jeudi 24 juin 2010

Un mot pour l'équipe de France de foot

Avant-hier, j'ai lancé un mini sondage "un mot pour l'équipe de France". L'idée était de décrire en un seul mot notre équipe de France, dont on parle tant dans les médias.

Parce que le vocabulaire employé est en soi pour moi significatif de la façon dont les footeux (et les autres) voient les sportifs. Parce que c'est également significatif de ce que nous sommes, nous qui sommes incapables de taper dans un ballon.

Voici les premiers résultats.


En un mot, comme décririez vous l'équipe de France de Foot ?

a chier
antisportive
déliquescent
désorganisation
faillible
Glandus de France
gugusses
Honte
Honteuse
Honteuse
imposture
indisciplinée
individualisme
inexistante
irrespectueuse
magique
minable
naze
nihiliste
Nulle
pitoyable
ridicule
scandaleux
Toccard
veule


Et les joueurs ?

a chier
amateurs
Biroutes
Blaireaux
branquignoles
branquinioles
déplorable
égoïste
enfants gâtés
enfoirés
exceptionnels
fugitif
honteux
humains
Humiliation
immature
immatures
indécents
insignifiants
méprisables
Nases
naze
Nuls
Pieds carrés
puérile

Et bien les gars, on n'est pas rendus... Y a du boulot à faire en terme de communication.

Je vous mets le lien vers le sondage , et je ferai un update de cet article.


un grand merci à Louis-Marie pour ses précieux conseils (cet article est un peu le sien). Grâce à lui, je sais faire un sondage maintenant.

lundi 21 juin 2010

Une femme de ministre peut-elle encore faire carrière ?

Madame Woerth est-elle en conflit d'intérêt quand elle travaille pour Madame B. quand son mari est ministre du budget ? Madame Chirac, diplômée de Sciences Po', et gérante d'une fortune familiale colossale, est-elle en conflit d'intérêt quand elle accepte d'être administrateur d'une société cotée ? Mesdames Borloo et Kouchner doivent-elles renoncer à exercer leurs métiers au motif que leurs époux ont des postes ministériels ?

Et plus précisément : pourquoi ces dames devraient-elles renoncer à leur métiers ? Parce que leurs amoureux sont membres du gouvernement ? Parce que leur époux pourraient faire des confidences sur l'oreiller ? Parce qu'elles sont des femmes et ne sauraient donc pas tenir leur langue s'agissant de leur propre activité professionnelle ?

M'enfin !!!!!!

Tout cela me semble bien mal connaître le monde du travail.

J'ai eu et j'ai encore un métier à responsabilités. J'ai eu et j'ai encore accès à des informations confidentielles. J'ai eu et j'ai encore des décisions difficiles à prendre qui auraient pu ou pourraient avoir des conséquences importantes, y compris sur l'activité du Doudou.

Et je peux l'écrire ici en gras :

JE N'AI JAMAIS ÉVOQUÉ LE CONTENU DE MES DOSSIERS A LA MAISON.

Dans mon ancien boulot, il y avait un truc qui s'appelait (et s'appelle encore) un serment et une obligation au secret professionnel. Un secret professionnel total et absolu. Dans mon Nouveau Super Boulot, il y a un truc inhérent à mon contrat qui s'appelle obligation de loyauté et, à titre surabondant, j'ai signé une clause de confidentialité longue comme le bras.

Et le Doudou n'évoque pas non plus le contenu des dossiers sur lesquels il bosse dans l'intimité de notre foyer. Pour les mêmes raisons (obligation de loyauté, confidentialité).

Nous avons bien assez à faire avec l'intendance, le quotidien du ménage (oui, le ménage, la poussière, le rangement, tout ça). Nous savons assez râler sur nos patrons, nos collègues, l'avancement de nos carrières, nos rémunérations... pour ne pas nous enfoncer dans les méandres de ce qui fait le quotidien de notre travail.

Et ce serait nous faire insulte que de penser qu'il puisse y avoir conflit d'intérêt entre nous, même si son employeur et le mien entraient en conflit, même si j'avais (ou avais eu) accès à des informations qui pourraient l'aider dans son travail. Et vice-versa.

Depuis que nous sommes ensemble, nous avons instauré une muraille de chine salutaire. Un Chinese Wall, beaucoup plus étanche que celui qui peut exister dans d'autres circonstances professionnelles, parce que construit de confiance et de respect pour l'autre et son activité professionnelle.

Je veux qu'on me donne crédit ici de ce que le Doudou et moi pouvons tous les deux accéder à un niveau similaire de responsabilités. Je veux qu'on admette ici qu'il n'est pas obligé de consentir à ce que l'un s'efface devant la carrière de l'autre.

Oui, on peut être femme, avoir un mec qui bosse et mener sa barque. On peut être femme et ne pas parler à torts et à travers. On peut être femme et être aussi talentueuse que son Doudou. On peut être femme et avoir de l'ambition.

Et penser que ces dames, compagnes que ministres, ne sont pas comme moi, c'est les insulter. Et m'insulter, moi. Parce qu'être femme de ministre n'est pas différent d'être femme de juriste. Parce qu'être femme de ministre, c'est être femme d'un homme qui bosse. Et ça, on est nombreuses à l'être.

Parce que.

C'est tout.

dimanche 20 juin 2010

Et donc... le foot ?

Non, je n'aime pas le foot.

Mais j'adore les histoires de mecs qui glissent sur des peaux de bananes et le splastick. J'aime quand on connaît la fin de l'histoire au début (on sait que ça va mal se terminer) mais que le jeu est de découvrir comment. Un peu comme du Chaplin, du Keaton. Voir les Charlots.

Et là, je ne suis pas déçue :

1. Une presse unanime pour considérer que les dés sont pipés dès le départ; mais
2. Qui s'étonne, tout en jubilant, que l'équipe se plante !
... ben oui, la presse n'est pas à une contradiction près.

ET

3. Des joueurs qui insultent leur manager; mais
4. Qui s'étonnent que ça se sache.
... ben oui, le joueur de foot a le QI de celui qui pense qu'un secret partagé par 40 personnes est encore un secret. Le joueur de foot n'a donc jamais travaillé dans un open space (à ne pas confondre avec l'espace ouvert qu'est la surface de réparation).

