Ben non, je ne vais pas vous parler de David Lodge.Quoique j'aime bien David Lodge.
David Lodge est un auteur sympa qui parle d'un tout petit monde universitaire qu'il connaît bien, un microcosme de coups bas et d'intrigues... Le monde de l'Inspecteur Morse et des escaliers à colimaçon d'Oxford et de Cambridge.
Je vais vous parler de mon tout petit monde à moi, celui que je côtoie chaque jour dans le monde virtuel.
Encore que...
Le monde virtuel (celui de Twitter et de Facebook) est-il si différent de celui que David Lodge décrit dans ses livres ?
Pas si sûr.
Ce n'est pas un monde de béni-oui-oui ni de bisounours.
Je découvre à mesure que j'y pénètre les intrigues qui se ourdissent dans la blogosphère. Les blogueurs influents qui s'égratignent à coup de billets acérées. On pourrait croire qu'il y est question de gros sous. Ben non. Même les blogueurs les plus influents ne peuvent vivre de leur art. Il leur faut un boulot alimentaire. Ou un époux/une épouse qui accepte d'entretenir leur passion... à moins que ce ne soit leur ego qu'on flatte. Avec ma gueule de blogueuse du dimanche, qui fait mine de se ficher de la célébrité comme d'une guigne et qui est très satisfaite de son nouveau Super Boulot, je regarde ça d'un oeil extérieur. Je compte les points. Et je me mare. Donnez un os à ronger à des cabots, ils préféreront se battre que de le partager. Le monde virtuel n'échappe à ce genre de combats de coq... ou de poules. Cot cot.
Il apparaît ainsi d'évidence que notre monde virtuel subit les mêmes écueils que le monde réel. Et c'est normal. Les gens du virtuel ne sont rien que des gens du réel affublé d'un pseudo et d'un avatar rigolo.
Autre point commun avec le petit monde de David Lodge, les rebondissements.
Tenez, prenez moi. J'ai environ 600 personnes qui me suivent sur twitter. Beaucoup de français, quelques belges, quelques canadiens. Ça fait quel pourcentage que je retrouve par hasard quelqu'un que je connais dans la vraie vie ?
Lecteur statisticien, je te laisse faire le calcul.
Moi, je me contente de constater la réalité de notre tout petit monde.
L'autre jour je reçois un message privé d'une copine de twitter, une inconnue de la vie réelle, un pseudo et une image, même pas une photo. Je ne sais d'elle que ce qu'elle veut bien en dire en 140 caractères. Autant dire, rien. Et pourtant tellement. Elle m'annonce qu'elle a un truc important à me dire et elle me demande mon adresse email.
Vous me connaissez, je suis curieuse. Très curieuse.
Je file mon email illico presto.
Et je reçois un email qui dit en substance :
Je suis ta voisine de pallier, ah ah ah ah.
Je condense, hein ! C'est beaucoup plus circonstancié et mieux écrit que ces quelques mots. Mais ça résume l'information. Ma voisine de pallier est sur twitter, elle lit mon blog (je ne lisais pas encore le sien à l'époque) et elle m'a démasquée ! Ma voisine de pallier fait partie des quelques 600 personnes - et machines - qui me suivent sur twitter.
Quelles étaient les probabilités qu'une personne qui vit dans ma rue, dans mon immeuble (lequel comporte 6 cages d'escalier), dans ma cage d'escalier et donc à mon étage soit parmi les 600 personnes qui me suivent ? Quelle probabilité que cette personne lise mon blog ? Oui, n'en déplaise à mon ego, mes 600 et quelques abonnés ne lisent pas tous mon blog... et ils ne savent pas ce qu'ils ratent d'ailleurs.
Alors, statisticien, c'est quoi, la probabilité ?
(je sens que mes chances de gagner à l'Euromillion sont bien meilleures que tu veux bien le dire, Statisticien).
En réalité, elle est très sympa ma voisine blogueuse.
