mercredi 29 septembre 2010

petit loupé

C'est confirmé.

Nous sommes des parents indignes.

La nounou nous avait annoncé deux jours d'absence, que j'avais scrupuleusement notés dans mon agenda : mercredi et jeudi.

On avait une solution de repli.

Une baby-sitter plan B.

Nous sommes des gens organisés, nous, Madame.

Mardi, je quitte le bureau de bonne heure (vers 16:15) afin d'être à temps à la maison pour une réunion téléphonique prévue à 18 heures. Je suis tranquille.

Appel du Doudou:
- C'est pas aujourd'hui que la nounou est absente ?, qu'il fait.
Je suis sereine.
- Non, j'ai noté demain et jeudi.
- Je crois qu'elle m'a dit hier qu'elle n'était pas là today mais j'suis pas sûr.
Ça sent l'embrouille.
- Comment ça, t'es pas sûr ? Y a quoi dans ton calendar ?
L'homme n'a pas une mémoire d'éléphant, il écoute toujours d'une oreille distraite. Mais il a un iphone. C'est sa mémoire, l'iPhone au Doudou. En principe.
- J'ai rien noté.
Je ne réagis pas. Je devrais réagir. Mais non.
- Bon ben appelle-la alors. Demande lui si elle vient.

Je grimpe dans le RER, presqu'encore sereine.

Je commence à rêvasser.

Ça vibre.

- J'ai appelé la nounou, je tombe sur le répondeur.
Ouh là. Huston, we've got a problem. Call the NASA.
- Appelle l'école. Demande si elle est là.

Il est 16:25, la maternelle ouvre ses portes. En principe, c'est l'heure où il faut aller chercher la Poussinette afin d'être à l'école élémentaire à 16:30 pour la sortie des CP.

Je commence à m'inquiéter.

Ça vibre encore.

- J'ai eu la directrice, la nounou n'est pas là. Elle garde la Poussinette pour le goûter. Rien à craindre.
- Et l'école du Poussin ?
- Ca sonne dans le vide.

Je commence à paniquer.

Arrivée à ma correspondance, mon téléphone indique réseau indisponible.

Je monte dans l'autre RER. Oui, je prends deux RER, moi, Monsieur. Je suis très courageuse, avec toutes les menaces terroristes dont on nous promet qu'elle vont exploser justement dans un RER.

Dans le RER, je reçois un SMS.

J'ai eu la directrice de l'école du Poussin... mais faut que tu y sois avant 17 heures. Après c'est l'étude.

Je commence à être rassurée.

Il est 16:48. Je débarque sur le quai de ma station. Sauf que dans ma station, y a plein de couloirs et d'escalators pour atteindre la sortie. Et que l'escalator est justement en panne.

Je monte les escaliers quatre à quatre. Je cours aussi vite que je peux. Donc pas très vite. Même pas vite du tout. J'atteins péniblement l'air libre.

Je dégaine le téléphone pour appeler le Doudou.

Je commence à être essoufflée.

- Allo ... hu ... hu....
- T'es où ?
- Sur le boulevard... hu... hu... je cours là....
- Tu s'ras à l'heure ?
- J'sais pas !

Je pique un sprint... ce qui s'apparente à la foulée d'une grand-mère faisant son footing. Je fais de mon mieux, hein, Madame, j'aimerais vous y voir !

Je commence à manquer d'air.

Il est 16:59 quand j'arrive à l'école du poussin. La directrice est toute gentille. Ça arrive qu'elle fait. Le poussin est chouchoutée par une grande de CM2 qui est la fille d'une amie de l'immeuble, laquelle a partagé son goûter avec lui. Il est au petit oignons.

On se prend la main, je dis pardon (parce qu'il faut toujours dire pardon quand on fait une bêtise). Il est tout sourire et tout fier que sa maman se soit excusée. On va chercher la Poussinette à la maternelle.

Ma fille est assise sur un banc. Toute calme.

- Elle a été très courageuse, ta fille, me dit la directrice, elle n'a pas pleuré.
Oui, je tutoies la directrice de l'école de ma fille. Ça fait quatre ans qu'on se connaît et deux que je suis membre du conseil de l'école. Ça crée des liens.
- Ben moi, j'ai pleuré, rétorque le Poussin tout fier (on s'demande bien de quoi...)

Je prend la petite main de ma fille dans ma main gauche, celle de mon fils dans la main droite... on rentre à la maison. Tout va bien.

Je commence à me détendre.

Mais bon, y a eu comme un loupé !

Un jour je vous raconterai comment j'ai réussi à faire la conférence téléphonique de 18 heures, tout en donnant le bain et en jouant à la poupée. Ben oui, fallait que je me rattrape. J'ai donc réussi l'impossible.

dimanche 26 septembre 2010

Les bonnes résolutions du vendredi soir

Vendredi soir, quand on a décidé de ne pas aller à la campagne, je suis partie dans une liste impressionnante de choses indispensables qui ne peuvent pas attendre et qui doivent être faites sur le champ:

1. Ranger la penderie qui déborde jusque dans le couloir et même que parfois ça va jusqu'à la salle de bains ;

2. Trier et ranger les jouets des enfants et préparer un carton de jouets encore en bon état mais auquel personne ne joue à donner, parce que la maternelle de la Poussinette, les jouets en bon état, elle prend volontiers ;

3. Écumer les magasins de meubles et trouver enfin des chaises en bois qui vont avec notre salon (les nôtres étant à l'agonie). J'ai même repéré l'endroit où je voulais aller et j'ai presque convaincu le Doudou de s'y rendre ;

4. Faire une activité avec les enfants qui, à défaut de leur créer des souvenirs indélébiles pour toute la vie, aurait au moins le mérite de parfaire leur éducation. On m'a suggéré plein de plans extraordinaire de Versailles au Parc de Bercy, en passant par quelques musées et autres activités éducatives ;

5. Faire toute la lessive de toute la semaine pour ne pas avoir à lancer des machines à 22 heures en semaine ;

6. Aller au restaurant de poisson qu'on aime tant et auquel on n'est pas allés depuis des lustres.

Le weekend a passé.

Nous sommes dimanche soir.

Et qu'ai-je fait ?

Euh.... des courses au Monoprix du coin, même que je me suis offert un nouveau pull qui ne ressemble même pas (quoi qu'en dise le Doudou) à dix des pulls qui encombrent la penderie que je m'étais engagée à ranger.

J'ai aussi passé l'après-midi de dimanche transitant d'un appartement à l'autre du palier à papoter avec ma charmante voisine, selon que les enfants voulaient jouer avec les jouets des uns ou des autres. Un jour je vous en parlerai de ma charmante voisine... parce que bon... ça peut vous intéresser... mais pas là... parce que j'ai pas le courage d'un billet spirituel et intelligent ce soir.

Donc bilan du weekend : un nouveau pull et une copine-voisine. C'est déjà pas si mal.

Pour les résolutions de vendredi soir, ben ça attendra... au moins 3 semaines ! Les deux prochains weekends, y a déjà plein de trucs prévus et ces trucs là, les gens, on n'y coupera pas.

Procrastination quand tu nous tiens...

Et vous, votre weekend était comment ?

samedi 25 septembre 2010

Jeux d'enfants

L'heure est grave.

C'est la guerre.

Mon salon est le théâtre d'une bataille digne de Waterloo.

