jeudi 29 décembre 2011

C'est quoi un juif ?

Je dois me rendre à l'évidence, certains posent de drôles de questions à Google, questions qui atterrissent ici... ne me demande pas pourquoi, lecteur. Parmi ces questions, la question à cent mille euros :

C'est quoi un juif ?




voire c'est quoi réellement un juif ?, parce que le mot réellement doit avoir son importance pour celui qui pose la question. Cette requête (et ses variantes) tombe chez moi environ 3 fois par semaine.

Comme la question semble intéresser, je me suis dit que j'allais tenter une réponse.

Des fois que ça puisse satisfaire ta curiosité malsaine, toi qui pose la question aux internets mondiaux, laisse moi te confier un secret bien garder :

il y autant de définitions du juif qu'il y a de juifs sur terre !
(voir plus m'a-t-on dit récemment)

Alors, tu vois, investigateur du net, tu n'es pas prêt de trouver une réponse qui te satisfasse.

A titre d'exemple, cette liste (non limitative) de ce que peut être un juif :
- ashkénaze,
- séfarade,
- pratiquant,
- pratiquant mais pas comme l'autre juif pratiquant, là, au dessus, qui n'y connais rien,
- pratiquant mais pas comme les deux autres au dessus (et d'ailleurs pourquoi ils sont avant eux ?) parce que seule sa façon à lui est la bonne,
- allemand (car nous sommes tous des juifs allemands),
- errant,
- mangeant casher... sauf à Deauville parce que... les plateaux de fruits de mer !,
- possédant et utilisant deux frigidaires et deux services de table,
- possédant un frigidaire parce que c'est bien assez et qu'en plus il n'a pas les moyens de plus mais n'allez pas dire qu'il ne respecte pas les rites,
- qui se tape une rondelle de saucisson une fois de temps en temps,
- qui dîne d'un jambon-purée parce que c'est rapide à faire et qu'il fait faim,
- qui jeûne pour Kippour,
- qui ne jeûne pas pour Kippour,
- qui ne sait pas quand est Kippour,
- adorant les films d'Alexandre Arcady,
- qui pense qu'Arcady a apporté Bruel et Hanin au monde et mérite donc d'être cloué au pilori,
- amoureux de Barbra Streisand,
- amoureux de Barbara (l'autre),
- qui te récite tout Woody Allen par coeur même si ça t'emmerde l'humour juif new-yorkais,
- qui vit en Israel,
- qui a vécu en Israel,
- qui n'irait vivre en Israel pour rien au monde mais pour les vacances c'est bien sauf qu'il y a du terrorisme et que la famille s'inquiète,
- pro-palestinien,
- anti-palestinien,
- pour la paix en Israel,
- ayant lu plus de deux livres de Bernard Henry-Levy,
- français avant d'être Juif,
- qui voudrait ne pas avoir à se poser la question de français ou juif, tu devines pourquoi,
- athée,
- polonais,
- roumain,
- tunisien,
- riant à Popeck,
- se demandant qui Popeck peut bien être,
- riche,
- pauvre,
- qui a vécu la guerre (comment ça, quelle guerre ?),
- qui n'a pas vécu la guerre mais c'est comme si vu qu'on lui en a tellement parlé,
- qui trouve que les juifs qui parlent (trop) de la Shoah ne leur rendent pas service,
- qui a des bijoux cousus dans un revers de manteau car on ne sait jamais,
- qui fait ouf quand on baptise ses petits-enfants dès fois que ça recommence,
- qui s'en fiche que son fils épouse une goy, encore que...,
- qui ne mettrait pas les pieds dans une synagogue même si on le payait une fortune,
- qui fait circoncire ses enfants médicalement parce que c'est hygiénique,
- alsacien,
- marrane,
- qui dit être juif, c'est pas une religion, c'est une culture,
- qui dit ceux qui croient qu'être juif c'est pas une religion n'ont rien compris,
- pionnier,
- kibboutzim,
- russe,
- pied-noir,
- mère juive,
et

Rabbi Jacob !



lundi 26 décembre 2011

Une petite prière

Dieu et moi, on se méfie, on se toise, on s'ignore.

En résumé : on doute de l'existence l'un de de l'autre. Lui : derrière son nuage, au pays des angelots asexués ; moi : les deux pieds sur terre, au pays du bon sens. On ne se rencontre jamais... et c'est tant mieux. Je ne sais pas trop ce que je ferais d'un vieillard barbu ou d'un jeune éphèbe ensanglanté dans mon salon.

Après moi, y aura... ben rien.

La vie continuera, tranquille et je l'espère belle pour ceux que j'aime.

Mais moi, je ne serai plus. Poussière parmi les poussières.

Hier, on me titillait. On me demandait si c'était bien vrai que je n'y croyais pas, au bon Dieu. Parce que, quand même, hein, Lui demander un petit truc de temps en temps, ça ne mange pas de pain. Comme l'a dit Pascal, si tu fais le pari qu'Il existe, t'as au moins une chance d'avoir ton petit coin de paradis, à la droite du barbu.

