dimanche 19 février 2012

Les valeurs de la force, la force des valeurs

A y est, Il est candidat !

Il l'a annoncé à la télévision nationale et néanmoins privée, il y a quelques jours. J'ai dit à chaud ce que j'en pensais dans le poste (c'est à peu près 89 minutes).

Passée la surprise du contenu du discours accompagnant la candidature, laquelle candidature est loin d'être une surprise, voici venu le temps du choix.

J'ai longtemps hésité sur mon vote pour le premier et le second tour de la Présidentielle à venir. Aucun candidat ne me plaisait totalement et j'avançais à tâtons, au rythme des discours et des interviews à la recherche du moins mauvais. Je n'ai pas encore décidé, rassures-toi, lecteur, je vais encore t'en entretenir au fil de billets longs et ennuyeux. Reste que je viens d'éliminer un candidat : Lui.

Pourquoi l'éliminer ?
(tu noteras, lecteur, que - comme Lui - je fais les questions et les réponses).

Parce que ses valeurs (exprimés dans le Figaro Magazine) ne sont pas les miennes.

Ça te parait foireux comme justification. Tu te dis que j'aurais pu et dû regarder le contenu du programme, me prononcer sur les mesures envisagées. Je te réponds que, vu comment les promesses de campagne de 2007 ont été mises en oeuvre, quand elles l'ont été, il vaut mieux faire un choix sur des valeurs que sur un programme. J'ai moins de chances d'être déçue.


1. Le Travail

"[I]l faut récompenser le travail et renforcer la considération qu'on lui porte. Il ne s'agit pas seulement de dire qu'il faut travailler pour réussir - c'est l'évidence - mais que le travail est une valeur en soi, nécessaire à l'accomplissement de l'individu comme à la cohésion de la société. Tout ce qui peut alléger le coût du travail, récompenser l'effort, le mérite, faire la différence avec l'assistanat, doit donc continuer à être mis en œuvre de façon systématique."

Mettre le travail au centre de tout me semble une erreur sociologique et philosophique. Bien sûr que le travail est important, structurant et que, dans une économie de marché que plus personne ne renie, il reste le premier moyen de subvenir à ses besoins. Mais le travail ne peut être le but d'une existence. On ne travaille pas pour travailler. On ne s'accomplit pas uniquement par le travail. Une vie équilibrée doit avoir plusieurs piliers. La famille. Les amis. Les échanges avec les autres en dehors de tout lien de subordination, de tout lien marchant me semblent tout aussi importants - voire plus - que ceux noués dans le cadre de la relation de travail.

En outre, mettre le travail au centre de tout, c'est croire que tout le monde peut avoir un travail. Je ne suis pas économiste (Dieu m'en garde, les chiffres et moi sommes fâchés depuis 1987, année de Seconde). J'ai cependant de vieux souvenirs de fac où l'on m'avait expliqué qu'une dose de non-emploi était un élément structurant de l'économie de marché.

D'où les systèmes d'assurance contre le chômage. Parce que le chômage est l'une des composantes de nos sociétés modernes, s'assurer un revenu pour couvrir les périodes de non-emploi est désormais nécessaire, y compris au delà des professions salariées. Les dirigeants et les entrepreneurs s'assurent à la GSC, les avocats ont désormais la possibilité de prendre une assurance perte de collaboration et j'imagine que tout le monde se prépare à être sans emploi à un moment ou un autre de son existence.

Opposer le travail à l'assistanat dont on ne sait bien ce qu'il recouvre mais dont on suppose (au regard du reste de Ses propos) qu'il s'agit du chômage ne fait donc pas de sens. On n'est pas assisté quand on est au chômage, on est indemnisé pour faire face à une période de non-emploi et on s'est assuré pour cela. C'est la raison pour laquelle la période d'indemnisation est limitée, des formations sont offertes au chômeur, le chômeur a une obligation de prouver qu'il recherche activement un emploi et ne peut refuser toutes les offres qu'on lui présente. Le système est encadré, comme dans tout contrat d'assurance.

La mesure proposée par Sarkozy, laquelle ne vise qu'à durcir un processus déjà très contraignant, n'apporte rien. Assurer un meilleur contrôle de l'existant serait sans doute beaucoup plus efficace. En outre, on présente une mesurette, une adaptation de ce qui existe déjà, comme une révolution.

Voilà qui est malhonnête, démagogue et racoleur.

