samedi 31 juillet 2010

L"immigration en échec ?

Monsieur le Président de la République a employé très exactement les mots suivants dans un discours d'hier beaucoup commenté par ailleurs dont je peine à trouver le texte sur internet (même le site de l'Elysée n'est pas à jour):

"Nous subissons les conséquences de 50 années d'immigration insuffisamment régulée, qui ont abouti à un échec de l'intégration"

Un échec de l'intégration ? Vraiment ?

Reprenons...

Et parlons de moi...

Oui parler de moi est, quoi qu'on en pense, ce que je préfère.

Donc, je suis une enfant issue de l'immigration au cours des 50 dernières années.

Mon grand-père était roumain.

Oui, oui, roumain...

Comme ces gens qui font la manche dans le métro.

Il est arrivé sans le sou, sans diplôme et qui plus est.... juif !

Et ben, mon grand-père et ses descendants ont tous bien réussi tant personnellement que professionnellement. Au milieu de sa vie, mon grand-père est même devenu français. Par choix.

C'est dire si tous les roumains ne sont pas des romanichelles ! A moins que si. Justement. Parce que c'est quoi, être un romanichel ? Si ce n'est être un étranger dans le regard de l'autre. Relisez Zoli aussi. Ça vaut le coup, c'est un beau livre et les gros pavés qui divertissent et font réfléchir en même temps, c'est de saison. Parfait pour la plage.

Revenons à moi.

La famille travaille bien qu'on nous appelait à l'école.

Bon, vous allez me dire que nous sommes une exception, que tout cela est culturel, que chez les gens comme nous, c'est normal d'avoir le culte du travail, qu'on a des réseaux, qu'on s'entraide, qu'on a des facilités, qu'on est tous des intellos, que c'est atavique de réussir, que les banques nous prêtent plus facilement, que c'est plus facile pour nous d'être entrepreneur, qu'on a des places réservées dans l'administration... tout cela sans citer une seule fois mes origines ou celles de ma famille.

Et oui, ce que j'écris là, je l'ai entendu plein de fois et parfois en bloc. Y en a qui ne se rendent pas compte du poids des préjugés dans la bêtise ordinaire.

Alors, parce que je ne veux pas faire de mon cas une généralité, j'ai un petit questionnaire que je remercie mes gentils lecteurs qui ont au moins un grand-parent étranger de remplir. Quand j'aurais les résultats, j'en ferai l'analyse et je ferai un autre billet.

Le questionnaire est .

Parce que, je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dit que l'intégration des 50 dernières années n'a pas été un échec... mais au contraire une force pour la France.

Et si vous avez des copains qui veulent remplir le questionnaire, faites, faites... Plus on est d'enfants d'immigrés (sur l'air de plus on est fous)...

jeudi 29 juillet 2010

Je suis une femme des années 2010

Je n'ai pas le choix.

C'est pile dans la ligne éditoriale de ce blog.

C'est un truc à faire sauter au plafond une SuperWorkingMom.

Michel Sardou a réactualisé Etre une Femme à la sauce 2010.

Etre une femme, c'est LA chanson de ma jeunesse. Celle qui m'a fait dire que je pouvais avoir un beau boulot, des enfants, un mari et gérer le tout.

Alors là, avec la chanson réactualisée, je ne peux pas louper le truc.

J'étais excitée comme une gamine quand j'en ai entendu parler cet après-midi.

Ben... bon.... comment dire....

La déception a été à la hauteur de mon espérance.

Avant de vous montrer le clip (en fin de billet), je m'en vais jouer les élèves de Première et vous proposer le commentaire composé des paroles. Non, parce que ça vaut son pesant de cacahuètes enrobées de chocolat.

Depuis les années quatre-vingts
Les femmes sont des hommes à temps plein
Finies les revendications
C’qu’elles ont voulu maintenant elles l’ont
Alors, que ce soit rappelé d'emblée, je ne suis pas un homme un temps plein. Je n'ai jamais été aussi femme-femme. Je jongle entre le boulot, la famille et le Doudou. J'ai effectivement eu ce que je voulais mais en aucun cas, je n'ai l'impression d'avoir atteint un seuil, une apogée, un climax. Il est toujours aussi difficile d'être une femme dans le monde du travail. Dans la Corporation qui m'emploie, il n'y a qu'une seule femme au Board aux US et on travaille sur la diversité justement pour que cela change.

