J'ai passé les deux derniers jours hors de France, à peine connectée aux internets mondiaux.
Ce recul m'a fait le plus grand bien.
Déconnecter aide à prendre de la distance.
1. Là où j'étais, ils ne savaient rien d'Agnès, de sa vie, de sa mort, des polémiques qui avaient suivi sa mort, des projets de loi d'une part, des propositions de loi d'autre part. Là où j'étais, qu'une jeune fille meurt en France leur importait à peu près autant que les morts de Syrie importent à mes concitoyens, c'est dire !
Le débat entre le PS et Europe-Ecologie-les-Verts, ils s'en fichaient aussi là où j'étais. Leur parler de combat s'agissant d'escarmouches verbales feutrées leur aurait d'ailleurs sans doute paru un tantinet exagéré vu leur passé récent.
Sur la télévision locale, on parlait du prix des maisons devenues invendables, du chômage qui rôde, de l'Euro dont les pronostiqueurs considéraient qu'il ne survivrait pas intact, de Bruxelles qui refusait le candidat local... et pas une fois le mot France n'a été prononcé.
Il faut parfois partir pour mieux comprendre ce que nous vivons. Les problèmes de fond, ce qui nous touche profondément sont ceux qui touchent également nos voisins. Les faits divers ne sont pas des questions de fond, ce sont des arguments électoraux.
Revenons à l'essentiel. A notre avenir de dans 10 ans, de dans 20 ans. Revenons à l'Europe.
Et donc, candidat à l'élection présidentielle, si tu pouvais cesser d'ergoter sur la réforme du droit pénal, qui est la tarte à la crème de tout élu de gauche ou de droite qui n'a rien à dire et veut faire un peu de ramdam (t'as vu j'ai pas écrit buzz ?) et passer à autre chose, ça nous rendrait service. De même, si tu pouvais oublier de commenter sur les contrats de mandat entre possibles candidats encore loin d'être élus, que ce soit les accords conclus ou à a conclu par ton parti ou celui du parti d'en face, ce serait bien aussi, parce que je sais que des accords, ton parti aussi en a conclus ou en conclura et donc c'est-cui-qui-dit-qui-y-est et lycée de Versailles.
Parle-moi du Monde, parle moi de l'Europe, parle moi de moi, à la fois partie essentielle d'un tout et sujet des mouvements sur lesquels je n'ai aucun contrôle et cesse de me prendre pour une imbécile.
2. là où j'étais, il n'y avait qu'un filet de wifi et pas de 3G, beaucoup trop chère. Et moi de me demander ce que serait ma vie de geekette si je ne devais plus avoir qu'un filet de wifi et pas de 3G partout où je suis. Et bien, sache, lecteur non geek, que pour l'accro que je suis, les conséquences du sevrage seraient catastrophiques.
Alors, je te préviens, candidat à l'élection présidentiel préoccupé - à juste titre - par Fukushima, ses conséquences, les risques que cet accident a mis en avant et le nécessaire désengagement du nucléaire, tu te débrouilles comme tu veux mais... Je fais une petite pause, là, parce que c'est phrase est déjà trop longue.... tu te débrouilles comme tu veux, je disais, mais tu t'arranges pour qu'on ait suffisamment d'électricité pour faire tourner les data centers indispensables à la bonne marche des internets mondiaux.
Tu peux couper les vivres des automobiles, augmenter les transports collectifs et nous forcer à revenir aux voitures à cheval (m'en fiche j'ai pas le permis) mais tu ne touche pas à nos vies virtuelles ! C'est clair ?!!!
Voilà. On va encore me dire que ce billet aborde deux sujets qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre. C'est vrai. Mais j'étais loin quand j'ai pensé à tout cela, mon esprit a vagabondé et là où il y a des moutons, on saute du coq à l'âne.
J'adore ton vagabondage intellectuel...toujours aussi pertinent et pétillant ! !
RépondreSupprimerouais enfin les voitures, pas trop quand même ou alors tu créé un bus entre mon village, ma grande surface, un autre entre mon village, ma gare à laquelle parce que sans voiture, je crois que moi, je serai aussi mal que sans Internet. (Ou alors, on interdit les voitures aux parisiens, là j'ai rien contre ;-)
RépondreSupprimer:) moi j'ai pensé à Jean-Louis Aubert en te lisant, va savoir pourquoi ;)
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