Je vous ai parlé de ma nouvelle vie de télétravailleuse.
Le calme, la tranquillité...
Pas de collègues bavards dans l'Open Space qui se racontent leurs vacances dans la travée juste derrière. Pas de RER victimes d'incidents techniques (vous noterez vous même la redondance, RER eut sans doute été suffisant). Pas de sales qui passe à la recherche d'un autre membre de l'équipe et qui vous pose la question, quand même, au cas où, parce que vous êtes là, même si vous lui avez expliqué que votre champ de compétence est très limité (comment ça, vous nous savez pas tout... sur tout ?!).
Oui, le travail à la maison, c'est le bonheur !
Sauf...
Sauf quand vous recevez un appel de l'école de votre fille le lundi vous demandant de la récupérer parce qu'elle se sent vraiment trop mal et que le lendemain, c'est rebelote, votre fils fiévreux s'est effondré en pleurs en cours de dessin.
Vous voilà donc avec deux enfants malades sur les bras.
Et là, plusieurs étapes vont jalonner votre parcours de SuperWorkingMom.
1. Etape 1 : l'enfant dort
D'abord, l'enfant est vraiment malade. Il a beaucoup de température. Enfin, c'est ce qu'il vous semble en posant votre main sur son front. En effet, l'impétrant - qui n'a de force pour rien et, il vous le jure, ne peux même pas se lever pour attraper son doudou tombé au sol - est doté d'une force surhumaine quand il s'agit ne pas se laisser enfoncer le thermomètre dans le postérieur.
Cet enfant-là dort la plupart du temps et ne sort de son sommeil qu'en poussant des cris affolés par des cauchemars enfiévrés. Ce cri qu'il pousse vous propulse hors de votre chaise de bureau en moins de temps (proportionnellement) qu'il n'en faut à Usain Bolt pour parcourir cent mètres... Vous voilà faisant un gros câlin rassurant à votre petit poussin. Vous expliquez que le cauchemar est là pour chasser la méchante fièvre et qu'elle va avoir tellement peur qu'elle va se carapater très vite, plus vite qu'il n'en faut à Usain Bolt.... etc.
Au final, hormis ces réveils affolés, l'enfant fiévreux et dormeur n'est finalement pas très gênant pour travailler. Parfois, il ouvre un oeil, gémit, fait mamaaaaan d'une voix implorante.
Il suffit de lui tendre un verre d'eau et vous pouvez ensuite repartir vers vos occupations professionnelles. C'est l'enfance de l'art.. à moins que ce ne soit l'art de l'enfant.
2. Etape 2 : l'enfant va mieux.
Cette étape là est idéale.
L'enfant va mieux mais a encore besoin de repos.
Il est là, à côté de vous, avec un livre, studieux...
ok, d'accord, il est là, à côté de vous, avec... l'iPad et ces dizaines de jeux baby-sitters !
L'enfant joue tranquillement. Il fait bien attention à ne pas faire de bruit quand vous êtes au téléphone. Il sait que vous travaillez et éprouve une certaine fierté à vous regarder vous activer comme quand il n'est pas là. Il a l'impression d'entrer dans un monde défendu qui lui est inconnu.
Parfois, il s'approche de vous, et lit ce qu'il y a sur votre écran. Il ne comprend pas cette langue étrangère qu'il ne pratique pas mais il est fier de participer (un peu) à votre production. Vous ne vous en rendez pas compte mais, tandis que vous vous escrimez à tenter de mettre un tableau Excel dans un fichier PowerPoint de façon à ce que ce soit joli et lisible, lui vous observe. A un moment, il demande m'enfin, maman, ça fait deux heures que tu fais ce truc, tu peux passer à autre chose ?, soulignant ainsi ce que vous n'osiez admettre : votre totale incompétence en bureautique (ça se dit encore bureautique ?). Mais il le dit gentiment alors vous ne râlez pas...
Ah comme ils sont sympathiques ces moments là.... et tellement courts !
3. Etape 3: l'enfant est presque guéri
Oui, presque... il a encore le front un peu chaud.
Ah, ce presque... Comme vous êtes un peu un mère juive (oui, même toi, la catholique pratiquante, je te vois, dans ces cas là, tu t'enjuivises), vous vous dites que ce serait bien qu'il se repose encore une journée, afin de retourner à l'école en pleine forme et d'éviter la rechute.
Fatale erreur !
C'est la journée de trop.
Au bout de 3 minutes et 10 secondes de jeux calmes, l'enfant est là à vous parler, il a besoin d'attention, n'en peux plus d'être enfermé.
Pour peu que son frère ou sa soeur soit presque guéri en même temps, c'est la guerre. On se chamaille, on s'insulte, on se frappe. Vous, vous êtes au téléphone, vous travaillez, vous ne pouvez rien dire. Alors vous faites des moulinets avec vos bras. Vous levez l'index d'une façon que vous espérez être menaçante mais qui a l'effet d'une bulle de savon qui explose. Vous tentez les gros yeux mais on dirait que vous allez pleurer. En même temps, vous écoutez ce qui ce dit dans le téléphone parce que vous êtes payé(e) pour ça et vous en voulez à la terre entière de vous infliger cela.
Vous êtes au bord de l'implosion.
Vous finissez par attraper le bras de l'un de vos mômes, peu importe lequel, et de le tirer violemment (et toujours en silence) hors de la pièce, histoire de séparer les belligérants. L'enfant, bien entendu, ne comprend pas. En principe, quand vous punissez, vous expliquez. Là, non. Vous vous êtes contenté(e) de le pousser dans sa chambre et de fermer la porte.
Le calme revient.
Pas pour longtemps.
Très vite, de derrière la porte fermée, s'échappe un cri et des pleurs encore plus sonores que les chamailleries que vous êtes parvenu(e) à faire cesser. Dommage par ricochet. Le bruit est insupportable. Vous mettez vite le téléphone en mute en espérant n'avoir rien à dire pendant la prochaine demi-heure.
Vous n'en pouvez plus.
Il est..... 11 heures du matin.
La journée va être longue....
4. Epilogue
Le lendemain matin, vous remettez tout ce petit monde à l'école et vous profitez enfin d'une journée de travail normale cette semaine.
Nous sommes vendredi. La semaine est (presque) finie.
Il va vous falloir le weekend pour vous en remettre.
Ah non, zut, vous êtes........... malade.
C'est vrai que en lisant l'article on as un petit sourire, il y a quelques années on été nous aussi comme cela (enfin pour ma part :)
RépondreSupprimerMon dieu, je ne pensais pas qu'un enfant grippé pourrait autant me faire rire :D
RépondreSupprimerAhhh ma pauvre, tu es mon idole ! J'ai eu de la chance aujourd'hui. J. couchée à 14 h dormait encore pendant mon coup de fil important. Vendredi soir en revanche, c'était juste la honte. Et je crois qu'ils ont compris qu'ils n'ont pas été cool (les menaces de reprendre un travail à Paris ont l'air de marcher...)
RépondreSupprimerCe n'est pas joli-joli mais efficace: une petite cuillère de sirop, genre anti isthaminique de base ???
RépondreSupprimerJe compatis tout en souriant!
RépondreSupprimerBon rétablissement :)
Et quand l'enfant malade pleure, son nez se rebouche...
RépondreSupprimer@ Nicorimet : merci, j'espère qu'un jour ce seront des souvenirs...
RépondreSupprimer@ MelleToutouille : et oui, c'est rigolo, d'être malade.
@ Isa => nos vies sont merveilleuses ;)
@ Annie : j'ose pas.
@ Cathnounourse : vont bien maintenant.
@ Syl : ben oui, c'est pour ça, au moins quand il rit, on est tranquille.
:-) impossible de ne pas sourire devant l'épilogue!
RépondreSupprimerSoutenir les enfants malades et les enfants battus est quelque chose qui nous tient vraiment à coeur, montrez nous que vous etes comme nous et que vous souhaitez les aider vous aussi!!!!envoyez nous vos messages, soutien, témoignages, idées... Merci... http://www.wix.com/lesmilleetunevies/lesmilleetunevies
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