Vouloir soumettre cette mesurette au référendum est d'ailleurs stupide à double titre : (i) ce n'est qu'une mesurette (depuis quand soumet-on la moindre adaptation législative au peuple ?), (ii) c'est une réforme très technique, rendue encore plus complexe du fait de la structure du Pôle Emploi, issu d'une fusion compliquée entre ASSEDIC, UNEDIC et ANPE, et je défie nos gouvernants de la rendre intelligible à tous. M'enfin, on ne répond jamais à la question posée dans un référendum, n'est-ce pas ce qu'on dit ?


2. La Responsabilité

"Je mettrai sur le même plan la responsabilité. C'est elle qui donne son sens à la liberté. On est libre pour autant que l'on est responsable - vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis des autres. Je mets donc la responsabilité comme complément indispensable à la liberté. La liberté sans frein ni limite, la liberté comme principe d'une société où tout serait permis, où l'on n'aurait pas à rendre des comptes, n'est pas une valeur dans laquelle je me retrouve. Je crois à la démocratie, à la liberté de parole, à la liberté de critique, mais quand je vois ce que certains financiers ont fait de la liberté - liberté de gagner toujours plus, toujours plus vite et sans limite - je suis encore plus convaincu du danger d'une société sans règle, sans contrôle et sans régulation."

Outre le fait qu'Il fait l'amalgame entre responsabilité et liberté, je ne comprends pas bien le sens de cette prétendue valeur. Bien sûr que la liberté s'accompagne d'une responsabilité ! On n'est pas une nation d'anarchistes !

C'est même dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qui fonde notre République :
"La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi."
Chaque liberté a ses limites et s'accompagne d'une responsabilité envers les autres.

Nous sommes donc en présence d'un enfoncement de portes ouvertes caractérisé.

Quant à accuser "la finance" de tous les maux, je ne comprends toujours pas ce que Lui et les autres reprochent à cette entité floue et nuageuse qu'est la finance. Reprochons à certains banquiers des abus, à certains investisseurs une absence de contrôle sur leurs investissements mais arrêtons de blâmer quelque chose qui n'existe pas. En outre, blâmer la finance, c'est oublier que les sous dans les banques viennent de quelque part, à commencer par nos porte-monnaies.

Ne me fais pas dire ce que je ne dis pas lecteur : je ne suis pas contre la régulation ! Des systèmes de contrôles meilleurs peuvent être mis en place. En Irlande, au Royaume-Uni, des lois récentes sont venues encadrer la façon dont certains salariés des banques sont rémunérés afin de les inciter à plus de prudence.

Quant à savoir si cela sera efficace, si l'individu peut être contraint par la loi à être raisonnable, je n'en suis pas certaine. Donne un jeu d'argent géant à un grand gamin, explique lui les règles du jeu et laisse le libre de jouer. Il respectera les règles du jeu - non sans les avoir interprétées à son avantage - mais cela le rendra-t-il raisonnable pour autant ? Si j'étais cynique, je dirais : tu rêves, Herbert ! J'ai vu les Poussins, être jeunes et innocents, découvrir le Monopoly. Même si l'enfant ne contrôle pas la banque, il comprend vite comment tourner le jeu à son avantage.

En résumé : la responsabilité, c'est très bien mais cela n'apporte rien de neuf sous les tropiques.


3. L'Autorité

"Enfin, l'autorité. Car aucun système ne peut fonctionner sans respect des institutions, des règles, de la famille, des parents, de la personne humaine..."

C'est donc au titre de l'autorité qu'Il se déclare contre une reconnaissance du mariage et de l'adoption par les homosexuels, contre un encadrement réglementaire de l'euthanasie (qu'Il appelle légalisation), contre le droit de vote des étrangers aux élections locales, pour une réforme des règles juridictionnelles régissant le droit des étrangers (qu'Il assimile aux règles de l'immigration, encore un amalgame).

Cette autorité là, je n'en veux pas.

De même que je ne veux pas d'une France Forte qui me protégerait et serait un bouclier contre le reste du monde et l'ennemi de l'intérieur. Je n'ai pas besoin d'être protégée. Je n'ai pas d'ennemi. L'étranger d'Europe ou d'ailleurs et mon alter ego. Il est aussi différent de moi que ma voisine de palier. Je suis d'ailleurs sans doute beaucoup plus proche de mes copains allemands, européens convaincus, que d'un militant Front National. J'ai - nul n'en doutera - plus d'origines communes avec le roumain, qu'on préfère appeler rom pour oublier d'où il vient, qui hante les couloirs du métro qu'avec un descendant de Valery Giscard d'Estaing, auquel paraît-il on doit la paternité de ce slogan (ici).