Ce sont toutes des femmes accomplies
Sans vraiment besoin d’un mari
C'est le Doudou qui va être content !
Femmes capitaines de sociétés
Elles ont d’autres chats à fouetter
M'enfin, on peut aussi être femme et ne pas être capitaine de société ! Au contraire, il y en a qui changent de travail pour avoir un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. On peut aussi avoir un Blog "en plus" pour faire un petit truc pour soi, justement parce qu'on a envie de s'accomplir pleinement.

De conseils d’administration
Euh, des femmes au conseil d'administration, i.e., Boards, y a pas tant que ça (voir plus haut)

De longs dîners en réunions
Les réunions maintenant sont par téléphone, on les fait dans son salon, ça s'appelle des conf. calls. et les longs dîners, plus personne n'en veut parce que, justement, tout le monde souhaite rentrer chez soi au plus vite.
Passer en coup d’vent chez l’coiffeur
Se maquiller dans l’ascenseur
Bon Diou, je ne me maquille pas. De quoi parle-t-il ?

Elles rentrent épuisées tous les soirs
Meuh non... on travaille en remote, on profite de la flexibilité et quand on a des urgences, on aime tellement ce qu'on fait, qu'on est contentes d'y être.
La télé elles veulent plus la voir
M'enfin, il n'a jamais entendu parler du Live-Tweet, Sardou ?
A peine la coupe d’un magazine
C'est quoi, ça ?
Et un cachet qui les assassine
Je ne prends pas de cachet. J'ai préféré donné mes sous à un psy il y a quelques années. Beaucoup plus efficace.

{Choeurs}
Femme, être une femme
Femme, être une femme

Quant à l’amour elles n’y pensent plus
Encore une fois c'est le Doudou qui va être content !
Juste un amant qu’elles n’revoient plus
Doudou, arrête de lire ce billet ! C'est un ordre ! Le Monsieur dit n'importe quoi...
D’ailleurs c’est un acte manqué
Quand leur portable s’met à vibrer
Le portable est en mode avion dans notre chambre à coucher. Pas de risque d'être dérangés.

Pour la nostalgie d’autrefois
Faudrait du temps, elles n’en ont pas
Ah bon? Et toutes ces femmes qui font des activités manuelles pendant leur temps libre, reproduisant les gestes de leurs mères et de leurs grand-mères, elles comptent pour du beurre ?!? La couture, le crochet et le tricot n'ont jamais été aussi à la mode. Sans compter celles qui passent des heures avec leurs parents vieillissants pour tenter de récupérer un peu de l'héritage émotionnel familial. La tradition orale est en pleine forme. Et ces mamans qui tiennent un blog pour laisser une trace pour leurs enfants... et celles qui organisent des dîners avec les copains de lycée... En fait, Sardou, il ne connaît pas mes copines, c'est tout.
Elles y r’viendont évidemment
Avec le premier cheveu blanc
Le premier cheveu blanc pour moi, c'était à 18 ans. Non, j'dis ça parce que, à cet âge là, ça vient plus que ça re-vient.

Tant d’années se sont écoulées
Ont-elles perdu c’qu’elles ont gagné ?
Euh.... non....
Elles étaient femmes en quatre-vingts
Et femmes jusqu’au bout des seins
Ben, ça n'a pas vraiment changé. Des seins, on a en toujours... même que certaines, elles mettent de la silicone dedans pour en avoir encore plus.

Question salaire ça n’va pas mieux
Celui d’un homme coupé en deux
On les enfume de parité
Mais qui promet l’égalité ?
Voilà qui est très mal écrit, les rimes sont pauvres (surtout les premières) mais sur le fond, ça reste juste.

{Choeurs}
Femme, être une femme
Femme, être une femme

Vous aurez noté en outre la pauvreté des rimes et les raccourcis de langage pour maintenir le nombre de pieds et vous aurez je l'espère compris les raisons de ma déception.

Maintenant, si vous avez envie de jeter un oeil au clip, c'est là (je vous préviens, c'est insoutenable):







Note : L'auteur des paroles semble être Michel Sardou lui-même (mais c'est pas clair sur les sites que j'ai consultés). J'espère qu'il ne serait pas choqué par ce commentaire amical et acceptera cette reproduction de son oeuvre pour les besoins dudit commentaire. Quant à la vidéo, je l'ai trouvée sur un site de partage.

mercredi 28 juillet 2010

La Côte Saint-Jacques

L'autre jour, on visitait Joigny (voir ici) et après avoir marché une bonne demi-heure (un record pour la sédentaire que je suis), je dis au Doudou:

- J'ai faiiiiiiiim !

