samedi 30 avril 2011

Je suis malade

Tu sais quoi, lecteur, il ne FAUT PAS (non, il ne faut pas...) prendre quelques jours de congés juste après une intense période de travail.

C'est très dangereux !

C'est un coup à tomber malade.

Et ne me dis pas que tu ne sais pas de quoi je parle ?!

Tout le monde le sait : si tu décompresses trop vite, tu laisses tous les virus, tous les microbes t'envahir.

Si, c'est vrai !

La preuve, j'ai bossé comme une tarée au cours des derniers mois sur un dossier qui s'est dénoué à mon second jour de vacances la semaine dernière. Je me suis ensuite reposée. Mais reposée vraiment, hein ! Je n'ai rien fait du tout. C'est du repos ou je ne m'y connais pas de ne rien faire d'autre de ses journées que de regarder l'herbe pousser, l'iPhone dans une main, le coca light dans l'autre.

Je n'aurais pas du.

C'était une très mauvaise idée.

Car, là, maintenant, samedi soir, cinq jours après la fin des vacances, en plein weekend ensoleillé à la campagne, je suis malade.

Et je sais pourquoi.

C'est la faute à l'absence de pallier de décompression.

Si je m'étais arrêtée progressivement, je ne serais pas tombée malade.

C'est scientifiquement prouvé.

Si, c'est prouvé par ma propre expérimentation empirique, lecteur de peu de foi.

Tout ça pour dire que je m'y connais en médecine. En médecine de comptoir et d'internet. De médecine de forum de discussion. J'ai fait droit, option droit privé, moi. Jamais foutu les pieds dans un amphi de médecine. Mais pour ça, je suis calée. Presque quatre décennies d'expérimentation du rhume sur ma propre personne. Je sais tout des causes, des circonstances et des conséquences d'un tel évènement sur mon moi, mon surmoi et même mon inconscient;

Ce que je te raconte, c'est juste de bon sens.

C'est comme mon père. Il a soixante-dix balais, mon paternel. Il a pu expérimenter sur lui-même des tas de maladies diverses et variées. Il n'a jamais fait d'études de médecine non plus. Mais avec tous les bobos qu'il a eus, il en sait des trucs sur les maladies qu'on peut se chopper. D'ailleurs, si tu lui dis que tu as mal à la gorge, lui t'expliquera que, si tu ne te fais pas diagnostiquer, tu auras un cancer du larynx. Et quand tu as mal au bide, c'est pas que tu as trop bouffé, non, non, non, tu as sans doute un gros problème intestinal et une coloscopie s'impose.

Y a aussi la maman de PhileasFog qui sait parfaitement de quel médicament ses petits-enfants ont besoin... parce que dans les années 60-70, on donnait plein de médicaments et qu'il n'y a pas de raison de ne pas donner les mêmes. Et la belle-maman de Ingrid, qui est persuadée que les médicaments ne servent à rien et que ma médecine traditionnelle ne saurait être efficace.

On est tous un peu docteur pour nous-même et pour nos proches...

D'ailleurs, là, voyez-vous je vais me prendre un comprimé de paracétamol et me faire une petite fumigation d'herbes essentielles. Si ça ne me fait de bien, ça ne me peut pas me faire (beaucoup) de mal.

Pour le reste, je vais considérer que soigner par le mépris reste une méthode efficace.

Maiiiiiis ouiiiiii, lecteur compatissant, si je renifle, toussote et ai encore de la fièvre dans quelques jours, j'irai consulter un vrai docteur, un avec un diplôme... à moins que je demande à la Poussinette...

Hier, elle m'a dit que ce n'était pas grave si j'avais de la fièvre, que je n'avais qu'à mettre un pull et que j'allais pas mourir, parce que quand on meurt, on peut pas parler. Elle aussi, elle s'y connaît en maladie, ma fille de 5 ans.

vendredi 22 avril 2011

De l'aiiiiiiiiiir !


Ah, voilà, les vacances sont là...

Toi, tu les attendais, ces vacances.

