vendredi 6 janvier 2012

Open Space ou Home Office

Tu le sais, lecteur, dans mon super boulot que j'ai depuis presque deux ans (oui, deux ans déjà), j'ai le choix entre la solitude de mon home office et la convivialité de l'open space. Entre les deux, mon coeur et ma conscience balancent.

Je te propose donc une étude comparative et subjective des deux et tu pourras me donner ton avis.


1. Le transport

Home Office : pas de transport, à moins que l'on considère que le trajet de mon lit à mon bureau soit un trajet qui mérite qu'on s'y attarde.

Open Space : RER A, puis RER B. Ai-je besoin d'en dire plus ?


2. L'information

Home Office : après avoir ouvert l'ordinateur, l'avoir connecté au réseau, m'être étonnée que cela fonctionne, avoir lu et répondu aux premiers emails urgents, première pause café avec twitter. Je découvre les dernières informations essentielles, à savoir la bourde de #laredoute sur ses pages enfants et la bourde de #hollande qui aurait traité #sarkozy de #SaleMec. Si tu te demandes pourquoi je mets des dièses partout, lecteur, c'est que tu fais partie de la #teamOpenSpace, pas de la #teamHomeOffice. Tant pis pour toi.

Open Space : après m'être installée sur une hot desk disponible (et heureusement, parce que j'avais encore oublié de réserver !), laquelle n'est pas une table chaude mais un bureau sans propriétaire fixe, lecteur ignare, je profite des conversations des collègues qui devisent à voix haute et intelligible dans la tranchée juste derrière. Ces collègues ont découvert le sexe turgescent du baigneur de la Redoute grâce au Petit Journal de Canal + et le "Sale Mec" de Hollande grâce à iTélé. Tout cela deux jours après que j'en ai pris connaissance via twitter. Reste à savoir si être dépositaire d'une telle information 48 heures avant ses collègues a le moindre intérêt professionnel...


3. Le café et le thé

Home Office : pour la pause café, j'ai le choix entre trois machines à capsules qui produisent du thé et du café de qualité pour tous les goûts et toutes les heures de la journée. Je peux, si je le souhaite, me calmer au déca et à la tisane ou me booster au café corsé et au thé noir. Toi qui sais ce dont une journée de travail est faite, tu peux apprécier l'importance de ces breuvages stabilisateurs d'humeur, indispensables au passage du temps...

Open Space : ici aussi grand choix de breuvages, entre le café à capsules, lesquels sont commercialisées par le Comité d'Entreprise et la machine a café instantané, commercialisé par un tiers. Y a même un distributeur d'eau froide, tempéré ou chaude et un distributeur de canettes de sodas... et de soda, il n'y a point au Home Office. Ce qui me fait penser que je devrais acheter du coca... sauf que c'est pas bon pour la santé et que ça excite. Mais, quand même, si y en a au bureau de l'open space, pourquoi y en aura pas dans mon bureau de chez moi ? Parce que. Ben oui, parce que. Na !


4. Le déjeuner

Home Office : si je veux (si j'veux hein...), je sais me faire de super petits plats pour mon déjeuner. Même que je pourrais mitonner des repas équilibrés ! Ok, d'accord, j'ingurgite une tranche de jambon, un Babibel, un yaourt et une clémentine devant l'écran entre deux conférences téléphoniques. Et ne me dis pas que ce n'est pas équilibré : protéines, glucides, vitamines, tout y est ! Ah !

Open Space : des repas équilibrés et variés pour 5 euros à la cantine, ça existe. D'accord, ce n'est pas de la grande cuisine mais ça se laisse manger. Et la cantine bénéficie d'un éclairage en lumière naturelle avec vue sur un jardin. C'est pas choupi, ça ?


5. La convivialité

Home Office : je convivialise avec Fili. D'ailleurs, je le sors une ou deux fois par jour. Ça me permet de prendre l'air. Or, j'ai besoin de prendre l'air. Ce qui est bien avec Fili c'est qu'il a une conversation intéressante. Quand je lui dit "tu veux sortir ?", il répond en battant la queue. Si je lui dis "tu veux jouer ?", il m'apporte sa balle gluante. Ça coupe un peu les après-midi de conference call. Et puis vers 16:45, un Poussin ouvre la porte du bureau et demande d'une petite voix murmurante "t'es en call ?" puis il referme la porte délicatement à la vue des écouteurs sur mes oreilles.

Open Space : je convivialise avec les copines. Coucou les copines ! (elles lisent le blog, les copines, c'est pour ça que leur dit coucou, tu vois, lecteur curieux qui pose des questions indiscrètes). On se raconte les potins du bureau, les potins en dehors du bureau, on commente les annonces corporate. Quand je dis "tu veux sortir ?", la copine m'apporte son paquet de clopes en disant "let's go !". Vers 4:45, la copine me tape sur l'épaule et dit "attention, quand t'es en call, tu parles trop fort". Elle a raison la copine, avec le casque sur la tête, je ne m'entends pas, je hurle.