Ben non, je ne Lui demande rien.

Je ne pense que très rarement à Lui, d'ailleurs.

Je parle souvent des religieux, des religions, de leur effet sur la société, des tensions qu'elles engendrent, des peurs de l'autre qu'elles cristallisent... mais à Dieu, la raison de tous ces débats, de toutes ces frayeurs, de tous ces ghettos, je n'y pense pas.

Je ne suis pas le genre à prier pour la paix sur la terre comme au ciel.
Parce que, sur la terre, faudrait d'abord qu'on se débarrasse des courants religieux divers et variés qui opposent les doctrines les unes aux autres. Et une fois qu'on s'en sera débarrassé, faudra voir lequel de vos dieux subsiste.
Quant au ciel, je le laisse aux oiseaux.

Sauf à une occasion.

Quand l'avion décolle.

Quand l'avion décolle, je ferme les yeux et je demande à un truc-machin-chose qui n'existe pas de prendre soin de mes enfants et de leur faire une belle vie. C'est plus fort que moi. Je me trouve ridicule avec ce rituel idiot qui ne sert à rien. Mais c'est mon pari à moi : si l'avion s'écrase, au moins, j'aurais pensé à mes mômes. Quand l'avion, atterrit, même rituel. J'ai lu quelque part que les accidents arrivent principalement au décollage et à l'atterrissage. Ceci doit expliquer pourquoi je me concentre sur ces moments là.

Je ne fais pas ça en voiture, ni en train, ni en bateau, ni en métro. Juste en avion.

Peut-être parce que l'avion traverse le ciel et que ces cieux là sont ceux dont Il est le maître. Peut-être parce que je suis une grosse trouillarde qui n'aime pas les turbulences.
Peut-être que j'ai lu trop de livres à l'eau de rose où le papa meurt en avion et la maman, après en avoir bavé, rencontre le prince charmant, riche, beau et célèbre, qui les aime, elle et ses enfants (oui, dans mon cas, ce serait la maman dont l'avion s'écraserait mais on peut transposer, voyez-vous).
Peut-être parce que j'ai vu des gens le faire et je suis une copiteuse.

Bref, je l'avoue, moi aussi j'ai ma petite prière...

Et je n'en suis pas fiérote.

mardi 20 décembre 2011

Vacances geekestes

Partir en vacances avec le Doudou, c'est s'exposer à les passer dans un bureau sombre, à le regarder trifouiller l'intérieur d'un ordinateur.

Là, par exemple, nous sommes en vacances. Chez mon père, dont je t'ai raconté les exploits ici. Nous avons en effet décidé que, mon paternel ayant désormais des difficultés pour monter à Paris, nous pouvions nous décentraliser dans le midi, le temps d'une semaine, histoire de passer un pré-Noël en famille.

Il se trouve que mon père a un ordinateur. Un PC. Un ordinateur que le Doudou lui a configuré il y a quelques années. Depuis, mon père a ouvert toutes les pièces jointes que lui ont envoyé ses copains du bout du monde, est allé se promener sur la toile visiter des sites bizarres, malgré les gros stooooop qui s'affichaient sur l'écran au moment d'ouvrir la page. Autant dire que, quelques années après son installation et malgré l'anti-virus que mon père prend soin de mettre à jour régulièrement (dit-il), le diagnostic du Doudou, mis à contribution dès le premier soir, est sans appel : il faut soit réinstaller complètement la machine, soit la changer.

Parce que nous mon père vit loin de chez nous, qu'on culpabilise un peu de cette distance qu'il nous a imposée (ben oui, c'est lui qui part, c'est nous qui nous faisons des noeuds au ventre, classique), qu'on offre des objets utilitaires sympas aux parents du Doudou de temps en temps, et que nous ne faisons pas systématiquement un cadeau à chaque anniversaire de mon père ou de sa femme, nous décidons de leur offrir un nouvelle tour. Un truc récent. Qui fonctionne comme il faut.

Le Doudou suggère un mac. Genre Apple quelque chose. Je lui rappelle l'axiome des grands-parents : le grand-parent n'aime pas la nouveauté, ne comprend pas la nouveauté. Si on passe mon père à Apple, prétendument plus simple et intuitif, c'est le Doudou qui passera l'année 2012 au téléphone à expliquer à son beau-père pourquoi l'ordinateur Apple ne fonctionne pas comme celui qu'il avait avant. La constance s'impose. En informatique comme en tout, le mieux est l'ennemi du bien.

Première expédition au centre commercial du bled du coin.

Parmi les autochtones qui font leurs courses de Noël, sont vraisemblablement très en retard et ont donc décidé de tous se retrouver à la FNAC le dimanche d'ouverture d'avant les fêtes... Tandis que nous patientons dans une queue de dix mètres de long à la caisse, je demande la bouche en coeur en Doudou si nous n'avons besoin de rien d'autre. Faut pas un autre écran pour aller avec la nouvelle tour ?, je fais, candide. Le Doudou, magnanime; ne feint même pas de répondre à cette question idiote, il hausse les épaules et me fait ainsi comprendre que je ne connais rien à rien à la chose informatique, ce qui - admettons le - n'est pas loin d'être exact.