Je vous raconte la scène telle qu'elle se vit sous mes yeux:

- Ils faisaient la bagarre, parce que les méchants ils voulaient tuer les princesses, annonce la Poussinette, Barbie en main, prête à bondir.
- Non, parce qu'ils habitaient dans la même maison, répond le Poussin, digne successeur de Raymond Queneau dans la réplique surréaliste, protégeant les petits clones qui ne résisteraient pas à un talon de poupée presque aussi haut qu'eux.
- C'était les gentilles qui allaient gagner, rétorque la Poussinette, suivant son idée.
- Non, c'étaient les deux, tempère son frère, très au fait des choses de la guerre.



Car, oui, avoir une fille et un garçon, même quand on s'efforce de respecter l'égalité parfaite des sexes (les filles au bistro, les gars aux fourneaux), oblige à admettre que les filles et les gars, ben, c'est pas pareil.

Là, par exemple, on voulait faire plaisir aux enfants. On les a mis devant le rayon des jouets au supermarché et on leur a dit : prenez ce que vous voulez pour moins de 15 euros. Et bien, le Poussin a pris des legos Star Wars et la Poussinette une Barbie Mariée à la coiffure digne d'une héroine de Dynastie.



M'enfin, pourquoi ?

Pourquoi, même si on essaye de leur inculquer les mêmes valeurs, si on offre des petites voitures aux fillettes et des poupons aux garçonnets, des stéréotypes d'un autre âge (re)surgissent ? La fillette grandit et veut des t-shirts roses et le poussin cherche la bagarre dans la cour de récré, ce qui, s'agissant de notre Poussin plutôt pas très costaud, n'a pas que des avantages.

Pourtant, on ne peut pas dire que je sois très fille-fille (la dernière fois que j'ai mis des talons, c'était en 2007) ni que le Doudou soit du style à passer ses dimanches devant le foot-à-la-télé. Ben quand même. Le Poussin aboie laiiiiiiiiiisse dès qu'il voit une nano-seconde d'un gars qui courre après un ballon sur l'écran de la télé et la Poussinette vendrait son âme pour une robe rose fushia à paillettes dorées du meilleur goût... sur la scène de l'Alcazar.

Je pense à Olympe qui souligne chaque jour combien les stéréotypes ont la vie dure dans l'imaginaire collectif...

Les parents ne peuvent pas tout faire.

Dès la Petite Section de maternelle, on s'aperçoit que nos enfants agissent beaucoup par mimétisme avec les copains et les copines. D'ailleurs la Poussinette, 4 ans, n'a que des copines. Elles veulent toutes la même coiffure, les mêmes barrettes, les mêmes chouchous. Et la Poussinette l'a annoncé d'emblée à la rentrée : Cette année, maman, je mets des robes à l'école, même si t'es pas d'accord. Me voilà prévenue.

Le Poussin a jusqu'ici réussi à partager équitablement entre garçons et filles le nombre de ses amis... mais il faut bien admettre que c'est surtout par la force des choses, les filles étant en général plus sensibles à son côté très réservé. N'empêche que le néo-lecteur a des lectures de petits gars : One Piece (oui, y a des mangas qui traînent à la maison, du coup...), Lucky Luke, Boule et Bill, Cédric, Garfield... et qu'on ne s'avise pas de lui proposer des livres de princesses. Beark, c'est pour les filles, ça, c'est nul ! Pour le Poussin, s'il n'y a pas un tout petit peu de sang qui coule (ne serait qu'une égratignure sur le genou), ça ne vaut pas la lecture.

Attendons de voir ce que cela donnera en grandissant... on élève des enfants pour les voir prendre les décisions qu'ils estiment les meilleures pour eux. Ma fille ne sera peut-être pas une passionnaria féministe et mon fils n'aura peut-être pas une passion folle pour le ballet mais s'ils sont heureux et bien dans leur peau, ce sera déjà ça.

vendredi 24 septembre 2010

Un roman interactif - wahou !!!

Vous êtes géniaux mes copains blogueurs !

Géniaux.

Vous jouez tellement bien le jeu du roman interactif que j'en suis toutes retournée.

Donc, je récapitule pour qui n'a pas suivi.

Les quatre premiers épisodes sont là :

Episode 1 : mais que diable allait-elle faire dans cette galère ? (votre servante)
Episode 2 : j'ai besoin d'air (Patrice du blog des roches)
Episode 3 : écrire (Spads, qui en redemande)
Episode 4: la musique adoucit les moeurs (TitiMoby de vers au vent)

Manu a dit qu'il se consacrerait à l'épisode 5 dès qu'il pourrait (parce que là, il fête son anniversaire - he he, je note certaines choses moi) mais on devrait voir le prochain épisode en ligne très rapidement.

Je rappelle ici la liste de celles et ceux qui ont envie de participer à l'aventure (même si vous êtes libre de passer le relais à qui vous voulez).

Océane : dans les souliers d'Océane

Carole : Nipette

Christian : Christian de Lille

Emma : Krokinouille

Imnotalone : telling-stories

Freddinette : profil twitter

Isa (oui, je sais, t'ose pas mais t'as trop de talent pour qu'on se passe de toi) : mon blog de maman

Petit résumé du principe de ce petit jeu (ou il n'y a rien d'autre à gagner si ce n'est de partager une jolie aventure collective - oui, comme à la Nouvelle Star - et faire connaître les textes des copains):

- Quand on vous passe le témoin, vous dites vite vite si vous avez le temps ou l'envie de vous y coller afin de permettre de continuer si vous préférer passer votre tour;
- Tant que c'est encore faisable, vous citer les épisodes précédents afin vers que le lecteur s'y retrouve (et parce que ça fait plaisir);
- Vous me prévenez par un com' sur ce billet des billets publiés (je mettrai en ligne chaque semaine un résumé de ce qui s'est passé et des liens vers tous les billets.

J'espère que cette petite aventure va se poursuivre quelque temps parce que ça m'amuse vraiment.

Merci à tous.

jeudi 23 septembre 2010

Un roman interactif - organisons nous

Ouh là là....

J'avions pas pensé que ça aurait autant de succès mon idée de roman collaboratif.

M'enfin, c'est tant mieux ! Je suis hyper contente.

Donc, un peu d'organisation, que diantre !

Quelques règles simples si vous êtes d'accord:

- quand on vous passe le relais, vous confirmez rapidement que vous êtes d'accord (ou pas) pour qu'on ne s'arrête pas si quelqu'un n'a pas envie de participer (ou pas le temps pour l'instant) alors que cela tente certains autres.

- quand on participe, on cite ceux qui sont passés avant pour que quelqu'un qui découvre un billet en passant puisse lire le début de l'histoire (je me demande comment on fera quand on aura cent participations (oui, je vois grand) mais pour l'instant, ça me semble gérable.

- on est libre du style qu'on donne à son épisode mais il faut que ça fasse (un peu) avancer l'histoire ou que ça l'illustre.

- on passe le relais sur son blog et on partage sur twitter (si on est sur twitter) ou sur facebook (si on est sur ce machin).

J'ai noté quelques personnes qui ont manifesté leur envie de participer. Je les liste ici, avec leurs blogs) dès fois que vous auriez envie de leur passer le relais (Aucune obligation bien sûr):

Océane : dans les souliers d'Océane

TitiMoby : vers au vent

Carole : Nipette

Christian : Christian de Lille

Si vous avez envie de faire partie de l'expérience, avertissez en commentaire, j'essayerai d'updater la liste de temps en temps.