Voyez-vous, quand j'ai faim, je veux manger. Je dois manger. Ça peut pas attendre. Après, je deviens grognon. Ronchon. Je traîne la patte. Je bavouille. Je mords si on me taquine. Je ne suis pas dans mon état normal.

Comme c'est un Doudou parfait, il dégaine son iPhone et cherche un restaurant sympa dans le coin.

L'iPhone, c'est un outil extra pour repérer les bons plans...

En fait de restaurant sympa, on s'est retrouvé là:




Là, c'est La Côte Saint-Jacques, rien de moins qu'un restaurant 3 étoiles au Michelin !

Dire que le Doudou a eu le nez creux serait peu dire.

Dans ce genre de restaurant étoilé, tout le monde est aux petits soins. Etre une princesse pendant deux heures, ça n'a pas de prix (enfin si, ça a un prix... coquet).

Les fleurs sur la table sont de vraies fleurs.



On vous propose trois sortes de pain, deux sortes de beurre. On vous explique ce qui se trouve dans votre assiette.

Mais surtout.... on mange divinement.

Manger n'est même pas le mot.

Manger, c'est avaler une grillade (même délicieuse).

Ce n'est pas ce que nous avons fait ce jour là.

Il faudrait un autre mot pour définir l'acte de profiter pleinement d'un tel lieu. Ce n'est pas seulement ce qui fond dans la bouche, cette explosion de saveurs, ces papilles qui palpitent.

On s'est régalé.

D'autant que dans ce type de restaurant, tu dégustes autant de ce que tu ne commandes pas (amuses-bouche, trou normand, pré-dessert, mignardises) que ce que tu commandes.

Et le vin... Ah le vin !



Ça, au dessus, c'est un verre de Santenay 1er cru 2007 choisi tout exprès par le sommelier pour aller avec ça:



Râbles de lapin aux chipirons avec tomates confites et risotto sauce à la sèche (un régal)

Après je n'avais presque plus faim pour le dessert. Mais comment résister à ça ? Une véritable oeuvre d'art.



poires pochées avec un genre de crumble (en mieux) la pistache et une mousseline/sorbet (me demandez pas comment ils font) à la framboise.

Nous avons quitté la restaurant repus et comblés.

Un dernier coup d'oeil à Joigny et nous étions sur la route de notre campagne à nous.

Joigny, vers l'église


On fait quelques économies et on y retourne.

Pour ceux que ca intéresserait, la Côte Saint-Jacques n'est pas qu'un restaurant, c'est aussi un hôtel (sur l'Yonne) et un spa. Si je n'avais pas déjà un point de chute dans la région, je me serais bien laissée tenter.

mardi 27 juillet 2010

Joigny

Le problème d'avoir un petit havre de paix à la campagne, c'est qu'on se précipite dans son jardin... et qu'on ne fait plus rien après.

Ce weekend, nous étions sans les poussins, lesquels profitent (encore) d'une semaine de villégiature à la mer. Sur un coup de tête, le Doudou et moi avons décidé de prendre les chemins de traverse. D'aller faire le marché là où nous ne le faisons jamais.

Et nous voici donc à Joigny.

Au début, notre idée était uniquement d'y faire le marché. En plus, on a une voisine et copine qui y vend des volailles. On est passé lui faire un petit coucou. On a parlé des enfants, de la vie qui va, de la maladie...

Ensuite, parce qu'on avait le temps, on s'est dit tiens, si on allait faire un tour en ville. Ça a l'air joli...

Et effectivement, Joigny, c'est d'abord, en haut d'une petit colline, un très jolie église, dont la porte violette donne un petit côté Pop à l'environnement.



L'intérieur de l'église est lumineux... et ça mérite d'être noté tant il y a d'églises sombres où l'on ne peut pas lire tranquillement sur son iPhone ! (note à Grand-Père, qui n'aime pas quand je me moque de la religion : je plai-san-te)


En se promenant dans Joigny, on remonte un peu dans le temps... De petites ruelles, peu de voitures, c'est calme et reposant.