Retour la maison de mon père. Remerciement appuyés. Effusions.

Et inquiétudes. C'est que mon père ne supporte pas les changements. Au moment où le Doudou commence à installer la nouvelle tour, mon père voit déjà l'ensemble de ses données s'évanouir dans la nature, perdues à jamais. Un autodafé virtuel de l'ensemble de sa production littéraire, jamais éditée et tellement précieuse, qu'il a pourtant sur trois clés USB en sauvegarde. Les photos de ses petits enfants, dont j'ai moi-même trois ou quatre sauvegardes, envolées dans les nuages. Tout y passe. La peur de perdre surpasse tout. Il pose mille questions au Doudou, qui répond, calme et précis. Ça a l'air de le rassurer. Dans la même situation, à la place du Doudou, j'aurais balancé la souris à la tête du paternel, histoire de lui couper le sifflet. Le Doudou ne dit rien, ne hurle pas, il sourit même. Je ne peux que me rendre à l'évidence : le Doudou est un saint.

Le Doudou éventre la bête. Il enlève le disque dur de la vieille machine pour le planter dans la nouvelle machine... Sauf que:
- Meeeerde, j'ai oublié le rac !
Je ne sais pas ce qu'est un rac mais je sais que j'avais posé la question de savoir si on avait bien tout. Je rigole....
Continuation de l'installation.
- Nan mais c'est quoi ce clavier ? Faut un clavier USB ! T'as pas un adaptateur ?
La question s'adresse à mon père qui, en matière d'adaptateur, en est resté aux adaptateurs de voyage, quand il partait jeune ingénieur se promener dans les contrées grande-bretonnes.
- Euh non, j'ai pas ça. Mais j'ai ça.
Et mon père de sortir une boite à chaussure pleine de câbles et trucs électroniques divers. Comme quoi, y a pas besoin d'être geek pour stocker des tas de trucs inutiles.
- Bon, ben tant pis, on ira demain.

Demain ?! Non mais oh ! J'ai une tête à aller à la FNAC deux jours de suite ?!

Sauf que là, c'est pas la FNAC. La FNAC n'a pas de rac. Non pas que je sache ce qu'est un rac mais je sais que la FNAC n'en a pas, c'est le Doudou qui l'a dit.

Le lendemain, le GPS nous guide vers une échoppe informatique où sont commercialisés clavier et rac. Nous faisons l'acquisition de ce qui nous manque... et nous laissons guider par le GPS sur le chemin de retour vers chez mon paternel. Hélas, le GPS ne connaît pas Noël, les routes barrées et les dizaines de voitures qui comme nous traversent la ville à cette heure. Nous mettons vingt minutes pour faire trente mètres, pire que sur les voies sur berge aux heures de pointe, Parisien ! Un cauchemar d'automobiliste. Je peste, je râle. Passer deux heures dans la voiture à la recherche du Graal informatique n'est pas ma conception des vacances réussies. Du coup, je prends des photos des décorations de Noël. Ça m'occupe et puis des palmiers de Noël, ça change des sapins !



Enfin nous arrivons à la maison.

Je me dis que c'est cool, que je vais pouvoir bloguer un peu... mais non ! il manque un câble pour faire marcher le wifi. Le câble, c'est soit pour l'ordi, soit pour le wifi...

Du coup, halte chez autre échoppe sur le chemin de l'hôtel qui peut nous vendre le câble qui manque.

Ce matin, tout fonctionne enfin.

Tout ? non.

Car un logiciel récalcitrant, un logiciel qui fonctionnait sous l'ancien PC, un logiciel auquel mon père tient comme à la prunelle de ses yeux, refuse d'apparaître sur le nouveau bureau, malgré la réinstallation à laquelle le Doudou a procédé.

Là, tandis que je rédige ces quelques lignes, le Doudou tente de comprendre la faille, tandis que mon père, debout derrière lui, ponctue de commentaires et propositions qu'il estime utile à la manifestation de la vérité, chaque clic du Doudou. Pour l'instant, le Doudou ne lui a pas encore demandé de quitter la pièce et quand je tente une manoeuvre pour libérer les lieux, genre Papa, laisse-le tranquille, tu le gènes, là !, le Doudou répond, très gendre idéal, Mais nooon, ça ne me dérange pas du tout, au contraire. Au contraire, tu parles ! M'enfin, faudra pas se plaindre après de ce qu'il a passé la semaine à bidouiller l'ordi avec en plus le beau-père sur le dos. Je suis témoin, c'est lui qui a proposé. A chaque fois.

Sur ce, j'ai une lessive à faire.

Oui, ce sont les vacances. Et alors ?


