samedi 25 décembre 2010

Et nos ancêtres...

Noël est propice aux retrouvailles familiales, au grands raouts où se côtoient l'ancêtre centenaire et le lycéen boutonneux.

On en découvre parfois de belles à l'occasion d'un dîner de Noël. A lire les messages sur Twitter en ce jour de fête, ces jeunes gens étudiants qui se découvrent au détour d'une fête de noël des grands parents collabos, voire pire (si, si, il y a pire), je me dis que j'ai de la chance.

Je n'ai pas (et pour cause) ce genre de problématique.

Mes grands-parents ne se sont pas compromis.

Il est possible que j'ai un ancêtre négrier mais il avait une excuse : il était juif à Bordeaux au milieu du 16ème siècle. D'ailleurs, c'est parce que j'ai un ancêtre juif à Bordeaux au 16ème Siècle qu'on pense qu'il était négrier, par recoupement. Mais on n'en a aucune preuve. On n'est pas même pas sûr qu'il ait été à Bordeaux à cette époque. On le suppose seulement. Parce qu'on en parlé dans la famille. Tradition orale. C'est dire si je suis tranquille s'agissant d'un prétendu héritage familial.

D'ailleurs, tout mis bout à bout, être née juive, de parents, grands-parents et ancêtres juifs me préserve de l'ignominie (quoi qu'en pense l'antisémite qui sommeille peut-être en toi, lecteur faux-cul).

Et tant pis pour les réfractaires à Goldman (pardon, pardon, moi j'aime bien, pas tout, mais j'aime bien), c'est cette chanson qui me trotte depuis dans la tête depuis ce matin :




Et je me demande parfois, qu'aurais-je été moi, si j'étais né en 1917 dans une Cité de Douleur ? J'y pense quand je prends des décisions pour mes enfants, quand je mets un bulletin dans l'urne, quand j'écoute les nouvelles à la radio et qu'on y parle d'exclus et d'expulsés (deux mots pas si éloignés les uns des autres).

Le Doudou dit de moi que je suis une internationaliste naïve qui voudrait abattre les frontières au seul motif que chaque homme, chaque femme est unique et qu'il n'y a rien qui les différencie, en tous cas pas un bout de papier. Il dit que je ne comprends pas les réalités du monde et que ma candeur est touchante mais... stupide.

Peut-être.

Sans doute.

Mais en ce soir de Noël, alors qu'on veut nous faire croire que Dieu incarné a poussé son premier cri à Bethléem il y a quelque 2010 ans de cela, je voudrais rappeler ce que disent les écritures :

Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car vous êtes tous un en Jésus-Christ.

Même si je ne suis pas certaine d'avoir envie d'être en quelqu'un, fut-il Dieu, je ne veux pas oublier que nous sommes tous égaux.

Et vous ?

Joyeux Noël !
(oui, encore)



3 commentaires:

  1. On a tous deux bras, deux jambes, une tête... un bon début ?
    des bises à toi.

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  2. J'ai eu un arrière grand père résistant pendant la 2e GM, il avait une place de choix, il était cheminot.

    Il a participé à la destruction de ponts, de points stratégiques, etc...

    Mais un jour il a sauvé la vie de 5 officiers nazis, simplement parce que dans le même train, qui se dirigeait vers un viaduc qui devait exploser à son passage, il y avait aussi plus de 80 civils...
    Il a fait vite le calcul...
    A t'il bien fait à l'époque ? La réponse appartient à chacun d'entre nous... Moi je pense que oui.

    On ne décide pas des actes de ses ascendants....

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  3. Amen Doudette.
    Bon réveillon pour le Nouvel An...

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