dimanche 27 février 2011

Canin Royal

Dites donc, lecteurs ami des bêtes, ça fait longtemps que je ne vous ai pas donné de nouvelles de Fili.

Vu que c'est dimanche, et même s'il a matière à commenter la démission d'une ministre dont personne ne parlera plus dans trois semaines, je me suis dit que c'était le bon moment pour vous narrer les dernières aventures de notre chien adolescent.

Car Fili est adolescent.

Sept mois pour un toutou, c'est pile l'âge ingrat.

La preuve par l'exemple :


1. Le Fili est effronté

Quand on lui demande de se tenir à carreau, le Fili fait la forte tête.


Pipi sur le tapis d'aisance comme tout grand chien qui se respecte ?

M'enfin, Doudette, tu n'y penses pas ! Moi, Fili, je vise à moitié dessus, à moitié à côté, pour que ça déborde juste un peu. Tu ne crois quand même pas que je vais faire l'effort de rabattre le bord du tapis quand j'ai fini ?! C'est un boulot de femme, ça, de nettoyer.


Respecter les consignes ?

Encore une fois, tu rêves, Herberte ! Y a rien de plus rigolo que de piquer les chaussures des uns et des autres ! C'est quand même mieux que la baballe à son chien-chien... En plus, les chaussures qui sentent le pied du Doudou, c'est un extraordinaire anxiolytique canin. Pourquoi crois-tu qu'on recommande un t-shirt de la maman comme doudou pour les bébés ? Ben moi, je suis pareil, je veux mon doudou chaussure. En plus, je te déchiquette les bords très consciencieusement pendant des heures, comme ça mes quenottes sont acérées comme il faut pour mordre les barreaux de chaises.




Manger sa gamelle ?

Ah ça, je bouffe ! Tu ne peux pas savoir ce que j'avale ! J'ai tout le temps de faim. Tu sais quoi ? le Poussin m'a même retrouvé les quatre pattes sur la table du salon en train de boulotter les bonbons de l'anniversaire. Et je me suis tranquillement assis sur une chaise pour siffler le reste du lait de la Poussinette qui restait dans un bol. T'avais qu'à débarrasser la table du petit dej' ! Sache le, si ça traîne, je prend.

Mais ne crois que je me prenne pour un enfant, je sais que je suis un chien. Quand le Doudou me hurle dessus, je me carapate sous la table, là où je sais qu'on ne peut pas m'atteindre. Filou, le Fili...



2. Le Fili dort

C'est fou ce que ça dort un Fili...

Dans toutes les positions imaginables !

Ça a du mal à se lever le matin, ça exige des câlins dans le lit, ça fait la sieste toute l'après-midi et la nuit, ça ronfle.

On peut dire que Fili aura dormi partout dans la maison.

Sur le canapé....


Sur son pouf...

Mais celui que Fili préfère, c'est notre lit...


Parfois, Fili ne dort que d'un oeil. Tu bouges une souris d'ordinateur et il lève la tête en te regardant d'un air suspicieux. Mais comment oses-tu troubler ainsi mon précieux sommeil ? D'autres fois, Fili dort tellement profondément que même les cris ultra-soniques de la Poussinette ne parviennent pas à le sortir de ses songes. Et dans ces cas là, il arrive qu'il rêve. Il fait des petits bruits étranges qui foutent les chocottes.


2. Le Fili rêve d'un ailleurs meilleur



Vivre à Paris, c'est pas une vie. Il fait gris, y a que des trottoirs, on n'a aucune liberté.

La laisse, la laisse, toujours la laisse...

C'est pas rigolo.

Il y a tellement de frustrations que parfois, le Fili tente de sodomiser ses jouets. Passé la première seconde de surprise (vous auriez du voir ma tête !), on se rappelle qu'il découvre son corps et n'a pas encore rencontré de chienne. Il va falloir qu'on lui explique que ses facultés de reproduction ont été réduites à néant dans ses premières heures lorsque qu'un éleveur et un vétérinaire ont décidé de traiter radicalement une hernie inguinale. Pour l'instant, on attend le bon moment, afin de ne pas le perturber. Meuh non, on va rien lui dire... Toi, le lecteur ignare qui ne sais pas ce qu'est une hernie inguinale, tu fais comme moi quand j'ai entendu le mot, tu cherches. Allez, je suis sympa, t'as un lien .