[rectificatif : on me signale dans l'oreillette twitterante qu'on dit "rack" et non "rac". Je tiens ici à signaler que le Doudou a lu ce billet et m'a laissée dans l'erreur, ça se paiera !]

jeudi 15 décembre 2011

Pierre

A quatre ans, j'étais amoureuse de Pierre.

A vue de nez, Pierre avait 25 ou 26 ans. Il avait de grands yeux bleus. Tiens, je me demande, là, trente-cinq ans plus tard, s'ils étaient vraiment bleus, ses yeux. Enfin, je les voyais bleus, les petites filles ont des princes aux yeux bleus, c'est comme ça. Il avait le regard doux des adolescents et le sourire des vrais gentils. Il était très grand, au moins un mètre soixante-cinq ! Il portait des jeans et des chemises fleuries avec un long col. Il était sympa. Il parlait anglais.

C'était le cousin de ma mère.

Une fois, il est venu à la maison, j'avais la rougeole. Oui, quand j'avais quatre ans, on avait encore la rougeole, jeune lecteur né après la commercialisation du R.O.R. Et bien, je n'ai pas voulu le voir, Pierre, moi. Je me suis cachée sous le drap et j'ai dit que je n'étais pas là. Je n'étais pas jolie avec mes boutons et je ne voulais pas qu'il me voit dans cet état, pas coiffée, sans ma jolie robe violette à fleurs orange (oh, ça va, hein, on peut faire un concours de robe à fleurs si tu veux !). Pour Pierre, je mettais des ballerines et des socquettes blanches. Et je ne criais pas. Je ne faisais pas de comédie. Alors, avec la rougeole, pas question de me montrer.

Pierre, peut-être à cause de ce Pierre là, était l'un des prénoms que j'aurais aimé donner à mon fils. Pas possible vu le contexte familial dans la famille du Doudou. Il n'en demeure pas moins que c'est un prénom magnifique, un prénom de roi, un prénom solide mais également un prénom doux. Un peu comme le cousin de ma mère.

Aujourd'hui Pierre, celui dont j'étais amoureuse à 4 ans, a passé la soixantaine. Oui, le temps s'écoule. Inexorablement, comme dirait l'autre. Il vient de prendre sa retraite après avoir passé les quarante dernières années à se dévouer à des élèves qui le lui ont bien rendu je crois. Quand on a beaucoup travaillé et qu'on a des enfants casés qui travaillent également, prendre sa retraite, c'est bien, on peut enfin en profiter.

Mais voilà, Pierre a appris qu'il avait a un cancer à peu près au moment où il était enfin libre de dépenser ses économies. Je ne sais pas comment le dire autrement. Je pourrais vous dire qu'il a une longue maladie comme à la télé. Ou vous parler d'un crabe qui le ronge de l'intérieur. Ça ne changerait rien au diagnostic.

Pierre s'est fait opéré il y a quelques temps et là il commence une chimiothérapie.

Il va s'en sortir... on y croit tous.

Et parce qu'il a été mon premier amour, je veux lui dédier aujourd'hui cette petite chanson de rien, que j'aime tant.



barbara - pierre

dimanche 11 décembre 2011

L'adulte unique

L'autre jour, Carole interrogeait sur son blog sur les préjugés concernant les enfants uniques.

Ayant moi-même été une enfant une unique, je ne peux qu'approuver ce que j'ai lu : non, l'enfant unique n'est pas asocial, non, il n'est pas nécessairement égoïste, oui, il est gâté mais quel enfant ne l'est pas, unique ou non ? C'est un enfant comme les autres, cet enfant unique, et tout dépend de comment ses parents l'élèvent. Pour ma part, j'ai une amie d'enfance que je considérais (et considère toujours) comme une soeur, j'ai ensuite été pensionnaire avec plein de gamines de mon âge... et de tous temps, je me suis entourée d'une bande d'amis plus ou moins proches qui sont devenus ma famille.

Devenue adulte, mon statut d'enfant unique est finalement plus difficile à vivre qu'il ne l'était quand j'étais enfant.

Que je t'explique, lecteur membre d'une fratrie, ce que peut être la vie d'un adulte qui fut un enfant unique.

D'abord, à 25 ans, quand tu n'es pas encore mariée et que tu n'as pas de relation sérieuse, ta mère te regarde d'un oeil torve. Qu'est-ce qu'elle a ma fille, elle est malade ? Et si elle ne se mariait jamais ? Et si je n'avais jamais de petits enfants ? Mais qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour mériter ça ? Je ne serai jamais grand-mère ! Voilà, c'est fini, c'est la fin des haricots ! Or toi, tu as 25 ans, un peu de mal à t'assumer et tu dois intégrer tous ses espoirs qu'on a placés en toi. On ne te dit rien, on n'oserait pas... mais tu sens les sous-entendus. Et tu ne peux pas t'empêcher de te demander si tu vas y arriver, si un jour tu rencontreras un homme qui t'aimera, que tu aimeras happily ever after. Cette pression que tu te fiches à toi-même, parce que tu es la seule de la lignée et que ce n'est pas un frère ou une soeur qui leur permettra de transmettre cet héritage à la fois patrimonial et émotionnel, ne te quittera plus ensuite. Tu as 25 ans et tu réalises que toi seule est la garante de cet transmission. Ça te donne des devoirs... et quelques droits aussi.

D'abord un droit d'inventaire. Tout savoir de ta famille. Qui étaient tes parents, tes grands parents, ce qui justifie leurs joies passées et leurs déchirures. Passer des années à disséquer les informations qu'on ne veut pas forcément te donner, parce que ce sont des informations parfois difficiles à assumer pour tes parents. Ces informations, tu les soutires au compte-goutte. Elles ne sont pas toujours agréables à entendre... et parfois, tu as l'impression de violer une intimité révolue. Mais si tu ne les récupères pas, toi, qui le fera ? Parce que tu en as besoin pour te construire. Tu es la dernière. Tout repose sur tes épaules. Et cet héritage familial, cette histoire qui coule dans tes veines, tu es la seule qui pourra la tenir et la passer ensuite à tes propres enfants. Personne d'autre n'a le même père et la même mère. C'est comme ça.

Et puis tu finis par le rencontrer, celui que ta mère attendait ! Ton père le salue d'un je suis le père de la mariée ! qui, sous la boutade, montre bien combien il a investi dans cette relation. Tu crois que tu en as fini de te mettre le ventre en l'air dès que tes parents te font une remarque désagréable.

Et les enfants arrivent. Tes enfants sont et seront les seuls petits-enfants de ton père et de ta mère. Tu sais combien ces enfants, tes enfants, sont importants pour tes parents, dont l'enfance a été volée. Même ton enfance à toi, ils n'ont pas vraiment pu en profiter, si occupés qu'ils étaient à se construire une vie à partir de rien. Or, ces parents qui n'ont pas eu d'enfance, faute d'être nés au bon endroit au bon moment, ont été pour toi des parents à tâtons, pas vraiment sûrs de ce qu'il faut faire quand on a une fille et une seule, lisant beaucoup Dolto, Freud et Betheleim. Ils essuyaient les planches d'une nouvelle parentalité. Imparfaite, forcément.

Devenus grands-parents, ils ont une nouvelle chance de donner de l'amour, sans les contraintes de l'éducation. Toi qui voudrais protéger tes enfants, leur éviter les humeurs de ta mère et les angoisses de ton père, tu ne ne te sens pas capable de dire non à ta mère qui veut prendre les enfants au pire moment et te demande de t'organiser pour que ce soit quand elle veut et peut. Parce que, encore une fois, ce sont ses seuls petits-enfants, qu'elle a reporté sur eux tout cet amour dont elle a été privée plus jeune. Et tu sais que ces enfants sont devenus son Yin et son Yang. Quand ta mère te balance, l'air de rien, parce que tu es partie en weekend et qu'elle n'a pas vu les enfants depuis dix jours, toi, je m'en fous, c'est eux que je veux voir, si t'es pas là, c'est encore mieux, tu comprends que, si tu la privais de tes enfants, ses petits-enfants, elle en mourrait. Alors, parce qu'il n'y a ni frère ni soeur auquel elle puisse sortir de telles piques, tu mets cela sur le compte d'un coup de flip et tu aplanis, tu temporises. Parce que une petite voix, ce truc que tu appelles ta conscience, ressasse, tel un leitmotiv tu ne peux pas lui faire ça, tu sais. Oui, tu le sais. Être le seul enfant adulte du grand-parent de tes enfants, c'est ne pas pouvoir rester une enfant. Parce que sinon, ça partirait en vrille. Et que les conflits tu n'en veux pas.

Et puis, l'âge venant, tes parents vieillissant, tu réalises que tu seras seule quand ils seront dans un état qui nécessitera des soins constants. Tu constates que tes amis, ceux qui ont des frères et soeurs, ont pu partager les tâches quotidiennes, les visites, les corvées lorsque ces moments pénibles et irréversibles ont pointé le bout de leur lit médicalisé. Ces mêmes amis ont pu partager leur peine, leurs larmes, leur colère. Toi, quand ce moment viendra, tu seras seule face à tes parents mourants et ça te fait peur. Ton mari t'a dit qu'il serait là, qu'il t'aiderait... mais tu es jalouse de lui, de ses frères, tu sais qu'ils seront trois pour assumer ensemble la fin de leurs parents à eux.

Et tu réalises que, à près de 40 ans, tu es seule. Comme tu l'étais quand tu étais enfant, malgré tes copines, vos rires et vos disputes. Tu te revois, dans ta chambre d'enfant, sous les combles. Tu es assise à ta table de travail devant la fenêtre, le cerisier en fleurs masque partiellement la vue la rue, mais tu vois distinctement les frères B sur leurs vélos qui descendent vers la rivière. Puis passent les soeurs F. à pied qui se racontent tu ne sais quoi. Toutes ces fratries qui peuplaient la rue. Et toi, seule, unique.

L'adulte unique n'est finalement qu'un enfant unique qui a grandi.

Tellement entouré et pourtant si seul dans sa relation à ses parents.

vendredi 9 décembre 2011

Le médecin est notre ami

Lecteur, ceci est une injonction.

Si tu n'es pas allé chez ton généraliste depuis plus de douze mois, prends rendez-vous.

Regarde moi : je vais bien, je suis en pleine forme, je suis souriante, hyperactive, je n'ai aucun problème. Mais je vais chez le médecin une fois par an. Comme ma maman me l'a appris. Il faut toujours écouter sa maman. Il me prescrit une prise de sang. Je n'en entends plus parler jusqu'à l'année suivante. La routine du rendez-vous médical à date fixe. On ne peut pas dire que cela coûte grand chose à la sécurité sociale. C'est rapide, c'est tranquille, il n'y a rien à en dire.

Sauf l'année dernière.

L'année dernière, j'ai eu la flemme d'y aller. J'allais bien. Je n'avais pas de raison d'aller voir un docteur. Le docteur, c'est quand on est malade. Et je n'étais pas malade. Même pas un petit rhume. Ne plus prendre les transports en commun évite les rhumes et autres syndromes grippaux. Si tu ne veux pas être malade, évite de croiser des inconnus, telle est ma nouvelle devise.

Bon, quand même, cette année, j'y suis allée, chez le généraliste !
parce que quand même ça faisait deux ans...
Et qu'il ne faut pas déconner...
(toujours la voix de ma mère qui me sert de conscience quand je tente une procrastination médicale)

J'étais confiante.
Je vais bien.
Je suis un peu fatiguée mais je suis hyperactive et c'est pour ça que je suis fatiguée.

Sauf que..

Sauf que les résultats des analyses ne sont pas super bons.
Rien de grave.
Tout va (presque) bien.
Mais j'ai une thyroïde récalcitrante qui ne fonctionne plus très bien.
Rien de grave.
Des tas de femmes ont le même problème.
Mais je commence à avoir un peu trop de mauvais cholestérol.
Rien de grave.

Sauf que...

Si j'avais attendu plus longtemps pour aller voir un médecin, ça aurait pu l'être, grave.

Et pourtant je vais bien. Je ne me sens pas malade du tout.

J'ai donc eu le bon réflexe. Le réflexe docteur.

lundi 5 décembre 2011

C'est quoi, un étranger ?

A l'heure où s'ouvre le débat sur le vote des étrangers aux élections locales, une question me taraude :

C'est quoi, un étranger ?

Selon Nicolas Sarkozy, un étranger est quelqu'un qui n'a pas la nationalité française. Il l'a dit : « Le droit de voter et le droit d’être élu, dans nos territoires, doit demeurer un droit attaché à la nationalité française » et c'est la raison pour laquelle il s'oppose à la mesure proposée par la commission des lois du Sénat qui propose un droit de vote des étrangers aux élections locales. En cela, Nicolas Sarkozy se contredit, lui qui s'était prononcé en faveur d'un tel droit il a quelques années mais ce n'est pas le sujet du soir.

Le texte proposé par la Commission des lois du Sénat est . Il est simple, il accorde aux "étrangers" le droit de vote aux élections municipales mais ne leur donne pas forcément le droit d'être élu...

Et là, je suis prise d'un doute.

N'y avait-il pas déjà des étrangers pour voter aux élections municipales en France ?

Ben si, en fait.

Les citoyens de l'Union Européenne qui habitent en France peuvent voter aux élections municipales (et accessoirement aux élections européennes). Donc, les citoyens de 26 pays différents de la France, dont aucun n'est citoyen français, peuvent déjà voter pour élire le maire de la ville française dans laquelle ils résident. Un allemand, héritier de Bismark, peut voter en Alsace. Un anglais, même s'il appartient au 15 de la Rose, peut voter à Toulouse. Un plombier polonais peut voter à Paris. Carla Bruni, dont on sait que la raison penche à gauche, peut voter pour Bertrand Delanoe.

Mais alors, de deux choses l'une. Ou bien on nous a menti en nous disant que les étrangers ne peuvent pas (encore) voter en France. Ou bien on nous a menti en nous disant que l'Allemagne d'Angela Merkel est à l'étranger.

Vu comment chacun réagit au débat sur l'augmentation des pouvoir de l'Union Européenne (voir ici Benoit Hamon sur la perte de souveraineté de la France), je doute hélas que nos dirigeants soient prêts à nous considérer tous comme des européens, citoyens d'une même fédération d'Etats. L'Allemagne est donc à l'étranger. Et les allemands qui votent en France sont des étrangers (non, ce n'est pas un gros mot).

Il faut donc se rentre à l'évidence : il y a deux sortes d'étrangers en France, ceux qui ont le droit de vote, ceux qui ne l'ont pas. Dire qu'on entend accorder le droit de vote aux étrangers, c'est en réalité réclamer le droit de vote pour ceux qui ne l'ont pas encore. On me rétorquera, comme l'a fait Arno Klarsfeld, que certains étrangers sont plus étrangers que d'autres : "Beaucoup de gens qui viennent d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne ne sont pas encore intégrés et n’ont pas encore intégré les valeurs de laïcité et d’égalité hommes/femmes", a dit celui qui n'est malheureusement pas le digne fils de son père.

