Que veux-tu, lecteur, nous sommes parents, nous travaillons toute l'année, nous avons besoin en vacances de dé-com-pre-sser, le Club Med, c'est notre faiblesse, notre luxe, notre semaine hors du temps...
Mettre les pieds sous la table, ne penser à rien. Et pour cela, rien de mieux que les vacances en club. Et qui dit club, dit Club Med, le seul, le vrai, l'unique. Les autres clubs sont des ersatz, de pâles copies, en moins bien. Et en moins cher aussi, je l'admets. Le Club Med, tout le monde n'aime pas, ou plus. Manu l'an dernier avait fort bien décrit ce que le Club Med peut avoir d'agaçant parfois (ici, si tu n'as pas lu son billet hilarant). On peut même s'y ennuyer.
Seulement, ce qu'il y a de bien avec le Club Med, c'est que tu peux en faire ce que tu veux... et nous ne nous en sommes pas privé ! De quoi te donner deux ou trois petits conseils à toi qui te demandes comment tu vas faire pour ne pas pousser l'ananas ni moudre le café.
1. Se débarrasser de la marmaille
Etre en vacances en famille ne signifie pas avoir tes enfants sur le dos 24h/24, 7 jours/7. Les enfants sur le dos, c'est bon les weekends en semaine... Mais en vacances, les mamans fatiguées, les papas éreintés n'ont pas du tout (mais pas du tout !) envie d'assumer les désirs équivoques de leur progéniture. Le mini-golf, c'est sympa une fois. Trois jours de suite, c'est lassant. La piscine à haute dose, c'est bruyant. Les enfants qui sautent et éclaboussent partout, c'est fatigant. Et à la piscine, trimballer Poussinette sur le dos et Poussin sur le bras gauche, c'est rigolo dix minutes mais si on pouvait nager, ne serait-ce que deux longueurs, ce serait bien aussi. Et la sieste, le père et la mère la veulent crapuleuse, pas avec un marmot suçant son pouce au creux du bras.
T'ai-je assez prouvé que le préalable à tes vacances réussies était de s'assurer que tu disposes d'un moyen d'éloignement temporaire de l'enfant, disons entre 10 et 17 heures ?
Dans l'avion à l'aller, il est possible que le Poussin ose un j'irai pas au mini-club, c'est nul le mini-club parce qu'il se souvient du mini-club de l'autre club (celui qui n'est pas Club Med) et qu'il s'était copieusement ennuyé, le mini-club s'analysant plus en une super-garderie qu'en un club à hauteur d'enfant. Ne dis rien, père énervé. Ne dis surtout rien. Attends d'arriver. Montre lui le programme du mini-club du Club Med et observe. Il lui faudra 5 minutes à ton gamin pour te raconter qu'il va commencer sa journée par tir à l'arc, enchaîner avec tennis, poursuivre avec piscine et que l'après-midi il retournera à la piscine et en plus il répétera un spectacle. T'as vu papa, on va faire un spectacle ?! Un vrai, avec des répétitions. Tu sauras alors que l'enfant a autant envie de se débarrasser de toi que toi de lui.

2. Eviter les animations
... sauf si tu as 15 ans, que tu es ado et que tu as (1) envie de perdre ton pucelage (l'infirmière nous a indiqué n'avoir jamais autant prescrit de pilule du lendemain qu'au cours des dernières semaines) et/ou (2) de te bourrer la gueule à t'en rendre malade (information également fournie par l'infirmière bavarde qui a également distribué du Primpéran à tour de bras).
Donc, hormis dans les cas précités, le vacancier, surtout la SuperWorkingMom, a envie de calme. Le jeu café avec une équipe de femmes, une autre de garçons étant chargé de déterminer dix "trucs tue l'amour" aux yeux de l'autre sexe ne fait pas partie de l'idéal des vacances réussies.
Heureusement, le truc bien au Club Med, c'est que c'est suffisamment grand pour pouvoir être au calme si on le souhaite. Il a une piscine calme, des chambres calmes, des restaurants calmes (où il faut réserver le matin même, premier arrivé premier servi, ce qui suppose de se lever tôt, ce que les gens qui aspirent à la fête ne savent pas faire). Bref, il est possible de passer une semaine sans entendre le moindre darladirladadi !
Le dernier soir, il est néanmoins possible de faire un effort parce que les enfants insistent. Et là, la SuperWorkingMom observera attendrie sa gamine se déhancher au rythme de Sweet Dreams sur une piste de danse en plein air. C'est qu'elle aura le sens du rythme, la gamine. Et toi, là, le morveux de 6 ans et demi, tu arrêtes de mâter ma môme comme ça, aussi jolie soit-elle. Elle est trop jeune pour toi ! Et puis le dernier soir sera le soir du feu d'artifice. Et un feu d'artifice, ça ne se loupe pas, c'est magique...