Tout cela pour dire que l'ado-chien a besoin de se dépenser !

Alors, quand parfois, on peut aller se promener chez les copains à la campagne, le Fili en profite.

Mais non, lecteur salace, je ne parle plus de sexe, là... pffffff......

J'évoque, le grand air, la découverte de la faune et de la flore. Les odeurs d'animaux des bois, de la ferme. Je te décris le Fili qui déguste des primevères et des crocus et tente de brouter l'herbe naissante dans le jardin des copains. De là à tenter de la fumer...





Et parfois même Fili vole...

jeudi 24 février 2011

The Office

... ou la réalité du monde du travail expliqué aux parents....

Cet après-midi, tandis que j'étais concentrée sur mon ordinateur à papoter en IM avec les copines du bureau (mais siiiiiiiiii, on travaillait !), les poussins jouaient...

- Vous jouez à quoi, les mômes ?
- On fait comme toi, maman. On joue au bureau.

Outre le fait que, moi, je ne joue pas au bureau, je suis stupéfaction. A mon époque, on jouait à la marchande ou au docteur... mais au bureau, ça ne nous serait jamais venu à l'idée. Et pourtant, imaginatifs, nous étions, lecteurs Yoda.

Ça a commencé comme ça :

- C'est moi le chef !
, a affirmé, péremptoire, le Poussin, six-ans-et-demi-passés.
- Pourquoi ?, a aussitôt demandé sa soeur, presque-cinq-ans, fort légitimement à mon sens.
Je m'attendais à ce qu'il évoque le fait que c'était lui le garçon ou qu'il fasse référence à son graaand âge. J'étais prête à monter au créneau. J'avais tout un discours prêt. Même une définition de la discrimination accessible aux mouflets. Mais le petit chef m'a prise au dépourvu.
- Ben... Parce que je sais lire et écrire.
L'argument m'a semblé imparable. Critère objectif et professionnel.

Il a suffi en tous cas à convaincre l'autre prétendante au poste :
- d'accord, donc, moi, je suis la sous-chef.
- Si tu veux mais c'est moi qui décide de tout, a fait le Poussin-chef récemment auto-désigné et qui tentait d'imposer son autorité.
- A non ! Moi, je décide pour mon bureau.
- Mais t'as pas de bureau !

On soulignera ici que le Poussin est dépositaire depuis le weekend dernier d'un bureau qu'il croit à lui et dont vous pouvez contempler la photographie ici. Sa soeur n'aura le sien que plus tard, pour des raisons à la fois logistiques et financières.
Mais la Poussinette a réponse à tout (on se demande de qui elle tient).
- C'est mon lit mon bureau ! Maman, elle fait les calls de son lit le soir. Alors, moi, c'est pareil.
Je tiens ici à souligner que les affirmations de la Poussinette peuvent, le cas échéant, ne pas être un reflet totalement exact de la réalité de la vraie vie. Je vous le précise dès fois que vous imaginiez, lecteurs pervers, qu'il m'arrive d'avoir des conversations téléphoniques professionnelles le soir, sur mon lit, en nuisette, l'ordinateur sur les genoux et le chien alangui sur mon flanc. Faut pas rêver !
En bon chef qui voit où est son intérêt, le Poussin a concilié.
- Ouais, bon d'accord pour le bureau lit, a fait le Poussin, mais j'peux faire pareil quand je veux, alors.
Là, je me suis vu contrainte d'intervenir :
- On ne dit pas "ouais !", ai-je hurlé de mon bureau-chambre.
- Pfffffff, ont-ils soufflé en coeur.