ET

5. Des joueurs qui préfèrent partir à la chasse au traître qui a cafté, mais
6. Oublient de se demander pourquoi.
... ben non, parce que s'il y avait des problèmes, ça se saurait. C'est sûr que tuer le messager et une méthode éprouvée depuis l'antiquité. C'est efficace, ça ne laisse pas de trace et ça évite de s'attaquer aux vrais problèmes. La retraite par exemple. Oups, je m'égare.

ET

7. Un journal qui met en Une "va te faire enculer, sale fils de pute", mais
8. S'étonne qu'on trouve cela racoleur.
... ben non, c'est pas racoleur, c'est juste de l'information. In-for-ma-tion. Qu'allons-nous chercher là ?

Ajouter à cela, une communication officielle difficilement compréhensible, faites de circulez y a rien à voir et de ne tirez pas sur l'ambulance et vous comprendrez pourquoi ce remake d'Amour, Gloire et Beauté à la sauce comique troupier me met en joie.

J'attends qu'un Alain Chabat décide d'en faire un film... on pourrait bien rigoler. Avec Jean-Pierre Bacri dans le rôle de Domenech et feu Jacques François dans celui du Président de la Fédération. Platini ferait une apparition dans son propre rôle. Et Zizou serait le conseiller technique le mieux payé de tous les temps. Leboeuf aurait tenté tous les castings pour un rôle mais aurait été recalé, sans qu'on sache bien si le refus était motivé par une absence de compétences sportives ou un manque de talent d'acteur. Les blogueurs cinémas en parleraient. Les blogueurs sportifs aussi. Ce serait le buzz de l'année.

Vous noterez que je n'ai pas encore évoqué le foot dans ce billet.

Selon mes amis et commentateurs qui aiment le foot, il est normal de ne pas parler de foot quand on évoque ces évènements car, de foot, on n'en pas point vu au cours des dernières matchs de l'équipe de France.

En tous cas, merci Messieurs la footballeurs, grâce à vous, la Coupe du Monde n'aura pas été le pensum qu'on craignait. Nous la foule des contempteurs de cet évènement récurrent, qui hibernons pendant près de deux mois tous les quatre ans, n'aurons pas dormi longtemps. Une fois n'est pas coutume. A moins que...

samedi 19 juin 2010

Etre ou ne pas être Alain Lambert...

Dans notre famille, depuis le week-end dernier, on ne dit plus Sénateur, on dit AlainLambert, en un seul mot, sans reprendre son souffle.

C'est à cause de cette visite dans l'Orne, dont je vous parle depuis le début de la semaine et dont le Sénateur Lambert est... le sénateur !

Pour quiconque est un tant soit peu connecté, Alain Lambert est la personnalité politique qu'il faut avoir dans ses contacts virtuels. Beaucoup en ont parlé mieux que moi et le blog du Sénateur est un référence dans le microcosme des blogueurs politiques. Si ce n'était que cela, je n'en écrirais pas une ligne. Chacun sait que la politique et moi, c'est une affaire de non-compréhension réciproque (voir ici).

Mais Alain Lambert est surtout un monsieur a-do-ra-ble et d'une disponibilité qui étonne la SuperWorkingMom débordée que je suis.

Comment je le sais ?

1. Quand j'ai dit sur twitter que j'allais dans l'Orne, Alain Lambert m'a communiqué le numéro de téléphone de l'un de ses collaborateurs (mot que - hors circonstances historiques - je n'avais jamais entendu ailleurs qu'en cabinet d'avocats, ça m'a fait sourire). Le collaborateur avait pleins d'infos pour moi si je le souhaitais. Parce que je suis une incorrigible idiote, je n'ai pas osé abuser et ai donc gentiment oublié de contacter le gentil collaborateur. Oui, je sais, je suis nulle et mon père qui me lit saura me le répéter quand il aura eu connaissance de ce billet. Donc, pas la peine d'en rajouter en commentaire, s'il vous plaît.

2. A notre arrivée dans l'Orne, Alain Lambert nous a gentiment envoyé des petits messages (des twitts, quoi) pour nous suggérer tel ou tel endroit, telle ou telle sortie, nous orienter dans la région. Il nous a accompagné virtuellement pendant nos deux jours de goguette normande.

J'en connais de moins connus et moins occupés qui n'auraient pas pris cette peine.

Comme le Doudou et moi évoquions cette gentillesse à haute voix (car il nous arrive de communiquer verbalement avec l'homme, même si cela peut paraître étonnant vu notre degré élevé de connexion), cela a bien entendu intrigué le Poussin.

Or le Poussin est curieux. Le Poussin veut comprendre. Le Poussin veut tout savoir et rien payer (expression familiale dont je ne sais si elle utilisée par d'autres). Le Poussin aura 6 ans dans un mois, ceci explique peut-être cela.

Et le Doudou de se lancer dans une explication de ce qu'est un Sénateur. Même avec des mots simples, le suffrage universel indirect et le système des grands électeurs, ça peut rester abscons. Le Doudou s'en est pourtant sorti comme un chef. Le Poussin a très bien compris qu'un Sénateur, ça travaille a rédiger des lois. Et oui, nos enfants ont une vague idée de ce qu'est une loi, je rappelle que nous sommes une famille de juristes.

Seulement, le Poussin ne comprend pas un truc. Un truc hyper important. Important car il relève de l'équité. Et le Poussin, dont la soeur passe son temps à avoir des jouets mieux que les siens, la meilleure place et les meilleurs bonbons, il en connait un bout, en injustice ! Le Poussin le sait, sa maman et son papa ont une règle : ils ne twittent pas un travaillant. L'ordi du bureau et celui de la maison sont différents. Et avec l'ordi du bureau de maman, de toutes façons, twitter est grillé, spamé, fire-wallé (enfin, il y a un machin-chose qui empêche d'y accéder)...

Alors pourquoi Alain Lambert peut-il twitter ce qu'il fait quand il travaille, lui ?!?

Pour le Poussin, du haut de ses presque-six-ans, c'est profondément injuste.

- Et le Président, il le gronde, Alain Lambert, quand il twitte au lieu de travailler ?

Euh, c'est à dire, que le Président n'a pas la possibilité de rentrer au Sénat, mon Poussin. Quant au Président de la Chambre, j'imagine qu'il préfère que les Sénateurs twittent plutôt que de s'invectiver devant caméras.

