dimanche 14 novembre 2010

Dames de lettres

L'autre jour, Olympe soulignait à juste titre qu'il n'y avait pas beaucoup de dames dans la liste d'auteurs que j'avais cités spontanément comme m'ayant influencée (ici).

Et force est de constater qu'il n'y avait qu'une seule dame dans la liste.

La grande Alison Lurie :


Dire que les livres d'Alison Lurie m'ont influencée est peu dire.

Je les ai tous lu, j'ai aimé son portrait d'une Amérique citadine et libre. Je me suis identifiée aux femmes de ses livres. Libres. Toujours. Et ces personnages que l'on croise d'un livre à l'autre. Qu'on voit murir, puis vieillir.

J'ai dévoré Alison Lurie entre 20 et 30 ans et comme certaines entrent en religion, je suis rentrée en littérature contemporaine. Si je crois qu'on peut être une Super Working Mom, épouse et tout et tout, c'est beaucoup grâce à elle et son monde de liberté, de possibilités, de tolérance et de respect.

Ou comment puiser l'inspiration de nos vies dans les livres...

Mais à part Alison Lurie, quelles pouvaient bien être mes autres influences d'écrivain femme ?

J'ai pris quelques minutes pour y réfléchir et oui, quand même, il y en a.

L'honneur est sauf.


D'abord, il y a la Comtesse de Ségur.

Les petites filles modèles et la gaffeuse Sophie.

Comment ai-je pu ne pas penser à la comtesse de Ségur ?

Ce qu'on a pu me bassiner avec cette Sophie et ses bêtises ! Sophie par ci, Sophie par là, même la Sophie de Jean-Claude Brialy a la télé, je me la suis coltinée. De longues soirées de Noël... Et les cousines Madeleine et Camille, toujours tirées à quatre épingles et avec le sens de l'humour d'une huître. Ce qu'elles m'agaçaient, celles-là ! Moi, je préférais Sophie qui rigolait tout le temps et se moquait des conventions, même après, quand son horrible belle-mère la martyrisait.

Sophie la coquine contre le reste du monde !

Après la Comtesse de Ségur, il y eut George Sand et Colette.

La première, je l'ai découverte non par ses écrits mais par un disque sur Chopin. Et comme Internet est absolument génial, j'ai retrouvé la pochette en farfouillant. Ça m'a fait tout drôle.


Surtout que j'ai réalisé qu'il y avait la grande Delphine Seyrig sur ce disque. Pourquoi diable mes parents ont-il bazardé tous les 33 tours à l'avènement du CD ? On fait des trucs idiots quand on est parent ! Je le sais, je suis une maman maintenant.

M'enfin
, j'aimerais tant réentendre ce disque... Nostalgie quand tu nous tiens...

Colette, c'est à l'adolescence que je l'ai découverte.

Via les Claudine.

Entre 12 et 14 ans, j'ai lu tout Claudine, dans une édition brochée un peu luxe qui traînait dans la bibliothèque familiale. Oui, c'était un peu osé mais je ne m'en rendais pas compte. Et c'est ma mère qui m'avait conseillé ces lectures, je n'avais dès lors aucune culpabilité. Ni peur. Ni gène.

Les amours de Claudine me semblaient naturelles.

Je dois à Colette une partie de ma conception de l'amour : tu peux aimer qui tu veux, homme ou femme, jeune ou vieux, pour peu que tout le monde soit consentant et heureux.

Le découvrir dans un livre m'a évité de me poser des questions métaphysiques et existentielles sur le pourquoi de l'amour charnel, l'homosexualité, l'hétérosexualité, les bisous dans le cou et autres questions que l'on se pose à cet âge. Et ça m'a également épargné les films pornos. Lire Colette est beaucoup plus évocateur qu'un amas de chair lasse dans l'écran d'une télévision.

Après Colette, j'ai continué de lire.

De tout. Des hommes, des femmes.

Parmi les femmes que j'ai aimées au point de lire plusieurs de leurs livres, il y a Marie Darrieussecq, Fred Vargas, Elizabeth Badinter, Anne Gavalda, Simone de Beauvoir, Annie Ernaux... et bien sûr, Madame de Lafayette (le Président sera fier de moi... ou pas). J'ai lu mais n'ai pas aimé Marguerite Duras et n'ai jamais réussi à lire plus de dix pages de Marguerite Yourcenar (honte à moi, je sais).

J'en oublie sans doute.

Tiens, par exemple, ces étrangères que j'ai lues traduites, en remerciant les traducteurs. Ces étrangères que j'ai lu en anglais, comme cette dame qui a créé un sorcier à lunettes. Non, je ne lui ferai pas de publicité, même si pour pratiquer son anglais, elle est top, la Lady. Il parait en effet qu'elle a été anoblie, l'écrivaine.

D'ailleurs, faut-il être puriste et dire écrivain ou peut-on admettre qu'une écrivaine existe ?

Et vous, y a-t-il des dames de lettre qui vont ont aidé à grandir ? A devenir des femmes ? ou des hommes ? Car, lectrice fidèle, j'ai quelques lecteurs aussi, que je salue ici avec respect mais sans déférence.

3 commentaires:

  1. J'ai du mal à sexualiser la littérature, ou tout autre talent d'ailleurs. Un écrivain, c'est un écrivain. Si on me force à me pencher sur leur sexe pour distinguer les hommes des femmes, tout de suite me viennent à l'esprit Ruth Rendell, Alison Lurie en effet(parfait pendant de David Lodge par ailleurs), Elizabeth Taylor (pas l'actrice...)Vicki Baum, Dona Tartt, Virginia Woolf, Edith Warthon, Jane Austen... Il y en aurait encore trop à citer...

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  2. @ Océane : ah oui, j'ai oublié Virginia Woolf ! Zut, je l'aime elle.

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  3. Bonjour, Serais-tu tentée par un challenge Dames de lettres ? Il se trouve actuellement chez Céline - Le blog bleu. Tu as différents stades. J'ai choisi les Demoiselles. Nous avons une année pour le faire, donc très accessible !
    A bientôt...

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