dimanche 14 août 2011

La vie de château

Pendant longtemps j'ai cru que, pour passer de bonnes vacances, il fallait absolument qu'il fasse grand soleil, qu'il y ait la mer et/ou une piscine chauffée, qu'on me serve à table et que mon lit soit fait et bordé par miracle chaque soir au coucher.

Puis j'ai découvert la Bretagne (voir ici)... et à peu près au même moment découvert la campagne (voir ), deux découvertes que je dois à une autre découverte : l'amour du Doudou.

Depuis, j'ai revu mes aspirations à la baisse.

Comme dirait mon grand-père, on n'est pas en sucre... et il y a plein de belles aventures à vivre.

Oui, je dis aventure, comme dans un jeu de télé-réalité, parce que les éléments de langage de cette pseudo-culture m'ont imprégnés le clavier. Je dis également c'est que du bonheur et vous pouvez me maudire jusqu'à a quatrième génération syntaxique, rien n'y changera : je dois l'admettre, je suis nivelée (par le bas), même qu'il m'arrive de monter en haut, de descendre en bas et de pallier à des difficultés.

Comme je ne suis pas bégueule et que j'aime partager, voici quelques unes de nos jolies sorties en famille au cours des derniers jours (avec les liens vers les interfaces web des sites en question). Où vous allez découvrir qu'on peut s'amuser tout en se culturant... oups, en se cultivant. J'écris culturant si j'veux ! Cultiver devrait être réservé à la culture des tomates cerises. Pour faire Grand Genre (majuscules obligées !), on se culture, à moins que nous ne soyons victimes d'une acculturation collective, qui sait...

Pour commencer, à tout seigneur, tout honneur....



Le château de tous les châteaux :

Chambord




Le Poussin a été enchanté par la visite. La chambre du roi surtout l'a impressionné, avec la tiare, le sceptre et les armoiries royales. La Poussinette, en revanche, avait mal aux jambes, voulait s'asseoir sur les meubles d'exposition, quitte à franchir les cordons de sécurité. Heureusement, Peau d'Ane était là. Il a suffi d'expliquer que le prince du film, le sublimissime Jacques Perrin, vivait à Chambord pour que soudain tout prenne un aspect féérique. Merci Monsieur Demy !

Je cite Jacques Demy et Peau d'Ane non pas parce que je te pense, lecteur, incapable de lire un paragraphe entier sur la Renaissance, les escaliers en ogive ou les jardins royaux mais parce qu'il me semble que, pour intéresser les enfants à certains faits historiques, il est parfois utile de raccrocher l'Histoire aux histoires qu'ils connaissent, fussent-elles de jolis contes. En outre, Peau d'Ane est un film magnifique et Jacques Perrin l'homme que j'aurais voulu aimer si le Doudou n'en avait pas décidé autrement. La différence d'âge ne fait rien à l'affaire. Même homme mûr, Jacques Perrin reste Jacques Perrin.

Le double escalier a particulièrement amusé les enfants. Le fait qu'on puisse monter et descendre sans se croiser leur a donné des idées de jeux mystères et d'intrigues dont certains scénaristes pourraient bien s'inspirer. L'imagination de l'enfant est d'une fertilité déroutante pour le parents à l'esprit déjà ciselé par Alexandre Dumas et Agatha Christie.

Dès que le Poussin sera en âge de construire un récit sans faire une faute d'orthographe par mot, je suis certaine qu'il pourra écrire des nouvelles passionnantes. Il faudrait cependant pour cela que le formatage de l'école primaire puis la catastrophe des fiches de lecture au collège ne le détournent pas de cette passion pour les mots et les livres qui habitent ce jeune lecteur/écrivain.


Le château de famille reconverti en havre pour artistes :

Ratilly


Ratilly sous la pluie, c'est l'assurance d'avoir les pieds trempés en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. C'est que courir dans les douves asséchées mais néanmoins très humides est tentant pour une famille composée de deux enfants aventureux et d'un Fili joueur.