Toujours est-il que maintenant que l'on parle politique ou internet (nos sujets favoris du moment), le Poussin demande si AlainLambert en est. En outre, je ne sais pas d'où il tient cela mais le Poussin est persuadé qu'AlainLambert a un iPad. Je ne sais pas qui lui a mis cette idée dans la tête. Peut-être qu'à force de voir son père avec l'engin sur les genoux depuis le 28 mai dernier, il se dit que tout homme digne de ce nom doit avoir un iPad, peut-être qu'il pense que tout geek à la mode doit en posséder un. N'empêche que si Alain Lambert n'a pas d'iPad, il faut qu'il s'y mette car le Poussin serait très déçu si le Sénateur Lambert n'était pas à la hauteur de son AlainLambert.

Quand à la Poussinette, 4 ans, elle a eu une réflexion il y a quelques jours dont je n'ai pas encore saisi toutes les nuances :
- Dis, maman, on alainlamberre quand ?
Je n'ai pas répondu. Je me demande toujours ce qu'alainlambérer pourrait m'entraîner à accomplir. J'ai une réputation à tenir, moi, messieurs !

Maintenant que le terme AlainLambert s'est dénaturé au point de devenir un terme générique à l'échelle familiale, il est probable que cela se propage hors nos murs...

Je me demande si je ne devrais pas tenter de déposer la marque AlainLambert avant qu'elle ne devienne notoire. Après tout, il y a des précédents me semble-t-il. Ines de la Fressange et Chantal Thomass ne seraient plus propriétaires de leurs noms et Bernard Tapie aurait donné le sien à la société de son fils. Je pourrais ensuite me lancer dans un usage dénaturé de cette marque fraîchement protégée, histoire de renflouer les (mes !) caisses vides.

Je pourrais créer une agence de notation indépendante et me faire payer pour apposer le label AlainLambert sur des goodies gouvernementaux dont l'objet serait d'apurer la dette et de rétablir l'équilibre des finances publiques. J'aurais l'appui de blogueurs politiques influents que je corromprais à coup de galettes Saint-Michel. Je trouverais un moyen pour avoir les droits sur une photo du Sénateur et je la plaquerais sur des bidules, des trucs, des machins. Je prendrais ainsi exemple sur la sauce vinaigrette de Paul Newman. Je deviendrais une éminence grise. On me visiterais en secret le soir à la bougie. On dirait je sais qui se cache derrière AlainLambert... on oublierait jusqu'au fait qu'Alain Lambert fut (et est encore pour ses proches) un être de chair et de sang. Comme Franklin D. Roosevelt est devenu une station de métro, Michael Dell un ordinateur et le Préfet Poubelle une urne à déchet, la chose deviendrait prédominante, laissant l'homme au second plan. Nous aurions affaire à une expérience inédite de réification politique.

Argh.... mais c'est horrible !

Allez.... je garde l'homme (même virtuel) Alain Lambert pour le moment et laisse AlainLambert aux générations futures. A mes enfants qui sont fascinés par un Robin des Bois renard, en oubliant que Richard Coeur de Lion et le Prince Jean furent, il y a bien longtemps, des êtres aussi vivants que vous, amis lecteurs, et moi. Poussin, Poussinette, sachez-le, AlainLambert vous appartient mais le Sénateur reste à ses administrés.

jeudi 17 juin 2010

Saint-Céneri le Gérei

Lors de notre balade dans l'Orne, nous avons visité le village de Saint-Céneri le Gérei, que beaucoup décrivent comme l'un des plus beaux villages de France.

On y allait, faute mieux, parce que nous les parents (tout aussi parfaits que nous soyons - et nous le sommes !) les chevaux et le Haras du Pin, ça nous disait moyen... même si on n'osait pas l'avouer à la Poussinette qui avait tant envie d'aller là où les canassons sont.

Et bien, c'est vrai.

Saint-Céneri le Gérei est un village magnifique.

On s'est promené en commençant par cette jolie petite place.


Au début le Poussin râlait, il s'était endormi dans la voiture et le réveil était difficile. Il traînait des pieds et râlait.

Même cette adorable petite église romane ne le déridait pas.


Et puis, nous avons eu une idée de génie. Oui, les parents agacés par des poussins pénibles ont parfois des idées de génie.

Nous lui avons donné la responsabilité de prendre des photos !

Et j'avoue que j'ai été surprise de la qualité du résultat.

Le Poussin aime les maisons fleuries.

Comme celle-ci:


Ou celle-là:


Mais pour vous donner envie d'aller faire un tour dans ce joli petit village (qui vaut vraiment le détour), voilà à quoi cela ressemble vu d'en haut :


Ça fait envie, non ?

Courez-y.

mardi 15 juin 2010

Qu'est devenu le Mont-Saint-Michel ?

Lors de notre week-end dans l'Orne (voir ici), nous étions à une heure et demi du Mont-Saint-Michel, lequel - comme chacun sait - n'est pas dans l'Orne et, selon certains, ne serait même pas en Normandie. C'est dire...

Malgré ces deux obstacles psychologiques (1. devoir quitter l'Orne et 2. devoir peut-être quitter la Normandie), il nous a semblé que les Poussins avaient le droit de mettre le pied sur ce chef d'oeuvre, classé au patrimoine mondial par l'Unesco.

Nous avons donc fait la route (jolie) pour aller nous agglutiner, touristes parmi les touristes, sur ce rocher.

Et c'est vrai que, quand on l'aperçoit au loin, le Mont en jette !

Rocher planté au milieu d'un étendue de sable verdâtre, des voitures et des mobile-homes par milliers à ses pieds, la scène est surréaliste.

Surtout quand le temps est brumeux... et que Monsieur Climat hésite entre orage et soleil.

Et puis, on s'approche... et l'on s'aperçoit que la marée est artificielle, que les oiseaux sont peu nombreux et que les montons dont on a tant entendu parler sont en fait trèèèèèèèès loin. Je ne me suis rendue compte qu'ils existaient vraiment qu'en reprenant la voiture pour retourner dans notre lieu de villégiature.

Alors, le Mont-Saint-Michel, c'est bien ?, vous demandez-vous.