Bon, maintenant, place aux réjouissances:

Episode 1 : mais que diable allait-elle faire dans cette galère ? (ben moi, si si)
Episode 2 : j'ai besoin d'aide (Patrice du blog des roches)

La suite on espère très très vite.

On va bien s'amuser, j'espère :)

mercredi 22 septembre 2010

un roman interactif (épisode 1)

Jeunes gens, j'ai de la fièvre...

Et donc j'ai une idée enfiévrée.

Nous allons écrire un roman ensemble.

Bref, je commence, vous continuez et vous passez le relais à qui vous voulez. L'idée est de faire un lien vers les épisodes précédents du roman. Un peu comme les cadavres exquis... sauf qu'on lit le début pour inventer la suite.

J'espère que ça va marcher.

Vous pouvez utiliser le moyen que vous voulez, photo, texte, collage, recette de cuisine, en fonction du thème de votre blog.

Je mettrai un lien sur ce blog sur toutes les suites (et vous pouvez également référencer les précédents épisodes dans vos billets... ce sera l'occasion de découvrir de nouveaux blogs).

Allez, je me lance.


CHAPITRE 1 - MAIS QUE DIABLE ALLAIT-ELLE FAIRE DANS CETTE GALERE ?

M'enfin, c'est quoi ce binz ?

C'est quoi cette foule ?

C'est quoi ce quai ?

Dix rangées de citadins agglutinés attendant l'hypothétique métropolitain blindé dont on annonce l'arrivée prochaine dans 20 minutes... Et une chance sur un million de pouvoir monter dedans. Ça s'épie sur le quai, ça tente de ruser, de se placer là où les portes vont s'ouvrir. On fait mine de ne pas voir la femme enceinte dont la mine épuisée est un reflet de nos angoisses. On ne regarde pas cette vieille dame que l'on méprise parce qu'elle a osé sortir un jour de grève. Les vieilles dames les jours de grève ne doivent pas quitter leur canapé Stressless. C'est une question de survie. De même que les vieilles dames et les femmes enceintes ne doivent pas faire leurs courses le samedi après midi.

On joue des coudes avec force sourires. On n'ose parler de peur d'engager la conversation. On se dit que si on commence à papoter, ce sera un aveu d'échec. Les jours de grève, quand les usagers de la RATP socialisent, c'est que c'est foutu ! Celui qui demande à son voisin où il se rend admet déjà que le temps va s'étirer, que le trajet sera interminable. C'est le début de la galère. Et on ne veut pas de galère. On veut rentrer chez soi.


Elle est là, debout, le dos au mur. Elle porte un pantalon noir slim et un t-shirt rose avec un grosse fleur qui brille. Elle a du brillant aux lèvres et de grosses boucles d'oreille créole que masquent de longs cheveux bruns ondulés. Elle se tient un peu à l'écart. A la voir, on dirait qu'elle ne compte pas monter dans le prochain train. Mais elle n'a pas l'air d'attendre qui que ce soit.

Quel âge peut-elle avoir ? 16 ans ?

Elle pianote sur son téléphone. Elle sourit parfois. Elle doit lire un message qui l'amuse. Peut-être son amoureux. Il lui écrit peut-être qu'il va passer la chercher sur son scooter fraîchement offert pour son baccalauréat. Peut-être est-ce un parfait inconnu qui a publié un message sur un réseau social. Qu'est-ce qui fait sourire une gamine de 16 ans ?

Je l'observe. Elle ne me voit pas.

...

Allez, je passe le témoin à Patrice. Parce qu'il est joueur... et que je sais qu'il saura inventer la suite qu'il faut.

Espérons que ce petit jeu fonctionne. Non parce que, comme il n'y a rien à gagner c'est pas certain. On verra bien.

Vous en pensez quoi de mon idée ?

lundi 20 septembre 2010

Migrainusite

Ça y est, ils arrivent !

Planquez-vous !

A force de subir un temps hivernal le matin et printanier l'après-midi, on ne pouvait pas ne pas y échapper.

Le nez de la Poussinette coule. Le Poussin renifle.

Le Doudou va bientôt ressortir le cache-nez et la laine polaire.

Les rhumes d'hiver vont envahir les cours d'école et se propager par les climatisations de nos bureaux.

Et c'est officiel : la migrainusite est revenue !

Vous savez, cette douleur que je traîne tout l'hiver et qui fait chaque année dire à mon père m'enfin, tu vas allez avoir un rhino une fois dans ta vie ?!? c'est pas possible d'être tout le temps malade ! Comment j'ai pu faire une fille pareille !, ce tambourinage lancinant au dessus des yeux qui n'oublie jamais de vous rappeler à son bon souvenir, cet amplificateur qui donne à tout bruit la force d'un coup de marteau, qui fait mal à la tête et/ou aux sinus et qui ne passe qu'avec les retours des longs jours, ma migrainusite est de retour.

Donc, ce matin, ils étaient de retour :
- la narine qui refuse de se déboucher ;
- la douleur dans le front, celle juste à l'intersection nez/sinus et dans cette autre là, dans l'arrière du crâne;
- les petits papillons devant les yeux qui empêche de voir la totalité de l'écran de l'ordi;
- le ventre qui gargouille
et (last but not least)
- la nausée qui monte.

C'est glamour, hein ?!?

L'arme fatale, Madame Fumigation, a fini par faire son effet après quatre conférences téléphoniques où j'ai vainement tenté d'articuler des paroles cohérentes et, avec un peu d'aide de Madame Paracétamol, quand le soleil commence à se coucher, je retrouve mes pleines facultés.

Ca fait quand même près de 12 heures que je suis debout et que je me traîne...

A votre avis, j'ai passé une bonne journée ?

Au fait, ne cherchez pas migrainusite dans vos dictionnaires, c'est un vocable de mon invention qui a le mérite de décrire à la perfection ce que je vis.
.. et peut-être ce que vous vivez également d'ailleurs... qu'est-ce que j'en sais, moi !

samedi 18 septembre 2010

Grand rangement d'automne

Eh, amis lecteurs, j'ai fait un truc que je ne fais jamais et je suis super fière !

Oui, j'ai réalisé un exploit.

Ceux qui me connaissent en dehors du filet numérique le savent. Mes amis le savent. Ma famille le sait. Mes anciens collègues l'ont vécu au quotidien pendant 9 ans. Mes nouveaux collègues le découvrent. Le monde entier le sait : je suis la reine du bordel, la prêtresse du bazar, la déesse des papelards partout, la présidente du club des désordonnés pathologiques !

Mes sacs à main sont pleins de stylo sans bouchon, de mouchoirs hors de leur paquet, de tickets de métro usagers. Je collectionne bien malgré moi des exemplaires du journal du dimanche datant de 2007. J'ai des cartons de photographies en vrac que personne ne regardent et qui prennent la poussière. J'ai une penderie qui déborde de vêtements d'hiver en été et d'été en hiver et des chaussures qui traînent dans le couloir. Même le bureau de mon ordinateur a plein de fichiers que j'ai mis là parce que c'est plus simple pour les retrouver et qui s'accumulent même quand je n'en ai plus besoin.

Oui, c'est moi ! je suis Bordelatora ! Malheur à celui qui me voit !

Et je suis mariée à Bordelator.

