Il y a des jours comme ça...Des jours à laisser les enfants jouer dans la cour... s'entraîner avec les vélos qui ne voient que rarement l'extérieur, parce qu'on habite à Paris et que Paris n'est pas l'endroit idéal pour rouler à bicyclette. Des jours où pendant que les vélos tournent, tournent, on se prend à divaguer, loin, très loin du bitume parisien.
Il y a des jours comme ça...
On se réveille en se disant que cinq ans jour pour jour ont passé depuis qu'on a serré pour la première fois dans ses bras un petit être de quelque trois kilos, qui découvrait le monde, sa folie et sa maman en un même cri originel.
Il y a des jours comme ça....
On déjeune avec celui qui a été le témoin du seul "oui" qui ait une quelconque valeur juridique, un oui prononcé en mairie il a bientôt huit ans et on repense aux huit années passées, on se dit comme Chatiliez que la vie n'est pas un long fleuve tranquille.
Il y a des jours comme ça...
On regarde son garçon faire du vélo sans les petites roues et on se dit qu'il avait l'âge de la Poussinette aujourd'hui quand on les a enlevées, les petites roues. On se demande s'il ne faudrait pas enlever celles du vélo de la Poussinette... et on réalise que le temps file, file.
Il y a des jours comme ça...
On pense à lui à Tokyo avec ses capsules d'iode qu'il faudra avaler... ou pas, on ne sait pas. On pense à elle à Dubaï et on se dit que, tiens, à Dubaï, il n'y a pas encore de révolution. On pense à elle qui vieillit et ne peut plus vivre seule. On pense à lui qui cherche un éclair au café partout parce qu'il aime sa femme et qu'elle en a envie de cet éclair. On pense à eux, qui il y a un an, décidaient de vivre séparément parce que la vie commune n'était plus supportable et qui, un an plus tard et beaucoup de discussions, annoncent de nouveau heureux qu'ils seront parents dans six mois. On se dit que décidément la vie n'est pas un long fleuve tranquille.
Il y a des jours comme ça...
On est soudain tiré de sa rêverie par un Booooom puis un Kaïïïïï ! Le regard se dirige instinctivement au delà de la cour, derrière la grille qui protège et isole. On voit ces formes noires... et on sait. C'est un chien. C'est une voiture. Et la rencontre des deux n'augure rien qui vaille.
On se précipite hors de l'immeuble. La maîtresse est là, qui ne parle pas français et qui pleure en chinois devant la bête inanimée. A côté de l'endroit où dort un SDF qui n'a pas voulu quitté le quartier quand il a été expulsé. Les plus anciens le connaissaient quand il avait un appartement un métier confortable. Le SDF n'est pas là mais son matelas mité est bien là, lui. Le chien a pris sa place. Il y a aussi trois jeunes qui parlent beaucoup. Des jeunes du 9.3. si on en croit leur voiture. Car ce sont eux qui étaient dans la voiture. Ils ont une vingtaine d'années, ils sont vraisemblablement français et leurs parents ne l'étaient peut-être pas. Ils sont gentils. Ils sont bien élevés. Ils ont vu le chien débouler de nulle part. Ils n'ont rien pu faire. Les passants, témoins oculaires, confirment. On se renseigne. La police arrive. On informe qu'il y a une clinique vétérinaire à 200 mètres. Les jeunes, polis et très inquiets, proposent d'emmener maître et chien chez le véto. Tout le monde monte dans la voiture. Je rentre chez moi.
Il y a des jours comme ça...
On tente d'imaginer le parcours de ces garçons du 9.3., de cette dame qui pleurait en chinois, du SDF dont le chien a pris la place. On se demande le lien avec nos amis loin et nos amis près. On se dit qu'il n'est peut-être pas anodin que ce chien ait été là, à cet endroit, juste le jour des cinq ans de la Poussinette. On se demande comment va le chien. Ce que la dame chinoise et les jeunes du 9.3 vont devenir. On réalise que cela pourrait faire un joli sujet de roman. Sauf qu'on n'a pas le temps d'écrire un roman.
Il y a des jours comme ça....
.... où l'on se dit qu'il faut profiter de chaque moment qui passe tant cette vie qui passe n'est effectivement pas un long fleuve tranquille.
Il y a des jours comme ça où l'on peut lire le reflet de ses propres pensées et se dire que l'on n'est pas seul à repenser aux événements qui se bousculent... et à tenter malgré tout de savourer chaque seconde de la vie. Merci pour ce beau billet.
RépondreSupprimerOula. Pas le moral, vivement lundi
RépondreSupprimerTrès bel article qui dit ce que l'on pense sans avoir le temps de l'écrire ...
RépondreSupprimerMerci
Jaime beaucoup ce billet cette nonchalance qui flirte avec ces événements de vie forts!
RépondreSupprimer@ Otli : c'est vrai qu'on a souvent l'humeur vagabonde (comme dirait l'autre)...
RépondreSupprimer@ David : mais si j'ai le moral, c'est pas parce qu'on ne pond pas un billet rigolo qu'on n'a pas le moral, si ?
@ MHF : merci
@ Madame Parle : la nonchalance est un art de vivre, n'est-elle pas ?
Il y a des jours comme ça, où on se dit que tiens, on espère bien trouver un nouveau billet sur le blog et où on est tout content d'en trouver un si doux et si joliment écrit...
RépondreSupprimerAvec de grosses bises à la poussinette!
Merci pour ce joli billet
RépondreSupprimerCa me rappelle ce fameux jour où j'ai dit oui dans une mairie après que le maire ait fait remarquer que ma vie était un long fleuve tranquille. Là où je la prends plutôt comme un combat quotidien pour gagner ma ration de légèreté et paix intérieure.
RépondreSupprimerJoyeux anniversaire à la poussinette
Oh ! Doudette... Tu l'as écrit ton roman. Certes, un peu compressé ! mais il ne se résume pas à ce si beau billet. Les pages de ton blog sont ton livre.
RépondreSupprimerJe souhaite à Miss Poussinette un très Joyeux Anniversaire...
Joyeux anniversaire à ta puce.
RépondreSupprimerLa vie n'est ni grise ni rose, mais toujours imprévisible.
Pretty nice post. I just stumbled upon your blog and wanted to say that I have really enjoyed browsing your blog posts. In any case Iâll be subscribing to your feed and I hope you write again soon!
RépondreSupprimercheap nolvadex
great post as usual!
RépondreSupprimerpaxil