J'ai ensuite perdu un peu le fil de leur jeu jusqu'à ce qu'une phrase capte mon attention.
- On va faire une réunion, a hurlé le Poussin.
- J'arrive, a répondu la sous-chef.
- Attends, je me dépêche, il ne faut pas être en retard. Arriver en retard à une réunion, ça se fait pas, c'est malpoli. On peut se faire virer si on fait ça.
- Je sais, a grommelé la sous-chef, vexée. Je suis PAS en retard. Je suis là !
Le Chef a regardé sa soeur, suspicieux, et a enchaîné.
- Bon, la réunion commence, tu vois.
Et comme sa soeur restait plantée debout se balançant tel un if, il a ordonné :
Allez, tu t'assoies. Viiiiiiite ! Une réunion, c'est assis autour d'une table, c'est papa qui l'a dit.

Si papa l'a dit, alors...

Le Chef a ouvert la réunion en introduisant le sujet, d'un ton très team-leader-qui-a-une-mauvaise-nouvelle-à-annoncer-à-ses-troupes.
- J'ai décidé que c'est une réunion pour parler de qui on vire.

La Pousinette, qui n'est sans doute pas en mesure d'expliquer le sens du mot virer, hormis peut-être quand il s'agit de virer de bord, a pris peur.
- Moi, tu me virais jamais, c'était moi ta préférée, je faisais tout ce que tu veux.
Où l'on constate que la concordance des temps reste un challenge pour l'employée modèle.
- D'accord, je te vire pas mais tu fais tout ce que je veux... et je peux rentrer dans ta chambre quand je veux. D'accord ?
Y avait baleineau sous coquillage mais la sous-chef n'a rien vu venir...
- D'accord, a-t-elle fait.

Et voilà pourquoi la sous-chef n'est pas chef.

En cadeau bonus, le petit mot que m'a fait passé le Poussin-chef après la réunion (oui, il est chef mais je suis la Présidente). Où il apparaît que la notion de last in, first out est un concept inné chez l'enfant doudounet.


dimanche 20 février 2011

A l'instant.... Instagram

Il fallait que ça m'arrive.

Vu comme je suis (peu) douée en photo, j'avais trainouillé des pattes, comme Fili quand on lui propose de sortir sous une pluie battante. Ce machin n'était pas pour moi, il fallait être un sacrément bon photographe pour s'y risquer. J'avais des tas d'excellentes excuses dans ma besace.

Et ce matin, je ne sais pas ce qui m'a prise : je m'y suis mise.

Instagram
, me voilà !

Prends peur !

Maintenant que j'ai plongé tête la première et sans bouée, je vais t'abreuver de photos de plus ou moins bonne qualité que je vais toutes retoucher parce que, sans retouche, c'est Dodoche bleue ! (et toi, si tu ne comprends pas cette amusante plaisanterie, c'est que tu n'es pas né entre 1969 et 1976 en banlieue est).

Je vous donne la primeur de mes premières oeuvres, celles d'aujourd'hui.

D'abord la photo test, prise en sortant de l'immeuble, ce qui vous permet de noter combien notre immeuble fait l'objet d'une décoration moderne et inventive. Vous noterez également le caractère conceptuel des carreaux de céramique lesquels présentent un avantage (et un seul) : dissuader les cambrioleurs d'envahir les lieux. Car le cambrioleur intelligent se demande quel goût peuvent bien avoir les téméraires qui acceptent de loger à plein temps derrière de tels carreaux.




La deuxième photo, ce sont les mains de la Poussinette, bien occupées tandis que nous déjeunions en famille au restaurant ce midi. Vous constaterez que (i) elle n'a pas fini son assiette, (ii) elle fait des lignes presque droites, (iii) elle boit de l'eau et (iv) elle aime le rose.


La troisième photo est le bureau de mon grand garçon de 6 ans et demi qui a enfin un bureau de grand, lequel bureau a été monté par le Doudou hier. Je tiens ici à souligner publiquement que le Doudou n'a poussé aucun juron pendant l'opération, alors même qu'un pan du bureau avait été monté à l'envers, ce qui a nécessité un démontage à la dévisseuse.

Et ça, il faut bien le reconnaître, c'est le savoir-faire Ikéa. Les autres marques de meuble sont nettement moins faciles à assembler. Comment je le sais moi qui n'ai jamais monté aucun meuble de ma vie ? M'enfin, au nombre de gros mots, de cris et jurons prononcés par le Doudou en phase de montage, pardi ! C'est le meilleur critère de test qu'il soit.


