samedi 19 novembre 2011

Au Chambon sur Lignon

Au Chambon sur Lignon, il y a des forêts et des rivières, un golf, des parpaillots... et un lycée, le collège Cévenol, lycée international pour la paix.

Au Chambon sur Lignon, il y a quelques jours une petite fille de 13 ans a été assassinée, peut-être par un camarade de classe avec un casier judiciaire.

Au Chambon sur Lignon, des gens de bien ont sauvé des milliers de juifs au péril de leur propre vie il n'y a pas si longtemps que cela.

Et moi de m'interroger, en tant que mère. Parce que le Chambon sur Lignon est propice à l'introspection et aux questions existentielles.


Si j'avais été une habitante du Chambon sur Lignon, en pleine guerre mondiale, aurais-je sauvé des enfants juifs, que je ne connaissais pas, au risque de mettre en danger mes propres enfants, protestants ?

Cette question, je me la pose souvent. Parce que je suis juive. Parce que je veux croire que j'aurais eu ce courage là, pour me sauver, moi. Parce qu'il est difficile de savoir ce qui est bien ou mal. Parce qu'on est naturellement égoïste et qu'on cherche à protéger d'abord ses petits.

Je me la pose et je n'ai pas de réponse. Parfois, je me demande si je ne passe pas chaque jour devant une situation similaire qui mériterait que je m'engage. Parfois, je m'interroge sur ma propre faculté à remettre en question les décisions des nos gouvernants, de me poser la question de la Justice (avec une majuscule). Quand je passe devant cette femme qui dort dans la rue et me demande une piécette que je ne donne pas, quand je pense aux camarades d'école du Poussin qui vivent à six dans une petite chambre d'hôtel social à quelques dizaines de mètres de chez nous. Est-ce que je devrais faire quelque chose ? Est-ce que je pourrais faire quelque chose ?

Dans (presque) tous les cas, je préfère ne pas répondre aux questions que je me pose. Je rentre chez moi, je sers très fort mes enfants dans les bras et je continue ma vie, dans un mon cocon douillet. Je n'oublie pas... mais je n'agis pas.


Si j'avais un enfant délinquant sexuel non récidiviste, comment réagirais-je ? En parlerais-je ? A qui ?

Je suis maman d'un garçon de 7 ans. Un petit garçon sage, amoureux d'une de ses copines de classe, qui rougit et se cache lorsqu'on les rencontre, sa maman et elle, dans la rue. Difficile de l'imaginer à 17 ans, violent et déjà condamné pour agression sexuelle.

Et pourtant. Si cela devait arriver ? Si mon fils faisait une connerie ? Ce que je crois être une connerie. S'il buvait un coup de trop et se retrouvait devant les tribunaux. N'aurais-je pas envie de croire à l'acte isolé ? N'aurais-je pas envie de le protéger ? De ne rien dire... de ne pas vouloir ou pouvoir imaginer qu'il puisse récidiver. L'envoyer au loin, dans un lycée privé de bonne réputation, bien encadré, espérer qu'adolescence passe et qu'il devienne un homme responsable.

Et le juge ? Le juge devrait-il alerter l'école ? L'école alerter les parents ? Quelle est l'obligation de la Société ? Faut-il mettre une croix sur mon fils, marqué du fer rouge de l'infamie pour une acte qu'il a dit regretter et qui est isolé. Ne vaudrait-il pas mieux ne rien dire et s'assurer que l'adolescent soit suivi psychiatriquement ? Eviter que ses camarades d'école le craignent. Eviter qu'il soit totalement isolé et s'enferme dans des pratiques qui pourraient à terme conduire au pire.

Si j'étais la maman de cette enfant là, je crois que je ne voudrais pas que ça se sache, je crois que je voudrais régler le problème moi-même.

Pas glorieux sans doute. Mais honnête.


Si j'étais le parent d'une adolescente dans l'école, voudrais-je savoir qu'il y un délinquant dans cette école ?

Je suis maman d'une fillette de 5 ans, une fillette qui n'a pas sa langue dans sa poche, une fillette qui aime être jolie, qui aime plaire, qui minaude déjà aussi petiote soit-elle. Difficile de savoir quelle néo-adolescente elle sera, si elle aura envie de plaire aux garçons, si elle sera prête à partir se promener dans les bois avec un loup caché sous l'habit du prince.

J'ai été pensionnaire, livrée à moi même au milieu d'autres adolescents. J'avais 13 ans aussi. Je sais ce que c'est que d'être seule avec des parents loin. Est-ce mon éducation, est-ce inné, toujours est-il que je n'ai jamais eu envie de déconner, jamais eu envie de faire le mur pour aller faire un tour dans le dortoir des garçons. J'étais responsable. Trop peut-être. Mais il est trop tard pour revenir en arrière.

En pensant à ma fille de 5 ans bientôt 13, à moi et mes 13 ans encore si proches, je ne sais pas ce que je voudrais savoir des autres enfants de l'école. Je ne sais pas si je voudrais savoir qu'un garçon que ma fille ne connaît pas, ne fréquente pas, a un passé pénal. En revanche, si c'était un proche de ma fille, si on les avait vu bavarder dans la cour, discuter, rire ensemble, oui, je voudrais qu'on m'avertisse. Je ne sais pas ce que je ferais de cet avertissement... mais je voudrais savoir. Après, comment savoir si des jeunes sont proches ? Qui pour contrôler ? A partir de quand doit-on avertir les parents des autres enfants ?

Et si je savais, est-ce que je retirerais mon enfant de l'école ? Pas sûr. Je suis optimiste. Je pense que j'appellerais les parents du gamin, que j'essayerais de comprendre. Je mettrais sans doute ma fille en garde. Mais que vaut la mise en garde d'une mère quand on est une adolescente qui se construit par opposition à la mère ?

D'ailleurs, cet ado délinquant n'est-il pas justement celui qu'il faut sauver aujourd'hui ? Quel est le message de ces protestants sauveurs de juifs au péril de leur vie ?

Chambon sur Lignon, le village au mille questions....


L'héretique a une réponse radicale.
Peut-être est-ce la seule réponse possible finalement.
Tout dire. Laisser les parents décider.
Prévenir... pour ne pas avoir à guérir.

20 commentaires:

  1. Je n'en sais rien non plus...je ne suis pas mère, juste belle-mère et je sais que je veux toujours les protéger parfois maladroitement, ton questionnement est lucide et ta réflexion honnête, il y a ce qu'on pense et finalement il y a ce qu'on fait....
    Parfois on peut se tromper par amour ou tout simplement parce qu'il n'y a pas de bonne réponse et c'est terrible

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  2. le collège cévenol c'est là ou j'ai shooté pour la 1ère fois l'héroïne... à 14 ans ça toujours a été d'1 glauque achevé... ils savaient pas s'occuper des mômes...

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  3. Ton billet a un immense mérite : rappeler à tous ceux qui le lisent que l'émotion légitime que suscite ce crime odieux ne doit pas nous laisser conclure en une seconde que : "C'était pourtant simple, y avait qu'à...".

    Lorsqu'une personne déjà condamnée pour un délit commet ensuite un crime, bien plus grave, est-ce nécessairement de la faute de la justice ou plus généralement de l'Etat ? Je ne le crois pas. Dans cette affaire, l'Etat aurait-il pu éviter ce crime ? Je n'en sais rien. Pas simple...

    Entre une agression sexuelle et un meurtre, il y a tout de même une différence énorme. Il semble que ce jeune homme l'ait franchi. Faut-il, pour autant, considérer tous ceux qui sont condamnés pour ce délit comme des meurtriers potentiels, alors que seule une infime partie d'entre eux, fort heureusement, commettent ensuite des actes plus graves ? Pas simple...

    En "isolant" un jeune homme mineur qui s'est rendu coupable d'agression sexuelle, protège-t-on réellement la société ? Jusqu'à quel point faut-il l'isoler ? Pendant combien de temps ? Une telle mesure ne présente-t-elle pas le risque de le rendre encore plus dangereux ? Pas simple...

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  4. Ces protestants qui ont œuvré pour sauver des juifs pendant la seconde guerre mondiale, je les connais bien, c'était mes grands parents.
    Tu le sais déjà pour avoir lu les billets sur mon blog, mon grand père fut fusillé par les forces du Reich en juillet 44 dans le massif du Vercors, où il avait rejoint les maquisards en 1942. Ma grand mère fut nommée parmi les justes à l'issue de la guerre pour avoir participé à un réseau d'aide aux juifs.
    Ils étaient protestants.
    Ils n'habitaient pas le Chambon sur Lignon, mais de l'autre coté du Rhone, dans la Drôme, au pied du massif du Vercors. Ma grand mère m'a quasiment élevé, j'ai passé une grande partie de mon enfance chez elle. Elle m'a toujours dit qu'ils ne s'étaient posés aucune question, que cela leur semblait "juste" de le faire. Ils avaient eut peur, d'etre pris, emprisonné, peur pour leurs enfants. Mais ils leurs semblaient inconcevable de ne pas le faire, cela s'était imposé à eux comme une évidence. Mon grand père y a laissé la vie et ma grand mère ne regrettais en rien leur engagement même si elle avait perdu l'être qu'elle aimé. Elle croyait plus en la vie et en des valeurs humanistes et progressistes. Cela état plus fort pour elle. Et elle me disait qu'en ces temps là, on ne pouvait faire dans la demi mesure.voila ce qu'elle me racontait et m'a légué.

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  5. je crois surtout qu'il faut qu'on arrête de laisser des adultes adolescents attardés éduquer nos enfants malgré nous. il y a tout une frange de médias et de politiques qui militent ouvertement pour la dépénalisation de la drogue, pour une sexualité déresponsabilisée, mais que peut faire un jeune de 17-15 ans, sans argent, sans bagage intellectuel, sans beauté, face à toutes ces tentations qui ne seront peut-être jamais pour lui? quand il s'agit de drogue, là où nos Delarue & Co achètent à prix d'or les meilleurs crus, voire écrivent les plus belles chansons sous psychotropes, ces gamins se prostituent ou agressent pour se payer une came qui les enverra au cimetière un jour. là où ces faux puissants se paient des parties fines avec des très jeunes et belles femmes venues des pays de l'Est, ces gosses en mal d'affection vraie n'ont plus que la violence pour obtenir ce qui, de toutes façons, n'est absolument pas de leur âge.

    Qu'on leur montre de beaux modèles d'amour, d'engagement. même people. Il y a de beaux couples qui peuvent faire rêver: des belles personnalités, qui ont fait du bien et vivent des relations profondes. je découvre en ce moment la vie de BHL (que je n'avais jamais regardé avant la Libye): quand Arielle Dombasle parle de leur couple, même si ce sont des personnages médiatisés, pas du tout fidèles, elle ne parle que d'amour, elle montre les efforts qu'elle a su faire pour devenir une belle femme attirante: sport, danse, chant, plusieurs heures par jour. Lui, il a lu des tonnes de livres, il cite de grands auteurs, il parle calmement à ses détracteurs: un jeune devrait avoir en lui le goût de l'effort, du travail, pour devenir une belle personne, réaliser de belles choses pour des peuples dans la misère, ou inventer des machines pour libérer les hommes d'un travail trop dur... Un enfant devrait être élevé dans une optique qui élève son humanité. Au lieu de cela, nos hommes politiques, ET SURTOUT CEUX DE GAUCHE? et c'est là l'immense reproche que je fais à la gauche française!! nos hommes politiques,nos journalistes (enfin, pas tous, les plus haut placés seulement), nos écrivains, en sont encore à régler leurs problèmes de libido ou d'autres addictions pas plus fines, et à revendiquer pour les jeunes le droit à leur déchéance.

    Moi, c'est ces gens là, que je pourfendrais, pas ce gamin qui n'a même pas eu le temps de commencer à vivre. Je repense à la copine du type qui, pour une idéologie d'extrême gauche, a tué des tas de policiers en essayant de s'emparer d'un dépôt d'armes. Elle a passé 30 ans en taule. Elle vient de sortir. Elle était juste amoureuse d'un gosse immature que ses parents avaient mal élevé à coup de paroles
    débiles sur le Chili ou d'autres trucs complètement hors de propos, en oubliant complètement de lui apporter une structure humaine et humaniste responsable.

    pauvres gens.

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  6. Je suis le papa d'une ado de 13 ans. Comme toutes les ados d'aujourd'hui elle est coquette et a un goût vestimentaire plutôt provoquant. Je suis en guerre permanente avec elle en lui indiquant que des monsieurs d'un certain âge (du mien) pourraient la trouver à leur gout. Je ne l'ai pas averti sur les ado de son âge. Meurtrier à 17 ans! Non je ne pardonnerai pas!