C'est toujours beau.

Enfin, aussi beau que dans mon souvenir. J'avais en effet visité le Mont-Saint-Michel il y a plus de 30 ans, à l'âge qu'ont mes enfants aujourd'hui. Mes souvenirs n'étaient pas totalement frais ni détaillés, il me faut l'admettre. Plus une sensation. Une sortie avec ma tante et son petit copain de l'époque (note explicative nécessaire : ma tante a 12 ans de plus que moi, c'est un peu une grande soeur, ce qui explique qu'à l'époque, elle ait eu un petit copain). Fin de journée. Le droit de me coucher tard. Beaucoup de marche. Etre traitée comme une grande. Impression de devenir une princesse. Vertiges. Fous rires. Fatigue. S'endormir dans la voiture. Mission accomplie.

Aujourd'hui, les touristes sont envahissants. En même temps, les touristes, nous en faisions partie, ma famille et moi. Du coup, je ne dis pas trop de mal des touristes. Mais je n'en pense pas moins. Ah !

Pire que les touristes, les boutiques à touristes. L'une après l'autre. Partout. Tout le temps. Les mêmes babioles moches fabriquées dans un pays loin d'ici. Les vendeurs peu aimables et pas du tout commerçants. Ils n'en ont pas besoin. Tout le monde veut rapporter son machin du Mont-Saint-Michel. Même moi. Un t-shirt par enfant. Je suis une mère gâteau. Je voulais faire plaisir. Je me suis ruinée.

Heureusement, le Mont-Saint-Michel, ça reste ça :


(Photo prise par le Poussin, qui a squatté l'appareil toute la journée)

Une magnifique construction architecturale, qui a résisté à l'épreuve du temps.

- Maman, c'est une petite ville pour petite princesse ? a demandé la Poussinette.

Une île à échelle d'enfant. Un vrai bonheur de Poussin.

Et surtout, pour moi aller au Mont-Saint-Michel, c'est aller là:


Parce que l'omelette de la Mère Poulard est une institution dans notre famille.

Mon père raconte que, quelques années après la guerre (WW2 of course !), c'est à dire après que la moitié de notre famille a été exterminée, alors que ce qui en restait commençait à se reconstruire, mon grand-père avait organisé un voyage au Mont-Saint-Michel. Leurs premières vacances après l'horreur.

La Mère Poulard était encore en vie. Du moins c'est l'impression que mon père en garde. Et la légende veut que ce soit elle, cette vieille Mère Poulard, qui ait cuisiné l'omelette que mon père a mangé.

Aujourd'hui, la Mère Poulard reste une institution. Mais vous constaterez à la vue de la photo ci-contre que tout est fait pour attirer le chaland. Jusqu'au déguisement.

Il n'en demeure pas moins que les omelettes, hors de prix, sont délicieuses.

Le Doudou a eu le mot de la fin quand on nous a apporté l'addition:
- Ah, quand même !, puis après un temps d'hésitation, cela dit, j'ai jamais mangé une omelette aussi bonne.

Nous avons quitté le Mont-Saint-Michel, repus, mais contents d'échapper à la foule.

On est quand même bien dans sa voiture.

Au calme.

lundi 14 juin 2010

Prem's !

Samedi il y a deux semaines, c'était jour d'inscription dans les CLAJE de Paris.

Les CLAJE dans le douzième arrondissement de Paris, ce sont les centres d'animation, ce lieux de vie où nos chères têtes blondes pratiquent des activités extra-scolaires. Il y en a pour tous les goûts : sport, danse, activités manuelles intellectuelles. Même les grands peuvent y pratiquer des activités.

Les poussins y sont inscrits depuis deux ans maintenant et y trouvent ce qui leur plait.

Les tarifs sont abordables. La ville de Paris abonde et, en fonction de vos ressources, c'est plus ou moins cher.

En résumé, le CLAJE c'est super !

Sauf que....

Sauf que je ne suis pas la seule à trouver que le CLAJE est d'un excellent rapport qualité-prix.

Et du coup, tous les ans, c'est la même chose.

La course à l'inscription.

En 2006, il y avait 141 519 habitants dans l'arrondissement. En 2010, 144 010 habitants. Si on estime au tiers le nombre d'enfants, ca fait un peu moins de 50 000 marmots en concurrence avec les miens pour des activités au nombre de places limitées au mieux à 10. Soit un rapport de un à 5000.

On comprend mieux pourquoi certains parents se lèvent avant le soleil, s'installent avec chaise pliante, thermos et croissants et attendent l'ouverture.

L'an dernier, je ne savais pas. C'était ma première ré-inscription (on se demande comment j'avais pu avoir une place à l'origine => vive les échecs et mon poussin intello !). J'étais arrivée à 9 heures, heure d'ouverture des portes et m'était alors rendue compte que plus de 160 personnes avaient déjà pris leur ticket à l'entrée (oui, c'est comme à la Sécu, on tire un ticket et on attend). J'avais donc attendu jusqu'à 15:30 pour m'entendre dire qu'il ne restait plus de place pour l'activité favorite du poussin et qu'il était sur liste d'attente. Il m'avait fallu toute ma force de persuasion, beaucoup d'énervement et un (tout petit) scandale pour qu'il retrouve sa place parmi les titulaires.

Cette année, j'étais prévenue. L'ouverture des portes étant de nouveau prévue pour 9 heures, je me suis levée à 7 heures et était devant les portes à 7:45.

Sauf que...

Sauf que les organisateurs avaient déjà sorti le distributeur de tickets.

Sauf qu'ils étaient déjà une bonne trentaine devant avec thermos et croissants.

Sauf que, quand j'ai pris mon ticket, c'est le numéro 70 que j'ai tiré. Certainement pas le bon numéro. Deux fois mieux que l'an dernier mais pas dans le peloton de tête. Loin de là.

Je n'avais plus qu'à prendre mon mal en patience.