Tu te voyais à la campagne avec un super bouquin, genre le dernier Umberto Eco (au hasard Balthazar), tu espérais te vider la tête en jardinant, passer du temps en cuisine, en profiter pour aller voir les blogs des copains. Tu espérais te détendre enfin après plusieurs mois dans le froid, en ville...

Et voilà que, à chaque fois que tu envisages d'entreprendre quelque chose, que tu te trouves un coin pénard pour buller, il y un petit être d'un peu plus d'un mètre de haut mais avec la voix haut perché de l'enfant de 5/6 ans qui te hurle dans l'oreille :

- Maman, je peux t'aider ?

Alors, toi qui entendais éplucher tes tomates en silence à l'ombre d'un grand parasol, profitant de cet avant-goût d'été, en regardant l'herbe pousser sous l'oeil bienveillant des petits moineaux, ben, tu ne peux pas. Tu te surprends à vérifier que l'enfant qui utilise un couteau qui coupe (oui, le couteau-qui-coupe est un ustensile différent du couteau normal, qui lui ne coupe pas, tout parent le sait bien) ne se cisaille pas une phalange en tentant de transformer une courgette en julienne. Tu es sur le qui-vive. Et tu expliques. Tu racontes la ratatouille. Le sud. L'huile d'Olive. Tu fait l'institutrice. Tu ne peux pas t'en empêcher, c'est plus fort que toi.

Forte de cette expérience culinaire infructueuse, tu passes au jardinage en espérant qu'enfoncer les doigts dans la terre sera considéré comme un acte salissant, acte honni de l'enfant des villes. Tu aspire à la quiétude... mais l'enfant est là qui fait :

- Je peux faire avec toi maman ?, tout fier dans avec son tablier de petit jardiner avec ses gants qui évitent justement de se salir les doigts.

Et te voilà hurlant de ne pas s'approcher pendant que tu es en train de retourner la terre (et accessoirement de te faire un tour de rein) de peur que l'enfant trop enthousiaste finisse avec la binette dans l'oeil.

La terre retournée, les plants... plantés, c'est l'heure de déjeuner. Et te voilà à expliquer que les asperges que les enfants ont épluché avec amour sont également bonnes à manger... et que, oui, c'est comme ça, l'asperge vraie. Et que non, tu ne sais pas pourquoi les asperges en bocal n'ont pas le même goût. Et que c'est pas vrai que les asperges de maman sont moins bonnes que celles de Bonduelle. Faudrait quand pas pousser mémé dans les orties, surtout que des orties à la campagne, ça ne manque pas.

A la fin du repas, alors que tu sors, défaite, de la bataille de l'asperge, tu te dis qu'il est l'heure du café et de la sieste... bien méritée. Or, là, c'est le blackberry qui te rappelle que tu avais promis d'être disponible pour ce dossier là en particulier et que c'est ce dossier, celui là, le seul pour lequel tu es disponible, qui se réveille et a besoin de tes services urgents. Résultat, tu passes l'après-midi à faire des allers-retours entre ton ordi dans le salon et ta famille dans le jardin afin de satisfaire tout ce petit monde.

La journée avance, tu vas enfin pouvoir la faire, ta sieste méritée. Tu t'allonges dans l'herbe, sous le soleil heureux de la fin d'après-midi, paisible... Quand soudain :

- Maman, câlin !!!

Et là, le môme tout excité de son après-midi au soleil se colle à toi tout transpirant et gigote dans tous les sens parce qu'il lui faut du temps pour se calmer... Tu tentes vainement un va voir papa qui entraine aussitôt la réplique que tu redoutais :

- Papa, il peut pas, il est fatigué par le jardinage, il fait de l'iPhone, il dit qu'il veut pas être dérangé.

Tu ne commentes pas, tu n'argumentes pas, tu es trop crevée pour ça et puis, ta mère à raison, tu n'as aucune autorité. En plus, ça va être l'heure du dîner.

...

Au moment de te mettre au lit, tu crois avoir gagné le droit d'être tranquille dans TON lit, le temps que le Doudou ferme la maison. Mais là, deux êtres aux voix toutes mielleuses, le doudou dans un bras, l'oreiller dans l'autre, s'approchent de toi :

- On peut faire un câlin dans ton lit, maman, jusqu'à ce que papa arrive... Alleeeeeeez..... Y a pas école demain !