(vous noterez au fond de la photo la dame à sa fenêtre... que dans une autre existence, peut-être, j'ai déjà vu et dont je me souviens)


C'est tellement calme, que les chats peuvent tranquillement dormir au milieu de la rue, sans risquer de se voir rouler dessus pas une moto ou une automobile. Ce chat était d'ailleurs très gentil. Il est venu faire la causette quand nous nous sommes approchés. Mes lectrices felinophiles, dont la Grande Manu, apprécieront l'attention. Moi, j'ai juste eu droit à une remarque du Doudou : toi, le chat vient te dire bonjour et tu t'enfuies, t'es pas sympa ! Je préfère les chiens, c'est pas ma faute à moi, c'est héréditaire.


En même temps Joigny reste une ville comme les autres, frappée par la crise (au marché, certains commerçants ont du fermer boutique nous a expliqué ma copine). Impossible d'y trouver un Paris Match chez aucun des marchands de journaux de la ville, à croire que je ne suis pas la seule à n'avoir que cela à faire que de vouloir lire les 16 pages consacrée à Bernard Giraudeau.

Preuve de ce que Joigny est une ville comme les autres. L'époque humaine y a sa rue...


Pour ceux qui n'arriveraient pas lire, il s'agit de la "rue de la galère"


Bref, ça nous a bien plus Joigny d'autant qu'on s'est fait trèèèèèès plaisir au restaurant mais ça, ce sera pour le prochain billet.

samedi 24 juillet 2010

Distilbènisée

Il y a longtemps que je voulais en parler... mais c'est pas facile de parler de cela.

Et puis Elizabeth a fait un billet sur son (non)désir d'enfant (ici)... et ça m'est revenu.

Ce désir d'enfant qui est arrivé comme ça, parce qu'il le fallait, à cause de ça:



Non, ce ne sont pas des bonbons.

Et j'imagine que cette image, glanée sur le net, n'est pas libre de droit.

Mais là, franchement, ça vaut le coup de vous le montrer.

Ces petites pilules toutes mignonnes... qu'on mangerait comme friandise.... ce sont des doses de poison pour fille en gestation.

L'article sur Wikipédia explique bien ce que ce machin a pu engendrer comme saloperies et si vous googlisez le mot, vous trouverez des témoignages, des extraits de décision de justice et quelques coupures de presse.

Moi, ce n'est pas par Google que j'ai découvert ce poison.

C'est à la radio. En 1990. Sur France Inter. Déjà.

Ma mère et moi étions dans la voiture. On allait quelque part. Toutes les deux. J'avais 18 ans ou presque. J'étais jeune, inconsciente. Je tentais de me débarrasser de l'adolescence. Je ne pensais pas à être mère. Je savais, parce qu'on me l'avait toujours dit, que ma maman, qui conduisait ce jour là, avait eu beaucoup de mal à avoir des enfants, qu'elle en avait perdu plusieurs, que j'étais une sorte de miraculée. Je ne m'en inquiétais pas plus que cela.

Et là, la dame, dans le poste, explique que, dans les années soixante-dix, on a prescrit à tour de bras à des femmes qui souffraient de difficultés dans leur grossesse un médicament au nom improbable : le Distilbène. Un médicament miracle, supposé éviter les fausses couches et prolonger les grossesses. Des femmes dont les mères avaient pris ce médicament entamaient une action en justice contre le fabriquant du médicament. Ça faisait les gros titres du journal à la radio.

J'ai regardé ma mère. Ma mère a ralenti.

On a pensé à la même chose.

Elle a répondu à la question que je ne verbalisais pas :

- Je ne sais pas.

Et on n'en a plus parlé.

Six mois plus tard, ma mère m'appelait. Elle avait entrepris des démarches auprès de l'hôpital où j'étais née. Elle avait fait des pieds et des mains pour récupérer son dossier médical. Et connaissant ma mère, elle avait du passer par des fenêtres quand les portes se fermaient, envoyer des courriers recommandés aux bonnes personnes (et à celles qui pouvaient les influencer), en appeler à la CNIL, à la CADA. Toujours était-il que, sans doute de guerre lasse, l'hôpital lui avait rendu un dossier vieux de presque 20 ans. Le dossier était sur son bureau. Elle voulait savoir qu'elle devait en faire.

- Alors ?, ai-je demandé, tu as regardé ?
Elle n'a pas su mentir, même pas omission.
- Oui, j'y ai eu droit. C'est dans le dossier.

Mon monde s'écroulait. Moi qui n'avait même pas imaginé que j'aurais un jour des enfants à moi, je réalisais que, ben non, sans doute non.

On a couru chez notre généraliste, notre médecin à toutes les deux, avec le dossier. Il a regardé. Il a réfléchi et il a dit :

- on verra cela en temps utile mais ça n'a pas l'air trop grave. Vous avez eu la chance que cela soit prescrit en fin de grossesse.