Je me suis installée, les fesses sur le bitume et j'ai observé mes concurrents (oui, à ce stade, entre parents, c'est une concurrence acharnée qui fait rage):

- Les lecteurs... lisaient. James Elroy, Florence Aubenas, Lacan, il y en avait pour tous les goûts;

- Les connectés avaient qui le Blackberry, qui l'iPhone et ne levaient pas les yeux de l'engin, sauf pour observer à la sauvette les autres connectés;

- Les bavards bavardaient. Ça échangeait des trucs et astuces sur les activités, se demandait si ça serait à l'heure pour la kermesse de l'école, si la prof de danse serait la même que l'an dernier;

- Les impatients se levaient d'un coup dès qu'ils voyaient bouger derrière la vitre du CLAJE et se rasseyaient, dépités, quand la silhouette disparaissaient.

Plus 9 heures approchaient, plus les gens arrivaient et réalisaient qu'avec leur ticket de retardataire, ils avaient largement le temps de faire un tour, de faire les courses, de petit déjeuner, de déjeuner, de faire la sieste... avant de revenir.

Il n'était pas 9 heures que 250 personnes avaient déjà leur ticket.

Comme je suis du style angoissée, je décidais de m'accrocher à ma place. On ne sait jamais que les gens s'évaporent et que soudain ce soit mon tour.

Enfin, les portes s'ouvrirent et la meute pénétra dans l'alcôve.

Là du café chaud nous attendait ainsi que quelques chaises. Mon expérience des transports en commun m'ayant entraîné à être très rapide (voir ici), je fus rapidement assise. J'avais la place idéale, juste à côté de la table où le café était posé et à distance d'oreille de la dame qui hurlait les numéros. Comme à la Sécu, je vous dis !

Etant à la fois connectée et bavarde, je sympathisais avec les mamans voisines (oui, beaucoup de mamans et peu de papas dans le cénacle). Entre celles qui travaillaient et avaient du mal à concilier vie professionnelle et vie de famille et celles qui ne travaillaient plus et se demandaient si elles ne devraient reprendre une activité rémunérée, nous avions toutes les mêmes préoccupations.

Il y avait notamment celle qui travaillait dans une grosse boite et se sentait épuisée par la pression et la hiérarchie. Du coup, elle faisait du théâtre au CLAJE, ça lui permettait d'avoir une activité pour elle, de se retrouver. Parce que sa grosse boite, parfois, c'est un peu difficile. Je m'apprêtait à lui demander le nom de son employeur quand surgit le Doudou, venu me remonter le moral.

- Oh ! Ça alors ?!? Machine ! Toi z'ici ?!
(le prénom a été transformé pour préserver l'anonymat mais je souligne ici que Machine est un aussi jolie prénom que pouvait l'être Ikéa et autres Périphérique donnés à des enfants français...)
- Oh, Doudou !
Mais qu'est-ce que tu fais là ?
Elle prend racine.

Où il est révélé que Machine est une collègue du Doudou et que la grosse boite qui l'oppresse est la même pour laquelle le Doudou opère depuis près de six ans. Je ne répéterais jamais assez que notre monde est tout petit, tout tout tout petit et qu'il faut prendre garde à ce qu'on dit, où que l'on soit.

Il était 11:37 quand mon numéro a été appelé... et il reste encore de la place pour tout ce que les enfants souhaitaient.

Je suis contente et soulagée.

L'an prochain, je me lève à 6 heures. Je serais peut-être épuisée mais, au moins, je n'aurai pas perdu ma matinée.

Dire que, même pour des places de concerts, j'ai toujours refusé de me plier au jeu du je campe devant les grilles pour avoir un place et que là, je ne fais rien d'autre que ce que j'ai toujours refusé d'accomplir. Nous avons des ressources que nous n'imaginions pas quand il s'agit du bien-être de nos enfants, n'est-il pas ?

dimanche 13 juin 2010

Le Manoir du Lys

Pour l'anniversaire du Doudou, je n'avais pas d'idée. J'avais le cadeau-mètre à zéro. Le trou intersidérale. L'iPad était en pré-commande, un pull ou tout autre vêtement eut été d'un classicisme éhonté, une place de spectacle du déjà-vu. Il me fallait de l'originalité. Et là, rien. Aucune idée géniale.

Une petite voix m'a alors soufflé à l'oreille :
- Pourquoi pas un week-end en amoureux?
Pffff.... les petites voix ont de ces idées, des fois...
Les week-ends en amoureux, c'est sympa mais le Doudou, ce qu'il préfère, c'est être avec ses enfants. C'est vrai que nous avons des horaires de travail qui nous donnent peu l'occasion de profiter des cris stridents et des colères éreintantes de notre marmaille. Du coup, le weekend, nous nous rattrapons. Traditionnellement, les fins de semaines nous les passons tous les quatre et n'aimons pas être séparés. Le weekend amoureux, concept intéressant pour l'amoureuse que j'étais, n'était pas une bonne idée de cadeau. Retour à la case départ.

M'enfin, l'idée weekend a fait son chemin. Et le weekend en amoureux s'est transformé en weekend en famille.

Il me fallait un endroit différent de ce que nous connaissions. La classe au dessus. Un peu comme quand tu roules en Scenic et que tu rêves d'une classe C. L'endroit m'a été suggéré par une copine qui connaissait, pour y avoir passer un weekend en amoureux. Preuve que nous ne sommes pas toutes des family-addicts. Encore que la copine en question n'a pas d'enfant. Ne nous égarons pas, voulez-vous. Revenons à notre sujet. Comment ça, je disgresse seule ? Mais comment osez-vous ?

J'ai surfé sur le web, trouvé le site. Ca m'a plu. J'ai réservé. Par téléphone. Ben oui, malgré la possibilité de réserver en ligne, j'aime le contact de la voix féminine au bout du fil. Quand on lui explique ce qu'on recherche. Qu'elle vous répond gentiment. Un peu exaspérée. Elle confirme ce que vous dites. Un endroit calme et sympa pour une petite famille de quatre personnes, dont deux petits enfants. La voix était adorable. J'ai versé les arrhes. Emballé, c'est pesé !

Le jour de son anniversaire, le Doudou a eu droit au prospectus de l'endroit et un lien vers le site internet.

Et ce weekend, nous y étions. Pour de vrai.

Le Manoir du Lys. Bagnoles-de-l'Orne.

Un petit coin de volupté entre forêt et campagne.

Nous avions opté pour le pavillon de bois. Une grande chambre. Une autre qui fait salon avec un canapé lit et un lit une place. Une salle de bain grande comme ma chambre avec douche à l'italienne, d'une part, et baignoire, d'autre part. Décoration moderne, un peu design. Et surtout, quand on ouvre les rideaux, le matin, au réveil, on voit ..... ça !



