Pffffff... Comment dire que je ne suis pas DU TOUT d'accord sans hurler et ruer dans les brancards ?
Petit rappel biographique pour remettre les choses dans leur contexte subjectif :
- Je suis juive athée-mais-juive-quand-même-tu-peux-pas-comprendre-t'es-pas-juif ; le Doudou est catholique tendance si-je-m'écoutais-je-serais-protestant-parce-que-Dieu-je-lui-cause-quand-je-veux-où-je-veux.
- Du moment où le Doudou et moi avons décidé de devenir parents, nous avons également décidé de nous marier. Cela nous semblait évident.
- Il ne nous a pas traversé l'esprit de nous marier religieusement pas plus que l'idée ne pas nous marier n'a germé dans nos cerveaux amoureux.
- Nous nous sommes mariés un jour de mai en haut d'un escalier tournant, dans une salle à grand lustre d'une mairie moderne.
Nous voulions un mariage républicain.
Nous voulions la lecture du code civil.
Nous voulions sortir ensemble d'une maison commune, au fronton de laquelle les mots Liberté, Égalité, Fraternité seraient gravés dans la pierre.
Le mariage républicain est un mariage devant la Nation, un mariage devant la Société. Se marier civilement, c'est crier son amour et les engagements en découlent à la face du monde ! Faire bisque bisque rage aux fâcheux ! En nous mariant, nous décidions que nous étions le noyau d'une famille. Nous aurions pu décider de ne pas avoir d'enfants, ou ne pas pouvoir en avoir. Nous aurions néanmoins été une famille pour la Société, pour l'Etat. Nous aurions aussi bien pu prendre les mêmes engagements (moraux) sans nous marier, tu me diras lecteur. Sans doute mais dans ce cas, cette déclaration n'aura pas eu de valeur universelle. Nous aurions pu le dire, l'écrire mais la portée de cette déclaration aurait été limitée. Cela n'aurait pas eu la valeur d'un acte d'état civil.
Je crois au mariage civil, aux traces qu'il laisse dans l'histoire familiale, dans l'Histoire tout court. Quand tu es née juive avec la moitié de tes aïeux disparus trop jeunes, trop seuls, tu t'attaches à des bouts de papier pour reconstruire ton identité, et ce n'est pas ceux qui collectent ces données là qui me contrediront.
Dans les pays où le mariage civil n'existe pas, les mariages mixtes sont compliqués, le communautarisme exacerbé. Ce communautarisme autorise le rejet de l'autre, l'exclusion de celui qui ne veut ou ne peut rejoindre un temple ou une église. Le mariage civil permet de franchir les barrières tout en donnant une légitimité à ces couples où l'un ne peut ou ne veut épouser la religion de l'autre, à ces couples qui n'ont pas de religion, qui se refusent à choisir.
Un acte de mariage civil prouve l'attachement du couple à un pays, à des institutions. Il est fondateur de la famille civile. Le mariage religieux n'aura jamais cet attachement des principes reconnus par les lois du pays. Ainsi, le mariage civil a un rôle intégrateur dans la société, il intègre ces étrangers qu'on fustige, il intègre les laissés pour compte. Il met sur le même plan, dans la même salle des mariages d'une mairie défraîchie, le cadre supérieur et l'employé de bureau. La cérémonie est la même pour tous. Les obligations légales, ânonnées par un adjoint au maire las mais souriant, l'écharpe tricolore sur le ventre bedonnant, rappelle que le mariage n'est pas un long fleuve tranquille, que le droit s'y applique comme ailleurs. C'est un formidable agrégateur social.
Voilà, pour toutes ces raisons et bien d'autres (personnelles et fleur bleue), je refuse de croire que le mariage civil est une institution décadente.
Supprimer le mariage civil ? Quelle idée saugrenue !
Supprimer le mariage "civil", voilà une idée assez curieuse. Je vais aller lire le billet de Thomas pour comprendre comment une idée "lumineuse" a pu naître dans son esprit.
RépondreSupprimerOui...pourquoi, je ne comprends pas bien, l'un est un engagement terrestre l 'autre spirituel c'est comme ne pas saler parce qu'on a poivré...
SupprimerIl est ou ce billet curieux
Comme d'habitude tu as bien traité le sujet !
Moi si je m'engageais sur cette voie ça serait évidemment sous les ors de ma République et ensuite j'irais le murmurer à mon Dieu
Effectivement l'idée de suppression est étrange... mais quand on lit l'article et d'un point vue purement religieux, on peut comprendre. Juste que cela oublie tout un pan de la société.