Bordelator collectionne les machins, les bidules et les trucs qui furent hi-tech en 2001. Il a des dizaines de boites (vides) de tous les équipements électroniques qu'il a donnés depuis et une demi-douzaines d'équipements électroniques (sans boite) qui sont obsolètes et usagés mais qu'on doit garder parce qu'un jour peut-être, les pièces détachées pourront servir.

Or, aujourd'hui est un grand jour.

Aujourd'hui, Bordelator et moi, on a.... rangé.

Rangé en vrai, pas le petit rangement superficiel, quand tu prends un tas et tu le mets dans une armoire que tu fermes en appuyant très très très fort.

Rangé en grand.

Parce que là, ce n'était plus possible, même pour nous.

On a jeté tout ce qui devait être jeté... et ça remplit plusieurs bennes... on en avait accumulé du papier inutile....

On a fait des cartons pour donner ce qui pouvait l'être... et on a lancé des appels partout pour qui cela pourrait intéresser. D'ailleurs si vous voulez des vêtements fille 3 ans et garçon 4 ans et que vous êtes sur Paris, faites signe. C'est cadeau ! Les trucs électroniques ont été récupérés par Louis-Marie, lequel est aussi agréable in vivo que sur Twitter.

On a retrouvé des livres qu'on croyait perdus pour la cause. Je vais enfin pouvoir lire le Quai de Ouistreham, lequel avait disparu sous un tas de journaux que je n'ai jamais eu le temps de lire.

On a mis dans des cartons - et descendus à la cave sans procrastination - plein de dossiers dont on n'a pas un usage quotidien. On a même mis l'année dessus parce qu'on est (presque) organisés.

Il en reste encore à faire.

La penderie est encore en friche. Si j'ai le courage, je m'y mets demain.

Et les enfants, qui avaient promis de ranger leurs chambres, ont étalé le contenu de leurs étagères par terre, soit disant pour trier. La Poussinette m'a déjà expliqué qu'elle arrêtait là les frais, en s'imaginant visiblement que je suis une idiote doublée d'une candide. Tu vois, maman, z'ai fait ce que z'ai pou mais j'y arrive pas, ze zuis trop petite, tu zais. Mais oui bien sûr... et la marmotte... Le Poussin m'a annoncé qu'il était fatigué à cause de l'école, il est en CP quand même !, et qu'il finirait quand il aurait terminé de jouer... Moui, moui, moui... et la marmotte donc...

Ces quelques loupés n'ôtent rien à mon exploit !

Bordelatora s'est transformée le temps d'une journée en Super Cleaning Girl et ça, les gars, c'est un truc à mettre au livre des records.

jeudi 16 septembre 2010

Nos enfants chéris !

Amis de la toile, je demande votre clémence.

Je suis dans l'incapacité de faire un billet intelligent ce soir.

Et c'est leur faute.

Leur faute à eux => les gniards !

Jugez pas vous-même :

- La Poussinette a refusé d'aller au bain en s'enfermant dans sa chambre et en poussant des cris stridents qui ont eu raison de mon lobe frontal ;

- Le Poussin a refusé de sortir du bain quand sa soeur acceptait finalement d'y entrer au motif que c'était toujours lui qui était eu (maiiiiiiiis, c'est toujours moi qui suis eu !);

- La Poussinette a alors hurlé qu'elle voulait rentrer dans le bain et, une fois dans le bain, a décidé qu'elle pouvait faire couler de l'eau brûlante toute seule parce que le bain était froid ! ;

- Quand je lui ai demandé de se laver, elle m'a regardé comme si j'étais une tortionnaire du KGB en mission secrète ;

- Quand, une fois lavée, je lui ai demandé de sortir du bain (qui pour le coup refroidissait), elle m'a toisé, telle Marie-Antoine, d'un air qui questionnait ma légitimité à déranger sa gracieuse majesté, et a hurlé un Noooooooooooon ! de poissonnière à s'en briser les cordes vocales.

A ce moment là, je n'en pouvais déjà plus.

Le poussin faisait alors des activités tranquilles. Il s'essayait aux dizaines (mettre par groupes de 10) alors que la maîtresse n'en a pas encore parlé mais il avait envie d'essayer.

Il m'a demandé de vérifier.

J'ai regardé. J'ai dis :

- C'est pas comme ça, je t'explique.

Qu'est ce que j'avais pas dit.

- Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin !!!!!!!!!!!!!!

Ça hurlait, ça pleurait, çà disait que je ne comprenais rien, que les dizaines c'est pas comme ça. Que je suis nulle, qu'il a bon quand même. Qu'il a bien colorié le bon nombre de cases, même s'il n'est pas passé par les groupes de 10. Soudain, j'ai pensé à mon père et aux bouquins de maths qui volaient au moment où je lui disais le prof il fait pas comme ça. Le Poussin est en CP. Ça promet pour la suite...

La migraine réprimée toute la journée (y compris quand le RER m'a joué des tours ce matin pour cause de déraillement en banlieue ouest) a surgi soudain. J'ai eu une envie pressante de chambre sombre, allongée dans le noir avec pour tout bruit de fond la programmation musicale de France Inter un jour de grève.

Faute de chambre noire, j'ai tenté un dérivatif. J'ai proposé au môme hurleur, dans un souffle exaspéré :

- Va chercher ton doudou.

Le bruit s'est éloigné à la recherche du lapin-Lexomil.

- Maaaaaaamaaaaaaaan ! J'le trouve paaaaaaaaaaas !

Le bruit est revenu.

- dooooooooudoooooooou !

C'est à ce moment là que la porte d'entrée s'est ouverte.

Le père a fait son apparition.

THE (GOD)FATHER.

- Paaaaaaaaapaaaaaaaaaaaaa ! J'ai perdu le doooooooudoooooooou !

Le père a fait tout tendre:

- Attends mon poussin, je vais t'aider.

Genre !

Mon crâne a explosé. Ça a fait de petites bulles.

- Poussin, regarde !, est alors intervenue la Poussinette, le doudou à la main.

Soudain, ça s'est calmé, le Poussin avait son doudou, la Poussinette était propre. Bon, le frère n'a pas jugé utile de remercier sa soeur. Mais on ne peut quand même lui demander d'être poli et sympathique.

C'est à ce moment là que mon cher et tendre, mon Doudou à moi, s'est mis à siffler une bluette.

Vous savez, vous, ce que fait le sifflement de l'homme dans le crâne de la femme à la migraine ?

mardi 14 septembre 2010

Rien ne va plus !

Bon, les gens, nous avons un problème.

Je ne parviens plus à m'organiser !

Ma mémoire, ma mémorable mémoire, celle qui m'a permis de me la couler douce pendant des années d'école primaire et de collège, ma mémoire copine, celle qui me permettait de me souvenir de la date à laquelle j'avais envoyé tel email sur tel sujet à tel client il y a cinq ans... ma mémoire légendaire... me lâche.

Et si ce n'était que cela...

Je n'arrive plus à faire tout en même temps.

Les amis, la famille, le boulot, les enfants, le Doudou, mes parents, le blog, les loisirs, les musées, les expos, la campagne... trop, c'est trop !

Pour l'instant, ca n'atteint pas la substantifique moelle de mes facultés d'absorption d'information et d'organisation. Je rassure ici mon père, lequel voit toujours le pire et est déjà prêt, à la lecture de ces lignes, à m'envoyer consulter en neurologie. Papa, je me souviens encore du numéro de l'article du Code Civil sur la responsabilité civile et de l'intégralité du Dormeur du Val. Et je peux encore gérer les enfants et le boulot sans confondre les deux. Je n'ai pas encore expliqué à mes interlocuteurs professionnels les subtilités du c cédille (ç) ni enseigné à mes enfants comment gérer un projet transnational. J'arrive encore à ouvrir la bonne petite boite dans mon cerveau. Papa, ne t'affole pas. Sur ce plan là, ca roule.