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  7. Excellent article Doudette ^^ Je me demande comment des choses comme cela puisse arrivés ? On vient d’apprendre que le lycéen était sous contrôle judiciaire dans le Gard !! Pour agression sexuelle datant de 2009, je me demande bien comment fonctionne la justice et le suivi des personnes à risques !!! Et Merci a @_drine pour le lien <3

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  8. Bonsoir schampiondumond , tu as bien raison on pense à mettre en garde les enfants contre les adultes, mais jamais contre les jeunes de leur âge, faut dire que l’on n’a pas l’ « esprit tordu » simplement. Mais qu’apparemment c’est un tord !!!! Moi non plus je ne pardonnerai jamais. Bonne soirée

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  9. Il n'a pas été question de pardon mais il a été question de la difficulté d'être parent et de prendre la bonne décision de la difficulté à rester objectif sans se laisser entraîner par nos peurs quelles qu'elles soient !

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  10. Tu as mis des mots sur ce que je pense, sur mes interrogations. Ne pas stigmatiser d'une part pour favoriser la "réinsertion" et pouvoir rattraper une vie "normale" au vol, et de l'autre côté chercher à protéger malgré tout. Effectivement les 2 ne sont pas compatibles, je pense. on ne peut pas se promettre une vie normale en portant chaque jour une étiquette "attention, j'ai violé mais promis je ne recommencerai pas" et on ne peut pas protéger en ne disant rien.

    C'est une question de confiance. En soi, en l'autre...

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  11. Étant maintenant papa, je me sens, pour la première fois une légitimité pour parler sur de tels sujets.

    Mais une première chose.. J'hallucine déjà complètement sur le gouffre qu'il y a entre les phrases de parents que je lis ici et ce qu'il y a dans une tête d'ado.. Alors c'est peut être parce que j'ai que 30 ans et que donc mon adolescence à moi est toute proche...

    Mais quand je lis que les comportements pitoyables de certains hommes politiques influencent les actes des ados ... Nan mais voila quoi ... (cela n'excuse pas ou ne rends pas moins grave lesdits comportement hein) C'est un peu comme quand famille de france dit que les jeux vidéos ou les jeux de rôles rendent violent ou fous ...

    (et je ne parlerais pas du 'les filles d'aujourd'hui aiment être coquettes et provoquantes' .. c'est pas d'aujourd'hui, c'est comme ça c'était comme ça y a 15 ans ( lorsque j'étais ado) et je suis sur que c'étais comme cela il y a 45 ans .., en remettant les bon critères de 'provoquants' de l'époque, parce que c'est la définition même d'être ado... )

    Mais bon, revenons en au sujet.

    En temps que parents je sais comment je réagirais si on venait m'apprendre que ma fille a été assassiné par un gamin de son âge qui avait un passé pénal. J'irais chercher une pique pour y planter sa tête (oh bien entendu, je ne le ferrais pas pour de vrai, mais c'est l'idée). Est ce que je crierais à l'erreur judiciaire, au laxisme, au fait qu'il ne faut prendre aucun risque et enfermer à vie tout ceux qui ont une fois dans leur vie fait une erreur grave, mais une erreur qui a quasiment toutes les chances (vu les statistiques de récidives) de n'être qu'un acte isolé ..

    J'espère avoir l'intelligence, la sagesse, la maturité d'esprit de ne pas le faire. J'espère ne pas me laisser aveugler par ma douleur et ne pas hurler avec les loups.

    Pourquoi ?

    Parce que j'aime être honnête avec moi même. Et si un jour un de mes enfants fait une "connerie" qui lui fait avoir maille à partie avec la justice, alors si, ce jour là, après qu'il est payé sa dette à la société et en considérant qu'il soit suivi par les autorités médicales compétentes, un parent que je ne connaîtrais pas ni d'Eve ni d'Adam, viendrait tout sourire me dire que mon enfant va devoir être enfermé à vie, au nom de la protection de son enfant à lui.... Alors ce jour là, la pique que j'irais alors chercher, ça sera pour la tête de ce parent là...

    Alors oui, un drame tel que celui qui vient de se passer est douloureux et doit être infiniment douloureux pour ceux qui le vivent vraiment. Mais je ne pense pas qu'il faille détruire la vie de tout ceux qui un jour, on dérapé, au nom du principe de précaution....

    (et je suis prêts à mettre ma main à couper, que ceux qui hurlent aujourd'hui le plus fort pour demander qu'on soit sans pitié pour les pauvres gamins qui ont dérapés, seraient les premiers à s'indigner de la honte que c'est de ne pas donner une deuxième chance si c'était leur gamins qui avaient dérapés et qu'on les informaient que leur gamin allait être enfermé à vie ou allait devoir porter une grande étoile rouge lumineuse qui pulserait 'danger' , 'danger', 'danger' )

    Ce qui est sur, c'est que prévenir valant mieux que guérir, ma fille, je lui paierais des cours d'arts martiaux :)

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  12. Mr Jimad en parlant de tenues vestimentaires provocantes je ne stigmatise pas les ados, je m' en voudrais de faire culpabiliser ma fille. Mais sache que j'ai 50ans et que les filles de 14 ans de mon époque étaient encore des fillettes ...

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  13. Tu poses les bonnes questions, celles que je me suis posée aussi... sans trouver les bonnes réponses parce que si c'était mon enfant ma réaction serait peut être à l'opposé de ce que je pense... Ici dans cette affaire je n'ai peut être pas tout suivi mais déjà il faudrait savoir de quelle agression il a été accusé etc, si ça justifiait "que 4 mois de prison..." bref, il me manque des éléments pour avoir un jugement vraiment raisonné...

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  14. On peut se demander ce que le pasteur André Trocmé aurait fait face à cet affaire. En tant que chrétien, il aurait probablement suivi l'enseignement du christ mort sur la croix et partageant la souffrance des hommes, celle des parents de la jeune fille assassinée comme celle des parents de son meurtrier

    On peut présumer que ce ne sont pas des messages de haine que ce pasteur avait émis dans le village pendant des années, pour que les villageois trouvent ensuite juste de protéger d'autres humains, au péri de leur propre vie

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  15. J'ai un vécu personnel dur de cet établissement, même si certains si sont plut. En racontant mes souvenirs, je me suis rendu compte sur mon blog et ailleurs que le sujet du collége, par dela ce drame horrible, est passionnel.

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  16. je me pose cette question depuis longtemps, aurais-je pu avec ou sans enfants, cachés des enfants juifs pendant la guerre? Dans mon entourage proche et famille, 2 femmes sans enfants ni mari,ont caché des enfants juifs et une adulte.Une famille nombreuse a aussi caché des enfants juifs dans une grande maison que tu connais en dehors de Paris.Où nous avons fêter les 40 ans de Liz.L'ont-ils fait car ils connaissaient le malheur et le déchirement familial en émigrant de leur mère patrie: la Russie Tsariste? Ou simplement parce qu'ils étaient bon? Pour savoir ce que nous aurions fait il faudrait se retrouver 71 ans en arrière est-ce possible? bises.Gazelle

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  17. Beaucoup de sujets dans le même post ! Et un point commun : j'aurais fait quoi, moi, si.... ? A vrai dire, pour aucun de ces sujets je ne sais, et j'espère bien ne jamais le savoir. J'essaie simplement, au quotidien, d'être "juste". Pas jusqu'à, un jour, voir mon nom inscrit sur un mur ! Comme le dit Enzo: Juste quelqu'un de bien" !! A chacun sa morale et son miroir du matin...

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  18. Il n'y a que moi pour être choquée qu'un viol par un adolescent soit qualifié de "ce que je crois être une connerie" ? Tricher aux examens, voler dans un magasin ou dans le cartable d'un copain, je le qualifie de connerie. Violer, pour moi, c'est comme tabasser ou casser la gueule de quelqu'un qui ne t'a rien fait, c'est pas une "connerie" mais bien un crime.
    Renierai-je mon fils pour un crime ? Non. Mais je le ferai soigner. Dare dare.

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  19. Je suis d'accord avec Thalianne : je ne considère pas le viol comme une connerie mais comme un crime.

    Sinon, tu as écrit un très bel article.

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  20. Merci à tous pour les commentaires. Je ne peux pas répondre à chacun par manque de temps (mais ils montrent combien cette affaire divisent les parents).

    Petit rappel : j'ai écrit ce billet alors que le suspect était encore en garde à vue et avant qu'on en sache plus sur lui. D'où l'importance de dater l'information.

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