Et on n'a plus évoqué le sujet.

C'est fou le nombre de fois où l'on n'a pas parlé de cela, ma mère et moi.

Ne pas parler est parfois plus parlant que de parler. Va comprendre...

De temps en temps, les journaux eux en parlaient. Ils donnaient les suites du procès. Des procès car il y en eut plusieurs. Les appels. La Cassation. Je suivais cela de loin. J'étais étudiante en droit. Je m'intéressais à la chose juridique. Je me disais que si ça m'arrivait à moi, ce que ces femmes subissaient, je lui ferais avaler son chapeau au pharmacien.

Avant le mariage, c'est chez notre médecin de famille, encore lui, que le Doudou et moi sommes allés faire les certificats médicaux d'usage. Je lui ai demandé d'expliquer la situation à mon futur époux. Il l'a fait, en réitérant que les risques étaient faibles mais qu'on ne pouvait être sûrs de rien.

Et le Doudou a mis sa petite graine dans mon utérus.

Dans mon utérus, vraiment ?

C'est que l'un des effets du Distilbène, ce sont les grossesses extra-utérines.

Echographie d'urgence. Angoisse. Le minuscule fétus de 0.9 millimètres est bien placé. Juste là où il faut. Un petit point sur une photo. Pendant toute la grossesse, le Poussin s'est appelé 0,9 (prononcez zéro-neuf) parce que, ce jour là, c'était sa taille. Et, oui, il me ressemblait déjà !

Saint-Vincent-de-Paul. Première visite chez le Professeur Tournaire. On y arrive tremblants avec le Doudou. Il est direct, ce professeur. Le spécialiste des bébés Distilbène, qu'il a dit le médecin de famille qui a rédigé la lettre de recommandation. Le Professeur confirme ce qu'a dit le généraliste, les risques sont faibles... mais quand même !

Quoi quand même ?

Quand même... Voyez vous-même :
- risque d'ouverture précoce du col,
- risque que l'utérus soit trop petit,
- risque de fausse couche,
- risque de cancer de l'utérus.

Ah oui, quand même !

On sort de là groggys avec le Doudou... on se dit quand même, hein, quand même...

En même temps, il est rassurant, le Professeur Tournaire. On se voit tous les 15 jours, on navigue à vue. Heureusement que j'ai une bonne mutuelle, vu le prix de la consultation privée. La médecine de qualité, sans poireauter des heures dans la salle d'attente a un coût... certain.

La grossesse se passe bien. Je bosse jusqu'au dernier jour.

Le Poussin naît.

Je suis rassurée.

Je retourne voir le Professeur Tournaire pour le second.

Je suis confiante. Ça s'était si bien passé pour le Poussin....

- Ça ne veut rien dire, qu'il fait en guise de salutation, le Professeur, quand je lui fait part de mon optimisme. C'est pas parce que ça s'est bien passé pour le premier que ce sera pareil pour le second.

Rabat-joie !

Et effectivement, je passe 2 mois allongée, sur mon lit, l'ordi sur les genoux à finir les dossiers. Heureusement que j'ai un métier d'intello où il suffit de parler au téléphone et de tapoter sur des touches.

Les enfants sont nés.

Ils sont en pleine forme.

Mais j'ai toujours cet épée de Damoclès qui plane au dessus de moi tel un oiseau rebelle. Des examens réguliers, un choix de méthode de contraception limité pour cause de risques plus importants que la commune des mortelles.

Bref, cette cochonnerie de Distilbène continuera de me pourrir la vie pendant encore quelques années... Et même si je ne suis pas aussi touchée que d'autre, je salue la providence qui m'a permis de mettre au monde deux petits Poussins qui font notre joie, au Doudou et à moi.


Je conclurai en vous conseillant le site de DES France qui regroupe les victimes de cette foutue hormone. Je ne les ai jamais contactés (je n'en ai pas eu besoin) mais leur site est très bien fait et est une mine d'informations.

jeudi 22 juillet 2010

Golf en blog

Dans ma famille, on joue au golf.

Ça peut paraître snob comme ça mais c'est surtout du sport.

Si c'est du sport, le truc que vous faites pendant que je vais dévaliser les magasins outlet.

Du sport, qui fait transpirer et muscle tout partout.

La preuve que c'est du sport ? moi, je ne joue pas.

C'est trop fatigant.

