Or, le Doudou a une âme de bricoleur. Parfois, même, il change une ou deux ampoules pour nous rappeler combien c'est lui l'homme à tout faire de la maison. Percer trois trous dans la salle de bain pour fixer le bazar, ça ne lui fait pas peur. Il s'en sent capable. D'ailleurs, il a une perceuse électrique toute neuve qui n'a jamais servi. Il est grand temps de l'inaugurer.
Le Doudou s'enferme donc dans la salle de bain. Quand on tente d'entrouvrir la porte, on constate que l'ensemble du matériel à poser à été rangé par ordre de taille sur le sol. La boite à outils est grande ouverte, posée sur les toilettes, lesquelles toilettes sont de fait inaccessibles. Le Poussin, la Poussinette et moi sommes super fiers de notre Doudou. Nous sommes confiants, il sortira de tous ces efforts une superbe salle de bain digne d'un hôtel 4 étoiles.
Fili en revanche est circonspect. Le vrombissement de la perceuse n'est pas de son goût et il le fait savoir à coup d'aboiements sporadiques. Cette perceuse est une intruse qu'il convient de chasser... Bon, en même temps, en bon chien de garde qui se respecte, il aboie mais ne mord pas... et tandis que la perceuse et son bruit satanique sont cantonnées à la salle de bain, Fili sécurise le salon en s'installant sur le canapé et prend soin de ne jamais franchir le no dog's land que constitue le couloir qui mène à la salle de bain. Chacun son territoire et la famille est bien gardée.
L'après-midi se poursuit au son mélodieux de la perceuse qui (tente de) perce(r), du Doudou qui fait merde crotte bite parce que quand ça veut pas, ça veut pas et que le mur est épais quand même, des enfants qui s'enquièrent toutes les 3 minutes de l'avancement des travaux t'en es où papa ? c'est bientôt fini ? on peut entrer ? et du vent qui souffle annonçant l'orage.
Et soudain, c'est le drame.
Meeeeeeerde !
Putaiiiiiiin !
Mais quel con !
On se précipite, on pense le Doudou blessé. Que nenni. En revanche, on voit très distinctement l'eau jaillir par un petit trou dans le mur. La bonne nouvelle : la perceuse a fini par percer le trou récalcitrant. La mauvaise nouvelle : le trou est pile dans la canalisation d'eau.
La canalisation est dans le mur.
Aucun autre accès que ledit mur.
Pas d'autre choix : il faut casser.
On commence par couper l'eau. Enfin, on croit qu'on a coupé l'eau mais celle-ci continuer de ruisseler le long du mur (à défaut de notre corps qui voit s'éloigner la douche comme Perrette dut dire adieu aux veaux, vaches, cochons et poulets). Nous sommes jeudi soir. Le 17 août. Il est 20:45 et nous devons admettre cette réalité brute : nous avons besoin d'un plombier.
Un plombier.
La semaine du 15 août.
Le soir.
A la campagne.
Mouhahahahaha !
(j'en vois qui ricanent là, dans le fond)
On appelle les dix numéros que nos amis virtuels ou réels nous communiquent. On laisse des messages sur nombres de répondeurs. Rien. Personne ne rappelle. C'est le néant absolu. Le désert français.
Nous sommes foutus.
Pendant ce temps, la vie s'organise. La voisine est sympa, elle met sa salle de bain à disposition. Les enfants sont enchantés de devoir aller faire pipi dehors dans le jardin à la seule lueur d'une lampe de poche. C'est l'aventure ! On prend son mal en patience. On se dit qu'on trouvera un plombier demain. Que quelqu'un va finir par rappeler à la suite de l'un des messages désespérés qu'on a laissés.
Le Poussin nous sent stressés et est soudain adorable. Si j'avais su que c'était ce qu'il fallait pour qu'il s'endorme sans râler...
- J'ai deux problèmes, qu'il fait, le Poussin, le sourire aux lèvres. Premier problème : j'ai pas d'eau. Deuxième problème : ma soeur m'a piqué mes chaussons.
Il veut nous faire sourire... et y réussit plutôt pas mal.