Et te voilà entourée de deux enfants ravis qui n'ont qu'une envie, te faire la conversation. Sauf que toi, tu tombes de sommeil, tu ne parviens pas à aligner deux paroles cohérentes et tu n'espère qu'une chose : que ton homme ne mette pas trop de temps à monter se coucher.

Quand enfin l'homme arrive, épuisée par cette journée sans trêve, tu dors du sommeil du juste, avec la marmaille qui ronfle à côté. Tu n'entends même pas l'homme les porter dans leur lit.

Allez, demain, c'est sûr, tu trouves du temps pour toi !

mardi 12 avril 2011

l'Affaire Renault expliquée à mes enfants et à toi aussi, d'ailleurs...

Alors, toi, là, qui ne comprend rien à rien, je vais te donner un cours de droit.

- Pourquoi ? Warum ? Why ?, râles-tu en secouant la tête de dégout.

Parce que.
Je veux te faire souffrir.
Mais noooooooooon.....

Dans SuperWorkingMom, il y a "Working" et que, si tu as bien suivi ce blog, tu sais que mon Working à moi a un rapport avec la chose juridique.

Et je vais juste t'expliquer pourquoi le Directeur Juridique de Renault s'est fourvoyé le 3 janvier dernier. Fourvoyé au sens s'est planté dans les grandes largeurs. De source sûre, il semble que ce n'est pas la première fois que ce monsieur n'est pas à la hauteur de ce qu'on peut espérer d'un membre de la direction. On a déjà vu passer quelques transcripts de réunions pas piquées des hannetons. Mais jusque là, je n'avais pas trop suivi.

Mais là, ça m'a sauté à la face tel le crapaud qui veut redevenir prince, tout gluant et collant.

Donc, je vais t'expliquer.

D'abord, tu vas lire l'article de l'Express qui retranscrit la rencontre entre l'un des trois salariés qu'on suspectait d'espionnage avec le Directeur Juridique. On est le 3 janvier 2011 et à ce moment là, aucune procédure n'est encore engagée contre quiconque.

Alors, pour que tu comprennes bien ce que je vais te raconter et pourquoi je suis estomaquée, je te rappelle que toi, lecteur salarié, tu as des droits. Ca t'étonnera peut-être mais ton employeur n'est pas nécessairement un grand méchant et il sait qu'il ne peut pas te virer comme ça, en te montrant la porte. Parce que vois-tu, lecteur ignare, si ton employeur s'amusait à tenter d'agir ainsi, ben, tu pourrais lui réclamer plein de sous. Et il serait obligé de te les donner, les sous, parce qu'un juge le lui ordonnerait. Et les employeurs, les sous, ils préfèrent les donner à ceux dont ils estiment qu'ils le méritent. Et, même si tu ne me crois pas, si pour toi, l'employeur, les RH et les juristes ne sont qu'une bande de cadres en costume à la solde du grand capitalisme, tu admettras que, pour économiser de l'argent, il est prêt à tout, l'employeur. Même prêt à respecter la loi.

Or, la loi dit qu'on ne peut pas licencier un salarié sans avoir entendu au préalable ses explications sur ce qu'on lui reproche. C'est simple (si ça l'est !): le salarié est convoqué à un entretien pour qu'on lui explique pourquoi on a envie de le mettre dehors. C'est le fameux entretien préalable, celui dont on parle dans les couloirs, à la cafet'. T'as vu, Béatrice, elle est convoquée à un entretien préalable. Elle a fait quoi à ton avis?

A ce moment là, l'employeur n'a pris aucune décision. C'est illégal de prendre la décision avant d'en avoir discuté avec le salarié. Et pour que tu ne penses pas qu'on lui met la pression pendant cet entretien au salarié, sache qu'il a le droit d'être assisté. Il peut venir avec n'importe quel autre salarié de la société et en général il se pointe avec un représentant du personnel. C'est de bonne guerre. Ca rééquilibre le débat. Ton employeur ne peut prendre la décision de te licencier qu'après cet entretien.