(et vous apercevez le haut du crâne du poussin, fasciné par les vaches)

Je vous avoue, quand on est arrivé au milieu de la nuit, après avoir mis une heure et demi pour sortir de Paris (sans doute parce que tout le monde voulait être à la maison pour le match vendredi soir et du coup se tirait la bourre sur le périf'), on ne s'attendait pas à se réveiller au son des meeeeeuh....

Nous seulement il y a des vâches au Manoir du Lys mais il y aussi un restaurant étoilé Michelin.

Du coup, samedi soir, on s'est fait plaisir.

Moi, après des asperges à me damner (j'ai un truc avec les asperges, j'en prends dans tous les restaurants, du coup, je suis capable de faire des comparaisons => je vous recommande celle du Vins et Marée du boulevard Voltaire, elles sont extraordinaires), j'ai eu droit à ça:


Turbot, sur lit de pleurotes avec pommes de terre truffées.

Le vin avait été choisi par le sommelier. Il était parfait mais, non, je n'ai pas retenu le nom. Ben oui, vous le savez bien, le vin et moi...



Et après un plateau de fromages où je me suis goulûment servie, le dessert, c'était ça :

Les fraises étaient caramélisées.

Le sorbet fraise (coulant à l'intérieur, faudra m'expliquer) fondait la bouche.

Un vrai délice pour mes papilles, habituées à la compote de pommes Andros, laquelle Andros est peut-être fort de fruits mais n'arrive pas à la cheville du Chef Quinton.


Si j'ajoute qu'il y a une piscine chauffée avec deux bassins (intérieur et extérieur) dont les poussins ont bien profité, un portique avec une balançoire dont j'ai également testé la solidité (si vous m'aviez vue monter jusqu'au ciel comme a dit la Poussinette, vous n'en seriez pas revenus), vous comprendrez que, si notre bourse nous le permet, on y retournera au Manoir du Lys.

Oui, parce que ce petit weekend de villégiature a quand même un certain prix.

M'enfin, que ne ferait-on pas pour les 40 ans du Doudou !


NB. Les photos ont été prises avec un iPhone, elles sont illustratives et n'ont pas pour prétention d'être de l'art. Ni de près. Ni de loin.

dimanche 6 juin 2010

Roland Garros et moi

On a tous des souvenirs de sport à la télé. Même quand on n'aime pas le sport.

Moi, c'est Roland Garros.

Le foot, c'était pour les garçons. Le rugby m'endormait.

Mais le tennis, c'était voir mes idoles "pour de vrai".

Faut dire que le tennis, dans la famille, c'était une religion. Au tennis le samedi après-midi après l'école. Au tennis le dimanche. On habitait dans la rue du tennis. Le grand-père de mon amie d'enfance était le gardien du tennis. La voisine d'en face était championne de France cadette. Nos vacances d'été, c'était chez Pierre Barthes dans la pinède avant qu'il ne vende du thé.

Du coup, le tennis, ça me disait vaguement quelque chose.

J'adorais les colères de McEnroe. Enfin un adulte qui se comportait comme l'enfant que j'étais ! Ça rassurait de savoir qu'il y avait un gars, qui plus est un champion, quelque part dans ma télé, qui piquait des coup de sang mémorables, jurait, insultait l'arbitre et était encore plus mauvais joueur que moi. Il y avait aussi Jimmy Connors dont ma mère disait qu'il avait la classe et auquel je trouvais un gros bidon. Et Mats Wilander. Le beau Mats Wilander. Je l'aimais, Mats. Même quand Yannick gagnait, moi j'aimais Mats. J'ai un faible pour les grands blonds nordiques.

Dans ma famille, on aimait Ilie Nastase. Parce qu'il était roumain et qu'être roumain, chez nous, c'est être quelqu'un.

Quand il y avait Roland Garros, on passait des journées ensoleillées devant la télé. On fermait les rideaux pour éviter les reflets et on regardait sans parler. Même ma mère regardait, elle qui détestait la télé. Mon père hurlait Mais elle est faute, Ducon ! Et ma mère disait chuuuut, elle entend tout. Mon père disait de Chris Evert qu'elle avait la classe et un très beau jeu et de Martina qu'elle était un vrai mec non mais regarde-la !. Ma mère toisait mon père et affirmait qu'il était bourré de préjugés et que la Navratilova était une grande joueuse. Je savais qu'on ne parlait pas de tennis mais je ne savais pas où menaient ces sous-entendus. Mon père prenait alors sa respiration pour dire à ma mère quelque chose de super méchant contre Martina mais ma mère jetait un regard en coin vers moi qui signifiait pas devant la p'tite et mon père, renfrogné, se taisait. En maugréant.

A l'époque, à la télé, on voyait les doubles et les doubles-mixtes. Les français étaient souvent en finale en double à l'époque. Et la télévision française diffusait ces matchs. C'était amusant. Ça s'enguelait sur le cours un peu comme quand mon père jouait avec ma mère et qu'elle ne se plaçait jamais où il fallait. On riait beaucoup.

Ensuite, plus tard. Il y a eu le lycée. Les exams. La fac. Les exams. La télé en bruit de fond quand on révisait. Le repos du guerrier où l'on s'autorisait une heure de Roland-Garros si on avait bien avancé. Jim Courrier. Pete Sampras. Deux grands escogriffes. Pas trop sexy. Agassi, pas mal mais son idylle avec Brooke Shield, ca sentait le coup de pub. Il y avait Bruel dans une loges et les filles hurlaient Patriiiiiick au lieu du nom des joueurs. Sur le cours, les filles cognaient comme des hommes. Steffi avait de longues jambes. Agassi avait une coiffure de sagouin et ma mère disait Ne m'en ramène pas un comme lui, hein !. Mon père disait les français sont nuls, sont pas préparés mentalement ! Les scandales financiers éclataient. Les scandales sexuels aussi.

Mes parents abandonnaient le tennis pour le golf et se passionnaient pour Niklaus.

Fin d'une époque.

Une autre Martina, suissesse, prenait tout le monde de court.

Et la Suisse devenait une grande nation du tennis.

Et la Belgique aussi.