SupprimerPour moi et légalement, le seul mariage valable est le mariage civil, devant les hommes. Celui qui engage pour l'état civil et les enfants, devant la société et... fiscalement. D'ailleurs depuis la séparation de l'église et de l'état, il ne peut y avoir de mariage religieux qu'APRES le mariage civil, c'est dire. S'il devait y avoir des questions sur un mariage, ce serait sur le mariage religieux, mais je ne me vois pas le droit d'interférer dans les choix personnels des gens !
RépondreSupprimerje n'ai rien contre le mariage religieux qui pour moi ne peut qu'être un plus ou à un à-côté...
SupprimerPetite précision : je ne défends pas la suppression du mariage civil! Je constate la perte de valeur au plan juridique et social. La thèse de la suppression est plutôt défendu par des personnes dont on peut dire qu'ils sont à mon opposé idéologiquement. Je défendrais davantage la possibilité d'un choix entre deux (ou trois) formes de célébration avec les mêmes effets juridiques.
RépondreSupprimerJ'aimerais bien que le mariage civil soit revalorisé mais ce n'est pas les mesurettes proposées qui y parviendront.
Merci pour cette explication... et pour les édits sur ton billet. Je suis beaucoup plus optimiste que toi sur l'avenir du mariage civil. Et je ne crois pas que le mariage religieux suffise. Comment s'assurer que les règles religieuses ne priment pas sur les règles civiles (monogamie, égalité entre les époux, etc.) en l'absence de mariage civil ?
SupprimerJ'ai lu le billet de Nicolas Mathey, plutôt pessimiste, et je partage son avis.
RépondreSupprimerMais comme il le relève, "La protection de la famille et du mariage est peut-être même un élément nécessaire d’une authentique politique républicaine".
Je doute donc qu'il souhaite un écroulement et une disparition du mariage civil. Ce qui est également loin d'être mon cas.
L'absence de réflexion générale sur l'évolution des relations sociales et du rôle du mariage comme modèle ou simple réceptacle à ces changements en font cependant une Institution en difficulté.
Je ne pense pas que ce soit une institution en difficulté. Je crois au contraire en la force de cette institution républicaine.
Supprimerje pense qu'il y a toujours une demande sur une cérémonie publique, dans le sens où comme tu l'écris l'union se célèbre avec ceux que l'on aime et aux yeux de tous.
SupprimerAprès, sur son contenu, sa connaissance par les mariés, je suis beaucoup plus sceptique.
Entre les couples mariés civilement et ceux non mariés, tu as l'impression qu'il y ait une différence fondamentale ?
Et pour toi, qu'est ce qui fait la force du mariage civil ?
Le mariage civil est un cadre qui contraint mais offre également des droits. On peut choisir de ne pas se marier (c'est un choix légitime) mais supprimer le mariage civil reviendrait à supprimer ce cadre pour ceux qui le souhaitent. Et je suis contre cette idée.
SupprimerJe suis bien d'accord avec toi doudette, et que dire des curés qui te refusent, ne serait ce qu'une bénédiction religieuse parceque tu épouses un homme dovorcé ??? Depuis ce jour là, je suis comme le Doudou, le bon Dieu, j'y cause directement oú je veux, quand je veux ! Heureusement que l'accueil dans la mairie de mon enfance à été plus chaleureuse !
RépondreSupprimerJe pourrais en écrire des tonnes sur l'Eglise catholique et ses archaïsmes vu tout ce qu'on m'a raconté... mais je n'ai aucune légitimité pour le faire.
Supprimerà titre personnel, je ne pense pas que les prêtres aient le choix de ne pas respecter le caractère unique du mariage religieux.
SupprimerSes corollaires, refuser sa fin, hors annulation (enfin, dans ce cas de figure, il est plus ou moins sensé ne jamais avoir existé), et refuser de donner un cérémoniel approchant un peu trop justement le mariage.
La bénédiction est je crois un des éléments du rituel du mariage catho, d'ailleurs les mariés peuvent opter pour elle seule, excluant une messe préalable.
Il me semble que c'est un problème de cohérence.
Par contre, je partage totalement le désarroi de chalipette. La radicalité de l'Eglise est déjà discutable, sur la pastorale famille, qu'elle en vienne à nier la spiritualité que peut revêtir une union, cela me choque profondément.
C'est de l'ostracisme pur et simple.
Je repense à ma prépa au mariage, pas loin d'un couple sur deux comportait un membre non catholique.
Et ainsi préparer le mariage pour le membre non catho - parfois pas baptisé - apparaissait comme une démarche personnelle qui visait à comprendre le croyant du couple. Et il y avait une réelle signification pour les 2 membres de se marier en l'Eglise.
Bizarre, donc, que l'Eglise catho vive avec son temps quand elle peut espérer enrôler de futurs croyants (époux et futurs enfants), elle ouvre ses institutions fondamentales. Mais quand il s'agit de punir les divorcés et par ricochet ceux qui les aiment...