Bon, bien sûr, si l'employeur a la preuve que ce que tu as fait est particulièrement grave et qu'il ne peut vraiment pas rester là, à pérorer dans les couloirs (genre tu as piqué dans la caisse ou tu as filé la formule du Coca-Cola à Pepsi), il peut te demander de rentrer chez toi le temps que la décision soit prise. On appelle ça une mise à pied à titre conservatoire.

Mais ce n'est pas parce que l'employeur t'as mis à pied à titre conservatoire que tu es viré. La décision ne sera prise qu'une fois que toute la procédure décrite ci-dessus aura été tenue. Tu pourras t'expliquer lors de l'entretien préalable et ensuite l'employeur décidera.

Maintenant que tu as tout compris à ce qu'est une procédure de licenciement, lecteur ignare en droit, tu relis l'article de l'express.fr et tu ré-écoutes la bande.

Je te résume la substantifique moelle.

Nous avons donc un salarié que l'on soupçonne du pire et un directeur juridique qui se présente en tant que Compliance Officer. Pour toi qui ne cause pas l'angliche, le Compliance Officer, c'est encore mieux qu'un juriste. Il ne se préoccupe pas que de droit, il se préoccupe aussi d'éthique, de Justice (avec un grand J). Il est la caution morale d'une entreprise. Le Directeur Juridique qui est aussi Compliance Officer, c'est la fusion du droit naturel et du droit positif, le Ying et le Yang de l'étudiant en droit.

L'objet de l'entrevue est de remettre une convocation à entretien préalable avec mise à pied conservatoire au salarié qu'on soupçonne d'avoir vendu des informations à une puissance étrangère.

Jusque là, rien que de normal.

En général, ça prend 2 minutes... Une bardée d'avocat en droit du travail a expliqué à celui qui remet la convocation qu'il ne faut surtout rien dire, qu'il faut attendre l'entretien préalable pour dévoiler ses cartes et qu'on doit être très prudent dans l'approche. Même les cowboys américains comprennent le message quand tu leur expliques que, s'ils se loupent dans cette étape, ils n'auront pas de seconde chance au tirage.

Apparemment, chez Renault, ils n'ont pas une cohorte de conseils en droit du travail (ni de conseil en gestion de crise comme on me le rappelait tout à l'heure).

Car.....

Au lieu de juste remettre la lettre contre décharge et de gentiment suggérer au salarié de rentrer chez lui jusqu'à l'entretien préalable, le Compliance Officer (dont on rappelle que c'est l'homme du bien, celui qui est là pour faire respecter le Code de Conduite) a préféré:

1. faire enregistrer la conversation sans l'accord du salarié... en tout cas, il ne lui demande à aucun moment son accord dans la bande. Je sens que Madame La CNIL aura à dire sur le sujet, parce que l'enregistrement de la voix sans accord, quelque chose me dit que c'est limite. En même temps, les données personnelles, c'est pas trop ma came... alors, je ne me prononce pas.

2. annoncé au salarié que, vu ce qu'il avait fait, Renault ne pouvait pas le garder. Une erreur de débutant. Si tu fais ça avant l'entretien préalable, le salarié peut prouver que la décision était déjà prise... et hop, licenciement sans cause réelle ni sérieuse. Sans cause réelle ni sérieuse, ca veut dire abusif en langage de juriste... et ça veut aussi dire que le gars qui a plus de deux ans d'ancienneté touche mini 6 mois de salaire, sans compte les à-côtés auquel il a droit par ailleurs. Jackpot ! Et tout ça parce qu'un Compliance Officer a voulu jouer au plus malin.

3. suggéré au salarié de démissionner pour être tranquille. Sous réserve de l'appréciation souveraine des juges du fond (oui, c'est comme ça qu'on cause, nous, les juristes, ca veut dire qu'on ne peut pas préjuger de ce que va dire le tribunal), ça pourrait donner matière à des demandes en justice pour harcèlement, voire pour menaces. Ce ne serait pas pénal, ça ?

Voilà, voilà...

