honneur, là où Heathrow offre un panel gigantesque d'offres commerciales, ADP peine à ouvrir deux magasins avant 9 heures et ne donne pour se nourrir que de la nourriture sous vide et à peine comestible. Chaque fois que je prends l'avion, je me demande s'il ne circulerait une pétition quelque part suppliant ADP de donner envie aux gens de faire escale à Paris plutôt qu'à Frankfort. Non, mais vous le croyez, ça, vous ?! Nos amis allemands peuvent nous donner des leçons d'art de vivre !
Une fois qu'on a bien usé de la carte visa (ou de l'amex) dans un aéroport, on lit les panneaux d'affichage. On se prend à rêver de sauter dans le vol pour Jakarta, Dubaï ou Lima. On note que le vol pour New-York est delayed et on se dit bien fait pour eux ! On attend qu'on indique la porte d'embarquement de notre vol... et on espère que la CGT n'est pas en train d'envahir le tarmac à Paris... on veut rentrer chez soi ou partir d'ici. Surtout pas rester coincé dans un hall d'aéroport, aussi sympathique soit-il.
On écoute la dame dans le micro expliquer en cent langues le futur de nos vies. Le vol pour New-York BA numéro 3072 est retardé d'une demi-heure. Merci de vérifier les panneaux d'affichage. The Flight for New York number 3072 is delayed by 30 minutes, please refer to the departing board. On entend des langues qu'on ne comprend pas. On sait que la dame qui évoque le vol pour Shanghai le fait sans doute en mandarin et que le monsieur qui lance un dernier appel pour Sao Paulo parle mieux portugais que nous.
Et que savons-nous de ces gens qui nous entourent ?
Cette dame qui mange son repas froid dans une petite mallette en bois posée sur ses genoux et qui semble prendre le même vol que nous est-elle française ? Qu'écoute le jeune homme assis par terre, le MacBook ouvert sur les genoux, les écouteurs dans les oreilles ? Son t-shirt Albercrombie & Fitch vient-il de Londres ou des US ? Où va-t-il ? d'où vient-il ? Et ce vieil homme qui tire douloureusement une valise rouge, certes format cabine mais tellement imposante qu'on ne voit qu'elle, pourquoi souffre-t-il autant ? Est-il en transit ? A-t-il mal au dos d'un trajet trop long et mal installé ? Et cette famille qui parle un espagnol que je ne comprends pas, est-elle d'Europe, d'Amérique du Sud ou d'Amerique du Nord ? Comme le saurais-je, moi qui ai étudié la langue de Goethe sans jamais la maîtriser ?
On ne sait rien de ceux qu'on croise dans un aéroport. On ne le reconnaîtrait pas si on les revoyait plus tard, dans un autre contexte. On ne veut rien savoir d'eux. Et pourtant ils intriguent.
J'aime les aéroport. Me trouver dans un non-lieu, totalement transparente, me rend plus forte. Parce que c'est d'abord un lieu d'anonymat. Un lieu de rien. Un lieu de passage... et que j'aime les lieux sans attache, les lieux de rencontre. Sans doute est-ce atavique, au regard du sang nomade qui coule dans mes veines.
Et vous ? Les aéroports, vous en pensez quoi ?
J'aime les aéroports, c'est déjà la voyage qui commence, lire toutes ces destinations qui me font rêver... mais c'est vrai que nos aéroports parisiens sont un peu préhistoriques par rapport à d'autres...
RépondreSupprimer@ Carole : ou préhistorique, c'est le mot.
RépondreSupprimerpour faire le transfert entre vie pro et vie familiale c'est parfait! si c'est pour le boulot!
RépondreSupprimertivat au monténegro c'est pittoresque, budapest c'est nul, malaga c'est glacial, montréal mange tes burgers, marseille c'est loin, toulouse tu passes plus de temps dans le taxi, etc...
@devinequicest
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Doudette!
RépondreSupprimerJe les vois ces gens, bien trop souvent, et me pose les mêmes questions. Qui sont-ils? Que font-ils? A-t-on des affinités (On les voit bien parfois)? Ou sans les connaître, nous sont-ils déjà insupportables ?
Parfois on se prend à discuter avec certains, d'autres ce ne sont que des ombres qui passent.
Et puis, on cherche son vol sur un panneau d'affichage, et finalement, on s'arrête un peu plus sur les autres destinations qui te font rêver.
Voilà, tout juste de retour, et j'ai déjà envie de repartir.
Et CDG et Orly sont une horreur lorsqu'on les compare à Schiphol ou JFK. Cependant, je préfère les deux premiers à celui de Genève, qui reste le plus piètre aéroport que je connaisse.
@ Devinequicest non, je vois pas
RépondreSupprimer@ Fays je ne me souviens plus de Genève... tiens, faudrais que j'y fasse un petit tour bientôt.