Alors qu'on se disait à peine bonjour dans le couloir le peu de fois qu'on se croisait (persuadées qu'on était l'une et l'autre que nos familles ne s'aimaient pas), on était tout sucre tout miel en ligne. On avait les mêmes goûts de lecture, les mêmes origines, les mêmes envies. Le même humour et le même palais éduqué pour la cuisine d'Europe Centrale.
Après ça, celui qui ose soutenir que les réseaux sociaux ont pour effet d'isoler les gens du monde réel, je peux lui balancer mon histoire à la figure !
Car maintenant, on est également copines dans le monde du dehors.
Et là, tu vois, je lui fais plein de gros bisous à ma copine-voisine-blogueuse !
Ce petit exemple montre combien les réseaux sociaux et Internet en général ont changé nos vies.
Il n'est plus possible désormais de considérer qu'on a deux vies totalement distinctes, celle qu'on a au dehors et celle qu'on se crée en ligne... même si notre vie en ligne se limite à Facebook ou à des raisons exclusivement professionnelles. Il y a toujours quelqu'un pour regarder ton profil LinkedIn ou Viadeo. Quelqu'un pour parler de toi sans que tu le saches.
Les échanges entre le réel et le virtuel sont réels. Des gens du réel deviennent virtuels (j'ai récemment retrouvé des amis du dehors sur Twitter et pas par hasard cette fois) et des gens virtuels deviennent des amis réels.
Et là, je réalise que si quelqu'un avait déposé les mots réels et virtuels à l'INPI, il serait devenu très riche grâce à ce billet !
Vous qui lisez ce blog, vous êtes déjà un peu dans le monde virtuel (même si vous vous en défendez). Votre adresse IP est enregistrée quelque part par Blogger, votre email aussi. En commentant, vous en dites déjà un peu sur vous.
Il va nous falloir réinventer notre vie en tenant compte des impératifs de ce tout petit monde.
Etes-vous prêts ?
c'est énorme !! j'avais cru comprendre ça en vous lisant toutes les deux, mais à ce point là je pensais pas !!! cool !!!!!!!!!
RépondreSupprimera propos de voisine, une fois, quand je cherchais une éventuelle copine via le net, de sites en sites, g fini par tomber sur 1 fille avec qui j'ai discuté virtuellement. On a rapidement découvert qu'on habitait le même immeuble! Bon, on n'a pas donné suite, mais c'était amusant!
RépondreSupprimerC'était pourtant en 2004.
@ e-zabel : oui, t'as vu ça ?!? La vie est extraordinaire !
RépondreSupprimerÉnorme ^^
RépondreSupprimerC'est sûr que Twitter (moins Facebook) et les blogs sont un super lieu de rencontres de personnes super intéressantes qui partagent les mêmes centres d'intérêt que toi.
La manière dont on interagit avec les gens, la manière dont on les rencontre aussi est en train de changer. Internet a aussi (c'est pas traité dans ton article, mais ce serait intéressant de le dire aussi) le don de faire rencontrer des gens de milieux sociaux relativement différents, ce qui est plus difficile et moins rapide dans le mode de rencontre physique.
@ Elizabeth : merci pour ton histoire qui montre encore le côté très relatif de l'étendue du mondre virtuel !
RépondreSupprimer@ Lemeb: je suis d'accord sur le constat relatif aux milieux sociaux. Le monde virtuel fait tomber les barrières des préjugés (y compris les préjugés physiques liés à l'habillement je trouve).
Génial ton histoire !! Voilà un exemple de plus qui va clouer le bec aux éternels detracteurs des relations pseudo virtuelles !!
RépondreSupprimerVive twitter !!" Mais essayes quand même l'euromillon ! Tu as la barraqua toi !!!
Je disais l'autre jour en formation que je n'avais jamais autant rencontré de nouvelles personnes que depuis 5 ans avec les blogs puis twitter...