Pour toute autre photo, allez voir celles que j'ai postées sur le site.

Mon pseudo, c'est doudette mais j'imagine que vous vous en doutiez.

mardi 15 février 2011

bête à concours

Lecteur attentif, je te soumets la question du jour.

Dois-je tenter de participer au concours de blogs organisé par Madame Figaro (voir ) ?

Quel intérêt de participer à un concours vous interrogez-vous, en me retournant la question posée ? Qui plus est un concours organisé par Madame Figaro, magazine qui, sans aucun doute, soutiendra Madame Bruni Sarkozy à l'élection présidentielle, alors que Madame Sinclair, c'est quand même le niveau au dessus ! Si, si, je vous explique, quand Carla défilait sur les podiums, Anne portait des pull mohair bleu lagon devant mes yeux ébahis d'ado fan de 7sur7. C'est elle la championne, elle a la classe, la vraie, celle de l'intelligence.

Mais je m'égare...

Outre le fait, que j'ai envie d'un peu de reconnaissance publique, il me semble qu'il pourrait être utile de titiller mon égo en le contraignant à se frotter à la réalité du monde impitoyable des concours de Miss. Ici, ce serait un peu l'élection de Miss j'ai-la-plus-belle-plume (non, pas dans le c.. ! Toi, là bas, tu sors !)

D'accord, ce n'est pas n'importe quelle miss. C'est très Bordeaux Chesnel, Madame Figaro. Je le sais, mes parents lisent le Figaro et feuillettent Madame Figaro le weekend... ils sont représentatifs d'une certaine idée de la France : on ne les a pas vus dans les cortèges de mai 68, ils ont défilé pour l'école libre, ils ont également défilé contre les exactions de Carpentras. Mon père s'est retrouvé au chômage, s'est mis à son compte, est devenu auto-entrepreneur à une époque où ce mot n'existait pas... Ma mère s'est battue pour la pilule, l'avortement, le droit des femmes à ouvrir un compte en banque à leur nom et celui de divorcer librement, elle travaillait par choix et par besoin. On ne dirait pas comme ça, mais il fut un temps où ma mère et ses copines formaient le lectorat de Madame Figaro. Je ne sais pas si ça a changé mais je veux croire que, hors des lectrices botoxées qui tournent les pages du Figaro Madame le mardi après-midi dans les salons privés de l'institut Carita, se cachent des femmes actives avec enfants... et leurs grands-mères ! Mes lectrices...

Et si la seule raison de participer à ce concours était de permettre à mon papa de dire à ses copains golfeurs Y a ma fille qui a été sélectionnée par Madame Figaro !, ce serait déjà pas mal. Oh eh toi, là, qui raille sous cape en affirmant que le golf est (i) un sport de vieux, voire (ii) pas un sport, je te mets au défi de tenir deux à trois fois 18 trous par semaine à 71 balais comme mon paternel ! Et puis, tu sors, aussi, tiens, je suis pas d'humeur ! Moi, même, en grande sportive (rayez le mot inutile) que je suis, j'ai essayé... et j'ai mourrute, percluse de courbatures.

Bref, je n'ai pas besoin de raison pour dire que ça me tente ce concours.

Deux problèmes majeurs cependant:

1. Il faut concourir dans une catégorie et les catégories sont .... (roulement de tambour) style, beauté, société, art de vivre. J'ai du style, je suis belle et ma maison respire l'art de vivre mais vous allez me croire sur parole parce que, de cela, je ne parle pas ici. Reste la catégorie société qui correspond parfaitement à ma copine Olympe par le fait - la faute ? - de laquelle je me pose toutes ces questions. Mais moi, pour être admise à participer, il faudrait que je me considère comme un fait de société à moi toute seule. En même temps, maman parfaite, épouse modèle, accro au travail et geekette à ses heures, ça le fait, comme fait de société, non ?

2. Il faut choisir un billet de ce blog pour le mettre en avant et donner envie de lire les autres, en n'oubliant pas qu'il doit entre dans la catégorie société. Et là, je sèche. Je suis incapable de m'évaluer.