Mais les petites choses....

Ces petites choses qui étaient tellement importantes jusqu'ici, je ne m'en sors plus.

Je suis victime de débordage !

Vous savez, le syndrome du je suis une maman parfaite, une épouse attentionnée, une super working girl, ce syndrome qu'on croit maîtriser parfaitement. C'est une maladie, on le sait. Mais on l'aime sa maladie. On est une control freak et ca nous va bien. De temps en temps, on constate certains loupés mais on fait semblant que rien n'a changé. Les symptômes sont là (un email pro qu'on a pas vu, une réunion d'école dont on découvre l'existence le jour même) mais on n'y fait guère attention. On est une SuperWorkingMom ou on est pas.

Et puis un jour, paf !, ça vous saute au visage.

Débordée.

Vous êtes dé-bor-dée.

Moi, ce jour, c'est aujourd'hui.

Donc, voilà, c'est certain, je suis en mode lacher prise.

Je vous résume l'ampleur des dégâts. Quelques exemples vont suffiront :

- J'ai toujours pas eu le temps ou l'occasion de voir le bébé de Meilleure Amie numéro 1 (six mois, le bébé, quand même !);

- J'ai loupé l'anniversaire de Meilleure Amie numéro 2, anniversaire dont outlook m'a pourtant rappelé l'existence le matin même... mais j'ai préféré gérer les urgences avant de l'appeler et est arrivé ce qui devait arriver, ça m'est sorti de la tête.

- Personne (suivez mon regard =>) n'avait noté la date à laquelle mon père nous rendait visite...

- On ne sait toujours pas ce qu'on va faire des poussins pour les vacances de la Toussaint;

- On n'a pas passé un weekend à Paris depuis près de 4 mois et notre appartement est un chantier, on a des Elle et des Télérama d'avril 2010 qui côtoient des Canard PC et autres SVM Mac de Janvier 2010 ;

- Les placards des enfants sont remplis de vêtements trop petits qu'il faut donner ;

- Les cartons de mon ancien boulot (fini en Février 2009 pour ceux qui suivent) sont encore dans l'entrée ;

- Je ne retrouve pas les papiers des activités du mercredi qui commencent demain, alors que (je vous assure que c'est vrai), jusqu'ici, j'ai toujours su où était quel papier dans mon bordel !

... et dernièrement (oui, très dernièrement, enfin, aujourd'hui, quoi), j'oublie l'anniversaire d'une amie alors qu'on dîne ensemble demain et que la raison pour laquelle on dîne demain et pas aujourd'hui, c'est que c'est son anniversaire aujourd'hui. Il a fallu que j'envoie un email au Doudou pour lui parler de la baby-sitter de demain pour que soudain, ça fasse blurp, vous savez le bruit de l'information essentielle qui ressurgit au moment le moins opportun.

Bref, c'est la Bérézina !

Je dois me rendre à l'évidence : je ne peux pas tout gérer.

Arghhhhhhhhh.......

Mais comment vous faites, vous ?!?

Allez, une petite note positive pour conclure : j'ai peut-être perdu mon sens de l'organisation mais j'ai gagné un sixième sens.

Si, si, c'est vrai.

Ce matin, j'ai dit au Doudou dans l'ascenseur ce serait bien que tu me fasses un back-up de mes emails pro, imagine que ça plante... Le Doudou a opiné du chef, pas plus inquiet que ça. Et que s'est-il passé cet après-midi en pleine réunion ? Mon ordi a dit hard disk crash ou un truc dans le genre (vous n'imaginez pas que j'ai réussi à lire le message qui défilait à cent à l'heure ?!?) et est devenu tout noir. Vous auriez vu ma tête ? Décomposition totale. Picasso vivant. Bon, c'était une fausse alerte mais le monsieur de l'informatique de la Corporation m'a dit faut que tu fasses un back-up ce soir, ça peut planter à tout moment maintenant. Rassurant, le mec !

Vous savez quoi ? Si je perds mes données, ça va pas aider dans l'organisation de mon emploi du temps...

lundi 13 septembre 2010

le cours de cuisine

J'ai testé pour vous le cours de cuisine avec collègues, organisé par la Corporation pour souder le management.

Ça débute comme une réunion de boulot. Parce que c'est d'abord une réunion de boulot. Non mais ho, on ne vous paye pas un tel cours, estampillé Chef Étoilé, juste pour vous faire plaisir ! Et puis quoi encore ? Vous être prié de ne pas l'oublier, y compris avec un ou deux verres dans le nez.

Donc, on commence par vous donner les chiffres du dernier trimestre, on vous explique comment motiver vos équipes. Caution RH. Ça part dans un gros brouhaha où chacun critique les décisions prises pour le bien de tous, tout en tentant de ne se fâcher avec personne, ce qui tient du numéro d'équilibriste. Moi, je n'ai (presque) rien dit. Je suis là depuis six mois, c'est trop tôt pour la ramener. Le tout dans une cuisine digne d'une pub pour Bulthaup. En plus grand. Donc, vous êtes assis comme dans une salle de réunion mais, à votre gauche, un plan de travail digne des plus grands restaurants, avec chauffe-assiettes et fours en bataille.

Ca a un côté surréaliste assez croquignou de parler marge, profitabilité, NPS au milieu des tables de cuisson et des fours qui préchauffent.

Ensuite, y a Monsieur en tenue de cuisinier qui dit :

- On passe aux choses sérieuses ?

Juste le temps de vous demander ce qu'il a bien pu retenir des chiffres ultra-confidentiels qu'on vient de partager au mépris de toute règle de prudence et vous passez du statut d'executive woman à celle de bobonne en tablier.

Heureusement tous vos collègues, y compris le DG, sont en tablier.

Et là, les vraies natures se dévoilent.

Amis de la toile, sachez, quand vous êtes une femme, vous n'êtes pas supposée être une bille en cuisine. Encore moins quand vous êtes quatre femmes pour 30 hommes. Qui a parlé de parité ici ? Vos collègues masculins supposent que vous savez ce que veux dire "tourner" un artichaut. Ils s'attendent à ce que vous soyez en haut de l'affiche, que vous donniez des conseils au Chef. On a placé certaines espérances en vous.

Or, la cuisine et moi, c'est pas totalement ça.

Je sais faire quelques trucs et j'ai des réflexes. Mais c'est empirique. Je ne sais pas passer des heures au dessus d'un plan de travail à faire de bons petits plats que Picard fait mieux que moi. Je suis une adepte de la commande de sushi et du chinois livré à domicile. Je suis une femme moderne.

Donc, forcément... je sais retourner un artichaut dans tous les sens mais le tourner, j'crois pas. Tourne tourne petit moulin, nage nage petit poisson... oups, pardon. J'ai donc fait ce que je fais de mieux quand je ne sais pas faire mais que je veux faire croire que je sais : j'ai attendu que quelqu'un d'autre s'y mette.

Et là, DG s'y est mis !

DG sait faire la cuisine ! Qui l'eut cru ? (Lustucru).

Le plus impressionnant pour moi, ce fut ça:



J'ai tout de suite vu ce que ces ustensiles mis entre mes mains pouvaient provoquer comme dégâts. La phalange arrachée, l'oeil du Chef déchiqueté, tout était possible. J'ai donc pris soin de ne surtout pas utiliser le gros couteau qui aurait, à n'en pas douter, fini sa course dans le gros orteil de mon voisin si j'avais fait mine de m'en approcher.

Le truc avec les cours de cuisine (c'est le second auquel je participe), c'est qu'on ne fait pas la cuisine. Non, on épluche des légumes. La cuisine, ce sont les gens qui dispensent le cours qui la font.

Imaginez vous dans la position d'un enfant qui donne un coup de main à sa maman quand elle prépare le repas. Ben, un cours de cuisine avec un Chef, c'est un peu pareil. On vous flatte, on vous dit c'est très bien, continue, on se moque gentiment de vous afin que vous n'oubliez pas qui est le Chef... mais globalement, on s'arrange pour que vous en fassiez le moins possible tout en valorisant votre ego.

Là, par exemple, quand on est arrivé, il y avait de petites pommes de terre grenaille qui mijotaient dans la graisse d'oie, le poisson était déjà préparé et prêt à cuire, les légumes étaient lavés, les tomates épépinées et même les haricots verts avaient été équeutés.

Nous, on a épluché des carottes et des navets.



Nous avons également, vous l'aurez deviné, tourné l'artichaut, lequel a fini tout petit riquiqui dans l'eau froide. Vous saviez, vous, que plutôt que du citron (qui donne un goût ... de citron), il faut mettre de l'acide ascorbique dans l'eau pour éviter que ça noircisse ? Et non, bande d'ignares, ce n'est pas - exactement - la même chose. On trouve, parait-il, de l'acide ascorbique en pharmacie et il suffit d'en mettre une pincée. Ah ah ! Je vous en bouche un coin, là, hein, avec mon savoir tout neuf ?!?




Ensuite, on a fait cuire les légumes. Et cuits par le Chef qui vous fait croire que c'est vous qui faites, c'est quand même assez impressionnant. On met le tout dans une casserole en fonte, à feu juste à bonne température (pas encore compris ce que c'était que la bonne température, moi...) et on laisse cuire dans son eau de végétation.



Qui ne sait pas ce qu'est l'eau de végétation ?

j'en vois un au fond.

L'eau de végétation pour le cancre de fond, c'est l'eau du légume. En fait, tu mets un peu d'huile d'olive dans ta casserole et tu laisses cuire à feu doux. Et là, miracle, tu as le légume qui rend de l'eau dans lequel il cuit et qui mijote dedans. Le mieux c'est de saler au début parce que ça aide l'eau à s'échapper du légume qu'il a dit, le Chef.

Oui, je me la pète alors que je ne savais rien de tout cela avant le cours ! Je fais comme que je veux, ici, c'est chez moi.

Bon ensuite on t'apprends à cuire le poisson mais là, j'ai un peu décroché parce que j'avais la dalle. A voire toute cette cuisine, mon petit ventre criait famine et je n'arrivais plus à me concentrer. En plus, plein de collègues avaient disparu, partis s'en griller une petite dehors. La cuisine, non seulement ça donne faim mais en plus, on dirait que ça titille le fumeur.

Au final, notre plat, ça donne ça.



Et c'est plutôt pas mauvais.

dimanche 12 septembre 2010

Et Chabrol maintenant !!!


Monsieur Chabrol est mort et je suis triste.

Pas triste parce qu'il est mort.

Et puis quoi encore ?

Faut être honnête, je ne le connaissais pas personnellement, on n'a pas gardé les cochons ensemble et je ne sais rien de lui ni de sa famille (sauf qu'un homme qui été marié à la divine Stéphane Audran ne peut pas être totalement mauvais).

Bref, c'est un illustre inconnu qui meurt aujourd'hui et, n'aurait-il pas été le réalisateur de films que j'ai aimé, sa mort m'aurait fait moins d'effet que les inondations au Pakistan... C'est dire !

Non, je suis triste parce que, après Corneau, nous perdons un cinéaste qui savait faire des polars pas comme les autres et ça, c'est pas donné à tout le monde.

Et surtout un cinéaste qui savait qu'une femme peut être libre, indépendante, avoir des idées et ne pas être caricaturale. De Violette Nozière à Emma Bovary, en passant par la femme de ménage illettrée de la Cérémonie, les héroïnes de Chabrol savent penser et agir. Elles ont des contradictions, ne sont pas parfaites et parfois se trompent mais elles sont complexes. Et ça mérite d'être souligné tant le cinéma dit "grand public", particulièrement pour les films dit thrillers, du XXIème siècle naissant semble l'oublier parfois...

Quelqu'un m'a dit mais y a encore Grangé pour faire des polars !

You're kidding, man ?!? Grangé ? Le mec qui fait des blockbusters mal filmés à partir de livres qui sont au polar ce que la collection Arlequin est à la littérature romantique ?!?

Sérieusement, soit je suis une vieille bique qui ne connaît rien au cinéma moderne (ce qui est possible), soit Chabrol reste un cinéaste unique.

L'avenir le dira.

En attendant, même dans ses films sans suspens (Une Affaire de Femme par exemple), Chabrol savait faire monter la pression du spectateur...

J'aurais par exemple aimé le voir porter sur pellicule un livre comme les Déferlantes de Claudie Gallay... Cela ne sera pas. Qui saura désormais adapter Ruth Rendell, Simenon et autres auteurs de polars psychologiques sans pathos ni grand-guignol ?

En attendant que cette perle rare sorte du bois (je ne suis pas pressée, avec les mômes, j'ai pas le temps d'aller au cinoche de toutes façons), je vous propose de louer quelques DVD et si France Télévision ou Arte pouvait nous faire une petite rétrospective Chabrol de circonstance, ben, j'dirais pas non, moi...

samedi 11 septembre 2010

Ciel !

J'aime les ciels bleus, on dirait.

Oui, je peux le prouver.

J'ai fait un tri dans les photos que j'avais prises de mon iPhone...

Et...



Mais comment ai-je fait mon compte pour avoir plus de route (inutile) et de ciel (magnifique) que de Mont (touristique) ?

Et cela...


oui oui oui, c'est bien mon doigt. Il a été dit plus haut que ces photos sont prises avec l'iPhone. Donc, on ne sait pas où poser ses doigts. Parce que prendre des photos avec un téléphone n'est pas nécessairement une bonne idée, quoi que tentent, avec force réclame, de nous en faire accroire les fabricants desdits téléphone.

M'enfin, il est chouette ce ciel... et la piscine était également très sympathique, je vous la recommande.

Et maintenant, une série de photos de ciels prises dans ma campagne, lesquelles photographies démontrent qu'il fait toujours un temps magnifique dans l'Yonne, n'en déplaise aux mauvaises langues.

La preuve par l'image serait-elle trompeuse ?

Je vous laisse méditer, amis lecteurs...

Avec dais (parce que le Doudou est super fort pour faire de l'ombre à l'aide d'un bout de tissu, de cordes et d'une poulie).







Et sans dais... et avec quelques gentils nuages...









Alors qui ose dire qu'il ne fait pas toujours beau dans l'Yonne ???

mercredi 8 septembre 2010

mon 7 septembre 2010

Au cas improbable où vous ne l'auriez pas vue à la télé, voilà la manifestation d'hier vue de ma fenêtre.

