
Ah, voilà, les vacances sont là...
Toi, tu les attendais, ces vacances.
Tu te voyais à la campagne avec un super bouquin, genre le dernier Umberto Eco (au hasard Balthazar), tu espérais te vider la tête en jardinant, passer du temps en cuisine, en profiter pour aller voir les blogs des copains. Tu espérais te détendre enfin après plusieurs mois dans le froid, en ville...
Et voilà que, à chaque fois que tu envisages d'entreprendre quelque chose, que tu te trouves un coin pénard pour buller, il y un petit être d'un peu plus d'un mètre de haut mais avec la voix haut perché de l'enfant de 5/6 ans qui te hurle dans l'oreille :
- Maman, je peux t'aider ?
Alors, toi qui entendais éplucher tes tomates en silence à l'ombre d'un grand parasol, profitant de cet avant-goût d'été, en regardant l'herbe pousser sous l'oeil bienveillant des petits moineaux, ben, tu ne peux pas. Tu te surprends à vérifier que l'enfant qui utilise un couteau qui coupe (oui, le couteau-qui-coupe est un ustensile différent du couteau normal, qui lui ne coupe pas, tout parent le sait bien) ne se cisaille pas une phalange en tentant de transformer une courgette en julienne. Tu es sur le qui-vive. Et tu expliques. Tu racontes la ratatouille. Le sud. L'huile d'Olive. Tu fait l'institutrice. Tu ne peux pas t'en empêcher, c'est plus fort que toi.
Forte de cette expérience culinaire infructueuse, tu passes au jardinage en espérant qu'enfoncer les doigts dans la terre sera considéré comme un acte salissant, acte honni de l'enfant des villes. Tu aspire à la quiétude... mais l'enfant est là qui fait :
- Je peux faire avec toi maman ?, tout fier dans avec son tablier de petit jardiner avec ses gants qui évitent justement de se salir les doigts.
Et te voilà hurlant de ne pas s'approcher pendant que tu es en train de retourner la terre (et accessoirement de te faire un tour de rein) de peur que l'enfant trop enthousiaste finisse avec la binette dans l'oeil.
La terre retournée, les plants... plantés, c'est l'heure de déjeuner. Et te voilà à expliquer que les asperges que les enfants ont épluché avec amour sont également bonnes à manger... et que, oui, c'est comme ça, l'asperge vraie. Et que non, tu ne sais pas pourquoi les asperges en bocal n'ont pas le même goût. Et que c'est pas vrai que les asperges de maman sont moins bonnes que celles de Bonduelle. Faudrait quand pas pousser mémé dans les orties, surtout que des orties à la campagne, ça ne manque pas.
A la fin du repas, alors que tu sors, défaite, de la bataille de l'asperge, tu te dis qu'il est l'heure du café et de la sieste... bien méritée. Or, là, c'est le blackberry qui te rappelle que tu avais promis d'être disponible pour ce dossier là en particulier et que c'est ce dossier, celui là, le seul pour lequel tu es disponible, qui se réveille et a besoin de tes services urgents. Résultat, tu passes l'après-midi à faire des allers-retours entre ton ordi dans le salon et ta famille dans le jardin afin de satisfaire tout ce petit monde.
La journée avance, tu vas enfin pouvoir la faire, ta sieste méritée. Tu t'allonges dans l'herbe, sous le soleil heureux de la fin d'après-midi, paisible... Quand soudain :
- Maman, câlin !!!
Et là, le môme tout excité de son après-midi au soleil se colle à toi tout transpirant et gigote dans tous les sens parce qu'il lui faut du temps pour se calmer... Tu tentes vainement un va voir papa qui entraine aussitôt la réplique que tu redoutais :
- Papa, il peut pas, il est fatigué par le jardinage, il fait de l'iPhone, il dit qu'il veut pas être dérangé.
Tu ne commentes pas, tu n'argumentes pas, tu es trop crevée pour ça et puis, ta mère à raison, tu n'as aucune autorité. En plus, ça va être l'heure du dîner.
...
Au moment de te mettre au lit, tu crois avoir gagné le droit d'être tranquille dans TON lit, le temps que le Doudou ferme la maison. Mais là, deux êtres aux voix toutes mielleuses, le doudou dans un bras, l'oreiller dans l'autre, s'approchent de toi :
- On peut faire un câlin dans ton lit, maman, jusqu'à ce que papa arrive... Alleeeeeeez..... Y a pas école demain !
Et te voilà entourée de deux enfants ravis qui n'ont qu'une envie, te faire la conversation. Sauf que toi, tu tombes de sommeil, tu ne parviens pas à aligner deux paroles cohérentes et tu n'espère qu'une chose : que ton homme ne mette pas trop de temps à monter se coucher.
Quand enfin l'homme arrive, épuisée par cette journée sans trêve, tu dors du sommeil du juste, avec la marmaille qui ronfle à côté. Tu n'entends même pas l'homme les porter dans leur lit.
Allez, demain, c'est sûr, tu trouves du temps pour toi !
Alors tu l'as trouvé le temps pour toi?
RépondreSupprimeren même temps à la campagne et en vacances ils savent qu'ils ont leurs parents plus dispos qu'à la maison!
eheheh, superwoman fatigue ? Ouf, c'est une femme normale !
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