Bref, je vous le demande (et va falloir commenter, ami lecteur) : je l'essaye ce concours ou pas ? et si oui, avec quel billet ?

A vos claviers !

(et merci)

dimanche 13 février 2011

Comment occuper les dimanches d'hiver

Dimanche, triste et morne journée.

Le calvaire de la mère de famille.

Je m'écouterais, j'emmènerais ma petite famille tous les dimanches à la Vallée Village, mon lieu de perdition préféré, histoire d'assouvir mes envies d'achats compulsifs. Seulement voilà, ils connaissent Sea Life par coeur et sont désormais collés à mes basques, à commenter le moindre de mes coups de coeur (c'est moche ! ; tu vas pas mettre ça ? ; t'aime ça, toi, maman ? ; beark...) et, de façon superfétatoire (si si !), mon porte-monnaie n'y résisterait pas.

Du coup, je dois innover en attendant les beaux jours et le retour dans ma campagne chérie.

Je vous propose quelques uns de mes bons plans un peu tordus :


Organiser un non-anniversaire pour votre enfant en plein été

Prenez un Poussin de 6 ans et demi en plein janvier. Faites le compte à rebours. A deux jours près, le môme s'appelait Fête-Nat... et depuis son premier anniversaire, ses copains sont en vacances le jour où il souffle ses bougies.

Du coup, le Poussin est frustré. Il affirme à qui veut l'entendre que sa soeur est une privilégiée. Naître en mars, c'est trop bien. Elle a ses copines à son anniv', elle. Non seulement il n'a jamais eu ça, lui, mais en plus il doit se farcir les copines piaillantes de sa frangine et, pour piailler, elles piaillent (et pia pia pia... et pia pia pia...). Du coup, pour le Poussin, c'est la double peine et il le fait savoir.

Une mère parfaite ne peut rester insensible à tant d'injustice... mais se coltiner seule 10 gamins de CP, c'est plus qu'elle n'est en mesure d'en supporter. Et là, elle se dit que l'argent économisé en se privant de La Vallée Village peut être investi dans une aide précieuse : l'animatrice de goûter d'anniversaire. Je vous recommande l'adorable princesse Stéphanie de Anniversaires en Fête... elle gonfle même les ballons !

Grâce à Stéphanie, aucun enfant n'est pas mort dans d'atroces souffrances, Fili n'a mordu personne, on a évité de sortir les épées et ma fille a eu un coeur sur le front, comme sa copine Nina (parce que la Poussinette fait tout ce que fait sa copine, c'est nor-mal !).


Organiser une galette de famille

Ma famille et moi, on ne se voit pas souvent. Je parle là de ma famille étendue, les cousins avec lesquels on passait les vacances d'été, les oncles et les tantes qui rendaient service aux parents en mal de baby-sitter pour les petites vacances scolaires. Tout ce petit monde est désormais au choix grand-parents sexagénaires ou trentenaires virant quadra... Dire qu'on n'a pas le temps ni l'occasion de se réunion est une litote (ou un euphémisme, je ne sais plus) !

Du coup, une fois par an, c'est galette des rois à la maison.

C'est que je ne parviens pas à me résoudre à ce que tout ce petit monde se disloque complètement. Elle n'est pas grande ma famille. Elle a été bien décimée il y a 60 ans. Enfin, non, pas bien. C'est presque totalement qu'il faudrait dire. Qu'un linguiste m'explique l'usage du mot bien dans de telles situations ! Bref, ce qu'il en reste de ma famille, j'ai besoin de réaliser qu'elle existe encore comme un tout indivisible.

Une galette des rois constitue un prétexte parfait pour faire venir à moi les petits et les grands...

Monsieur Picard fait d'excellentes galettes pas trop chères qu'il convient de décongeler et, chez Madame Monoprix, maîtresse incontournable du Monsieur Picard susmentionné, on trouve de jolies assiettes en papier, du jus de pomme, du coca et du cidre.