3. Partir avec des copains
L'intérêt de partir avec des amis, surtout des amis qui ont deux enfants du même âge que les nôtres, est double :
- les enfants ont leurs copains avec eux. Pour l'enfant-Poussinette un peu perdu au milieu de nouveaux enfants, la copine de la vraie vie est un ancrage vers lequel se tourner lorsque, perdu-e dans un monde hostile peuplé de bambins braillards dont certains ne parlent même pas la même langue, l'enfant a soudain très très envie de son doudou/de ses parents/de s'enfuir très vite, toutes choses impossibles au mini-club des grands de 4-6 ans.
- le soir, on remplit une table de 8 couverts. On ne risque donc pas d'avoir à refuser poliment de s'asseoir à la table d'un couple de sexagénaires botoxisés dont on sait, rien qu'à la voir replacer sa tunique Antik Badik transparente de sa main bagousée à chaque doigt et à observer son époux pianoter frénétiquement sur son Blackberry tandis qu'elle lui sert du vin, qu'on n'aura rien à leur dire.

4. Chacun fait, fait, fait c'qui lui plaît plaît plaît
L'intérêt du Club Med, c'est que, comme le dit le slogan, il est possible de goûter à tout.
Donc, pour goûter, on a goûté !
D'abord, on a mangé comme des chancres. Faut dire qu'avec cinq restaurants à thématiques variées, même en évitant consciencieusement le restaurant principal après avoir constaté qu'il était aussi bruyant, chaud et bondé qu'un métro de la ligne numéro 1 à 8:50 du matin, nous avions l'embarras du choix. Spécialités internationales, restaurant de poisson, trattoria sicilienne (oui nous étions en Sicile, j'en parlerai un autre jour), snack de la plage... on a pu faire le plein ! Ce qui explique peut-être qu'à la descente de l'avion du retour, Dieu (s'il existe) m'ait rappelé que mon intestin ne pouvait pas tout supporté et que j'allais expier mes fautes gustatives*.
Ensuite, on a profité de ce que le Club Med nous offrait d'activités. On piqué une tête dans la piscine presque chaque jour, une piscine calme, sans enfants, dans laquelle on pouvait faire 5 à 6 longueurs sans cri, sans pleur, sans mamaaaaaan, regaaaarde, remis nos chaussures de tennis et tenté de croire qu'on était meilleurs qu'il y a dix ans (ce qui n'était pourtant pas difficile) pour constater que de nuls nous étions devenus très nuls, ce qui est peut-être un détail pour toi, le classé 15/2, mais qui pour moi veut dire beaucoup : vieillissante, je suis.
Du coup, je me suis consolée en me faisant masser une heure, mes vieux muscles ayant besoin d'être détendus. C'est agréable un bon massage. Je ne comprends pas ceux qui comme le Doudou prétendent que ça ne leur fait pas de bien. Rien de tel que de se faire malaxer les muscles, tripatouiller le Shiatsu, aromatiser les sens pour réaliser qu'on n'est bien peu de choses. M'enfin, pendant ce temps là, le Doudou pouvait ne rien faire... et ça aussi, ce sont les vacances !

5. Avoir un budget wifi ou un téléphone satellite.
Nan, parce que mon (presque) unique coup de gueule sur ce séjour a rapport avec le wifi.
Tu payes un séjour une blinde, voire plus, on te promet le tout compris... et quand tu arrives à destination, on t'explique que le wifi, ce n'est que dans certains endroits, bien sûr les endroits bondés - discrétion assurée ! - surtout pas dans les chambres et que c'est 35 euros la semaine, merci monsieur, vous réglez comment ?
Alors, je veux bien être sympa mais je suis une SuperWORKINGMom moi, le wifi j'en ai besoin. Et puis, si je veux envoyer des photos aux parents ou recevoir des photos de Fili, je fais comment sans wifi ? si je veux papoter sur twitter aussi je fais comment ? Et pour mettre des photos en ligne sur Instragam ? Le Wifi est indispensable à la geekette que je suis !
Oui, oui, d'accord, on parlera de mon addiction plus tard, ce n'est pas le sujet.
Le sujet, c'est le wifi. Le sujet, c'est le prix du wifi dans une offre tout compris destinée à une clientèle de cadres, de professions libérales ou de retraités argentés qui emmènent leurs petits enfants en vacances, lesquels clients peuvent espérer que le prix quasi-exhorbitant payé pour tout comprendra un accès wifi illimité partout, y compris et à commencer dans les chambres, vu que c'est indispensable à leur survie personnelle et professionnelle.
D'ailleurs, je ne suis pas la seule à le penser. Y a un monsieur bien plus célèbre que moi qui écrivait la même chose que moi sur Twitter la semaine dernière. le Monsieur célèbre n'était pas dans le même village (oui, on dit village, même si c'est tout artificiel et pas vraiment un village) que moi mais il râlait aussi. Il semble donc que le surcoût wifi disponible dans une zone limitée soit une constante du Club Med.
Allez, j'arrête de râler. Parce que ces vacances étaient géniales !
Tiens, tandis que vous, vous vous geliez les miches en métropole, nous on avait ça...

Et ce temps là, dans ce cadre là, vaut tous les accès wifi du monde !
*cette allusion divine a pour unique objet de contrôler qui parmi mes copains présents sur twitter samedi matin ont eu le courage de lire ce billet. Les autres, ben, laissez tomber. C'est de l'intimate joke au trentième degré.