Outre ces considérations juridico-juridiques, je me pose deux questions :

- Comment une société de la taille de Renault peut-elle prendre le risque de se donner une telle image ? Parce que, sérieux, là, ça donne juste l'impression que cette boite est gouvernée par des pieds nickelés.

- Comment l'ouvrier, l'ingénieur, le commercial, le gars qui bosse dur et qui fait tourner la machine et est à l'origine des profits enregistrés par Renault réagit-il à ce grand déballage d'incompétences ?

J'ai une pensée émue pour le représentant syndical, my partner in crime, qui lit le transcript de l'entretien que vient de publier l'Express et qui se prend la tête entre les mains. Parce que, pour un syndicaliste, négocier avec des gars qui ne connaissent rien au sujet, c'est ce qu'il y a de pire. On n'avance pas. On n'est pas sur la même planète.

En conclusion, quelque chose me dit qu'il y aura bientôt une place de Directeur Juridique à prendre chez Renault. Puis-je suggérer qu'on embauche non seulement un bon manager mais surtout quelqu'un qui a quelques connaissances juridiques et sait s'entourer de bons collaborateurs ? Je dis ça, je dis rien...

Voilà, voilà (bis).

dimanche 3 avril 2011

Comment éprouver une SuperWorkingMom ?


Toi, là-haut, je te soupçonne de l'avoir fait exprès.

Tu t'es dit :

L
a Doudette, là, elle fanfaronne, elle dit qu'elle peut tout assumer... Tu parles ! Rien que du chiqué ! En fait, elle roule des mécaniques, elle fait genre qu'elle assume tout. Port'in-wak ! On va voir si elle est une si Super Working Mom que ça, tient !

(oui, tu parles comme ça, toi, là-haut, c'est la fréquentation de tous ces jeunes morts d'overdose il y a 20 ans, ça a déteint sur ton langage... t'es un Seigneur moderne... et facétieux)

Donc, tu m'as mise à l'épreuve.


Epreuve numéro 1 : comment Doudette s'en sort-elle sans son Doudou?

Et hop, tu envoies le Doudou en voyage d'affaires. Et juste parce que tu sais que je suis une aficionada de cette ville, que la Toscane est l'un de mes plus beaux souvenirs de vacances, tu l'envoies à..... Florence. Argh, Firenze... Tu sais que ça va me rendre folle. Tu me laisses à Paris, seule avec la marmaille et Fili, un temps gris, du boulot par dessus la tête.

Mais tu vois, je sais garder le cap. Et avec le sourire.

Sortir Fili ? Pas de problème. On organise un hotline téléphonique avec les Poussins qui nous observent, le nez collé à la vitre de la chambre de la Poussinette, eux sur le fixe, moi sur le portable. Et ils commentent, par téléphones interposés, comment Fili et moi arpentons la rue de long en large, toujours dans leur champ de vision.

Travailler ? Calls le soir ? Aucun souci. On fait une pause entre 19h et 20h pour dîner et ensuite, les enfants jouent tranquillement. Comment ça pas tranquillement ? Toi, là-haut, tu n'as pas eu d'enfant. Enfin, pas un que tu aies élevé toi-même. Alors Camembert ! Je t'explique : quand je suis en call, je me mets sur mute (oui, je dis mute, parce que la machine dit mute et que silence n'existe pas mode smartphone). Et quand mes interlocuteurs ne m'entendent plus, je suis en mesure de prendre la Poussinette par le bras et de la coller de force dans son lit, sans que ses cris, pourtant sonores, ne traversent l'Atlantique.

T'as vu, hein, t'as vu, toi là-haut, comment je gère ?

Ca t'épates ?!


Epreuve numéro 2 : comment Doudette gère-t-elle l'enfant malade en plus ?

Malade ? Tu parles !

Une micro-varicelle. Un erzatz. Vive le vaccin qui limite le nombre de boutons.

Bon ok, il y la gamine en pleine forme qui me serine ça gratte, maman, ça gratte, tu sais dès que je finis un appel téléphonique ou que je fais mine de lever les yeux de l'ordi. Saches, toi, là-haut, qui croyais me piéger, que j'ai des ressources, grâce auxquelles la varicelle de la Poussinette n'est même pas une épreuve. A peine une péripétie.