La famille est convoquée (ah, on dit invitée ?) suffisamment à l'avance pour que toute absence non justifiée soit en ensuite discutée, disséquée et analysée pendant des semaines. Les absents auraient-ils vraiment toujours tort ? En s'abstenant de mettre les petites plats dans les grands, on ne se met pas trop la pression et surtout on est tranquille et on peut profiter des convives. D'ailleurs tout le monde s'en fiche de ce qu'on mange, on est là pour se voir, pour se raconter un an de vie, constater que les enfants ont pris 10 centimètres et que deux ou trois têtards sont apparus sur terre dans l'année. Un après-midi suffit pour prendre le pouls (et les poux) des autres, envisager le nom du prochain Président de la République ainsi que (et dans ma famille très politisée, ce point n'est pas anecdotique) se rappeler qu'on ne doit pas évoquer Israël, la Palestine ni même le moindre pays limitrophe...

Le soir tombe et l'on constate que c'est bien sympa quand même de se revoir tous et qu'on devrait faire cela plus souvent.

Alors, je vous le dis, je suis totalement POUR faire cela plus souvent mais... si quelqu'un d'autre s'y collait un peu, ça m'arrangerait !*


Aller chez Mickey

Une fois par an, il faut s'y coller.

Le Poussin le réclame. Il veut retourner zigouilller Zorg.

La Poussinette est frustrée, elle ne se souvient pas de l'air de it's a small world...

Alors, on cède.

Traverser un pont suspendu puis un pont flottant, monter en haut d'un arbre dans la cabane des Robinson, se perdre dans le labyrinthe d'Alice, shooter l'armée de Zorg, voir des poupées danser, manger un sandwich hyper-cher, acheter le cadeau incontournable, j'ai tout fait.

Et ensuite, j'ai eu très, très, très mal au jambes.

Mais je dois l'admettre, Mickey fait bien les choses. C'est pro, c'est carré, et l'application iPhone avec les temps d'attente est un vrai plus.

Même que je ne suis pas contre y retourner cette année, c'est dire...


Ne rien faire et se demander quand il fera assez beau pour retourner au vert

Ca, c'est la norme... alors, je ne vais pas vous en raconter des tonnes.

Grâce à DVD-mon ami, l'enfant est occupé et la maman peut tranquillement faire la sieste.

Et non, ce n'est pas être une mère indigne, c'est être une mère fatiguée !

Et une mère fatiguée, nous le sommes toutes parfois en plein hiver, n'est-ce pas ?




*Cette dernière remarque est destinée à ceux de mes lecteurs qui étaient présents à cet évènement familial, des fois qu'ils aient une envie soudaine d'organiser une fête du non-travail le 1er mai prochain... ou une pré-primaire pour la désignation futur candidat PS pour 2012 à l'ouverture des primaires en juin. Demandez-moi, j'ai plein d'idées bidon pour refaire une fête de famille !

lundi 7 février 2011

Enfants malades, maman qui souffre

Je vous ai parlé de ma nouvelle vie de télétravailleuse.

Le calme, la tranquillité...

Pas de collègues bavards dans l'Open Space qui se racontent leurs vacances dans la travée juste derrière. Pas de RER victimes d'incidents techniques (vous noterez vous même la redondance, RER eut sans doute été suffisant). Pas de sales qui passe à la recherche d'un autre membre de l'équipe et qui vous pose la question, quand même, au cas où, parce que vous êtes là, même si vous lui avez expliqué que votre champ de compétence est très limité (comment ça, vous nous savez pas tout... sur tout ?!).

Oui, le travail à la maison, c'est le bonheur !

Sauf...

Sauf quand vous recevez un appel de l'école de votre fille le lundi vous demandant de la récupérer parce qu'elle se sent vraiment trop mal et que le lendemain, c'est rebelote, votre fils fiévreux s'est effondré en pleurs en cours de dessin.

Vous voilà donc avec deux enfants malades sur les bras.

Et là, plusieurs étapes vont jalonner votre parcours de SuperWorkingMom.


1. Etape 1 : l'enfant dort

D'abord, l'enfant est vraiment malade. Il a beaucoup de température. Enfin, c'est ce qu'il vous semble en posant votre main sur son front. En effet, l'impétrant - qui n'a de force pour rien et, il vous le jure, ne peux même pas se lever pour attraper son doudou tombé au sol - est doté d'une force surhumaine quand il s'agit ne pas se laisser enfoncer le thermomètre dans le postérieur.