Notre comité de soutien twitteresque s'organise. On nous envoie des numéros de plombiers de la région. Ceux qui s'y connaissent en plomberie (non pas que le Doudou ne s'y connaisse pas, loin de moi cette idée !) nous donnent des conseils pour passer la nuit et colmater tant que faire se peut la brèche. L'idée originelle du Doudou de mettre du mastic est ainsi écartée d'un coup de twitt. En revanche, sur Facebook, également appelé à la rescousse, c'est le calme plat. Pas un commentaire, pas une réponse. Conclusion : quand t'es dans la mouise, mieux vaut faire appel à tes amis virtuels de Twitter qu'à tes amis de la vraie vie de Facebook.
On finit par se coucher, épuisés, sans avoir compris comment l'eau pouvait continuer de couler alors qu'on l'avait coupée. Deux fois dans la nuit, le Doudou se relève pour aller changer les serviettes de toilettes qui servent à éponger la fuite.
Puis vient le matin.
Un plombier (un seul) sur les dix contactés rappelle et accepte d'interrompre ses vacances pour vérifier l'étendue des dégâts.
Quand il débarque, dans son uniforme de plombier (marcel, calvitie plus que naissante et raie des fesses apparentes dès qu'il s'accroupit), il commence par nous expliquer que si on avait fait appel à lui avant, on n'en serait pas là. Ensuite, il plonge sous l'évier de la cuisine, tourne un robinet et dit c'est là qu'on coupe l'eau, Monsieur. Puis il file dans la salle de bain, inspecte le trou béant et nous explique qu'il va essayer de brasurer mais que bon, comme le reste de la tuyauterie est en étain, c'est à nos risques et périls : tout peut fondre. C'est rassurant, un plombier.
Comme il a laissé son matériel dans sa camionnette, il demande au Doudou de lui prêter sa clé à molette. Le Doudou, tout fier, lui tend celle de sa belle trousse à outils. Regard de mépris du plombier qui se relève en maugréant morf, je vais chercher la mienne. Tandis qu'il passe à ma proximité, j'ose suggérer qu'on n'aura pas besoin de casser tout le carrelage joli joli de la salle de bain que j'ai repeint de mes petites mains. Bof bof bof est la réponse, qui n'augure rien qui vaille... Une demi-heure après l'arrivée du plombier, le moral est au plus bas.
Commence alors la brasure.
Ça chauffe.
Ça crame.
Ça pue.
Mais ça marche...
En cinq minutes, le trou est réparé. Alleluia !
J'en connais deux ou trois qui vont soutenir que c'est grâce au fait qu'ils ont brûlé un cierge pour nous aux JMJ. L'hérétique que je suis constate que c'est surtout un gros coup de bol d'avoir trouvé un plombier disponible en plein mois d'août. A part un petit trou que le Doudou comblera demain, la salle de bain est telle qu'elle était avant l'incident.
Et le plombier de conclure, après nous avoir annoncé un tarif qui nous semble raisonnable :
- J'vous fais pas de facture pour ça, hein ?
Et quid de la tahiti douche ?
RépondreSupprimerBien contente que ça se soit bien terminé, sans de l'eau jusqu'aux chevilles ^^ Parce que demander à chéri comment réparer est une chose, mais te twitter le truc sans arriver trop à se figurer comment est la fuite, pas facile, alors enrouler un chiffon bien serré autour de ton tuyau, d'après ce que je vois sur les photos, c'était juste pas possible...
RépondreSupprimerBonne fin de vacances quand même !
Moi je suis un homme non bricoleur. Inutile un peu.
RépondreSupprimerJ'ai ricané. Parce que je sais que c'est résolu et qu'à la maison y a eu bien pire. Hahaha. Ca va me faire l'après-midi.
RépondreSupprimerNB : les menuisiers, c'est sympa comme les plombiers. En pire.
Et pour l'installation de la douche magique, le Doudou reprend ses efforts u bien vous vous confiez à l'homme de l'Art ?
RépondreSupprimer@ Babouchka et Annie : la douche a finalement été posée par le Doudou. Quel homme !
RépondreSupprimer@ Romain Blachier : parce que tu trouves que le Doudou est bricoleur ?!!!! on ne choisit pas les hommes pour leur utilité.
@ Drine : tu vois comme on est nul...
@ Rose-Anne : attends, du menuisier, on va en souper cet hiver (on change les fenêtres)