C'est que je vis là où (presque toutes) les manifs arrivent. C'est mon côté rebelle. Je ne manifeste pas mais je m'arrange pour avoir un oeil sur le truc. Dès fois qu'il y ait des scoops. Genre Arlette qui se maquille. Martine qui arrive juste à la fin pour les caméras. J'ai même vu François Chérèque se repeigner avant une interview, caché derrière un car de CRS une fois.

Là, par exemple, y a un gars qui a hurlé "Sarkozy enculé" tellement fort que c'est monté jusqu'à nous au quatrième étage.

Il faut à cet égard admettre que, s'agissant des slogans, nos manifestants n'étaient pas très originaux. Entre Sarkozy, si tu savais, ta réforme, ta réforme... sur l'air de Devaquet si tu savais... et Aucune. Aucune. Aucune hésitation... sur un air de déjà vu, ça ressemblait à n'importe quel 1er mai à Paris.

M'enfin, les manifs, c'est sympa pour les enfants (hormis les gros mots bien sûr).

On voit des gens à vélo (oui, y a des tricheurs). D'autres avec des poussettes. Y a des jeunes, des vieux, des blonds, des brunes. C'est un melting pot culturel, une manifestation.

En plus, ca permet de réviser les couleurs et pour la Poussinette, quatre-ans-presque-et-demi, c'est un jeu extraordinaire. Ca occupe pendant des heures.

BLANC



ORANGE



ROUGE



VERT



Et donc maintenant que vous avez une idée de ce que nous avons vu, voilà ce que nous avons entendu (sous réserve que la vidéo fonctionne, ce qui semble ne pas être le cas. Grrrrrrr).

video


Quand on n'est pas dans l'ambiance, c'est ça, le plus difficile à supporter : le bruit. Incessant pendant trois heures. J'ai fini avec une belle migraine. Car oui, il y avait du monde à cette manif'. Beaucoup de monde. Outre les tambours, on a eu droit aux sifflets (pire de la vuvuzela), aux chants révolutionnaires, à Madonna, à Lady Gaga et à David Guetta.

J'en ai vu des défilés arriver sous mes fenêtres. A une époque, je vivais encore plus près de l'arrivée et j'avais tout loisir d'observer les échauffourées de fin de cortège avec les gaziers qui ne sont là que pour la castagne... Et bien, là, la mobilisation était vraiment important. Et guillerette. Vu d'en haut, c'était sympa.

Et vous comprendrez donc la question finale de ma fille, après une après midi à observer :

- Maman, je comprends pas. S'ils ne sont pas contents les gens, pourquoi ils se déguisent et ils font de la musique ?

mardi 7 septembre 2010

Maman, c'est quoi la grève ?

Sous mes fenêtres passe le cortège.



Et la Poussinette a le front collé à la fenêtre.

- Elle est où la vraie grève maman ?

- C'est pas une grève, ça, c'est une manif'
.

- Ben alors, elle est où la grève ?


Elle est têtue ma gamine. Elle tient ça de son père... Si, si, de son père, j'vous dis.

- La grève, c'est quand on s'arrête de travailler.


- Alors t'es en grève là ?


Quelle insolente !


- Non, je fais une pause.


Mine concentrée de l'enfant qui cherche à comprendre.

- Et la maîtresse aussi elle fait une pause ?

- Non, elle, elle est en grève.
Elle ne va pas à l'école.

- Mais toi tu vas pas au bureau.

- Je travaille de la maison.

- Mais tu travailles pas, là. Tu fais une pause.

Vos enfants aussi sont agaçants parfois ?

- Mais les gens là, qui disent des gros mots dans la rue, ils ne sont pas en grève ?

- Si, peut-être.

Une explication s'impose.

- Tu vois, ma Poussinette, quand on fait grève, on s'arrête de travailler pour dire qu'on n'est pas content de ce qui se passe dans son travail. Les gens, là, ils font grève parce qu'ils pensent que, quand ils seront vieux et qu'ils s'arrêteront de travailler, ils auront moins de sous que maintenant et surtout ils ne pourront avoir ces sous qu'en travaillant plus longtemps. Et ça ne leur plaît pas. Alors, ils font grève pour essayer de faire en sorte que ça ne se passe pas comme ça.

- C'est la faute à Sarkozy, c'est un copain qui me l'a dit à l'école !,
intervient le Poussin, très mouche du coche.

- Tous des gauchistes, ponctue le Doudou dans le lointain.

La Poussinette, elle, s'intéresse à ce que je dis.

- Mais la maîtresse, elle est pas vieille.


C'est sûr que la maîtresse de la Poussinette, qui fut celle du Poussin l'an dernier (voir ici), a tout au plus 30 ans.

- Je sais, ma Poussinette, mais elle fait grève parce qu'elle pense à ce qui se passera dans très longtemps.

- Quand elle va mourir ?


Euh...

La Poussinette suit le fil de son raisonnement. Ça carbure sous son front de quatre-ans-bientôt-et-demi.

- Et moi, je peux faire grève ?

Comment ne pas répondre...

- Grève pour quoi ?


- Pour me coucher plus tard.


- Ah non.


Déception de l'enfant.

- Ben, pourquoi ?


C'est une très mauvaise idée. Tu as besoin de sommeil.


- Parce que ce n'est pas collectif.


- Collectif ?


Oui, j'emploie des grands mots que l'enfant ne comprend pas, c'est mon droit, je suis la mère.

- Ce n'est que pour toi, ce n'est pas pour les autres enfants.

L'enfant réfléchit.

- Je peux faire grève pour que le Poussin et moi, on se couche plus tard ?

- Oui tu peux.


- Alors, moi aussi, je fais grève !!!, renchérit le Poussin qui a croit avoir trouvé un filon.

Comment perdre une bataille...

Ne vous inquiétez pas, parents indignes, la joie ne sera que de courte durée. La guerre n'est pas terminée. Le patronat parental vaincra.

- Tu vas faire grève de quoi pour obtenir de te coucher plus tard ?

- Je mettrai plus la table.


- et ?


- Je ne rangerai plus ma chambre.

- Ah.

Mon peu de réaction n'est pas naturel, elle le sait. Elle cherche l'encouragement.

- C'est bien, hein, maman ?

- C'est ton choix.


Elle sent le coup fourré.

- Et toi tu vas faire quoi, maman ?


- Rien.


- Trop contente !


Grand sourire.

- Tu n'as pas compris, ma fille. Je ne vais RIEN faire. Ni à manger, ni la lessive, ni t'acheter des jouets. Rien.

- Mais....


- Non, quand on fait grève, on n'est pas payé. Je me dispense de mes obligations envers toi.


- C'est pas juste !
T'es pas gentille !

Tiens, ça me rappelle un truc...

- Non, c'est pas juste mais c'est comme ça. Je ne trouve pas que c'est une bonne idée de te coucher plus tard. Je ne céderai pas.


La discussion s'est arrêtée là.

Pour l'heure, le préavis de grève est suspendu. La Poussinette a faim. On va faire à dîner.

lundi 6 septembre 2010

Du principe de précaution appliqué à ma progéniture

Petite liste en suite du billet d'hier (les nuits d'insomnie, ça occupe).

Donc, si on veut être parfaitement certain que nos enfants seront sains et saufs ad vitam eternam, il faut :

- planquer les médicaments les plus anodins en haut de l'armoire ;

- planquer les produits d'entretien en haut de l'armoire ;

- planquer la vaisselle qui casse en haut de l'armoire ;

NB. y a plus de place en haut de l'armoire après ça.

- planquer les couteaux en haut de l'armoire où il n'y a plus de place ;

- pendant qu'on y est, planquer également les fourchettes car chacun sait que les fourchettes ont des bouts pointus et ce, quand bien même, ainsi qu'indiqué ci-dessus, le haut de l'armoire est bourré à ras-bord ;

- fermer les fenêtres et la porte d'entrée à clé, pour éviter chutes et fugues ;

- leur interdire d'appuyer sur le moindre interrupteur, tout appareil électrique, voire électronique, pouvant exploser ;

- leur interdire de téléphoner tant qu'on n'est pas absolument certain que le téléphone n'est pas nocif ;

- leur interdire l'ordinateur, même sous votre contrôle, car Internet, c'est le Mal ;

- leur interdire le bain parce qu'on peut se noyer dans dix centimètres d'eau ;

- leur interdire la douche (car la douche est facilement trop chaude) ;

NB. l'enfant protégé ne se lave donc pas et je n'ai pas de remède à l'insalubrité qui pourrait naître de cette difficulté, sauf à soi-même faire la toilette de son enfant à l'aide d'un gant en coton bio jusqu'à sa majorité

- leur interdire de traverser la rue, même avec vous, parce que les chauffards ne respectent ni les feux tricolores ni les priorités à droite ;

- ne pas les laisser monter dans une voiture parce qu'aucune sécurité n'est totalement efficace et que les chauffards ne respectent ni les feux tricolores ni les priorités à droite (ni les limitations de vitesses) ;

- ne pas les laisser monter dans un avion parce que, parfois, l'avion explose en vol ou s'écrase à l'atterrissage ;

- ne pas les laisser monter sur un bateau parce que les requins, ça existe et les pirates aussi ;

- ne pas leur offrir de jouets, les jouets étant des armes potentielles (jambes de Barbie dans l'oeil, Légo ou Playmobil projectile) ;

- ne pas les confier à l'école, parce que les violences scolaires, ce n'est pas que dans les journaux télévisés ;

- ne pas les confier à une baby-sitter ou autre nounou rémunérée, les fautes graves des employés à domicile étant une grosse part de l'activité des conseil de prud'hommes ;

- ne pas les confier aux grands-parents car les grands-parents vieillissent, voient moins bien, courent moins vite, sont presque sourds et laissent les enfants grimper aux arbres ;

- ne pas leur laisser faire de sport car le sportif finit inévitablement à l'infirmerie (y a qu'à lire l'Equipe pour le savoir) ;

- ne pas leur apprendre à lire, car quand on lit, on s'instruit et que l'instruction leur donnera envie de traverser des rues pour découvrir le monde... avec les conséquences propres à la traversée des rues en matière de chauffard qui ne respectent ni les feux tricolores ni les priorités à droite ;

- d'ailleurs, ne surtout pas les laisser découvrir le monde, ils pourraient faire de mauvaises rencontres !

- ne pas leur apprendre à compter parce que, dès qu'il sauront compter, ils voudront acheter des choses qu'il faudra mettre en haut de l'armoire ;

- ne pas les laisser jouer avec des enfants de leur âge parce que les enfants peuvent être cruels entre eux ;

- ne pas les laisser regarder la télévision ni les emmener au cinéma parce que ce sont des lieux de perdition et de violence ;

- ne pas les emmener au Musée, ils risqueraient de voir des seins nus ;

- les éloigner des cirques plein d'animaux sauvages qui peuvent sauter hors de leur cages ;

- ne pas les laisser manger de produits manufacturés par l'industrie agro-alimentaire, lesquels sont pleins de produits chimiques ;

- bannir les produits non bio, couverts de pesticides ;

- bannir également les produits bio, lesquels, en l'absence de pesticide, sont plus sujets à la maladie ;

- ne pas leur parler de politique, parce qu'ils pourraient tourner marxistes-lénistes ;

- ne pas leur raconter le passé, dès fois qu'ils reproduisent les pires heures de notre Histoire nationale ;

- d'ailleurs, mieux vaut ne rien leur apprendre du tout, car toute source de savoir porte en son germe un risque de propagation du mal (y a qu'à voir ce qu'on a fait des travaux d'Enstein) ;

et surtout :

- les éloigner de toute piscine !

Ou alors....

Ou alors on essaye de les responsabiliser, on compte sur leur intelligence et leur bon sens et on avance... sans être 100 % certain que les messages sont bien passés.

dimanche 5 septembre 2010

Plouf !

Plouf... fait la Poussinette en tombant dans la piscine.

Autour, la fête bat son plein. La nuit est noire, éclairée par des bougies. Il fait chaud. Là bas, c'est encore l'été. L'orchestre de jazz joue. Les invités mangent, discutent et boivent. Le chien frétille.

Plouf...

Le Doudou se retourne. Il voit la masse s'agiter sous l'eau. Il ne sait pas encore que c'est sa fille qui se noie. Il se précipite. Il n'est pas le seul. Il tire le petit corps tout habillé de l'eau. Ça s'agite, fébrilement. Un cri déchire la nuit. Ma fille hurle. Je suis au fond du jardin.

Je meurs d'un coup.

Je ne vois rien, je ne suis pas là... je sais.

Je me précipite.

Plouf !

Elle est trempée. Elle grelotte.

Elle est en vie.

Elle a froid. On court dans la salle de bain. Où est la salle de bain ? C'est quoi cette maison ? Où va cet escalier ? On le monte. On la déshabille. On l'entoure d'une serviette de bains bien chaude.

Elle est en vie.

On me passe des vêtements secs. Trop grands. Le plus jeune des enfants de la maison a 10 ans. On fait avec les moyens du bord. Tant pis. Tant mieux. Je ne sais pas. Je m'en fiche.

Elle est en vie.

- Ça va ma Poussinette ?
- J'ai froid, maman.
- Attends, je te réchauffe.

Elle est en vie.

Dehors, la fête continue. L'orchestre joue, les gens rient. Les lampions continent d'entourer la piscine. On s'inquiète du Poussin. On a tort. Il est avec sa grand-mère. Il sait qu'il ne doit pas s'approcher de l'eau. Et il sait nager. Mais on s'inquiète. On voudrait qu'il soit là. Avec nous. On voudrait l'avoir à l'oeil. Au sens propre.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Je sais pas. Je marchais et j'ai entendu... plouf.
- On t'a poussé ?

Je ne dis pas qu'elle avait promis de ne pas approcher la piscine.

Elle est en vie.

Trente fois je le lui ai dit. Le Doudou aussi. Au Poussin aussi. C'est dangereux, la piscine. Elle ne sait pas nager. Elle le sait. Elle a dit oui, d'accord, je sais. On a hurlé ne cours pas. Elle a dit d'accord. Il faisait jour. C'était avant que la masse des invités n'arrive. Avant qu'il fasse nuit noir. Avant que l'orchestre de jazz ne joue.

Elle est en vie.

- Maman ?
- Oui ma Poussinette ?
- J'aurais pu me noyer ?
Que répondre à une enfant si ce n'est la vérité ?
- Oui... mais papa était là.
Elle s'arrête. Elle me regarde. Elle a compris.
- Maman, tu sais, je veux pas mourir. Je suis trop petite.

Que dire après ça ?

Elle est en vie.

Et la vie... ne tient qu'aux bras musclés d'un papa.