Car une SuperWorkingMom ne peut survivre sans ses petits elfes :
  • Elfe n°1 : la nounou. Qui s'occupe d'aller chercher le grand-frère à l'école et qui prépare la tambouille pour la Poussinette soi-disant malade.
  • Elfe n°2 : la grand-mère, dame Manou. Parce qu'envoyer la nounou chez le toubib', c'est quand même un peu trop déléguer. En plus, Manou, elle se propose spontanément... Si si, spontanément. Sans contrepartie (qu'elle promet). Cela étant exposé, vu que je suis parvenue à traverser l'enfance et l'adolescence sous son haut patronage, lui confier la séance c'est bien la varicelle, hein, docteur ? s'avère à la fois pratique et économique. Parce que Manou, quand je lui propose de rembourser les frais, réponds laisse, tu nous inviteras au resto.
Donc, comme tu vois, toi, là-haut, ton épreuve varicelle, c'est du level 1 du jeu vidéo, celui que même l'enfant de 4 ans peut passer avec une main !


Epreuve numéro 3 : comment Doudette gère-t-elle le vétérinaire en plus-plus ?

Comme t'es un petit malin, là-haut, tu décides qu'il faut que je fasse le contrôle vétérinaire de Fili juste quand le Doudou est en voyage.

Tout ça à cause des vers.

Paraîtrait, d'après le docteur diagnostiqueur de varicelle, qu'il en aurait refilé à toute la famille, le Fili. Dixit Manou qui, parce qu'elle a eu un chien il y a 20 ans, est considéré par tous comme la référence en la matière. Me voilà prenant un rendez-vous en urgence chez le vétérinaire parce que bon, c'est parce qu'elle sait tout sur tout qu'on ne va pas ne pas la prendre un peu au sérieux, la grand-mère.

Et là, le véto d'expliquer que Fili a peut-être des vers mais que ce n'est pas les mêmes que ceux des membres humains de la famille parce que les vers des chiens et ceux des hommes ne sont pas les mêmes. Sub-species qu'elle appelle ça, dame Véto, qui ne parle pas parfaitement français. Ne me demandez pas d'où elle vient, je n'ai pas osé demandé.

Alors, tu vois, toi là haut, si tu croyais m'inquiéter. Ben non.


Epreuve numéro 4 : comment Doudette gère-t-elle le Doudou blessé en plus-plus-plus ?

Quand le Doudou est rentré mercredi soir, je les avais toutes passées tes épreuves.

Tu aurais du te rendre à l'évidence, toi, là haut : je suis THE SuperWorkingMom.

Sauf que t'as triché.

Tu t'es pris pour Endémol. T'as rajouté une épreuve de dernière minute.

Ne fais pas l'innocent ! Tu as fait en sorte que le Doudou s'ouvre le doigt quinze minutes après avoir franchi le seuil de la maison. La plaque de verre qui traînait là, tu ne vas pas me faire croire que c'est nous qui l'avions oubliée ?! Non, non, non. Tu t'es arrangé pour que ça soit là, juste à côté de la laisse de Fili. Et du coup, le Doudou s'est retrouvé aux urgences trente minutes après son retour.

Sauf que tu n'avais pas calculé que l'hôpital est à quarante mètres de la maison, toi là haut, qui n'as pas le compas dans l'oeil ! Et que le Doudou pouvait y aller à pied, tout seul, sans trop de risques.

Et tu constateras que le Doudou s'en est sorti comme un chef, même si se retrouver aux urgences n'est pas une partie de plaisir. Parce que le Doudou, il avait la 3G et deux doigts valides. Alors, les urgences, ils les a racontées (en langage d'initiés on dit Live-Twitter) à tous nos copains virtuels. Et on a tous bien rigolé.

En plus, les Poussins sont super fiers de leur papa blessé de guerre.

Encore raté, toi là-haut !


Alors, je te le demande, maintenant que j'ai passé toutes tes épreuves à la noix,
c'est qui la SuperWorkingMom... Hein, c'est qui ?!!