Et nous ?

Nous on se souvenait qu'un jour un français avait gagné le tournoi et on se forçait à oublier qu'une française, plus tard, le remportait aussi. Comme si une fille qui gagnait, qui plus est une française à l'accent d'outre-atlantique, c'était une sous-victoire, un non-évènement. Mais moi, je l'ai aimée cette victoire. Cette joie.

Aujourd'hui, le tennis a changé mais il y a encore de jolis moments à la télé.

Hier, par exemple, le sourire d'une italienne, première à remporter le tournoi, m'a fait oublié que le tennis était désomais un sport à l'argent roi. Elle était tellement belle, Francesca, quand elle a embrassé la terre rouge. Tellement soulagée. On peut avoir près de 30 ans, être limite une vétérante et avoir encore un regard de petite fille en soulevant un trophée qu'on pensait ne jamais pouvoir conquérir. Il est des victoires qui ont la saveur d'un bonbon piqué dans le placard et dégusté ostensiblement à la barbe des fâcheux qui pensaient cela impossible.

Elle a raison, Francesca.

Bique-bisque
rage et le tennis vaincra !

samedi 5 juin 2010

Voir Rome et...

Trois jours à Rome pour une rencontre off-site avec mes collègues européens la semaine dernière.

Trois jours à réaliser que, sur la région, nous avons plus de points communs que de différences.

Trois jours à réaliser que ces différences nous rapprochent.

Quelques évènements marquants.

Inventaire à la Prévert.

Balade oulipesque. Calvino, où es-tu ?

Traversée de Rome la nuit.

Rome bondée. Rome magique. Avec moi, deux allemands, un russe (que j'ai pris pour une glu collante car je n'avais pas repéré sa présence auparavant), un néerlandais, deux français.

Lancer d'euro dans la fontaine. Pas trace d'Anita.

Ca discute foot. Grèce. Foot. Grèce. Obama. Grèce. Elections Britanniques. Sarkozy. Carla. Carla. Carla. Carla. C'est fou que ça aime Carla, l'européen. Sarko, moins.

Retour vers l'hôtel. On se perd. On lit une carte. On fait semblant de parler Italien avec l'accent. On s'amuse. On est tous du même coin (la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, c'est tout proche à notre échelle). Sauf le russe. Mais le russe, de toute façon, je ne le capture pas. C'est drôle comme je peux occulter un visage. Le sien ne me revient pas.

On raille les anglais. L'Europe continentale contre l'Europe insulaire. Éternel combat. L'Europe civiliste contre l'Europe de la common law. L'Europe anglophone contre le reste du monde. De quand date ce clivage ?


Visite guidée de Rome.

J'apprends que le Coliseum est en fait une statue géante de Néron fondue pour cause de fabrication d'armes de guerre et que le cirque porte un réalité un autre nom.

Nos stades géants n'ont rien de nouveau : le Colisée (enfin, ce que je prends pour le Colisée) avait un toit de soie et pouvait faire piscine pour des jeux d'eau.

On n'invente finalement rien. On recycle.

Visite suivie de la recherche du sac idéal. Avec moi dans ma quête, un anglais et une italienne.

Notre graal : la boutique Botega Venetta.

Au passage, nous visitons les antres de Ferragomo, Fendi, Furla.

Enfin, elle est là... The Boutique.

Nous entrons.

Nous grimpons les marches.

Et là... je le vois... le sac de mes rêves !

J'ai tenté de le trouver sur internet pour vous le montrer, vous faire partager mon excitation. Mais non. Il n'est nulle part. Or, je ne peux pas le prendre en photo. Même avec mon super iPhone à tout faire. Car...

Je demande le prix.

- 1460 euros, Miss.

Euh.... comment dire..... un smic dans un sac ?

Et bien non.

Je pars, fière.

Il était quand même magnifique, ce sac.

Pour me consoler, j'achète au prix fort deux déguisements de gladiateurs sans doute made in China pour deux poussins restés en France.

Et mes collègues me consolent. You don't need this. It's beautiful but not worth it. You'll find another one. You did the right thing. Ils sont gentils mes collègues. Mais je suis quand même un peu déçue.

On se console avec une gelati. Rien de tel qu'une glace à l'italienne pour vous remonter le moral. Il faut chaud, très chaud. Ca rafraîchit.

Dîner entre collègues.

On aborde des sujets qu'il ne faut pas aborder.

Sujet numéro 1 : la Religion.

Toujours hasardeux de parler religion quand, de l'autre côté de la table ronde, une demoiselle britannique a pris le menu végétarien car la viande n'est pas hallal. Quelqu'un demande ce que c'est qu'est la viande hallal. On n'est pas rendu. J'ose expliquer la différence avec la viande cacher. Et la demoiselle musulmane et moi nous lançons dans une explication sur les points communs entre les religion du Livre. Je tente d'expliquer notre équilibre familial. A part la demoiselle musulmane, les autres font seulement semblant de comprendre. Pas à l'aise. Pourtant, pas de polémique. Un français dit "maybe we could change subject". Les français ne parlent pas de religion, loi de 1905 oblige... Le sujet est clos.

Sujet numéro 2: le Coca-Cola.

Il y a les pour et les contre. Ceux qui pensent que le coca peut vous attaquer de l'intérieur et faire de vos os des os de verre qui cassent au premier choc. Et les autres. Ceux pour lesquels ce genre de discours provoquent des crises de fou-rire irrépressible. Sachez, amis lecteurs, qu'évoquer le coca-cola est aussi dangereux que d'évoquer la religion. Les réactions peuvent même être beaucoup plus violentes. Les coca-addicts et les anti-coca sont prêts à en venir au mains. Nous avons fini par trancher le litige en promettant d'échanger des preuves irréfutables de nos assertions. Preuves que nous trouverions sur l'internet bien entendu. Comment ça, Internet n'est pas crédible ?

Retour à l'hôtel. Tisane au bar de l'hôtel. Collègues à la bière. Sociabilisation. Rires. Fatigue.

Chambre d'hôtel.

Minuit a sonné.

Recherche du wifi. Difficulté à entrer le code. 5 euros l'heure de communication, la marge est sympathique et lucrative. Clientèle captive.

Trouver Skype. Appeler le Doudou.