Je crois, moi, la petite fille d'immigrés, que celui qui participe à la vie de la cité, y scolarise ses enfants, y travaille, y paye des impôts locaux, y achète sa viande Hallal comme mon grand-père et celui d'Arno achetaient leur viande Casher, qui soliloque en arabe comme ma grand-mère psalmodiait en Yiddish un veï tickes mir désespéré (phonétique)... je crois que cette personne là a le droit de décider de ce qui se passe dans sa ville. Et je suis de ces éternelles optimistes qui pensent que si tu donnes des droits aux gens, si tu les investis dans les décisions qui seront prises, si tu les responsabilises... et bien ces gens s'intégreront plus facilement. Et si c'est là le but recherché par Arno, notamment l'intégration des femmes, leur permettre d'exprimer par un vote secret ce qu'elles souhaitent comme gouvernance pourrait les aider à s'émanciper.

Je ne crois pas qu'il y ait un étranger meilleur que l'autre. L'étranger est celui qui n'est pas français. C'est simple. Distinguer entre les bons et les mauvais étrangers est stigmatisant, clivant et contre-productif.

Donnons le droit de vote à TOUS les étrangers aux élections locales. L'Espagne, le Portugal, le Royaume-Uni, la Belgique, le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Suède et l'Irlande accordent déjà le droit de vote à certains ou tous les étrangers, avec ou sans condition d'une certaine durée de résidence. Ne soyons pas les derniers !

dimanche 4 décembre 2011

Petit jeu de Noël

C'est bientôt les fêtes et j'ai envie de m'amuser un peu...

Méthode l'Oulipo ou autre.

Alors, je vous propose de participer de façon interactive à ce petit jeu.

J'ai demandé aux poussins de me donner dix mots ou locutions au hasard.

Les voilà :

Campagne
S'il vous plait
Princesse
Prise de sang
Chien
Adore
iPad
Poussière
Plage
Tableau

Je leur ai ensuite demandé à chacun un thème de billet.

Poussinette : "Tu fais bien les courses"
Poussin : "L'école"
Doudou : "Les parrains et marraines"

Je me propose de faire un billet comprenant ces 10 mots sur chacun des sujets ci-dessous... et je te propose, lecteur, blogueur ou non blogueur de participer. L'idée est que chaque billet soit le plus court possible (10 lignes).

Tu peux m'envoyer ton billet à l'adresse email qui figure en bas de ce blog ou bien le publier sur ton blog et me le dire en commentaire. Tu peux choisir un des thèmes ou les trois.

Je choisirai ensuite les billets qui me plaisent le plus.

Il n'y a RIEN à gagner.

C'est juste pour le plaisir du jeu et parce que c'est bientôt la fête.

Je publierai tout cela entre Noël et le jour de l'an... mon billet et vos textes.

vendredi 2 décembre 2011

Lettre ouverte à la CFDT-FGAAC

Cher Camarade Représentant Syndical,

Bien que j'en ai un peu ras la casquette de publier des lettres ouvertes à tout le monde, candidats à la Présidence de la République et autres, il me semble utile de te donner mon avis sur ta dernière annonce.

Je te tutoies, ne m'en veux pas. J'ai tutoyé le futur président de la République et aussi important sois-tu, tu ne peux l'être autant que lui, encore que ton pouvoir de nuisance est semble-t-il également très efficace.

Sur ton blog, tu reproduis le texte de ton préavis de grève et tu permettras donc que j'en fasse un copier-coller ici à l'attention de mes lecteurs, lesquels n'ont peut-être lu qu'un verbatim malhabile de journalistes qui auront repris mot pour mot une dépêche AFP.

La réunion de concertation du 29 novembre 2011, tenue dans le cadre de cette DCI, s’est terminée sur un constat de désaccord.

En effet, bon nombre de problèmes liés à la mise en place du SA 2012 ne sont pas réglés et sont sujet à conflit.

Sur la revalorisation du métier de Conducteur de Train, depuis plusieurs années les Agents de Conduite subissent l’augmentation de la productivité et la dégradation de leurs conditions de travail et de vie. Celles-ci sont de nouveau amplifiées lors du prochain changement de service.

Lors de l’accord salarial 2011, le volet sur les primes (unification au code prime 33) va engendrer, une nouvelle fois, la mise à l’écart des Conducteurs de Train en ce qui concerne l’obtention d’un véritable treizième mois à l’horizon 2015.

Devant le constat d’échec lors de la négociation sur ces sujets, et en application de l’article L 1522-2 du Code du travail :

La CFDT dépose un préavis de grève couvrant les périodes:

du vendredi 9 décembre 2011 à 12 heures
au lundi 12 décembre 2011 à 8 heures.

du vendredi 16 décembre 2011 à 12 heures
au lundi 19 décembre 2011 à 8 heures.

du vendredi 23 décembre 2011 à 12 heures
au lundi 26 décembre 2011 à 8 heures.

du vendredi 30 décembre 2011 à 12 heures
au lundi 2 janvier 2012 à 8 heures.