Je ne suis pas partisane d'une France qui montre les muscles.

La France que j'aime est terre d'accueil, terre d'exil. La France que j'aime partage ses valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité avec les peuples du monde qui veulent s'en saisir. Je suis française et fière de mon Pays, de son histoire. J'ai des ancêtres qui ont choisi ce pays pour être le leur. Ils venaient de loin, mes ancêtres, ils avaient beaucoup marché. C'est en France que leur voyage s'est terminé.

J'espère ne pas avoir à reprendre mon bâton de pèlerin à la recherche d'un pays où je serai fière de voir grandir mes enfants.

En attendant, je ne voterai pas pour Lui.

Et pour me protéger, si je veux quelque chose de fort, je choisirai Thierry.



18 commentaires:

  1. Totalement d'accord, même si tu oublies de préciser une chose :

    La charge de Sarkozy sur les chômeurs et l'immigration porte à la base sur un chiffre qui dit que environ 25% des immigrés sont au chômage.

    Il justifie donc ses deux mesures "référendaires" sur le chômage et l'immigration.

    Pour qu'un immigré légal travaille en France, l'immigration choisie de 2007 s'est muée en immigration presque zéro. La liste des 30 emplois "éligibles" a été réduite à 14, que des postes très techniques voire farfelus, et on a enlevé des choses comme l'aide à la personne (dont on sait pourtant que le secteur peine à recruter)

    Je m'égare du sujet : ce fameux chiffre de 25% de chômeurs immigrés est utilisé à des fins aberrantes. Les immigrés viendraient en France non plus pour voler le travail des français, mais pour voler le chômage !

    SCANDALE ! DEHORS !

    Sauf que tu le dit il s'agit d'une assurance, limitée dans la durée mais aussi et surtout soumise à une obligation de travail préalable. Pour faire simple, pour être au chômage, il faut en avoir le droit, il faut se le payer son chômage. Ce chômage, la France le leur doit !

    Euh voilà, tu l'expliques bien qu'il se trompe, tu sous entends ce que je dis, sans vraiment le dire au final, je crois :)

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    1. Je ne connaissais pas ces statistiques ni l'emploi qui en serait fait. Je crois que le chômage des immigrés n'est pas un problème en soi. Je ne crois d'ailleurs pas que le chômage soit un problème... tant que cela reste une phase transitoire entre deux emplois.

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  2. Je suis d'accord sur tout.

    Sauf sur un point (de détail) : "blâmer la finance, c'est oublier que les sous dans les banques viennent de quelque part, à commencer par nos porte-monnaies". Non. Le ratio crédits/dépôts est nettement supérieur à 1 pour l'immense majorité des banques. Sans même parler des produits dérivés hors-bilan qui n'ont carrément rien à voir avec nos dépôts.
    On ne peut pas faire croire au petit épargnant français que la situation financière actuelle des états européens est sa faute, il n'y est strictement pour rien.

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    1. Je ne dis pas que l'épargnant est responsable de la situation mais que la Finance n'est pas responsable de nos maux. Cherchons qui, quelles personnes, sont responsables. Sur ce point, Hollande m'énerve autant que le petit teigneux ;)

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  3. Bravo à toi pour cet exposé clair et bien argumenté... je suis tout de même surprise qu'avec tous ces arguments tu n'arrives pas à convaincre le doudou ;) parce que je crois qu'on peut être totalement à droite et ne pas cautionner Sarkozy (je dis n'importe quoi ?)

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    1. je te le confirme, je suis à la gauche de la droite... et je ne cautionne pas Sarkozy ;)

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    2. Je connais des gens de droite tout court, courant chiraquien, la droite traditionnelle et républicaine, gaulliste, qui ne votera jamais pour Sarkozy.

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    3. Oui...moi...je découvre un univers centriste que je foulais au pieds Parce que je pensais qu'il était faible, incapable de mener une nation...
      Je ne sais pas encore exactement pour qui je vais voter mais je sais une chose, tout comme Doudette, je ne veux plus de ce président et de ce qu'il incarne

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    4. Merci Marie, c'est courageux de dire qu'on est de droite sur la toile :)

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  4. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on a compris, en tous les cas, comme tu le dis, pour qui tu ne voteras pas. Soit.
    J'apporte ma petite pierre, et mon désaccord à ce text.
    Le travail: on ne travaille pas pour vivre, mais on vit pour travaille. Cette phrase est célèbre. Néanmoins, notre societé est sans appel; celui qui ne travaille pas n'y arrive pas. C'est ainsi. Et donc, pour pouvoir s'aménager des temps de famille, des réunions avec les amis, il faut, avant, avoir gagné un peu de l'argent. Bref, pas de bras, pas de chocolat.
    En ce qui me concerne, la valeur "travail" est primordiale. Je dirai même que, pour moi, c'est une valeur essentielle. Je suis de ceux qui pensent que celui qui veut PEUT travailler. Certes, en se déplaçant, en suivant un nouveau cursus, avec, très certainement, des inconvénients...
    L'assurance chômage est luxe, au coeur de la societé française. On le paye; cher. Mais cela vaut le coup. On peut, effectivement, tous, avoir, demain, un accident de la vie; quelque chose qui fasse que l'on perd son emploi. Oui. Même moi, fonctionnaire; cela peut m'arriver. Une affaire qui "tourne" mal", et personne ne se demandera comment j'ai servi pendant 15 ans, avant. Donc, ça peut arriver à tout le monde.
    Et pourtant, des profiteurs, il y en a. Des gens qui vont au bout du système, il y en a. Des gens qui touchent indûment, il y en a. Et je peux te dire que j'en vois beaucoup. J'en connais même qui travaillent juste ce qu'il faut pour avoir droit à quelques mois de chômage, et font, de la sorte, des cycles travail/chômage. Est-ce normal? je ne le crois pas.
    Pour ce qui est du "référendum", j'avoue ne pas avoir d'avis, et il est difficile d'en avoir, dans la mesure où ne connait pas la question; et je pense qu'elle sera un peu plus complexe que "pour ou contre l'assurance chômage".
    Pour ce qui est de la finance; qu'est-ce qu'on lui reproche? Eh bien de spéculer sur, justement, quelque chose qui n'existe pas. Parier sur des réactions. Et l'argent (même virtuel) tourne. un tweet, et hop, ça s'envole. Un autre, et l'action retombe. Juste sur des effets d'annonce. Donc tout cela n'a rien à avoir avec le travail que je reconnais. Qu'on fonde une action sur les résultats d'une entreprise est tour à fait normal. Mais on est loin de ce simple critère.
    On paye la prise de risque, et le clic. Pas le travail. Je ne me reconnais pas dans cette économie.
    L'économie de marché, oui. Mais régulée. Pas l'économie des multinationales, de ceux qui "jouent" en bourse, tels les traders (qu'est-ce que donc que cette éspèce???).

    "la France terre d'asile": c'est beau. Ca serait bien. Très bien. Et pourtant, c'est juste un rêve, juste naïf. Comment imaginer qu'on est en capacité d'accueillir toutes les populations pauvres du monde? C'est un mensonge que de leur dire "venez".

    Et pourtant... pourtant.... je suis un déçu du Sarkozysme. J'ai voté pour lui, en 2007. Pour les valeurs, pour la République "irréprochable".
    Et j'attend toujours. Les appelés sont ceux du système; pas ceux du mérites. Voir des syndicalistes avoir la légion d'honneur, d'autres être nommés "sous-Préfet", sur-réagir aux faits divers, plutôt que d'avoir une politique "cadre" de sécurité et justice...
    Bref, je suis déçu. Mais, pour autant, en face, je ne vois rien. C'est très sombre.
    Un point que j'accorde à celui dont tu parles: la posture internationale; il a la carrure internationale pour défendre la France. Et aucun de ceux qui sont en face ne l'a.
    Il nous reste quelques soixante dix jours... nous verrons bien.

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    1. Merci pour ce commentaire, qui montre que tous les points de vue sont nécessaires au débat.

      Je comprends tes interrogations, je sais que certains profitent du système, pour le chômage comme pour le reste mais les mécanismes de contrôle et de sanction existent déjà. Vouloir rajouter - encore - une loi ne changera pas le problème. Administrons mieux, contrôlons mieux, sanctionnons mieux, avec des mécanismes adaptés. Ce sera déjà beaucoup.