Cet enfant-là dort la plupart du temps et ne sort de son sommeil qu'en poussant des cris affolés par des cauchemars enfiévrés. Ce cri qu'il pousse vous propulse hors de votre chaise de bureau en moins de temps (proportionnellement) qu'il n'en faut à Usain Bolt pour parcourir cent mètres... Vous voilà faisant un gros câlin rassurant à votre petit poussin. Vous expliquez que le cauchemar est là pour chasser la méchante fièvre et qu'elle va avoir tellement peur qu'elle va se carapater très vite, plus vite qu'il n'en faut à Usain Bolt.... etc.

Au final, hormis ces réveils affolés, l'enfant fiévreux et dormeur n'est finalement pas très gênant pour travailler. Parfois, il ouvre un oeil, gémit, fait mamaaaaan d'une voix implorante.

Il suffit de lui tendre un verre d'eau et vous pouvez ensuite repartir vers vos occupations professionnelles. C'est l'enfance de l'art.. à moins que ce ne soit l'art de l'enfant.


2. Etape 2 : l'enfant va mieux.

Cette étape là est idéale.

L'enfant va mieux mais a encore besoin de repos.

Il est là, à côté de vous, avec un livre, studieux...

ok, d'accord, il est là, à côté de vous, avec... l'iPad et ces dizaines de jeux baby-sitters !

L'enfant joue tranquillement. Il fait bien attention à ne pas faire de bruit quand vous êtes au téléphone. Il sait que vous travaillez et éprouve une certaine fierté à vous regarder vous activer comme quand il n'est pas là. Il a l'impression d'entrer dans un monde défendu qui lui est inconnu.

Parfois, il s'approche de vous, et lit ce qu'il y a sur votre écran. Il ne comprend pas cette langue étrangère qu'il ne pratique pas mais il est fier de participer (un peu) à votre production. Vous ne vous en rendez pas compte mais, tandis que vous vous escrimez à tenter de mettre un tableau Excel dans un fichier PowerPoint de façon à ce que ce soit joli et lisible, lui vous observe. A un moment, il demande m'enfin, maman, ça fait deux heures que tu fais ce truc, tu peux passer à autre chose ?, soulignant ainsi ce que vous n'osiez admettre : votre totale incompétence en bureautique (ça se dit encore bureautique ?). Mais il le dit gentiment alors vous ne râlez pas...

Ah comme ils sont sympathiques ces moments là.... et tellement courts !


3. Etape 3: l'enfant est presque guéri

Oui, presque... il a encore le front un peu chaud.

Ah, ce presque... Comme vous êtes un peu un mère juive (oui, même toi, la catholique pratiquante, je te vois, dans ces cas là, tu t'enjuivises), vous vous dites que ce serait bien qu'il se repose encore une journée, afin de retourner à l'école en pleine forme et d'éviter la rechute.

Fatale erreur !

C'est la journée de trop.

Au bout de 3 minutes et 10 secondes de jeux calmes, l'enfant est là à vous parler, il a besoin d'attention, n'en peux plus d'être enfermé.

Pour peu que son frère ou sa soeur soit presque guéri en même temps, c'est la guerre. On se chamaille, on s'insulte, on se frappe. Vous, vous êtes au téléphone, vous travaillez, vous ne pouvez rien dire. Alors vous faites des moulinets avec vos bras. Vous levez l'index d'une façon que vous espérez être menaçante mais qui a l'effet d'une bulle de savon qui explose. Vous tentez les gros yeux mais on dirait que vous allez pleurer. En même temps, vous écoutez ce qui ce dit dans le téléphone parce que vous êtes payé(e) pour ça et vous en voulez à la terre entière de vous infliger cela.

Vous êtes au bord de l'implosion.

