C'est donc l'heure, lecteur impatient, de la série :
Sport et loisirs, pourquoi choisir ?
1. Fauuuuuuuuute !
Le truc de mon papa, en plus de la guitare, c'était le tennis.
On était tout le temps fourré au tennis-club.
Faut dire qu'on habitait dans la rue du tennis.
Ce que je m'y ennuyais, au tennis. On y allait le samedi matin à la sortie de l'école, parce que tu te souviendra, lecteur bébé, qu'il n'y a pas si longtemps que cela les enfants allaient à l'école le samedi matin. On y était également le dimanche matin, au tennis... La grasse mat' le weekend ?! Ne m'en parle pas, lecteur flemmard. Si t'écoute mon papa (et ma maman), le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Notre messe dominicale avait le goût âcre de la terre battue.
L'après-midi, mon papa faisait la sieste, et moi je m'emmerdais. Oui, c'est un gros mot. Mais il n'existe pas d'autre mot pour décrire ce que je ressentais. La sieste, c'était pour les bébés. Et les parents. Même que j'avais écrit un poème sur le sujet quand je m'ennuyais à le regarder dormir : quand tous les volets sont fermés, papa dort les deux poings fermés. Tu rigoles pas, hein, lecteur. J'avais 8 ans. Mais la rime est riche.
Le tennis, c'était l'été aussi. On allait faire des stages de tennis chez Pierre Barthès, au Cap d'Agde. Même qu'on a vu Noah, McEnroe, Connors et Nastase faire les cons dans la piscine et éclabousser tout le monde. Si tu ne sais pas qui sont ces messieurs, tu peux cesser immédiatement la lecture de ce blog. Ces messieurs sont des idoles pour toute gamine dont le papa joue au tennis. Et mon papa, même s'il cassait sa raquette à chaque faute en hurlant quel con ! sur le cours, c'était le plus grands de tennismen.
2. Hercule Poirot ou Miss Marple ?
Je dois aussi à mon papa la découverte d'Exbrayat et d'Agatha Christie. J'avais 7 ans, l'âge du poussin maintenant, quand j'ai ouvert mon premier polar. Je n'ai jamais cessé d'en lire par la suite. Ma mère disait c'est pas de son âge ! Et mon papa répondait elle lit aussi tes Comtesse de Ségur, fout lui la paix. J'ai donc tout lu, grâce à eux. Des livres de mon âge et des livres pas de mon âge... et j'ai aimé lire.
3. You know how to whistle, Henry ?
Mon papa aimait le cinéma américain. En anglais. On avait un magnétoscope. On enregistrait la Dernière Séance et le Cinéma de Minuit. J'ai découvert Fred Astaire et Gene Kelly, Bogart et Bacall, John Wayne et Marlyn Monroe. C'est ça le cinéma de mon enfance....
On voyait aussi des films au cinéma. Des films pour enfants. Mais pas que. On allait voir les Superman, E.T., et Flash Gordon. Toi qui a vu Flash Gordon à l'époque, promets-moi de ne pas le revoir. Jamais. Pareil pour Footlose. Promets. Il y a des films qu'on a vu une fois, enfant. Et qu'il faut laisser là où ils sont. Dans nos souvenirs.
4. Follon forever
Avec mon papa, on regardait le rugby à la télé.
Et je m'endormais avant la fin.
On regardait aussi les Numéro 1.
Et mon papa s'endormait avant la fin.
On regardait beaucoup la télé tout les deux.
Ma mère disait z'avez rien de mieux à faire ? Et nous, on gloussait. Bêtement. C'était notre truc à nous, la télé. Quand mon papa s'est remarié, sa seconde épouse a dit également z'avez rien de mieux à faire ? Mais non, on n'avait rien. On était tous les deux devant la télé, avec du sport ou de vieux films. C'était notre truc à nous, la télé. Et de toutes façons, les jeux olympiques, ça les gonflait ma mère et ma belle-mère... et les vieux films aussi.
5. France, 12 points
On ne ratait jamais le Concours Eurovision de la Chanson et je suis devenue une experte en géopolitique. Deviner les résultats de l'Eurovision, c'est simple : d'abord, ce n'est pas la meilleure chanson qui gagne parce que les pays qui votent ne connaissent pas les votes des autres et, ne pouvant voter pour eux-mêmes, ils ne vont quand même pas voter pour le meilleur. Ensuite, les votes sont fondés sur des alliances stratégiques et culturelles. Les pays nordiques votent les uns pour les autres, les francophones aussi, les germanophones pareils (sauf que maintenant, c'est biaisé parce que tout le monde chante en anglais). Pour éviter de paraître méchant, Israel donne quelques points à la Turquie et vice-versa. Et la Turquie donne quelques points à Malte et vice-versa. Tu connais un peu les mécanismes de pouvoir en Europe, tu peux toi aussi faire des pronostics.
6. Camembert !
En guise de conclusion, lecteur, je te laisse deviner qui, de mon papa ou de moi, gagnait le camembert Orange en premier au Trivial Pursuit, qu'on appelait alors Remue-Méninges ?! Bon, c'est facile ! D'ailleurs, quand j'ai battu mon papa, on a cessé d'y jouer, au Trivial Pursuit !
C'est que mon papa m'a appris à aimer gagner. Le goût de la compétition, il disait. Ça ne signifie pas qu'on ne sait pas perdre... ça veut juste dire que, quand on gagne, c'est mieux.
Pour toutes ces belles découvertes, qui me suivent encore dans ma vie d'adulte :
Merci papa !
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