Marcher sous la plus pendant cinq heures en tirant un chariot à roulettes en restant concentrée, pas pour moi.

Marcher sous le soleil pendant cinq heures en tirant un chariot en restant concentrée, ce n'est pas pour moi non plus.

En plus, au golf, faut faire des drives (ça, ça va à peut près) mais surtout faut du petit jeu.

Le petit jeu, c'est sortir une baballe alvéolée d'un tas de sable avec une sorte de cuillère à long manche tout plat (on appelle ça un sand wedge quand on veut faire genre), la sortir d'herbes hautes en se faisant bouffer par les tiques, arriver sur une étendue d'herbe rase et tenter la de pousser dans un petit trou. Tout cela est calibré, réglementé. L'herbe a une hauteur maximale, le trou un diamètre précis.

C'est compliqué. Le geste diffère à chaque fois... et on se tord le dos mais en même temps, tout les golfeurs vous le diront, il faut garder le dos droit et le nez sur la balle. Essayes, toi, de garder le dos droit quand t'as la jambe droite qui pivote et la balle qui s'envole ! Ça tient de l'équilibriste.

Je sais tout cela parce qu'entre 11 et 17 ans, on a tenté de m'expliquer que j'avais un beau geste et que, vraiment, si je m'accrochais, je pourrais bien jouer. Vous noterez toutes les nuances dans ces commentaires. Je ne me suis pas accrochée, je n'ai donc jamais bien joué...

Mon père, lui, s'est accroché. A plus de 70 ans, il fait encore deux parcours par semaine, plus les compétitions. Avant de vous moquer et de soutenir que ce n'est pas bien difficile pour lui vu que le golf est un sport de vieux, je vous conseille d'essayer ce rythme et on en reparle !

C'est tout naturellement à mon père que j'ai pensé quand j'ai découvert Mulligan à Saint-Lazare, un blog de golf mais pas que, qui donnerait (presque) envie à la réfractaire que je suis de s'y remettre.

Alors, pour toi, papa, pour mes lecteurs golfeurs et pour ceux qui ne le sont pas et ont des préjugés, je recommande ce sympathique blog qui montre (1) combien les golfeurs sont des gens normaux et pas nécessaires des snobs de droite et (2) comment on peut faire un blog sport et intelligent.

Et maintenant on répète dix fois de suite : golf en blog, golf en blog, golf en blog...


PS. Maintenant, de temps en temps, au moins une fois par mois, je vous conseillerai un blog. Comme ça, parce que je l'aime bien, c'est tout.

dimanche 18 juillet 2010

Blues du dimanche soir

Petit message du dimanche soir en forme de "si j'avais su..."

Il y a presque sept ans, une petite fleur germait dans mon utérus. Un petit truc de rien du tout, dont je n'imaginais pas la place qu'il prendrait dans ma vie. Un petit truc bientôt suivi d'une petite trucmuchette, toute aussi insaisissable dans mon ventre.

Ces deux bidules qui fructifiaient en moi, je ne les imaginais pas vraiment. J'étais beaucoup plus préoccupée par des considérations immédiates, la première d'entre-elles étant de découvrir pourquoi les autres femmes enceintes n'étaient pas prises d'envies irrépressibles de vomir entre deux voitures dès qu'elles passaient à proximité d'une cigarette. La seconde de continuer à travailler le plus longtemps possible, au grand étonnement de mon médecin qui, tous les quinze jours, me proposait de m'arrêter.

Et puis, les deux bidules sont devenus le Poussin et la Poussinette.

Ils sont entrées dans ma vie par effraction (j'ai des cicatrices pour le prouver).

Ils s'y sont installés.

Et là...

Là....

En ce dimanche soir...

Alors que je sais que je ne vais pas les voir pendant près de trois semaines (sauf un tout petit week-end) et que je ne les ai pas vus pendant plus de 10 jours, je réalise que ces deux petits êtres ont pris une place prépondérante dans ma vie.

Je sais bien ce qu'on s'était promis avec le Doudou, qu'on serait le noyau et eux les électrons, qu'on ne les laisserait jamais prendre le lead (oui, on parle comme ça, nous, on dit prendre le lead en parlant de nos marmots, nul n'est parfait), qu'on choisirait nos vies... et c'est peut-être encore le cas.

Mais pas complètement.

Là, dimanche soir, je suis seule dans un appartement vide, il y a des jouets qui traînent partout, des odeurs de bonbons écrasés. Ça respire l'enfant par tous les pores des tissus d'ameublement, même la cuisine est une cuisine d'enfants : des compotines, des Gervais aux fruits, des madeleines, du Nesquick dont on a une énoooooorme envie, des pailles, des verres incassables (enfin, vendus pour tels parce qu'on en a cassé quelques uns)....

Et dans cet appartement vide, il manque l'essentiel.

Je pourrais dire que l'essentiel c'est le Doudou mais ce serait mentir.

Le Doudou, je l'aime de toute mon âme.

Eux, je les aime de toutes mes tripes.

Et ils me manquent viscéralement.

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé, disait l'autre...

Pour moi, ce sont deux petits êtres qui me manquent et pourtant, il y a trois heures, ils ont préféré aller à la plage que de m'accompagner à l'aéroport ce qui prouve, si je cherche à m'en convaincre, que je les élève comme il faut.

Mais quand même, hein, c'est dur-dur !

Si on m'avait dit il y a sept ans qu'avoir des enfants, c'était être capable de donner cet amour là à de petits êtres courant vers la plage, je ne suis pas certaine que je l'aurais cru. Etre maman, c'est à la fois magique et cruel...

Et là, ce soir, c'est surtout cruel.

lundi 12 juillet 2010

Si loin, si proche...

Le Poussin a eu 6 ans ce matin, un peu après 10 heures.

Il les a eus loin de moi, chez Manou et Daddy.

Le jour de ses 6 ans, il est allé à la piscine, il a pris une leçon de natation, il a soufflé les bougies de son gâteau. Manou avait également préparé un gâteau pour l'anniversaire de Yoyo, le lapin doudou. Du coup, il a soufflé 7 bougies "Si maman ! sept et pas six, parce que, tu comprends, Yoyo n'a pas de bouche en vrai". Il a obligé sa soeur à porter la robe qu'il avait choisie pour elle avec le noeud devant. Il parait qu'elle a maugréé que c'était pas comme ça, que ça allait derrière le noeud et qu'elle serait "moche, tout le temps, maintenant" mais le poussin s'en fichait parce que c'était son anniversaire et c'est lui qui décidait. Il a eu une montre comme cadeau, une swatch dont on a vu la photo (heureusement que Manou est une Super-Grand-Mère-Avec-iPhone) parce que Manou lui apprend à lire l'heure et qu'il lui piquait tout le temps la sienne. Et non, il n'est pas pourri-gâté, quand il est chez Manou, c'est Manou qui décide, ah mais !

Et moi, je n'ai rien vu de tout cela.

Je suis à Paris.

Il est au bord de la mer.

Le matin, quand il se lève, il voit les bateaux entrer dans le port. Moi, j'entends l'orage qui gronde (si, ce matin, l'orage grondait).

Demain, il y aura feu d'artifice et il le verra du balcon, comme moi à son âge.

Histoire de transmissions...

Là, apparemment, il est à la crêperie parce que rien de tel qu'une bonne galette bretonne pour fêter son anniversaire au bord de la Méditerranée... La crêperie où j'ai pour la première fois bu une gorgée de cidre, beark...

J'ai envie de lui faire plein de gros bisous, des câlins, de lui dire qu'il est mon grand garçon, que je suis très fière de lui et que maintenant, c'est vraiment plus un bébé.

Mais il est loin...

Alors, je le lui écrit ici:

Bon anniversaire mon Poussin !!!!!

Je t'aiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiime !

dimanche 11 juillet 2010

Foot toujours

Très court message pour rappeler à mes fidèles lecteurs que les finalistes (les rouges et les oranges) de la coupe du monde de foot font tous partie de la zone Euro. D'ailleurs, après les résultats d'hier, il apparait que les trois équipes sur le podium font partie de la zone Euro. Cet Euro que nos cousins américains du nord (éliminés bien plus tôt) disent moribond.

Comment ça, ca n'a aucune rapport ?

Je blogue ce que je veux !

L'assemblée nationale auditionne Domenech, considérant que c'est évènement politique.

Je suis donc légitime à écrire que les deux finalistes de la coupe du monde de la FIFA sont des équipes de pays faisant partie de la zone Euro et,si on prend les demi-finales, ca fait trois sur quatre.

Ca doit bien être un signe fort de quelque chose ça !

Mais siiiiii, de la puissance économique de l'Europe ?

non... ?!?

De sa puissance politique ?

non plus... ?!?

Ben de quoi alors ?

Du fait qu'on a le plus grand nombre de gugusses à regarder les matchs à la télé en se grattant les roupignoles ? et que, vu les contrats publicitaires, on se fait fort de mettre l'équipe qu'il faut pour qu'on gagne ?

Non, je ne parle de l'équipe de France, là.

Je parle de l'Europe.

Comment ça, y a pas d'Europe du foot ?

En foot, on n'est pas copains ?

Vous n'aidez pas beaucoup les gars dans ma tête là...

Peut-être que ceux dans les commentaires seront plus prolixes...

mercredi 7 juillet 2010

The Mis'

Quand j'étais enfant à la fin des années (19)70/début des années 19(80), en CM2, toute mon école primaire vibrait à la corde des Misérables.

Oui, l'oeuvre de Victor Hugo.

Mais pas en entier.

Encore qu'on en ait lu de nombreux passages en classe. Ce qui me permet de souligner - en passant - qu'au fin fond du 9-3 des enfants de toutes origines (essentiellement algériennes et portugaises à l'époque) pouvaient comprendre du Victor Hugo et s'y intéresser.

Qu'on ne me dise pas que c'était une autre époque ! Que les choses ont changé maintenant ! Je suis très susceptible sur le sujet.

Les parents de mes camarades de classe étaient dans le bâtiment, les mamans cousaient des robes pour arrondir les fins de mois... Beaucoup ne parlaient pas français. Et pourtant, leurs enfants étudiaient les Misérables. Pas tout, bien sûr mais des passages... Les Classiques Larousse. Une mine d'or. Deux tomes pour les Misérables. Je croyais les avoir encore mais notre bibliothèque est tellement en bordel que je ne retrouve plus rien.

Tenez, la voilà, notre bibliothèque.




On ne sait plus ou mettre les livres.

Et si on aime tant les livres ici, c'est parce que en CM2, une institutrice de l'école publique, laïque et républicaine, nous a expliqué qu'aucune lecture était hors de portée.

Revenons aux Misérables.

A la fin de l'année, spectacle d'école.

J'imagine le conseil d'école:

- on fait quoi cette année ?
Grands soupirs appuyés
- les CM2 font les Misérables... c'est un bon thème.
- on ne va pas faire jouer les Misérables à toute l'école ?!?, objecte la directrice face à l'ampleur de la tâche.
- Ben pourquoi pas ?, fait la jeune institutrice encore pleine d'illusions.
- Faut apprendre des textes et tout...
A votre avis, on disait déjà "et tout?" à l'époque ?
- On n'a qu'à leur faire jouer le disque. En playback. Comme à la télé chez les Carpentier.
N'importe quoi ! pensent les autres instits.
- Mais siiiiii !!!!! vous ne connaissez pas ?!? Le disque. Avec Rose Laurens. Y a même Sardou. Ca ne vous dit rien ?

La maîtresse enthousiaste a sans doute ensuite apporté son double 33 tours. Les maîtresses ont écouté religieusement. A non, pas religieusement ! Ecole laïque oblige. Le maître des CM1 a du prendre sa guitare et suggérer que Brassens, que ses élèves chantaient, était quand même mieux. Sauf que Brassens en playback, ça le fait moins.

Et ce furent les Misérables.

Moi, je présentais le spectacle. Mon premier jour de gloire. En costume d'Eponine, que je jouais après. Non, je ne jouais pas Cosette. J'étais déjà une teigne à l'époque. Mais j'avais la voix qui portait. Du coup, on m'a collé à la présentation. Et croyez-moi, la salle des fêtes de la commune de Seine-Saint-Denis où j'ai grandi, tous ces parents qui caquetaient en attendant, je te les ai calmés vite fait. Fallait pas faire du bruit pendant qu'on chantait. On avait même appris les paroles, pour que le playback ne se voient pas.

Donc, les Misérables, c'est génétique chez moi.

J'avais voulu aller voir le spectacle à Londres mais je n'avais pas trouvé de place (j'avais vu Rent à la place, c'est bien Rent aussi).

Du coup, quand j'ai vu dans le journal gratuit du RER (je prends le RER, moi, pas le métro) qu'il passait à Paris, au théâtre du Châtelet en plus, je me suis précipitée.

Et je n'ai pas été déçue.

Je n'étais pas la seule.

Une salle debout dès les premiers saluts, c'est rare, surtout dans un lieu où l'on est habitué à siffler des opéras.

Et voilà la chanson que je préfère



Devinez qui est le personnage !