Vous finissez par attraper le bras de l'un de vos mômes, peu importe lequel, et de le tirer violemment (et toujours en silence) hors de la pièce, histoire de séparer les belligérants. L'enfant, bien entendu, ne comprend pas. En principe, quand vous punissez, vous expliquez. Là, non. Vous vous êtes contenté(e) de le pousser dans sa chambre et de fermer la porte.

Le calme revient.

Pas pour longtemps.

Très vite, de derrière la porte fermée, s'échappe un cri et des pleurs encore plus sonores que les chamailleries que vous êtes parvenu(e) à faire cesser. Dommage par ricochet. Le bruit est insupportable. Vous mettez vite le téléphone en mute en espérant n'avoir rien à dire pendant la prochaine demi-heure.

Vous n'en pouvez plus.

Il est..... 11 heures du matin.

La journée va être longue....


4. Epilogue

Le lendemain matin, vous remettez tout ce petit monde à l'école et vous profitez enfin d'une journée de travail normale cette semaine.

Nous sommes vendredi. La semaine est (presque) finie.

Il va vous falloir le weekend pour vous en remettre.


Ah non, zut, vous êtes........... malade.

samedi 5 février 2011

ces petits moments là...

Quelques petits moments de bonheur des derniers jours que j'ai envie de partager avec vous:

- Le Doudou et la Poussinette dansant dans le salon, avec Fili qui veut participer et leur saute dessus, la Poussinette qui éclate de rire, le Doudou qui tente d'enseigner le rock mayonnaise, celui des rallyes versaillais, à sa fille de 4 ans et demi. Il a intérêt à réussir : on n'est pas (du tout) rallye côté Doudette-family;

- Toute la famille s'endormant dans le même lit. Papa/Poussin/Maman/Poussinette et... Fili au dessus qui finit de nous tenir chaud. Parce que c'est le weekend et qu'on a le droit de faire un gros câlin dans le lit des parents. Le Doudou qui prend ma main sous la couette en passant sur son fils et qui la serre. Le Poussin qui colle son front au mien et la Poussinette qui se colle à moi, son ventre chaud contre mon dos;

- Le Poussin promenant Fili sur le chemin qui le mène a l'école, en serrant bien fort la laisse de ses deux petites menottes de petit gars de six-ans-et-demi, pour que Fili ne tire pas (enfin, pas trop...), tellement fier d'être le maître le temps d'une balade dehors, et qui frime devant les copains parce que, lui, il a un chien et par n'importe quel chien, c'est Fili quand même;

- La Poussinette étrennant son nouveau vélo de grande, celui qui a les petits roues arrière qu'on peut enlever, parce que cette année sera l'année où l'on ôtera les petites roues. Pas tout de suite, plus tard, quand elle sera plus à l'aise avec son vélo parce que là, ça va encore très très très lentement, même qu'une tortue va plus vite;

- Le Doudou qui reçoit, pas peu fier, un mail de compliments du TRES TRES grand chef, celui qu'on ne voit jamais, un peu comme Numéro 1 dans Le Prisonnier ou Charlie (sans ses Anges), et qui m'appelle pour partager cette petite satisfaction professionnelle avec moi;

- Le Poussin qui rapporte son premier carnet d'évaluation de CP et qui lit (tout seul) à haute voix le Bravo ! Excellent travail... que la maîtresse a écrit avec un énorme sourire de fierté qui lui barre le visage;

- La Poussinette qui me regarde et me dit maman je t'aime, t'es la plus gentille alors même qu'elle n'a rien à me demander;

- La Poussinette qui prononce désormais les sons "u" et "k", qui sait dire "qui c'est donc qui a pris le cucu de coco?" sans se tromper et qui me rappelle, implorante, que je lui avais promis de lui apprendre à lire quand elle saurait bien parler;

- Fili qui pose sa truffe sur mes genoux quand je soupire, épuisée, après 5 heures de conf call non-stop;

- Le Poussin qui me voit réussir un niveau d'Angry Birds sur lequel il cale depuis des heures et qui s'exclame, impressionné Ouahou, maman, t'es la plus forte !

Et tous les autres que je vis chaque jour en les oubliant parfois.

Ce ne sont que quelques exemples mais ces petits moments là, je les grave ici dans le marbre pour ne pas les oublier... (on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve).