dimanche 15 janvier 2012

Dis moi quelle langue tu parles...



Hello,


J'ai revu le deck que tu m'as shooté hier. Pas mal du tout. Tu fais bien passer le message. J'insisterais un peu plus sur le background dans la première partie. Il faudrait aussi élaborer sur l'impact business, notamment en terme de ROI et d'OPEX... Je vais nous plugguer un call pour qu'on puisse revoir les slides ensemble et faire les edits nécessaires. Je demanderais bien son input à Trevor si tu es ok de sorte qu'on puisse donner un feedback constructif lors du meeting du 26.

D'ailleurs à propos du meeting du 26, t'as reçu une invite ? Parce que je n'ai aucun meeting request dans mon inbox et ça commence à m'inquiéter. Je crois que Nathalie est complètement sous l'eau et qu'elle m'a oubliée dans sa distribution list. Merci de me forwarder l'invite si tu l'as reçue que je puisse m'assurer de ma disponibilité.

A date, mon agenda est vide pour le 26 mais ça se remplit vite et j'ai deux ou trois gros meetings que je dois scheduler ce mois-ci. Donc, le plus tôt, le mieux.

Merci de ton retour rapide.

Cdt.


Parfois, la façon dont nous communiquons dans un monde professionnel où la novalangue est banalisée me contraint à m'interroger sur l'effet de la langue sur la structuration de notre pensée. A force d'employer des anglicismes, des approximations syntaxiques, des acronymes, ne sommes nous pas formatés pour ne réfléchir que d'une certaine façon ? Qu'avons-nous gagné (et perdu) à tous employer les mêmes tournures de phrase, même quand nous employons notre langue natale ?

Si nous ne sommes plus capables, par flemme ou par convention, de construire un discours sans nous tourner vers la facilité d'un vocabulaire couramment employé dans un certain milieu professionnel, cela entraine-t-il nécessairement un appauvrissement corrélatif de notre pensée ?

Penser différemment, hors cadre, proposer autre chose que ce que l'on attend de nous, est-il encore possible ? Oui, juridiquement, techniquement, philosophique, c'est possible. Mais à force d'employeur le même langage, ne sommes-nous pas en train de réduire notre champ de réflexion.

En n'énonçant pas clairement, cela remet-il en cause notre capacité à bien concevoir ?

La poule, l'oeuf, tout ça...

10 commentaires:

  1. Quand j'entends les mots "en termes de" ou "j'ai envie de (te) dire", pour me détendre, je pense à deux escargots insouciants faisant la course sur une feuille de laitue.

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  2. Idem pour tous les #WTF #Check et j'en passe. D'ailleurs, je me demande si, en dehors de toute considération linguistique, ces # ne remplacent pas les smileys. Non seulement on anglicise mais on redonde, on commente son propre commentaire (ça me fatigue :p)

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  3. J'avoue que je ne comprends pas trop l'intérêt de ces anglicismes inutiles entre francophones.

    Qu'on utilise la langue anglaise pour discuter avec des anglophones, ou lorsqu'il y a notamment des anglophones dans la conversation, c'est tout à fait logique et légitime, mais dans ce cas, la totalité des phrases est en anglais.

    Qu'on utilise parfois des anglicismes à l'intérieur de phrases françaises lorsque ce qu'on veut exprimer existe en anglais et n'existe pas avec un sens strictement identique en français, je peux encore comprendre.

    Mais qu'on introduise des mots anglais (ou anglicisés, comme les verbes anglais auxquels on ajoute "er" à la fin pour l'infinitif) dans une discussion entre francophones, alors qu'utiliser de tels mots n'apportent strictement rien à personne, si ce n'est un "style" particulier, je trouve ça vraiment dommage pour notre langue.

    Pour autant, je ne suis pas convaincu que ces choix appauvrissent nécessairement notre pensée ou remettent en cause notre capacité à bien concevoir. Si les mots "corrects" étaient utilisés à la place des anglicismes et acronymes, le sens des phrases serait sans doute strictement identique. Mais ces textes seraient, à mon sens, beaucoup plus agréables à lire...

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  4. Mais quelle perte de temps ce message ! en trois phrases de bon français c'était plié !
    Je crois surtout que ces façons de s'exprimer ghetto peuvent faire qu'un jour personne ne comprendra à part les concernés... Je pense qu'il y a un grave effet de mode et de se prendre au sérieux quand on utilise à outrance ce vocabulaire dans le travail alors que ce n'est pas toujours nécessaire, en d'autres termes, certains se la pètent grave mais un message comme celui-là, je le trouve plutôt débile donc, effet raté ! J'en ai parfois en conférence ou autre, ceux qui pensent tout savoir parce qu'ils emploient des mots anglais que personne ne comprend ou presque !

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  5. sans blague c'est possible un tel message?????????????????????????

    Valérie

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  6. Dans ma boite je lutte contre les "erection et commissioning", les KOM, "agenda" employé dans le sens d'ordre du jour, mais je dois être le seul. Certains linguistes expliquent que le français, est né du latin parlé par des germains. Peut-être l'anglais parlé par les français donnera-t-il naissance à une nouvelle langue qui remplacera la nôtre, laquelle deviendra dans quelques décennies aussi étrange à nos descendants que celle de Montaigne l'est pour nous.
    Il me semble évident que plus nous avons des termes précis à notre disposition et plus nous sommes capable de penser finement et d'articuler un raisonnement.

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  7. Que le langage formate et enferme notre pensée, j'en suis sûre. En bio, on parle du "rôle" ou de la "fonction" des molécules (plutôt que de "propriété" ou "fonction"), ce qui est une vision très orientée, sous-entendant que la vie a une finalité. Et c'est effectivement une idée qui est souvent présente dans les travaux de biologie (qui posent la question du "pourquoi" plutôt que du "comment").
    Pour autant je pense que le langage est capable d'évoluer... le meilleur exemple c'est l'anglais, justement, qui a évolué en acquérant et inventant de nouveaux mots. Après tout 1/3 des mots anglais viennent du français ! L'anglais est devenu très redondant, mais surtout assez riche pour pouvoir exprimer une multitude de nuances.
    Pour en revenir au texte, il y a tout de même 2 ou 3 termes que je ne me verrais pas remplacer par du français. Quels seraient les équivalents de background, input ou feedback ? Historique, avis, retour ? Selon moi ça n'a pas le même sens, je préfère les termes anglais.

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    1. je voulais dire "propriété" ou "effet", pas fonction, bien sûr :)

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  8. Bonjour, j'arrive chez vous un peu au hasard de ma navigation, je m'arrête, j'entre ... Et j'y reste. Votre univers et votre humour m'ont enchantée, A très bientôt ,,,

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  9. Ton billet me parle particulièrement, vu que travaille dans une boîte anglaise. En ce qui me concerne, et au delà du fait que je trouve l'Anglais plus adapté dans beaucoup de situations, ça ne me dérange pas plus que ça. Je ne pense pas que la plupart des gents utilisent ces mots pour montrer une supériorité quelconque mais plus par paresse, facilité: il y a des mots qui viennent plus facilement que d'autres.
    Finalement, écrire un message 100% en Français relève, de plus en plus, de la "gymnastique" mentale ...

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