Le principal intérêt du château, outre les expositions d'oeuvres contemporaines et l'atelier de poterie, c'est le pigeonnier. Un pigeonnier qui a gardé son escalier tournant en bois d'origine, ce qui est parait-il très rare... tout cela parce que le maître des lieux s'était rallié aux révolutionnaires dès la première heure et que ceux-ci ne virent dès lors pas l'intérêt de brûler ce signe extérieur de richesse.




Bon, l'art contemporain, c'est bien ; il y a à prendre... et surtout à laisser. Je suis beaucoup plus fan des stages de musiques organisés et des concerts publics qui en résultent. Jean-Sébastien Bach ne décevra jamais.


Le château du Moyen-Age :

Druyes les belles fontaines


Ah le château fort !


Druyes, c'est plus que des ruines, c'est un vrai parcours éducatif pour les enfants (et leurs parents)... et même sous la pluie, c'est top !

Le Poussin a profité de ce qu'il lisait désormais drôlement bien pour nous servir de guide. On a pu imaginer ce à quoi le château ressemblait autrefois. Il était fier comme Artaban, mon fils, de tout lire et de comprendre ce qu'il lisait. Comprendre la fabrication du mortier, découvrir l'emplacement des parquets aujourd'hui disparus. C'est amusant d'apprendre !


Et monter tout en haut de la tour de garde, jusqu'à la terrasse, quel exploit ! Ils l'ont tous fait, Fili, le Doudou et les enfants. J'ai pour ma part décidé qu'il n'était plus de mon âge de monter tant de marches. Et non, je n'ai pas le vertige, j'ai juste un peu la tête qui tourne quand je m'élève à un mètre du sol, faut pas confondre.

Pendant la visite, nous avons découvert une carte de la région datant du XVIIIème siècle. Sur cette carte, on voit clairement dénommé le petit hameau où nous passons nos weekends. C'était surprenant et très émouvant de découvrir cette carte, alors que la plus ancienne maison de notre hameau doit dater de la fin du XIXème siècle.



Le château spectacle :

Saint-Fargeau

Saint-Fargeau, c'est le grand spectacle historique de la région.

Je suis une adapte absolue, même si je connais aussi les dessous de l'affaire, les figurants bénévoles, la marge qui doit être réalisée par les organisateurs, les 3500 spectateurs et l'absence absolue d'intimité. C'est du grand spectacle, une fresque historique qui commence avant le moyen-âge et se termine à la libération.




Mais c'est surtout un vrai régal pour les enfants. Le Poussin et la Poussinette n'ont pas cessé d'en parlé plusieurs mois après qu'on a vu le spectacle l'an dernier et cette année, ils nous tannaient pour y retourner.

C'est désormais chose faite. Nous y sommes allés hier soir. Et depuis ce matin, n'appelez plus la Poussinette par son prénom. Elle est Jeanne d'Arc. Parce que, tu comprends, c'est une fille et c'était la chef et les anglais, ils ont fait croire qu'elle était sorcière mais c'était pas vrai, tu sais, maman. Je dois me préparer à être la mère d'une apprentie chef de guerre qui n'aura pas peur de mourir sur le bûcher.




En revanche, évitez d'y aller avec des enfants trop petits. Le cousin des Poussins, 3 ans, a hurlé pendant une heure en enjoignant les belligérants de cesser leur guerre, avant que ses parents ne décident qu'ils n'avaient d'autre choix que d'abandonner le champ de bataille. Il est clair que la voix du narrateur représentant l'âme des anciens habitants du lieu n'est pas faite pour rassurer.


Enfin, sur Guédelon, château en devenir, je te renvoie à mon billet de l'an dernier, lecteur amnésique.

Et vive la vie de château !

2 commentaires:

  1. Han, Chambord, j'y étais jeudi dernier ^^ Et puis, maintenant que j'habite à Orléans, je compte bien visiter les châteaux de la Loire plus souvent !

    RépondreSupprimer
  2. Tu m'as donné envie de faire les Châteaux de la Loire :)

    RépondreSupprimer