RépondreSupprimerC'est clair, ils ne savent pas ce qu'ils loupent ceux qui ne lisent pas ton blog :-)
A quand un film sur cette histoire? ;-)
Très beau billet et qui résume d'une certaine manière ce changement de civilisation que nous connaissons avec l'arrivée du net dans nos vies...
C'est difficile de jongler vie réelle et vie virtuelle (surtout quand l'entourage prend les histoires sur mon blog au premier degré).
RépondreSupprimerJ'ai remarqué que le monde était petit quand le lien s'est fait entre une lectrice de mon blog et sa copine, que j'ai rencontré ailleurs !
@ Mirabou33 : il parait qu'on a gagné à l'Euromillon... 33 euros (c'est déjà ça de pris)
RépondreSupprimer@ Carole : bonne idée le film. Je veux Sophie Marceau pour jouer mon rôle !
@ Youggie : mon entourage rigole bien je crois en lisant ce blog. J'essaye de rester respectueuse et gentille (ben oui, c'est la journée de la gentillesse tous les jours ici).
Tout l'art de David Lodge repose dans les lignes de votre post sur votre blog. Un tout petit monde est son livre que je préfère. Le monde est immense et pourtant. Nous vivons tous, à un moment de notre vie, des circonstances imprévues et troublantes. Coïncidences ? Probablement. Parfois elles nous ravissent, parfois elles nous font froid dans le dos. Je les adore !
RépondreSupprimer@ Maan : effectivement, les coïncidences sont le sel de nos vies !
RépondreSupprimerAmusante histoire. Je me pose souvent la question de savoir su je connais quelqu'un parmis mes quelques followers et lecteurs. A part évidemment ceux que je sais avoir cotoyé déjà avant.
RépondreSupprimerJe me demande souvent si mon "troll", Serge, souvent acerbe et injuste, rarement très rarement flatteur sans le savoir, est quelqu'un que je connais, tant il me donne l'impression de se venger de moi parfois...
Bref...
Sinon, je suis une fan absolue de David Lodge, et j'attends chacune de ses sorties avec impatience !
mais comment a t elle su que c'était toi ?
RépondreSupprimerest-ce que ça veut dire qu'on ne peut pas avoir un blog et rester totalement anonyme? moi j'hésite encore à me lancer (dans le blogging) mais j'ai peur d'être dévoilée un jour... donc pour le moment je reste totalement anonyme!
RépondreSupprimerc'est clair que si tu sors pour rencontrer tes contacts de temps c'est l'occasion de belles rencontres de gens que tu n'aurais jamais croisés sinon (bon en dehors de la voisine...)
RépondreSupprimer@ Océane : un jour ton troll se démasquera, tu verras.
RépondreSupprimer@ Olympe : via ce que j'écris ici et mes fréquentations sur twitter.
@ Anonyme : il faut admettre qu'on peut être démasqué et écrire en conséquence. Je fais toujours attention à ce que je dis ici.
@ Phileasfog : oui, je suis d'accord, de très belles rencontres IRL.
Chère amie virtuelle, je t'ai taguée... et oui encore une fois... c'est la mode du mois ! C'est le tag de l'amitié. La liste des questions est sur mon blog. C'est un retour dans ton enfance. Biz.
RépondreSupprimerPS : Tu pourras à ton tour taguer ta voisine-lectrice.
Un tout petit monde : toi, hier tu as croisé ton cousin dans Paname et moi j'ai dîné dans un appartement qui n'existait même pas y a 7-8 ans, immeuble jouxtant aujourd'hui mon appart d'il y a 7-8; quand on m'a indiqué l'adresse du dîner, j'ai failli tomber de ma chaise
RépondreSupprimerun tout petit monde IRL et sur le Net bien sûr
je suis sur Twitter la voisine du dessous, oui oui, absolument
J'adore ce genre d'histoire!!!
RépondreSupprimer@ Syl : je vais voir ça, merci
RépondreSupprimer@ Laurent : et oui, le monde est plein de jolies coïncidences... et de belles rencontres.
@ Madame Parle : merci