6. Le travail

Home Office : quand on est seul à la maison, on n'a rien d'autre à faire que de bosser. Du coup, on enchaîne les calls et les emails. Et comme on n'a pas de trajet, on s'y met tôt, on finit tard s'il le faut, on est hy-per-e-ffi-ca-ce. Et comme on n'est pas dérangé, on peut bosser sur un dossier plusieurs heures d'affilées. Bon, parfois, on s'emmerde, on aimerait bien parler à quelqu'un. Heureusement, il y a l'IM. L'IM c'est Instant Messenger, ça marche avec Outlook. Ça permet de faire coucou aux copines du bureau - Coucou les copines ! (oui, encore) - et de couper la journée. Et quand on veut faire une micro-pause, on peut faire un petit passage twitter, parce que 2 minutes suffisent pour obtenir de l'information et échanger des conneries (voir le point 2 ci-dessus).

Open Space : bon, alors, voilà, le travail... En Open Space, c'est là que le bas blesse. Y a pas moyen de m'y mettre. C'est pathologique. D'abord, la majorité des projets sur lesquels je bosse sont confidentiels et pas du tout destinés à être partagés avec un plateau de 150 personnes. Ensuite, l'Open Space, c'est plein de sollicitations quand on a envie de convivialiser. Toujours quelqu'un avec lequel aller prendre un café. Un thé. Un coca. Je passe mon temps à dire bonjour salut hello tu vas bien tu as passé de bonnes vacances tu as passé un bon weekend tu travailles sur quoi en ce moment bonne année joyeux noël joyeuses pâques ... A force de convivialiser, je réalise à la fin de la journée que je n'ai rien fichu. J'admets que c'est aussi parce que je n'y vais pas souvent, dans l'Open Space, que ça me fait cet effet là. Avoir des êtres humains de plus de 8 ans à qui parler à une heure diurne, ça me met dans des états pas possibles. Faut pas trop que j'abuse.


En conclusion, tu vois, lecteur, entre l'Open Space et le Home Office, mon coeur balance... et Coucou les copines !

11 commentaires:

  1. Si j'ai bien tout compris : la maison, c'est super pour bosser efficace. Et le bureau, c'est super pour la vie sociale.
    Logique. :D

    Home office ici. Avec socialisation dans les bureaux des partenaires. Et les copines de sortie d'école.

    RépondreSupprimer
  2. J'ai attendu le "tu veux jouer ?" lancé à la collègue, mais il n'est pas venu.

    RépondreSupprimer
  3. Quand je travaille de la maison, je suis ultra efficace...mais c'est seulement pour les jours de grève. Je voudrai avoir le choix comme vous! Peut-être en changeant de groupe? En finance d'entreprise, je ne connais pas beaucoup de cas de home office, mais si on me le proposait, ce serait vraiment oui direct.

    RépondreSupprimer
  4. Enfin être au bureau empêche pas d'aller sur twitter pour faire des pauses aussi :)

    Moi ce qui m'embête avec le home office c'est la proximité de mes jeux vidéos. Pas facile de pas craquer.

    RépondreSupprimer
  5. j'ai moi aussi testé les 2. je pestais souvent contres les gens qui disaient "oh mais quelle chance tu as de pouvoir bosser de chez toi." sauf qu'il ne voyait que les bons côtés. et c'est pas toujours facile de bosser chez soi. Surtout quand on est un procrastinateur comme moi. tout est prétexte à repousser la tâche. ... mais quand je bossais pour Wikio, j'allais régulièrement en open office voir les collègues, les copains, besoin de voir des humains. mais c'est certain, si j'avais eu à prendre RER A et B j'y aurais réfléchi à deux fois.

    RépondreSupprimer
  6. J'ai fait 4 ans de home office.. et à la fin, j'ai un peu saturé. Mais j'aurais aimé comme toi pouvoir alterner. Et j'espère que mon prochain job m'en donnera la possibilité !

    RépondreSupprimer
  7. Dans l'absolu j'aimerais travailler à la maison, dans ma réalité je sais que je j'en serais incapable car trop de sollicitations chez moi... au bureau je suis tranquille, pas en open space et la convivialité se fait en se croisant dans les couloirs où à la pause café, déj...

    RépondreSupprimer
  8. "Tu vois, lecteur, entre l'Open Space et le Home Office, mon cœur balance...": ce que je vois surtout, c'est que vous avez le choix (une vraie chance) et que votre cœur a très nettement pris position pour la solution 2 ! Ce qui, en terme d'efficacité (et je pratique aussi, donc je partage) est hyper top. Moins en terme de convivialité, mais pour moi en Open Space la machine à café est plus source de temps perdu que de vrais échanges. Donc je vote Home Office!

    RépondreSupprimer
  9. Après plus de 13 ans d'open space, immergée 9h/jour dans une langue et une culture différentes de la mienne, je ne peux plus les voir en peinture (j'ai déjà expliqué pourquoi sur mon blog),je suis devenue grave associale, et puis j'en ai marre des 3h de trajets quotidiens, donc JE REVE d'home office. Malheureusement totalement incompatible avec mon job actuel. CQFD

    RépondreSupprimer
  10. Je vote pour le Home Office! Pour le choix, tout dépend de l'entreprise ET du manager! Dans la série les joies de l'Open Space, il y a également ceux (majoritairement des hommes, je dois dire), qui pensent certainement se donner une contenance en beuglant à longueur de journée dans leur oreillette, tout en faisant les 100 pas sur le plateau. Un vrai bonheur, je recommande!

    RépondreSupprimer
  11. Et d'ailleurs, coucou copine! :)

    RépondreSupprimer