Ce préavis couvre l’ensemble des Agents de Conduite et ceux qui sont susceptibles de les remplacer.

Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur Général, l’expression de mes sincères salutations.

Le secrétaire Général FGAAC-CFDT
P.DESCAMPS


Si je comprends bien ce que tu écris, tu appelles tes collègues conducteurs de locomotive à la grève au motif que leur vie est difficile, leur profession dévalorisée et leur conditions de travail détériorées. Tu réclames aussi des sous... et c'est bien normal, c'est ta raison d'être de vouloir plus d'argent pour les salariés que tu représentes.

Que c'est noble de ta part !

Tu penses au pauvre salarié malheureux et tu essayes avec tes maigres moyens de défendre ses intérêts. Tu es dans ton rôle. Et le droit des grève, ce droit inaliénable et constitutionnel, est fait pour être utilisé. C'est d'ailleurs un excellent moyen de pression sur ton employeur qui risque de perdre une part importante de son chiffre d'affaires si toi et tes collègues cessent le travail.

Pourquoi t'en priverais-tu ?

Sauf que...

Sauf que, vu la croissance enregistrée par ton employeur au cours des 9 premiers mois de 2011 (ici), m'étonnerait que ça le gène beaucoup, ta grève ! Je ne veux pas mettre en doute ton pouvoir d'agacement du patron car il est bien certain que ton préavis ne doit pas lui faire plaisir... mais m'est avis que la SNCF restera profitable malgré l'arrêt de travail. D'ailleurs, ça pourrait être dans l'intérêt de la SCNF de ne pas céder à tes revendications et de pourrir le dossier. C'est une méthode patronale qui a fait ses preuves. Du coup, toi tu n'obtiendras rien, les profits de la SNCF seront à peine écornés... et cette stratégie perdant-perdant n'aura servi à rien. Un coup d'épée dans l'eau.

Sauf que, vois-tu, moi, ta grève, elle m'emmerde. Ben oui, devine quoi ? J'ai prévu de partir en vacances à Noël, rendre visite à mon père que je n'ai pas vu depuis un an, et j'ai choisi le train comme moyen de transport. Parce que la SNCF est un établissement public, parce que c'est écolo de voyager en train, parce que c'est rapide, parce que ça paye ton salaire et que j'aime bien payer le salaire de gens qui assurent une mission de service public.

Et je ne suis pas la seule.

Je connais des dizaines de personnes qui ont décidé de prendre le train pour échapper un peu au train-train quotidien. Et toutes ne sont pas aussi heureuses dans leur boulot que je le suis. La plupart de ces personnes ont des conditions de travail et de vie difficiles, un métier sous-évalué et ne sont pas rémunérées à leur juste valeur. Comme toi. Comme tes collègues.

Elles attendent les congés de fin d'année pour enfin prendre un repos mérité, rejoindre leurs familles qu'elles ne voient pas assez souvent, retrouver leur amoureux/se, aller faire la fête avec leurs potes de lycée, se défoncer sur les pistes de ski... toutes espèrent ainsi oublier les conditions de travail difficiles et métier sous-évalué susmentionnés. Elles ont économisé sur un salaire sans prime pour s'offrir ce voyage, elles se serrent un peu la ceinture mais quand elles seront dans le train, ça ira mieux, elles pourront enfin commencer à profiter de leurs vacances tant attendues.

Sauf que tu as déposé à un préavis de grève et que tes collègues et toi risquez de les clouer à quai ces trains qui mènent au bonheur. Je sais que tu le fais pas exprès de nous rendre la vie difficile. Mes copains et moi (ne) sommes (que) des victimes par ricochet de ton combat sans merci pour obtenir trois sous de plus pour les salariés que tu défends.

Mais je te le demande, syndicaliste militant, est-ce que ce que tu défends est si important qu'il faille que des milliers d'autres salariés, peut-être même des millions (je n'ai pas les statistiques sur les fréquentations des gares en Décembre), soient privés des vacances qu'ils préparaient depuis des mois ?

J'imagine que chacun a ses priorités.

Nous n'avons vraisemblablement pas les mêmes.

Bien à toi, Camarade,

Doudette

jeudi 1 décembre 2011

Plaidoyer pour une jeunesse en difficulté

La jeunesse est notre avenir... je l'ai dit, je le redis.

Alors je soutiens cette action des Apprentis d'Auteuil, qui parle à la WorkingMom que je suis, et attend de voir ce que nos candidats à la Présidence de la république vous bien pouvoir répondre.

J'en profite pour réitérer ma question d'ici à notre future Président : c'est quoi le Business Plan ?






Et merci à Xavier Moisant pour le lien
(de l'intérêt des échanges sur twitter comme je le disais il n'y a pas si longtemps que cela...)