      Je veux juste rebondir sur un point. Tu fais référence à "l'économie des multinationales". De quoi parles-tu ? Les multinationales produisent, emploient, elles ne spéculent pas toutes. Apple est une multinationale, Total est une multinationale, ce sont des sociétés marchandes. Qui sont ces "traders" auxquels tu fais référence ? Un trader est quelqu'un qui commercialise. Tous ne spéculent à des fins exclusivement financière. Tous ceux qui spéculent à des fins financières ne le font pas sans éthique.

      Je suis de celles qu'il faut de la nuance en toutes choses...

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  5. J'ai choisi mon candidat mais j'ai aussi connu une période "je ne sais pas pour qui je vais voter mais je sais pour qui je ne vais pas voter". Pour Sarkozy. Déjà pour son bilan. Il nous a prouvé son incapacité à tenir ses promesses et à gouverner le pays. De plus, depuis qu'il fait campagne, il clame des valeurs (celles que tu cites) qui ne sont vraiment pas les miennes. Je n'ai rien a rajouter à ton article, il est complet. Merci a toi d'oser exprimer cela si justement.

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    1. Merci Lili. Pour le bilan, je suis nuancée. Certaines mesures économiques étaient nécessaires, son gouvernement les a faites. Courageusement.

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  6. Sur le bilan de NS, assez d'accord pour le critiquer en le remettant dans le contexte particulier de la crise. De volontarisme jamais il n'a manqué.
    Malheureusement, se pose toujours la question de sa limite : jusqu'où est prêt à aller Nicolas Sarkozy...
    Quelles sont ses valeurs, lui qui se dit en privé pro union homo et qui par envie de provoquer l'animosité s'y oppose vertement en public et en campagne.
    Lui qui parle de valeur de travail, quand il a acheté le silence de futurs ex ministres à coup de placards dorés - remember Boutin et son rapport sur la mondialisation ... - et tenté d'envoyer - ou toléré que son fils tente d'aller - à la tête de l'EPAD...

    Là, son début de campagne donne le ton.
    Après celle de 2007 où il annonçait un équilibre de centre droit réformiste, il n'a cessé de radicaliser son discours.
    Alors qu'elle reste marquée au fer rouge dans l'esprit de tous.
    Et quand il reparle travail, responsabilité, autorité, on ne s'attend plus qu'à leur version extrême, clivante, opposant français entre eux d'abord et français aux étrangers ensuite.

    Peut-on parler de responsabilité quand on se refuse soi-même à admettre franchement certaines de ses erreurs, en parlant la langue de bois à coups de "ce qui a marché et de ce qui a moins marché".
    A force d'autopersuasion, le Pdt sortant en perd me semble t il beaucoup de son pouvoir de conviction, celui qui emportait et bousculait beaucoup en 2007.

    Et, là je rejoins totalement la maitresse des lieux, le discours de Grenoble n'est toujours pas reconnue comme une erreur monumentale.
    Or, c'est ce qui empêche de façon rédhibitoire toute ouverture au centre.

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  7. Je suis surprise qu'il soit le seul (parmi les 3 principaux, bien sûr) que tu aies d'emblée éliminé ! D'autant que ses valeurs étaient déjà là en 2007.

    Globalement, je suis assez d'accord avec Chris : déçue, mais je ne vois vraiment personne en face.

    Je suis déçue par le style et les affaires, et par les soupçons de censure. Déçue parce que c'est raté pour le plein emploi, la croissance et la réduction de la dette.

    Mais il a su mener la réforme des retraites. Il a aussi mis en place l'autonomie des universités qui est, à mon avis, une évolution capitale.

    Surtout, le monde a radicalement changé depuis 2007. On a frôlé la catastrophe fin 2008, et il a su l'éviter. On était à deux doigts de voir les banques françaises s'éffondrer avec nos économies. Je ne suis pas sûre que Ségolène Royal ou Bayrou aurait su négocier comme il l'a fait.

    On n'est toujours pas à l'abri de la catastrophe, et on ne le sera sans doute plus jamais. On va au devant de gros problèmes si on ne met pas en œuvre des réformes structurelles. Alors oui, il va falloir de la responsabilité, ça ne va pas être agréable, mais c'est ça ou le défaut de paiement comme la Grèce probablement... je ne vois pas comment on y arriverait en remettant l'âge de la retraite à 60 ans ou en embauchant 60000 fonctionnaires de plus.

    Je n'ai toujours pas décidé, cela dit. Mais mon choix se fera entre Bayrou et Sarkozy - malgré tout.

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    1. En 2007, l'UDF existait encore, mon choix du 1er tour a été facile....

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