- Tu dors ?
- Mmmmmm...
Voix pâteuse.
- Tu dors ?
- mmmm, fait la voix qui se réveille, c'est comment Rome?
- Bien.
- T'as fait quoi ?
- Rien. Vous me manquez.

Envie d'être ailleurs. Envie d'être chez moi. Avec eux.

mardi 1 juin 2010

Voisin, voisine

Vendredi dernier, parait que c'était la fête des voisins.

Dans mon immeuble, on n'a rien fait.

C'est la première fois que personne ne prend l'initiative de proposer un pot dans la cour ou le jardin. C'est bizarre. Pourtant mes voisins, je les aime bien... ou pas.

- mes voisins percent des murs à 5:48 du matin (et ensuite environ toutes les 10 minutes).

Qu'on m'explique ce qui peut pousser un être humain à jouer de la perceuse électrique au milieu de la nuit ! A part réveiller les enfants malades des voisins ("mes" enfants) qui se mettent aussitôt à hurler et se précipitent dans le lit des parents ("mon" lit) en pleurant, ça leur apporte quoi de percer des murs à 5:48 ?

D'ailleurs, ma fille l'a dit quand elle s'est jetée sur moi dans la pénombre :
- Maman, j'ai peur, y a des travaux dans ma chambre !
ce qui donne une vague estimation de l'épaisseur des murs des immeubles construits dans les années 1970.

- mes voisins nous traitent de raciste le jour de Noël

Ils se pointent vers nous, le matin de Noël, alors que les bras chargés de cadeaux nous allons fêter le deuxième Noël d'une longue série de six, en soutenant mordicus que nous avons sciemment fait du bruit le 24 décembre au soir en faisant la java au dessus de leur tête !

Leur logique : nous savions qu'ils n'étaient pas chrétiens et ne fêtaient pas Noël. Nous avions cherché à les les humilier. Ça ne pouvait être que cela, vu le raffut que nous avions fait.

Euh... nous étions dix adultes et quatre enfants de moins de six ans ce soir là et nous avions offerts les cadeaux avant le dîner... il est assez facile de deviner ce qu'il advint de notre appartement quand tous les enfants (petits et grands) ont eu ouverts leurs paquets. Je doute que, même avec une force de persuasion digne d'un hypnotiseur, j'eus peu empêcher mon fils de tester son nouveau vélo rouge dans le couloir.

Cependant, j'affirme ici haut et fort que nous étions tous au lit juste après minuit.

Autant vous dire que, lorsque le lendemain matin, le voisin mécontent est venu nous expliquer sa façon de penser, je n'ai pas hésité à lui expliquer que la charité chrétienne, ce n'était pas vraiment mon truc non plus mais que, s'il s'obstinait à me traiter de raciste, je n'hésiterais pas à pratiquer la loi du talion.

Je vous rassure, depuis nos relations se sont apaisées (rien de tel que d'embaucher la fille du voisin parano comme baby-sitter pour signer l'armistice).

- mes voisins s'entre-tuent sur le pallier

Madame tape sur monsieur et/ou le contraire et tous cognent les enfants. A moins que ce ne soit les enfants qui bousculent un peu trop fortement leur mère. A l'adolescence, c'est sûr, on ne sent pas sa force. On ne sait plus bien. Ça se hurle dessus au milieu de la nuit, envahissant le pallier, l'un des membres de la famille se trouvant généralement exclu hors les murs au moment le plus incongru. Ça tambourine et, quand ça n'y suffit plus, ça donne des coups de masse pour ouvrir tandis que le reste de la famille, cloîtré, hurle à s'en rendre aphone. Une fois par mois environ, le bois est éventré et il faut changer la porte.

La maréchaussée se déplace, les voisins portent plainte, le proprio demande l'expulsion. Rien n'y fait. Le voisin cogneur menace la voisine d'en face qui a porté plainte, laquelle appelle les flics car elle se sens en danger.

On finit par la jouer finaude. La voisine menacée et le voisin cogneur sont tous deux avocats. La voisine menacée en appelle au conseil de l'ordre pour non-respect des principes de délicatesse et de probité qui régissent les rapports entre avocats y compris dans leur relations extra-professionnelles. C'est sûr qu'une menace de mort, c'est pas très délicat.

Au final, la famille de cogneurs s'envole un soir, sans laisser d'adresse, laissant une ardoise de près d'un an de loyer - et un appartement dont même les rats ne voudraient pas - à un propriétaire appauvri mais soulagé.

- mes voisins veulent vendre leur murs à un supermarché

Non mais ça va pas la tête ! Ça fait quatre ans que ça dure. Le local d'en-bas doit être vendu à Carrefour qui veut en faire un Carrefour-Market (avant c'était un Champion mais la rumeur veut que ce soit exactement la même chose, juste un coup de com', ce changement d'enseigne). Les résidents non commerçants (la majorité en têtes, sinon en surface) s'y opposent.

Seulement, ça en fait des tantièmes, un local commercial de 3000 m2 !

Faut se mobiliser aux assemblées de copropriétaires. Faut obtenir des procurations.

On fait obstruction. On vote contre tout aménagement des parties communes. On refuse les livraisons dans la cour, sur la dalle qui ne supporterait pas un camion de 5 tonnes. On refuse de laisser des places de parking.

On se fédère, on se solidarise. On fait masse.

Et on se fait assigner !


- mes voisins mettent des fleurs dans la cour

On n'a pas les moyens d'entretenir la cour.

Qu'à cela ne tienne.

Un voisin jardinier du dimanche prend les choses en main. Il propose d'organiser. On ouvre un pot commun, chacun verse ce qu'il peut. On achète des bacs, des plantes et les voisins se relayent pour les entretenir. Une chaîne de petites mains vertes. On arrose à tour de rôle, on élague à l'apéro. Ça crée du lien social.

Les fleurs sont jolies, les plantes grimpantes, ça va donner un petit air de campagne à notre béton...

... et avec les bacs, les camions de 5 tonnes ne peuvent plus passer !


En me remémorant ces quelques exemples de bons (et moins bons) rapports de voisinage dans ma grosse résidence de l'est parisien, je me dis que je les aime bien mes voisins.

Dommage qu'on ne la fasse plus, cette fête...


Et chez vous, ils sont comment les voisins ?