L'une des intérêts (le seul ?) de Twitter est de pouvoir échanger avec des personnes très différentes de moi, de partager avec eux des expériences, certes limitées à 140 caractères le message mais néanmoins très enrichissantes. Pour cela, bien sûr, il faut accepter de lire les tweets (en langage twitter, on dit suivre) de gens différents de soi et d'être lu par des gens (nos followers) qui ne nous ressemblent pas.
Je suis suivie par un peu plus de 1200 comptes (là dedans, il doit bien avoir quelques machines qui twittent automatiquement) et j'en suis plus de 800 qui ne recoupent pas nécessairement ceux qui me suivent. Autant dire que le panel est large. Ça va du militant UMP au militant Montebourgeois. J'ai des cathos, des juifs, des musulmans, des athés, des jemenfoutistes, des gens connus, des inconnus, des jeunes, quelques vieux, des blogueurs, des juristes, des journalistes, des étudiants, des chômeurs, des français, des allemands, des tunisiens, des marocains, des canadiens, des parisiens, des provinciaux, des souris des villes et des rats des champs, des mamans, des papas, des anti-tout, des pro-life, des amoureux, des déçus de l'amour, mon mari, quelques copains de la vie du dehors, et tant d'autres qu'on ne peut pas vraiment catégoriser. Ma Time-Line - prononcer TL - est un gloubiboulga improbable de personnages haut en couleurs qui ont des centres d'intérêt très divers.
J'aime les échanges sur Twitter. C'est mon côté debate club. Débattre pour débattre, j'adore. Et me mêler de ce qui ne me regarde pas. Grain d'sel, on m'appelait gamine. Donner mon avis, aussi. Je suis une grande bavarde, tout m'intéresse et je n'ai aucun tabou. Je peux commenter un match de tennis, une émission de télé, la radio, le journal. Je peux discuter vacances, charge de travail. Entre parents de Twitter, on se soutient, on s'appuie, on s'entraide. Si j'étais encore avocat, je trouverais plein de clients, encore que c'est truffé d' ex-confrères, Twitter, même certains qui avancent masqués. Twitter, c'est le café du commerce mais avec des liens. Des liens qui te forcent à un peu vérifier l'information parce que, si tu sors une connerie grosse comme toi, il y a toujours un malin pour te prouver que c'est pas vrai bisque bisque rage.
Cependant, jusqu'à tout à l'heure, je ne pensais pas que ces échanges pouvaient avoir une influence sur ma vie. On badine, on discutaille le bout de gras, on se donne des nouvelles de la marmaille... Qu'est-ce que ces échanges peuvent bien avoir à voir avec la vraie vie ?
Or, sache, lecteur, que ces échanges ne sont pas anodins. Et c'est tant mieux.
Que je te raconte comment j'en suis arrivée à louer le Dieu Twitter.
Ce midi, déjeuner de famille avec la belle famille. Mais siiiiii, tu sais, la famille catho du Doudou. Le neveu, 10 ans, s'apprête à faire sa première communion. Du coup, entre le rôti et le fromage, ça râlait sec sur la rigidité de l'Eglise, son absence d'adaptation à la société telle qu'elle évolue, l'absence de souplesse, les prêtres dogmatiques, l'évolution sectaire, etc. C'est que la famille du Doudou est catho, certes, mais est également progressiste. Vous imaginez bien que l'anticléricale que je suis buvais du petit lait. Le chrétien de base qui dit sus au curé ! Comment n'aurais-je pas été d'accord ?
Et soudain, je me suis entendue prononcer la phrase
- oui, mais tous les cathos ne sont pas comme ça, je trouve.
Et d'enchaîner en expliquant les Semaines Sociales de France et le grand débat du week-end sur la démocratie, que j'aurais bien aimé pouvoir suivre. J'ai également recommandé les blogs de KozToujours et de Nicolas Mathey... et j'ai fait basculer la conversation. Je ne sais pas si j'ai bien fait parce qu'ensuite, ça a insisté sur l'importance des valeurs judéo-chrétiennes dans nos sociétés et je me suis énervée parce que ces valeurs là sont universelles et que, quand même, y a pas besoin de religion pour avoir des valeurs.
Sans Twitter, sans nos rencontres virtuelles, puis réelles, je ne me serais pas intéressée à cette chrétienté ouverte et intelligente. Et il n'y a pas que cela. En y réfléchissant ensuite, une fois la famille partie et la vaisselle rangée, j'ai rapidement fait le tour de la façon dont les réseaux sociaux m'avaient influencée.
j'ai d'abord accepté (je le savais mais de là à l'admettre !) que tout le monde n'est pas parisien, juriste, banquier ou consultant. Ça te parait évident à toi qui vit à Brest et vend des saucisses mais quand tu es clouée à un microcosme, que tu bosses 12 heures par jours et passe les 3 heures éveillées qui te restent à t'occuper de ta marmaille, ça fait parfois du bien qu'on te le rappelle. J'ai ensuite admis qu'on puisse aimer le Rock Metal sans être un dangereux anarchiste et, pire encore, qu'on puisse pleurer en écoutant du Lara Fabian et y trouver du plaisir. J'ai finalement compris que c'est en suivant (voir définition ci-dessus) des gens différents de nous qu'on évolue en bien.
Un jour, l'un de mes followers, militant socialiste, m'a dit je ne veux pas d'UMP dans ma TL. Ce n'est pas la façon dont je conçois ma relation à Twitter. Ne pas vouloir discuter avec quelqu'un qui ne pense pas comme soi est sans doute confortable mais ne fera avancer ni le débat public ni sa propre appréciation des choses et des idées. Évoluer par l'échange avec les autres me semble essentiel à la construction de l'individu et l'un des fondements de la démocratie. Tiens, elles en disent quoi de la vertu de l'échange les Semaines Sociales de France ?
Pour finir de vous convaincre de l'importance des échanges sur Twitter dans ma vie, un dernier exemple. Vendredi, vers 17 heures, certains sur Twitter évoquaient leur envie de choucroute, puis de raclette. Ça m'a aussitôt donné envie de choucroute. J'ai posé la question (ouverte : tout mes followers pouvaient répondre) de savoir où, sur internet, on peut commander une bonne choucroute à se faire livrer à domicile sur Paris. J'ai reçu plusieurs réponses. J'ai cliqué sur les liens proposés... et le soir même, une brasserie alsacienne nous livrait une choucroute tu-m'en-diras-des-nouvelles-! Nous nous sommes régalés.
Alors, merci à Twitter et mes camarades de papotage du soir... Grâce à vous, je continue de grandir à mon âge, celui où on s'apprête à se transformer en vieille conne, et c'était pas gagné d'avance.
Twitter ou ma cure de jouvence intellectuelle.
Tout pareil. Je me retrouve à m'intéresser à des sujets qui me sont tellement étrangers que jamais je n'y avais jeté un œil.
RépondreSupprimerALors oui, il y a les fameuses conversations/ tweet qui font échos aux statuts de Facebook, ceux que les vrais twittos redoutent et haïssent, mais qui en fin de compte, comme tu le dis permettent d'échanger sur des sujets quotidiens, mais il y a aussi une mine d'informations extraordinaire, et ça j'aime.
Il faut dire que tu proposes de faire des ponts particulièrement intéressants. J'ai apprécié à plusieurs reprises les connexions que tu as permises (et notamment la dernière).
RépondreSupprimerD'accord sur toute la ligne.
RépondreSupprimerTwitter est un formidable endroit d'échanges, et permet (je sais de quoi je parle) de discuter, de rentrer en contact avec des gens qui ont certains points communs mais pas tous. Une sorte de service militaire démilitarisé et universel.
Et je confirme que tous les cathos ne sont pas fermés d'esprit, heureusement d'ailleurs... ;)
@+ et merci pour tes articles
Lemeb
Balance l'adresse de la choucroute:p
RépondreSupprimerFormidable article !
RépondreSupprimer"ces valeurs là sont universelles"
RépondreSupprimerOui, mais grâce à quoi le sont-elles, universelles ?
Pour la choucroute, au restau, je recommande "Chez Jenny", République. Service gentil, aimable et agréable avec les enfants, et fort bonne choucroute.
Sinon en traiteur, Schmid Traiteur, Gare du Nord
Twitter, espace tampon où peut s'exprimer ma folie ordinaire, dans un quotidien vissé à terre...
RépondreSupprimerTwitter, espace où il n'y a pas d'heure pour lancer une bouteille à la mer, vu qu'il y a toujours quelqu'un à l'autre bout du fil.
Twitter, espace où l'on éteint jamais la lumière en partant...
Twitter, le monde qui ne dort jamais.
Il y a autant d'usages de Twitter que d'usagers. Autant de gens formidables et de cons que dans la vraie vie :) Moi j'y trouve le plaisir d'échanger tant mes âneries que mes coups de coeur. Et j'apprends plein de choses. Même si, je dois l'avouer, j'ai du mal à suivre des comptes pro-FN ou pro-sarkozystes. Des sarkozystes à la rigueur, j'en connais des sympas. Mais FN, non. Tu suis des partisans du FN toi ? (just curious). #Bisous
RépondreSupprimerTout à fait d'accord avec toi, c'est pour ça que j'aime Twitter ! mais d'accord aussi avec Laurent, si j'avais des propos FN j'unfollowerai direct... Je l'ai déjà fait pour des propos antisionistes antisémites pas acceptables... ma tolérance politique a certaines limites !
RépondreSupprimerSuis je un dinosaure ? Adepte de FB, abonnée à Viadeo et LinkedIn (par oblig pro, mais je songe à supprimer)je ne parviens pas à adhérer au twit. Les gazouillis m'intéressent globalement, mais tout cela est tellement, TELLEMENT chronophage. Et en plus de 4 à 500 mails/jour que je gère quotidiennement et les mêmes obligations quotidiennes que Doudette, non, je ne me vois plus de temps de cerveau disponible !!! Sauf à supprimer le peu de temps de lecture qu'il me reste et là, je dis Stop !
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